TOLLE FRAU: SOZIALREPORTAGE ÜBER DIE ERSTE LOKFÜHRERIN IN WESTAFRIKA – Alima, "Fille du rail", Malienne et première cheminote en Afrique de l’Ouest

Alima, „das Mädchen der Schiene“, erste Lokführerin in Westafrika
TV5 / Terriennes – 27. November 2014
Sie ist 34, sie ist Malierin, und sie wurde die erste Frau, die einen Zug in Westafrika führt. « La fille du rail (Mädchen der Schiene) » ist ein schöner Dokumentarfilm, der ihr über die Gleise folgt.
Und: ein Interview mit den Regisseuren Eva Sehet und Maxime Caperan

DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEM LETZTEN FOTO

Alima, „Fille du rail“, première cheminote en Afrique de l’Ouest
TV5/Terriennes – 27 nov 2014
par Elise Saint-Jullian

Alima, Malienne et première conductrice d'Afrique de l'Ouest.
 trajet de transrail
Fotos (c) TV5MONDE: Alima, Malienne et première conductrice d’Afrique de l’Ouest.
Alima, Malierin und erste Zugführerin von Westafrika.
Trajet de Transrail

Elle a 34 ans, elle est malienne, et elle est devenue la première femme à conduire un train en Afrique de l’Ouest, une synthèse à elle seule du 15ème sommet de la Francophonie de Dakar, dédié aux femmes et aux jeunes, acteurs du développement. « La fille du rail », un beau documentaire la suit au fil des voies. Un destin singulier que racontent les réalisateurs Eva Sehet et Maxime Caperan. Oeuvre sensible et sans tabou, soutenue par Terriennes !

C’est l’histoire d’une femme qui conjugue le hasard à la nécessité. Alima se voyait bonne épouse et bonne mère, comme ses compagnes et les autres femmes qu’elle côtoie. Elle est devenue une conductrice de train, toujours en mouvement au fil d’un parcours, linéaire d’abord, avant de partir sur des chemins de traverse.
Rares sont les femmes conductrices de train en Afrique. La première est Saïda Abad, marocaine, en 1999. Fille de cheminot, elle rentre à l’Office national des chemins de fer marocains et devient ainsi la première conductrice du monde arabe et du continent africain.
Alima au Mali, a elle aussi décidé de passer les concours pour devenir conductrice de train il y a quelques années, non sans obstacles, puisque ce métier est réservé aux hommes. A 24 ans, elle décide d’abord de se marier, comme les autres filles de son âge. Un jeune homme, Mohamed est l’élu de son cœur, mais il décline finalement sa proposition. Elle se marie alors avec un homme plus âgé, et devient sa deuxième épouse. Onze jours après, son mari meurt. Pendant plusieurs mois, elle entre en période de veuvage. Puis sa belle-famille décide de la marier avec le frère de son époux décédé. Alima refuse. C’est à ce moment là que son destin bascule, que cet événement malheureux lui ouvre d’autres portes. Elle décide de devenir cheminote. Et travaille désormais pour la société Transrail et sa ligne de chemin de fer qui relie Bamako au Mali, à Dakar au Sénégal. Quelques années plus tard, elle épousera Mohamed qu’elle a enfin retrouvé.

Une belle histoire, qu’ont décidé de raconter Eva Sehet et Maxime Caperan, élèves à l’école de la Fémis (École Nationale Supérieure des métiers de l’image et du son à Paris, ndlr), dans leur film de fin d’études. A travers le portrait d’Alima, filmée dans son quotidien, c’est la place de la femme dans la société malienne qui se dessine. Mariage, polygamie, études, tâches ménagères, famille… tels sont les thèmes soulevés brièvement dans ce documentaire. Alima, femme à la fois moderne et traditionnelle, est le reflet de la femme malienne d’aujourd’hui.

Premiers pas dans « la locomotive » pour Alima – Extraits de l’article autour du film, écrit par Eva Sehet et Maxime Caperan, qui leur a valu le prix France Info/Revue XXI pour l’article qu’ils ont écrit sur leur film.

« Dans la tradition, la femme ne pouvait pas entrer dans la locomotive. C’était réservé seulement pour les hommes. Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour je deviendrais cheminote. » Cependant, en 2008, lorsqu’elle apprend que Transrail recrute des électromécaniciens, elle tente sa chance. Elle est immédiatement révoquée : elle n’a pas le droit de s’inscrire au concours. Alima insiste, lutte et, de convocations en rendez-vous administratifs, parvient à obtenir une dérogation. Elle se retrouve alors face à vingt-deux hommes qui, comme elle, aspirent à intégrer la société. Seuls huit candidats seront retenus pour la formation. Alima est parmi eux et deviendra bientôt la première femme cheminote d’Afrique de l’Ouest.
Enfant, elle rêvait de devenir électricienne. « J’avais lancé un défi entre les hommes et moi. À l’école, ils disaient tout le temps que nous, les femmes, allions devenir leurs secrétaires. Je leur répondais que s’ils pouvaient faire des métiers d’hommes, j’en serais capable aussi. » Elle devient bientôt imbattable en physique et en mathématiques.
Après avoir obtenu l’équivalent de son brevet, elle entre au lycée technique où elle fait déjà figure d’exception dans des classes exclusivement masculines. Son diplôme en poche, elle décroche un stage à l’E.D.M (Énergie Du Mali) où personne ne l’imagine monter en haut des poteaux électriques. Son courage aura pourtant raison du scepticisme ambiant, et même si son stage n’aboutit pas sur un emploi, il s’agit pour elle d’une première victoire.

La réussite scolaire, une nécessité pour l’avenir des femmes

Alima, surveillant les devoirs de ses nièces.
Foto © TV5MONDE : Alima, surveillant les devoirs de ses nièces.
Alima bei der Aufsicht über die Hausaufgaben ihrer Nichten.

Dans une société malienne ravagée par le chômage, rares sont les femmes à atteindre des postes à responsabilités. Alima et ses soeurs, professeure et ethnologue, font figure d’exception, symbole d’une réussite scolaire et d’une rage de vaincre entretenue depuis leur enfance par une famille en dehors des sentiers battus. « Jusqu’à sa mort, mon papa m’a toujours encouragée à aller jusqu’au bout de mes idées. » En guise d’hommage, Alima garde son portrait accroché au-dessus du lit.
Après le repas, elle s’isole avec ses nièces, Fatimata, 8 ans, et Djénébou, 5 ans, afin de les aider à faire leurs devoirs. Alima accomplit sa tâche avec sérieux. « Il n’y a qu’en réussissant à l’école qu’elles pourront s’en sortir dans la vie. »

Les avantages du statut de cheminote
Plusieurs femmes terminent de préparer le repas – du riz et sa sauce arachide – tandis que d’autres lavent du linge. Alima, assise à l’écart, se contente de donner des ordres à celles qui s’agitent autour d’elle. Il faut nettoyer ceci, étendre cela, aller chercher son téléphone, servir la nourriture. « Quand je rentre du travail, je suis trop fatiguée pour aider les autres. » Il se trouve que son statut lui permet justement de jouir des privilèges normalement réservés aux hommes.
Mahina est une ville célèbre sur la ligne de chemin de fer pour son pont d’une portée de 400 mètres qui enjambe avec élégance le fleuve Bafing. Quelle n’est pas la surprise des automobilistes et des piétons, désormais amassés sur la berge, lorsqu’ils comprennent que la locomotive est conduite par une femme. Les chuchotements interrogatifs se transforment en clameur et c’est bientôt une foule en liesse qui reçoit Alima.
Fière de son effet, elle passe la tête par la fenêtre et salue son comité d’accueil. Des enfants la suivent en courant jusqu’à l’arrêt complet de la machine. Quand elle en descend, ils se chamaillent pour lui prendre les mains et l’accompagner durant sa pause. Comment la croire, lorsqu’elle clame, à qui veut l’entendre, que son rêve le plus cher est d’obtenir une place au poste de commande de Bamako ? Pourrait-elle s’épanouir dans un bureau, elle qui se nourrit de tous ces regards et de la reconnaissance qu’ils lui apportent ? Alima est une femme de contradictions, une force tranquille qui sait jouir de l’instant présent, mais qui avance, inlassablement, pour atteindre ses objectifs.

Alima au poste de conduite
Foto © TV5MONDE: Alima im Führerstand der Lok – au poste de conduite

La polygamie, un sujet quotidien
Le convoi croise bientôt un village qui attire tout particulièrement l’attention de Sidi : « Alima s’il-te-plaît, klaxonne ! » Elle s’exécute avant de se moquer : « Je suis sûre que tu as une maîtresse ici. » – « Mais c’est toi que j’aime. Si seulement tu acceptais d’être ma troisième femme ! » Alima, habituée à ce genre de proposition de la part de ses collègues, calme ses ardeurs. Le jour où elle se mariera, elle n’a pas l’intention de partager l’homme qu’elle aime avec une coépouse. Sidi tente de lui expliquer les vertus de la polygamie. « Garde ce charabia pour tes femmes, ça ne m’intéresse pas. » La polygamie étant largement développée au Mali, plusieurs cheminots ont repris à leur compte l’adage des marins, une femme dans chaque gare.

Le mariage au centre des préoccupations
Niagalemba demande à Alima où est-ce qu’elle en est de son mariage. « Ce n’est pas facile de caler une date. Mohamed travaille la plupart des week-ends et moi je suis souvent en déplacement. » Pourtant, à 34 ans, Alima sait qu’elle n’a plus de temps à perdre. À son âge, rares sont les femmes à ne pas avoir d’enfant. Or des enfants, elle en veut trois : deux garçons et une fille.
Devenue veuve à l’âge où bon nombre de maliennes attendent leur troisième enfant, elle doit subvenir seule à ses besoins et oublier ses rêves de jeunesse. Alima va prendre son destin en main et forcer la porte du concours de Transrail. Nous connaissons la suite. Bien qu’elle ne l’avoue qu’à demi-mots, ce décès fut salvateur pour ses ambitions professionnelles. Aurait elle trouvé la force de devenir cheminote s’il lui avait fallu défier toute la famille de son époux ?
Dans quelques jours, une fois de retour à Bamako, elle apprendra qu’elle est enceinte. Son mariage en sera sans doute décalé, mais quelle importance pour celle qui, sans jamais faire preuve de rejet profond, se joue depuis toujours des règles établies d’une société qui peine à évoluer. Il ne s’agit après tout que d’une nouvelle épreuve, rien de plus, rien de moins. Pas de quoi affoler la fille du rail.

“Nous avions envie de faire le portrait d’une femme“

Eva Sehet et Maxime Caperan, réalisateurs, entretien
Pourquoi avoir décidé de faire ce film sur Alima ?
M. Caperan : Nous sommes allés cinq fois au Mali. Nous avions envie de faire le portrait d’une femme. Eva s’est liée d’amitié avec des filles de son âge là bas et elle avait aussi envie de raconter les conditions des femmes du pays. Au départ nous nous sommes intéressés à une Malienne qui tient un bar à Bamako, et à son mari qui travaille dans les mines. Mais nous n’avons pas eu les autorisations nécessaires. Nous sommes entrés ensuite en contact avec la société Transrail. Là, parmi les 70 cheminots, nous avons découvert Alima, la seule femme en activité et c’est elle que nous avons choisie.

Comment a t-elle réagi à votre demande ?
M. Caperan : Elle a tout de suite été emballée par le projet et a accepté de se livrer à nous. Elle est extrêmement contente qu’on parle d’elle et de son pays, autrement que comme un pays en guerre ou pauvre.

Que pouvez-vous dire sur la condition des femmes au Mali?
Eva Sehet : J’avais envie depuis le début de parler de la condition des femmes au Mali, mais pas de façon frontale. D’autant que la position des femmes est paradoxale dans ce pays à tradition musulmane. Les femmes sont libres, elles ont du pouvoir. Ce sont elles qui gèrent toutes les activités familiales, qui souvent travaillent pour nourrir leur famille. Mais d’un autre côté, les hommes continuent à avoir plusieurs femmes. La polygamie fait vraiment débat mais elle est remise en cause par les jeunes filles aujourd’hui.

Comment se positionne Alima ?

M. Caperan : Alima est un personnage contradictoire. Elle ne veut pas dépendre des hommes, revendique son travail de cheminote, c’est une femme moderne. Mais en même temps elle respecte les traditions, ne s’y oppose pas complètement. Comme les autres jeunes filles, elle a voulu se marier jeune par exemple.

Quels avantages Alima retire-t-elle de son métier de cheminote ?
Eva Sehet : Un avantage financier tout d’abord. Elle gagne bien sa vie et peut s’assumer toute seule. Mais surtout elle a acquis un certain pouvoir dans la société des cheminots. Pour eux, son arrivée a été un grand chamboulement. Les hommes l’embêtaient au début, mais les mœurs ont changé. Elle a maintenant un vrai statut et pour rien au monde elle ne voudrait le perdre. Elle est très fière de faire ce métier.

On apprend à la fin de l’article qu’Alima est tombée enceinte avant son mariage. Quelles ont été les réactions ?
Eva Sehet : Les gens respectent Alima. Elle a un caractère fort. Sa mère est âgée, son père est décédé, c’est donc elle la cheffe de la famille. Sa position sociale, son statut professionnel font qu’elle n’a pas été jugée. Elle compte se marier en février 2015.
© 2014 TV5MONDE

Alima capture d'écran
Foto © TV5MONDE: Alima

Alima, „das Mädchen der Schiene“, erste Lokführerin in Westafrika
TV5 / Terriennes – 27. November 2014
von Elise Saint-Jullian
Sie ist 34, sie ist Malierin, und sie wurde die erste Frau, die einen Zug in Westafrika führt, somit ist sie eine Synthese des 15. Frankophonie-Gipfels in Dakar, der den Frauen und Jugendlichen gewidmet ist, den Akteuren der Entwicklung. « La fille du rail (Mädchen der Schiene) » ist ein schöner Dokumentarfilm, der ihr über die Gleise folgt. Ein einzigartiges Schicksal, von dem die Regisseure Eva Sehet und Maxime Caperan erzählen. Einfühlsame Arbeit ohne Tabus, von Terriennes unterstützt!

Dies ist die Geschichte einer Frau, die den Zufall mit der Notwendigkeit verbindet. Alima sah sich als gute. Sie wurde Zugführerin, immer in Bewegung einen Weg entlang, gerade zuerst, bevor sie auf Querstraßen wechselte.
Nur wenige weibliche Zugführerinnen gibt es in Afrika. Die erste ist Saïda Abad, Marokkanerin, 1999. Als Tochter eines Eisenbahners stieg sie ein bei der marokkanischen Nationalen Eisenbahn und ist die erste Fahrerin in der arabischen Welt und auf dem afrikanischen Kontinent.
Alima in Mali hatte vor ein paar Jahren ebenfalls beschlossen, sich zu bewerben, um Zugführerin zu werden, nicht ohne Hindernisse, da dieser Beruf den Männern vorbehalten ist. Mit 24 entschließt sie sich zuerst zu heiraten, wie andere Mädchen in ihrem Alter. Ein junger Mann, Mohamed, ist der Mann ihres Herzens, aber er lehnt schließlich ihren Antrag ab. Sie heiratet dann einen älteren Mann und wird seine zweite Frau. Elf Tage später stirbt ihr Mann. Einige Monate dauert die Witwentrauer. Dann beschließt die Familie ihres Mannes, sie mit dem Bruder ihres verstorbenen Mannes zu verheiraten. Alima verweigert. In diesem Moment verändert sich ihr Schicksal, öffnet dieses traurige Ereignis ihr andere Türen. Sie beschließt Eisenbahnerin zu werden. Und jetzt arbeitet sie für das Unternehmen Transrail und seine Bahnstrecke zwischen Bamako, Mali, und Dakar, Senegal. Ein paar Jahre später heiratet sie Mohamed, den sie schließlich wiedergefunden hat.
Eine tolle Geschichte, die Eva Sehet und Maxime Caperan, Schüler in der Schule von Fémis (Nationale Hochschule der Bereiche Bild und Ton in Paris, bedeutendste Filmhochschule in Frankreich, Ed.), in ihrem Abschlussfilm erzählen wollen. Anhand des Porträts von Alima, gefilmt in ihrem Alltagsleben, ist es die Stellung der Frau in der Gesellschaft Malis, die vorgeführt wird. Ehe, Polygamie, Ausbildung, Hausarbeit, Familie … das sind die Themen die kurz in dieser Dokumentation angesprochen werden. Alima, gleichzeitig moderne und traditionelle Frau, ist ein Spiegelbild der malischen Frau von heute.

Erste Schritte in der „Lokomotive“ für Alima – Auszüge aus dem von Eva Sehet und Maxime Caperan geschriebenen Artikel über ihren Film, der ihnen die Auszeichnung France Info / Revue XXI brachte.

„Traditionell konnte eine Frau nicht in die Lokomotive steigen. Das war nur den Männern vorbehalten. Ich hätte nie gedacht, dass ich eines Tages Eisenbahnerin werden würde.“ Doch im Jahr 2008, als sie erfährt, dass Transrail Elektromechaniker rekrutiert, versucht sie ihr Glück. Sie wird sofort zurückgepfiffen: sie hat nicht das Recht, an den Bewerbungstests teilzunehmen. Alima besteht darauf, kämpft, und nach mehreren Ladungen zu Verwaltungsterminen, gelingt es ihr, eine Ausnahmeregelung durchzusetzen. Sie findet sich zweiundzwanzig Männern gegenüber, die, wie sie, danach streben, bei dieser Gesellschaft eingestellt zu werden. Nur acht Kandidaten werden für die Ausbildung ausgewählt. Alima ist unter ihnen und wird bald die erste weibliche Eisenbahnerin in Westafrika.
Als Kind träumte sie davon, Elektriker zu werden. „Ich hatte den Männern eine Herausforderung gesandt. In der Schule sagten sie immer, dass wir, die Frauen, ihre Sekretärinnen werden würden. Ich antwortete ihnen, dass, wenn sie fähig in Männerberufen wären, ich das auch wäre.“ Sie wird bald unschlagbar in Physik und Mathematik.
Nachdem sie ihren Abschluss hat, geht sie auf die Fachoberschule, wo sie schon eine Ausnahme in den reinen Männerklassen ist. Mit dem Fachabitur in der Tasche schafft sie es, ein Praktikum bei der EDM (Energie du Mali) zu ergattern, wo sich niemand vorstellen kann, dass sie auf die Leitungsmasten klettern könnte. Ihr Mut überwindet aber die Skepsis der Kollegen, und obwohl ihre Ausbildung nicht zu einem Job führt, ist es für sie doch ein erster Sieg.

Schule und Ausbildung, unabdingbar für die Zukunft der Frauen
In der von Arbeitslosigkeit gebeutelten malischen Gesellschaft erreichen nur wenige Frauen verantwortliche Positionen. Alima und ihre Schwestern, Professorin und Ethnologin, sind eine Ausnahme, ein Symbol schulischen Erfolgs und eines starken Wunsches zu gewinnen, seit ihrer Kindheit in einer Familie außerhalb ausgetretener Pfade genährt. „Bis zu seinem Tod hat mein Vater mich immer ermutigt, meine Ideen bis ans Ende zu verfolgen.“ Alima hält ihn in Ehren, sie hat sein Porträt über dem Bett aufgehängt.
Nach dem Mittagessen verschwindet sie mit ihren Nichten, Fatima, 8, und Djénébou, 5 Jahre, um ihnen bei den Hausaufgaben zu helfen. Alima nimmt ihre Aufgabe ernst. „Nur wenn sie in der Schule erfolgreich sind, werden sie es im Leben zu etwas bringen.“

Die Vorteile des Eisenbahnerinnenstatus
Mehrere Frauen haben jetzt das Essen zubereitet – Reis und Erdnuss-Sauce – während andere Wäsche waschen. Alima, die etwas abseits sitzt, gibt einfach nur Befehle an die, die um sie herum aktiv sind. Dies muss gereinigt werden, das erweitert, man muss ihr Telefon holen, das Essen servieren. „Wenn ich nach Hause komme von der Arbeit, bin ich zu müde, um den anderen zu helfen.“ Ihr Status erlaubt es ihr, die Privilegien zu genießen, die in der Regel den Männern vorbehalten sind.
Mahina ist eine Stadt auf der Bahnstrecke, berühmt für ihre Brücke mit einer Spannweite von 400 Metern, die elegant den Bafing überquert. Welche Überraschung bei den jetzt am Ufer versammelten Autofahrern und Fußgängern, wenn sie merken, dass die Lok von einer Frau gefahren wird. Die geflüsterten Fragen wandeln sich in Zurufe und es ist bald eine jubelnde Menge, die Alima empfängt.
Stolz auf sich steckt sie den Kopf aus dem Fenster und begrüßt ihr Empfangskomitee. Rennende Kinder folgen ihr bis zum vollständigen Stillstand der Maschine. Als sie aussteigt, streiten sie sich, um sie bei der Hand nehmen zu können und sie während ihrer Pause zu begleiten. Wie soll man ihr glauben, wenn sie behauptet, für jeden, der es hören will, dass ihr größter Traum sei, einen Platz in der Leitstelle Bamako zu bekommen? Könnte sie sich in einem Büro entfalten, sie, die alle diese Blicke und Anerkennung genießt, die ihr hier zuteil wird? Alima ist eine Frau der Gegensätze, eine ruhige Kraft, die weiß, wie man den Moment genießt, die aber auch unermüdlich voranschreitet, um ihre Ziele zu erreichen.

Polygamie an der Tagesordnung
Der Konvoi durchquert bald ein Dorf, das die volle Aufmerksamkeit von Sidi hat: „Alima, bitte hupen!“ Sie tut es, bevor sie spottet: „Ich bin sicher, dass du hier ein Liebchen hast.“ – „Aber ich lieb dich doch. Wenn du nur akzeptieren würdest, meine dritte Frau zu werden!“ Alima, an diese Art von Anträgen ihrer Kollegen gewöhnt, dämpft seinen Elan. Wenn sie heiratet, hat sie nicht die Absicht, den Mann, den sie liebt, mit einer Mit-Frau zu teilen. Sidi versucht, ihr die Vorteile der Polygamie zu erklären. „Behalte dieses Gequassel für deine Frauen, das interessiert mich nicht.“ Polygamie ist weit verbreitet in Mali – viele Eisenbahner halten sich an das Motto der Seeleute: eine Frau in jeder Station.

Die Hochzeit im Zentrum des Interesses
Niagalemba fragt Alima, wie es mit ihrer Hochzeit steht. „Es ist nicht leicht, ein Datum festzulegen. Mohamed arbeitet am Wochenende und ich bin immer auf dem Sprung.“ Doch mit 34, weiß Alima, dass sie keine Zeit mehr zu verlieren hat. In ihrem Alter gibt es nur wenige Frauen, die keine Kinder haben. Nun, Kinder will sie drei: zwei Jungen und ein Mädchen.
Verwitwet in einem Alter, in dem viele Malierinnen ihr drittes Kind erwarten, muss sie für sich selbst sorgen und ihre Jugendträume vergessen. Alima wird ihr Schicksal in die Hand nehmen und sich zum Bewerbungstest der Transrail melden. Wir kennen den Rest. Obwohl sie es nur durch die Blume zugibt, dieser Tod war heilsam für ihre beruflichen Ambitionen. Würde sie die Kraft gehabt haben, Eisenbahnerin zu werden, wenn sie sich gegen die gesamte Familie ihres Mannes hätte zur Wehr setzen müssen?
Ein paar Tage später, nach der Rückkehr in Bamako, erfährt sie, dass sie schwanger ist. Ihre Hochzeit wird wahrscheinlich verschoben werden, das kümmert jedoch nicht sie, die, ohne jemals tiefe Ablehnung zu zeigen, schon immer auf die festgelegten Regeln einer Gesellschaft pfeift, die sich nur langsam entwickelt. Dies ist schließlich nur eine neue Bewährungsprobe, nicht mehr und nicht weniger. Nichts, um das Mädchen der Schiene in Aufregung zu versetzen.

„Wir wollten das Porträt einer Frau zeigen“

Interview mit den Regisseuren Eva Sehet und Maxime Caperan
Warum haben Sie sich entschieden, diesen Film über Alima zu machen?
Herr Caperan:
Wir sind fünf Mal nach Mali gereist. Wir hatten Lust, das Porträt einer Frau zu zeigen. Eva hat dort Freundschaften mit Mädchen in ihrem Alter geschlossen, und sie hatte auch Lust zu erzählen, unter welchen Bedingungen die Frauen des Landes leben. Anfangs interessierten wir uns für eine Malierin, die eine Bar in Bamako unterhält, und für ihren Mann, der in den Bergwerken arbeitet. Aber wir haben nicht die erforderlichen Berechtigungen bekommen. Wir haben dann Kontakt mit der Transrail Gesellschaft aufgenommen. Dort, unter den 70 Eisenbahnern, haben wir Alima entdeckt, die einzige Frau, die dort arbeitet, und die haben wir ausgewählt.
Wie hat sie reagiert auf Ihre Anfrage?
Herr Caperan:
Sie war sofort von dem Projekt begeistert und hat sich bereit erklärt, mitzumachen. Sie ist sehr glücklich darüber, dass wir von ihr und ihrem Land berichten, anders als von einem Land im Krieg oder einem armen Land.
Was können Sie über die Stellung der Frauen in Mali sagen?
Eva Sehet:
Ich wollte von Anfang an über die Stellung der Frauen in Mali sprechen, aber nicht frontal. Zumal die Stellung der Frau in diesem Land mit der muslimischen Tradition paradox ist. Frauen sind frei, sie haben Macht. Sie sind es, die alle Aktivitäten der Familie verwalten, die oft arbeiten, um ihre Familien zu ernähren. Aber auf der anderen Seite haben Männer weiterhin mehrere Frauen. Polygamie wird wirklich diskutiert, aber sie wird von den Mädchen heute in Frage gestellt.
Wie positioniert sich Alima?
Herr Caperan:
Alima ist ein widersprüchlicher Charakter. Sie will nicht von den Männern abhängig sein, beansprucht ihre Arbeit als Eisenbahnerin, ist eine moderne Frau. Aber gleichzeitig respektiert sie die Tradition, widersetzt sich nicht völlig. Wie andere junge Frauen wollte sie zum Beispiel jung heiraten.
Welche Vorteile zieht Alima aus ihrem Beruf als Eisenbahnerin?
Eva Sehet:
Zuerst mal einen finanziellen Vorteil. Sie kommt gut zurecht und kann sich allein versorgen. Aber vor allem hat sie eine gewisse Macht in der Gesellschaft der Eisenbahner erworben. Für die war ihre Ankunft ein großer Umbruch. Die Männer haben sie zuerst angepflaumt, aber die Umgangsformen haben sich geändert. Sie hat jetzt einen echten Status und um nichts in der Welt will sie den verlieren. Sie ist sehr stolz darauf, diese Arbeit zu tun.
Wir erfahren am Ende des Artikels, dass Alima schwanger ist, vor der Hochzeit. Wie waren die Reaktionen?
Eva Sehet:
Die Leute respektieren Alima. Sie hat einen starken Charakter. Ihre Mutter ist alt, ihr Vater ist tot, so ist sie die Chefin der Familie. Ihre soziale Position, ihre Stellung im Beruf schützten sie davor, verurteilt zu werden. Sie plant, im Februar 2015 zu heiraten.
© 2014 TV5MONDE

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