TROTZ ALLER WIDERSPRÜCHLICHKEITEN IST DAS WICHTIGSTE FÜR MALI JETZT EINE ERFOLGREICHE ENDPHASE DER NATIONALEN VERSAMMLUNGEN – Les ANR: malgré toutes les contradictions qui existent au Mali, le plus important est de réussir la phase finale des assises

Widersprüchliche Lage in Mali: Trotz Gewalt und Repression breite Beteiligung der Bevölkerung an nationalen Versammlungen
Sahel-Blog – 23.12.2021
Die gesellschaftliche Lage in Mali ist unverändert dramatisch: Zum einen spitzt sich die Gewalteskalation immer weiter zu – insbesondere im Zentrum des Landes. … Zum anderen ist die aus einem Doppelputsch hervorgegangene Übergangsregierung in jüngerer Zeit erheblich unter Druck geraten, ungeachtet dessen, dass sie weiterhin über großen Rückhalt in der breiten Bevölkerung verfügt.

DEUTSCH WEITER UNTER DER DANKENSWERTERWEISE VOM AUTOR ERSTELLTEN FRZ. VERSION

Situation contradictoire au Mali : malgré la violence et la répression, large participation de la population aux rassemblements nationaux
Sahel-Blog – 23.12.2021
Par Olaf Bernau (Afrique-Europe-Interact/Allemagne)
La situation sociale au Mali est toujours aussi dramatique : d’une part, l’escalade de la violence ne cesse de s’intensifier – en particulier dans le centre du pays – et d’autre part, la situation politique est toujours aussi tendue.

Foto (c) Kaouru Magassa/RFI: Dans une rue de Bamako, une affiche promeut les assises nationales de la refondation, début décembre 2021. – Ein Plakat ruft an einer Straße Bamakos Anfang Dezember 2021 zur Teilnahme an den ANR (Neugründungskonferenzen) auf.

Ainsi, le 3 décembre à 8 heures du matin, un camion transportant des commerçants locaux du village de Songho a explosé.(C’était une attaque de terroristes qui enfermaient et brûlaient les forains dans le camion de transport, voir =>mali4infos, ndlr) Il se rendait au marché de Bandiagara et 31 personnes, dont des enfants, ont trouvé la mort. D’autre part, le gouvernement de transition issu d’un double coup d’État a récemment subi de fortes pressions, bien qu’il bénéficie toujours d’un large soutien au sein de la population. Il lui est notamment reproché de prolonger inutilement le processus de transition jusqu’aux prochaines élections régulières. C’est le Premier ministre Choguel Maïga qui est au centre des critiques, et non pas tant Assimi Goita, officier et véritable chef d’État du pays. A cela s’ajoute le fait que les membres de la classe politique font face à de plus en plus d’accusations, un phénomène plutôt inhabituel au Mali. La plupart du temps, il s’agit de corruption et de détournement de fonds, mais les critiques désagréables doivent également être muselées.

Le plus spectaculaire est certainement l’incarcération d’Oumar Mariko. Ce médecin de 62 ans est le chef du parti socialiste SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance) – parti frère de la GAUCHE en Allemagne („Die LINKE“). En fait, Oumar Mariko – tout comme l’actuel Premier ministre – était un membre éminent de l’alliance d’opposition M5, dont les manifestations de masse en août 2020 ont débouché sur un coup d’État, salué par tous, contre le président d’alors, Ibrahim Boubacar Keita. Mais récemment, le chef du SADI s’est exprimé à plusieurs reprises de manière critique sur le processus de transition – notamment sur le fait que de nombreuses mesures convenues n’ont pas été mises en œuvre comme convenu. Une conversation téléphonique privée, rendue publique par des moyens inconnus, a été fatale à Oumar Mariko : il y critique Choguel Maïga en le traitant de „menteur“ et ajoute, de manière grossière, qu’il veut mettre son pied dans le „derrière“ de Maïga. Ce qui ressemble à un comportement de demi-fou a une longue et très sérieuse histoire : Choguel Maïga était le leader des étudiants sous la longue dictature militaire de Moussa Traoré (1968-1991), tandis qu’Oumar Mariko faisait partie de l’opposition démocratique. Le chef du SADI a réagi d’autant plus vivement – notamment dans la conversation téléphonique en question qui a conduit à son arrestation pour injure – lorsque des enregistrements audio sont apparus début décembre, dans lesquels Choguel Maïga (présumé) méprise le mouvement démocratique du début des années 1990 et fait ouvertement l’éloge du dictateur Moussa Traoré, décédé en 2020.

Pendant ce temps, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se voit confirmée dans sa ligne dure vis-à-vis de Bamako : Déjà après le deuxième coup d’État en mai 2021 (qui était plus un coup de balai au sein du gouvernement de transition qu’un véritable changement de régime), la CEDEAO a suspendu l’adhésion du Mali. En novembre 2021, des sanctions ont ensuite été imposées après que le gouvernement de transition a déclaré qu’il ne maintiendrait pas la date initialement convenue pour les élections du 22 février 2022 – entre autres parce que la situation sécuritaire précaire dans de nombreuses régions du pays ne permettait pas la tenue d’élections. Concrètement, la CEDEAO a interdit à 150 personnes du gouvernement de transition de voyager dans toute la zone CEDEAO, à l’exception du président de transition Assimi Goita et du ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop. En outre, les avoirs des 150 personnes sanctionnées ont été gelés, à condition qu’ils se trouvent sur des comptes bancaires dans la zone CEDEAO. (Léger dégel: Président Macky Sall sur le report des élections au Mali : « Si les autorités donnent des arguments qui tiennent, nous allons l’accepter » – L’Observatoire 14.12.2021, Ed.)
Néanmoins, tout porte à croire que les sanctions sont erronées – et cela vaut également pour la décision prise le 13 décembre 2021 par les ministres des Affaires étrangères de l’UE de sanctionner à l’avenir tous les acteurs au Mali qui saboteraient (soi-disant) le processus de transition. Car ces sanctions occultent des faits importants : D’une part, les procédures judiciaires contre des personnalités publiques ne devraient pas être réduites à une simple répression politique – comme c’est manifestement le cas dans l’affaire Oumar Mariko. Au contraire, le gouvernement prend enfin au sérieux les poursuites judiciaires pour corruption, détournement de fonds ou falsification de documents, réclamées depuis des décennies (y compris par l’étranger). Fin août, Soumeylou Boubèye Maïga – l’un des tireurs de ficelles les plus actifs de la vie politique à Bamako – a par exemple été arrêté. Il est accusé d’avoir détourné de l’argent en 2014 – alors qu’il était Premier ministre sous le président Ibrahim Boubakar Keita – lors de l’achat d’un nouvel avion présidentiel, une affaire qui avait déjà fait des vagues dans l’opinion publique. D’autre part – et ce point est infiniment plus important – le gouvernement de transition du Premier ministre Choguel Maïga a tenu sa promesse initiale en organisant entre le 11 et le 30 décembre des „Assises nationales de la Refondation“ de l’Etat et de la société („Assises nationales de la Refondation“). Ces Assises nationales ont eu lieu dans un premier temps de manière décentralisée sur l’ensemble du territoire. Dans un deuxième temps, les résultats locaux seront rassemblés ou synthétisés au niveau national fin décembre.

De telles assemblées ne sont pas nouvelles. Déjà lors de la transition vers le multipartisme au début des années 1990, de nombreux pays africains ont connu des „assemblées nationales“, souvent en transition douce vers des conventions constituantes. Plus encore : en période de crise et de bouleversement, les assemblées nationales sont un moyen éprouvé de réorientation. Mais il arrive régulièrement que leurs résultats ne soient pas mis en œuvre. Ainsi, au Mali, en 2019, le „dialogue national“ de l’époque a décidé à une majorité écrasante que l’État devait entamer des négociations avec les groupes terroristes. Malheureusement, cela a échoué à cause d’une sorte de veto français, ce qui explique aussi pourquoi le gouvernement de transition a annoncé vouloir procéder plus sérieusement cette fois-ci. Il s’agit de trois choses : premièrement, que les assises soient organisées tant au niveau local que national, afin de garantir que tous ceux qui le souhaitent puissent réellement s’exprimer ; deuxièmement, qu’il faille attendre les recommandations du processus global avant d’organiser de nouvelles élections, même au cas où des changements fondamentaux de la structure institutionnelle seraient demandés ; et troisièmement, que les résultats concrets soient reconnus comme contraignants.
Ce nouveau sérieux se reflète également dans le guide publié par le gouvernement sur les assises nationales. La situation actuelle y est décrite sans fard et ne demande rien de moins que la refondation de la société malienne, qui devrait s’appuyer en premier lieu sur l’héritage politico-institutionnel (précolonial) et sur les valeurs déjà partagées par la population malienne. Le 20 décembre 2021, le gouvernement de transition a publié les premiers rapports des assises locales, dont les résultats ne sont pas surprenants dans l’ensemble : Dans certains endroits, l’organisation pratique présentait de nombreuses lacunes, souvent le temps n’a pas suffi pour discuter en détail des 13 domaines thématiques proposés (VOIR document dans le commentaire, ndlr), de plus la participation des femmes, des jeunes et des personnes handicapées était parfois insatisfaisante – une lacune qui pourrait être liée au fait que de nombreux partis établis avaient déjà annoncé leur absence au préalable, en arguant notamment que les problèmes fondamentaux du Mali étaient bien connus. Néanmoins, la tenue des Assises nationales devrait être considérée comme un succès d’estime pour le gouvernement de transition, d’autant plus que de nombreuses recommandations contiennent des mesures très concrètes – par exemple la création d’un Haut Conseil des autorités traditionnelles (qui comprend les conseils des anciens, les chefs de village, etc.), la mise en place de différents mécanismes de surveillance contre la corruption, etc, la renégociation des contrats miniers entre l’État et l’industrie minière, la réduction du nombre difficile à gérer de partis politiques (afin de rendre plus visibles les différents programmes), l’amélioration de l’équipement des forces de sécurité, la création d’universités publiques dans tout le pays, la mise en place de centres de formation pour les jeunes, etc.

Reste à savoir ce qui pourra effectivement être mis en œuvre parmi ces revendications, d’autant plus que les délibérations finales n’ont pas encore eu lieu. Mais il devrait être clair à quel point il est inapproprié que la communauté économique d’Afrique de l’Ouest édicte des sanctions – en ignorant les efforts manifestes du gouvernement de transition pour garantir une participation démocratique de la population sur un large front malgré une situation sécuritaire très précaire. Dans ce contexte, il devrait être clair que l’opinion publique critique en Europe est victime d’un malentendu fondamental lorsqu’elle considère les événements à Bamako comme non démocratiques uniquement parce que le gouvernement de transition est issu d’un coup d’État militaire. En effet, la population soutient majoritairement leur orientation, tout simplement parce qu’elle sait que des élections convoquées à la hâte ne feraient que le jeu des partis établis, tandis que de nouveaux partis et alliances ne pourraient pas se positionner à temps.

Néanmoins, si l’action de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, soutenue de manière offensive par l’UE, est discutable, il serait faux de ne pas mentionner les dysfonctionnements évoqués au début. En font partie non seulement les arrestations comme celle du chef de la SADI Oumar Mariko ou la coquetterie cynique du Premier ministre Choguel Maïga avec la dictature de Moussa Traoré qui dure depuis des décennies, mais aussi le manque de coordination dans la lutte contre les groupes terroristes dans le centre et le nord du pays (voir l’entrée de blog „Marebougou au centre du Mali : comment la population se défend contre le siège des villages par les djihadistes“ du 26.11.2021 / Version française en bas ou dans mali4infos 29.11.2021 ). A cela s’ajoute le fait que l’alliance de protestation M5, dont le gouvernement de transition était initialement issu, se montre profondément divisée. L’exemple du prédicateur populaire Mahmoud Dicko, qui a largement contribué au succès des protestations du M5 au début de l’été 2020, illustre bien cette situation. Car entre-temps, Mahmoud Dicko s’est de plus en plus distancié du M5 et donc aussi du gouvernement de transition. Le 28 novembre 2021, il a critiqué dans un discours largement diffusé le fait que le gouvernement de transition n’avait ni vision ni stratégie concrète pour le développement du pays. Cela comprenait également la critique selon laquelle Choguel Maïga isolerait trop le pays sur le plan international par ses discours anti-français et donc anti-occidentaux – une critique partagée par de nombreuses personnes au Mali. Concrètement, Mahmoud Dicko a estimé qu’il „ne restera pas toujours à la mosquée alors que le pays part à la dérive et que les gens se plaignent“. Contrairement à d’autres prédicateurs populaires – notamment Ousmane Madani Haïdara ainsi que Bouyé Haïdara (également connu sous le nom de Cherif de Nioro) – Mahmoud Dicko se prononce en outre pour une date relativement précoce des élections – pas déjà en février 2022 (comme le demande la communauté internationale), mais pas non plus dans deux ans (comme le souhaitent certains membres du gouvernement de transition). Reste à savoir si ces différentes approches laissent entrevoir une nouvelle division de la société malienne ou si elles freinent mutuellement les ambitions politiques que nourrissent les trois leaders religieux cités. Il est seulement clair que tous les observateurs qui réduisent trop rapidement la complexité et les contradictions des développements politiques au Mali à des tendances apparemment claires telles que la „dictature militaire“, „l’escalade de la violence“ ou „le ressentiment anti-occidental“ se trompent.
© 2021 olafbernau.de

Widersprüchliche Lage in Mali: Trotz Gewalt und Repression breite Beteiligung der Bevölkerung an nationalen Versammlungen
Sahel-Blog – 23.12.2021
Von Olaf Bernau
Die gesellschaftliche Lage in Mali ist unverändert dramatisch: Zum einen spitzt sich die Gewalteskalation immer weiter zu – insbesondere im Zentrum des Landes. So wurde am 3. Dezember morgens um 8 Uhr ein Lastwagen mit lokalen Händler:innen aus dem Dorf Songho in die Luft gesprengt. (Von Terroristen überfallen und in Brand gesteckt, s.=> mali4infos, Ed.) Er war auf dem Weg zum Markt in Bandiagara, 31 Menschen starben, darunter auch Kinder. Zum anderen ist die aus einem Doppelputsch hervorgegangene Übergangsregierung in jüngerer Zeit erheblich unter Druck geraten, ungeachtet dessen, dass sie weiterhin über großen Rückhalt in der breiten Bevölkerung verfügt. Ihr wird unter anderem vorgeworfen, den Übergangsprozess bis zu den nächsten regulären Wahlen unnötig in die Länge zu ziehen. Im Zentrum der Kritik steht Premierminister Choguel Maïga, nicht so sehr Assimi Goita, Offizier und eigentliches Staatsoberhaupt des Landes. Hinzu kommt, dass sich Angehörige der politischen Klasse vermehrt Anklagen gegenübersehen, ein für Mali eher unübliches Phänomen. Meist geht es um Bestechlichkeit und Unterschlagung, aber auch unliebsame Kritik soll mundtot gemacht werden.
Am spektakulärsten ist sicherlich die Inhaftierung von Oumar Mariko. Der 62-jährige Arzt ist Chef der sozialistischen Partei SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance) – Schwesterpartei der hiesigen LINKEN. Eigentlich war Oumar Mariko – genauso wie der derzeitige Premierminister – prominentes Mitglied des Oppositionbündnisses M5, dessen Massenproteste im August 2020 in einen allenthalben begrüßten Putsch gegen den damaligen Präsidenten Ibrahim Boubacar Keita einmündeten. Doch jüngst hat sich der SADI-Chef mehrfach kritisch über den Übergangsprozess geäußert – auch darüber, dass viele der vereinbarten Maßnahmen nicht wie vereinbart umgesetzt wurden. Zum Verhängnis ist Oumar Mariko indessen ein privates Telefonat geworden, das auf unbekanntem Wege an die Öffentlichkeit gelangte: In diesem kritisiert er Choguel Maïga als „Lügner“, derb fügt er hinzu, dass er seinen Fuß in Maigas „Hinterteil“ stecken wolle. Was wie halbstarkes Gebaren anmutet, hat eine lange und durchaus ernste Vorgeschichte: Choguel Maïga war unter dem langjährigen Militärdiktatur Moussa Traoré (1968-1991) Studentenführer, während Oumar Mariko zur demokratischen Opposition gehörte. Umso ungehaltener reagierte der SADI-Chef – auch in besagten Telefonat, das zu seiner Festnahme wegen Beleidigung führte –, als Anfang Dezember Tonbandaufnahmen auftauchten, auf denen (mutmaßlich) Choguel Maïga die Demokratiebewegung der frühen 1990er Jahre verächtlich macht und den 2020 verstorbenen Diktator Moussa Traoré unverhohlen lobhudelt.
Derweil sieht sich die Westafrikanische Wirtschaftsgemeinschaft ECOWAS in ihrem harten Kurs gegenüber Bamako bestätigt: Bereits nach dem zweiten Putsch im Mai 2021 (der eher ein Stühlerücken innerhalb der Übergangsregierung als ein echter Regimewechsel war) hat die ECOWAS die Mitgliedschaft von Mali suspendiert. Im November 2021 wurden sodann Sanktionen verhängt, nachdem die Übergangsregierung erklärt hatte, dass sie am ursprünglich vereinbarten Wahltermin vom 22. Februar 2022 nicht festhalten würde – unter anderem deshalb, weil die prekäre Sicherheitslage in vielen Landesteilen die Durchführung von Wahlen nicht zulasse. Konkret belegte die ECOWAS 150 Personen aus der Übergangsregierung mit einem Reiseverbot für die gesamte ECOWAS-Zone – ausgenommen sind lediglich Übergangspräsident Assimi Goita und Außenminister Abdoulaye Diop. Zudem wurden die Vermögenswerte der 150 sanktionierten Personen eingefroren, vorausgesetzt, diese befinden sich auf Bankkonten innerhalb der ECOWAS-Zone.
Gleichwohl spricht vieles dafür, dass die Sanktionen falsch sind – und das gilt auch für den am 13.12.2021 gefällten Beschluss der EU-Außenminister, zukünftig all jene Akteure in Mali zu sanktionieren, die den Übergangsprozess (vermeintlich) sabotieren würden. Denn diese Sanktionen blenden wichtige Sachverhalte aus: Zum einen sollten die Gerichtsprozesse gegen Personen des öffentlichen Lebens nicht auf bloße politische Repression reduziert werden – so wie das im Falle von Oumar Mariko offenkundig der Fall ist. Vielmehr macht die Regierung endlich mit einer seit Jahrzehnten (auch vom Ausland geforderten) juristischen Verfolgung von Bestechlichkeit, Unterschlagung oder Urkundenfälschung ernst. Beispielsweise wurde Ende August Soumeylou Boubèye Maïga inhaftiert – einer der umtriebigsten Strippenzieher des politischen Betriebs in Bamako. Ihm wird vorgeworfen, 2014 – als Premierminister unter Präsident Ibrahim Boubakar Keita – beim Kauf eines neuen Präsidentenflugzeuges Geld unterschlagen zu haben, ein Vorgang, der bereits damals hohe Wellen in der Öffentlichkeit schlug. Zum anderem – und dieser Punkt ist ungleich wichtiger – hat die Übergangsregierung von Premierminister Choguel Maïga ihr anfängliches Versprechen eingelöst und zwischen dem 11. und 30. Dezember sogenannte „Nationale Versammlungen zur Neugründung“ des Staates und der Gesellschaft organisiert („Assises nationales de la Refondation“). Diese nationalen Versammlungen haben in einem ersten Schritt dezentral über das gesamte Land verteilt stattgefunden. In einem zweiten Schritt sollen nun Ende Dezember die lokalen Ergebnisse auf nationaler Ebene zusammengetragen bzw. synthetisiert werden.

SEHEN SIE/REGARDEZ la => VIDEO (20 sec) (c) Afrique-Europe-Interact: Assise nationale dans une commune de Bamako – Nationale Versammlung in einem Stadtteil in Bamako. Das Video steht hochkant, aber es vermittelt einen guten Eindruck davon, wie man sich die Atmosphäre einer solchen Versammlung vorstellen muss.
Derartige Versammlungen sind nicht neu. Bereits beim Übergang zum Mehrparteiensystem Anfang der 1990er Jahre gab es in zahlreichen afrikanischen Ländern „nationale Versammlungen“, häufig in fließendem Übergang zu verfassungsgebenden Konventen. Mehr noch: In Krisen- und Umbruchzeiten sind nationale Versammlungen ein bewährtes Mittel zur Neuorientierung. Doch immer wieder werden deren Ergebnisse nicht umgesetzt. So hat in Mali 2019 der damalige „Nationale Dialog“ (« Dialogue National Inclusif ») mit überwältigender Mehrheit beschlossen, dass der Staat in Verhandlungen mit terroristischen Gruppen eintreten möge. Leider ist dies an einer Art französischem Veto gescheitert, was auch der Grund dafür ist, dass die Übergangsregierung angekündigt hat, dieses Mal ernsthafter verfahren zu wollen. Gemeint ist dreierlei: Erstens, dass die Versammlungen sowohl lokal als auch national durchgeführt werden, um sicherzustellen, dass alle, die das wollen, tatsächlich ihre Meinung kundtun können; zweitens, dass es die Empfehlungen des Gesamtprozesses abzuwarten gilt, bevor neue Wahlen stattfinden, auch für den Fall, dass grundlegende Veränderungen des institutionellen Gefüges gefordert werden; und drittens, dass die konkreten Resultate als bindend anerkannt werden.
Diese neue Ernsthaftigkeit schlägt sich auch in dem von der Regierung veröffentlichten Leitfaden zu den nationalen Versammlungen nieder. Ungeschminkt wird dort die aktuelle Lage geschildert und nicht weniger als die Neugründung der malischen Gesellschaft gefordert, welche sich in erster Linie auf das (vorkoloniale) politisch-institutionelle Erbe und jene Werte stützen solle, die von der malischen Bevölkerung bereits geteilt würden. Am 20.12.2021 wurden seitens der Übergangsregierung erste Berichte der lokalen Versammlungen veröffentlicht, wobei die Ergebnisse insgesamt nicht überraschen können: An einzelnen Orten wies die praktische Organisation zahlreiche Mängel auf, häufig hat die Zeit nicht gereicht, um alle 13 vorgeschlagenen Themenbereiche (s.Dokument im Kommentar, Ed.) umfassend zu diskutieren, zudem war die Teilnahme von Frauen, Jugendlichen und Menschen mit Behinderungen teilweise unbefriedigend – ein Manko, was auch damit zusammenhängen dürfte, dass viele der etablierten Parteien bereits im Vorfeld ihr Fernbleiben angekündigt hatten, unter anderem mit dem Argument, dass die grundlegenden Probleme Malis hinlänglich bekannt seien. Ungeachtet dessen sollte die Durchführung der nationalen Versammlungen als Achtungserfolg der Übergangsregierung gewürdigt werden, zumal viele der Empfehlungen sehr konkrete Maßnahmen enthalten – beispielsweise die Schaffung eines Hohen Rates traditioneller Autoritäten (wozu Ältestenräte, Dorfchefs etc. zählen), die Etablierung verschiedener Überwachungsmechanismen gegen Korruption etc., die Neuverhandlung der Bergbauverträge zwischen Staat und Bergbauindustrie, die Reduzierung der kaum überschaubaren Zahl politischer Parteien (um die unterschiedlichen Programmatiken besser erkennbar zu machen), die bessere Ausstattung der Sicherheitskräfte, die Gründung öffentlicher Universitäten im gesamten Land, der Aufbau von Ausbildungszentren für Jugendlichen etc.
Was von diesen Forderungen tatsächlich umgesetzt werden kann, sei dahingestellt, zumal die abschließenden Beratungen noch ausstehen. Doch deutlich dürfte werden, wie unangemessen es ist, wenn die westafrikanische Wirtschaftsgemeinschaft Sanktionen erlässt – unter Ausblendung der offenkundigen Bemühungen der Übergangsregierung, trotz hochgradig prekärer Sicherheitslage eine demokratische Teilhabe der Bevölkerung auf breiter Front zu gewährleisten. Spätestens vor diesem Hintergrund dürfte auch deutlich werden, dass die kritische Öffentlichkeit in Europa einem grundlegenden Missverständnis aufsitzt, wenn sie die Vorgänge in Bamako einzig deshalb als undemokratisch einordnet, weil die Übergangsregierung aus einem militärischen Putsch hervorgegangen ist. Denn die Bevölkerung unterstützt deren Kurs mehrheitlich, einfach deshalb, weil sie weiß, dass eilig einberufene Wahlen einzig den etablierten Parteien in die Hände spielen würden, während sich neue Parteien und Bündnisse nicht rechtzeitig in Stellung bringen könnten.
Trotzalledem: So fragwürdig das von der EU offensiv unterstützte Vorgehen der Westafrikanischen Wirtschaftsgemeinschaft ist, so falsch wäre es, die eingangs erwähnten Fehlentwicklungen nicht zu benennen. Hierzu gehören nicht nur Verhaftungen wie die des SADI-Chefs Oumar Mariko oder das zynische Kokettieren von Premierminister Choguel Maïga mit der jahrzehntelangen Diktatur von Moussa Traoré, sondern auch mangelhafte Koordinierung bei der Bekämpfung terroristischer Gruppen im Zentrum und Norden des Landes (vgl. den Blogeintrag „Marebougou im Zentrum Malis: Wie sich die Bevölkerung gegen die Belagerung von Dörfern durch Dschihadisten wehrt“, O.B. vom 26.11.2021). Hinzu kommt, dass sich das Protestbündnis M5, aus dem die Übergangsregierung ursprünglich hervorgegangen war, tief gespalten zeigt. Deutlich wird das insbesondere am Beispiel des populären Predigers Mahmoud Dicko, der im Frühsommer 2020 maßgeblich zum Erfolg der M5-Proteste beigetragen hat. Denn mittlerweile hat sich Mahmoud Dicko von M5 und somit auch von der Übergangsregierung immer stärker distanziert. Am 28.11.2021 kritisierte er in einer weithin beachteten Ansprache, dass die Übergangsregierung weder eine Vision noch eine konkrete Strategie für die Weiterentwicklung des Landes habe. Und dies umfasste auch die Kritik, dass Choguel Maïga das Land durch seine zugespitzten anti-französischen, mithin antiwestlichen Reden international zu stark isolieren würde – eine von vielen Menschen in Mali geteilte Kritik. Konkret meinte Mahmoud Dicko, dass er „nicht immer in der Moschee bleiben wird, während das Land abdriftet und die Menschen sich beschweren.“ Im Unterschied zu anderen populären Predigern – insbesondere Ousmane Madani Haïdara sowie Bouyé Haïdara (auch bekannt als Cherif von Nioro) – spricht sich Mahmoud Dicko außerdem für einen relativ frühen Wahltermin aus – nicht bereits im Februar 2022 (wie es die internationale Gemeinschaft fordert), aber auch nicht erst in zwei Jahren (wie es Teile der Übergangsregierung anstreben). Ob sich in diesen unterschiedlichen Herangehensweisen eine weitere Spaltung der malischen Gesellschaft abzeichnet oder ob sich so die politischen Ambitionen wechselseitig ausbremsen, die alle drei der genannten religiösen Führer hegen, bleibt abzuwarten. Deutlich wird lediglich, dass all jene Beobachter:innen irren, die die Vielschichtigkeit und Widersprüchlichkeit der politischen Entwicklungen in Mali vorschnell auf scheinbar eindeutige Tendenzen wie „Militärdiktatur“, „Gewalteskalation“ oder „antiwestliche Ressentiments“ eindampfen.
© 2021 olafbernau.de

2 Gedanken zu „TROTZ ALLER WIDERSPRÜCHLICHKEITEN IST DAS WICHTIGSTE FÜR MALI JETZT EINE ERFOLGREICHE ENDPHASE DER NATIONALEN VERSAMMLUNGEN – Les ANR: malgré toutes les contradictions qui existent au Mali, le plus important est de réussir la phase finale des assises

  1. VOIR d’autres résultats des Assises Locales:
    => ANR : Les recommandations des cercles en détail!, L’Essor 20.12.2021
    => ANR dans les communes de Bamako : De pertinentes propositions pour bâtir le mali nouveau, L’Essor 20.12.2021

    En supplément:
    Mali: les Assises nationales de la refondation dans leur dernière phase
    RFI – 27.12.2021
    Par Kaourou Magassa, notre correspondant à Bamako
    La dernière étape des travaux des Assises nationales de la refondation, qui se tiendront à partir de ce lundi et jusqu’au 30 décembre au centre international de conférence de Bamako, sont censés faire la synthèse des différents propositions recueillies depuis 20 jours à travers le pays. …
    Cela malgré l’absence de nombreux partis politiques, d’associations et des groupes armées signataires des accords de paix de 2015 qui boycottent ces assises depuis le départ pour des désaccords sur l’organisation et le mode de consultation. (…)
    Enfin et du fait du « caractère exécutoire » des résolutions qui seront adoptées, ces assises seront scrutées de toute part. Notamment par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). L’organisation régionale tout comme partie de la communauté internationale prône un retour rapide à l’ordre constitutionnel sous peine de sanction contre le Mali.
    De son côté, le colonel Assimi Goïta, président de la transition, s’est engagé à fournir un chronogramme détaillé du reste de la transition au terme de ses rencontres.
    Mali: les propositions récoltées sur le terrain exposées aux Assises nationales de la refondation
    RFI – 28.12.2021
    Au Mali, la première journée de la phase nationale et finale des Assises nationales de la refondation s’est tenue lundi 27 décembre au Centre international de conférence de Bamako. Les (1000, ndlr) délégués et représentants venus de toutes les régions du Mali étaient regroupés en quatre ateliers pour débattre des 13 thématiques. …
    Dans une salle où se côtoient militaires, autorités religieuses, partis politiques et organisation de la société civile, Zeini Moulaye, président du panel des hautes personnalités pour les assises nationales est à la manœuvre. Depuis la scène, il annonce avoir reçu une liste de 68 participants souhaitant s’exprimer. Signe d’un réel engouement pour ces rencontres, mais aussi le signe que les doléances sont nombreuses.
    Niamoye Alidji est présidente de la coordination des associations et ONG féminines de Tombouctou. Elle fait partie des 20 délégués choisis pour représenter sa région : « L’insécurité qu’on vit au niveau des régions du Nord, c’est une préoccupation. Le non-respect de la justice malienne, ça, c’est une autre priorité, le fait que les femmes ne sont pas massivement impliquées au niveau des prises de décision, c’est aussi une préoccupation. » (…)
    Le travail d’analyse et de synthèse des différentes propositions de chaque groupe se poursuivront sur toute la journée du mardi.
    © 2021 rfi.fr

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  2. TERMES DE REFERENCE DES ASSISES NATIONALES DE LA REFONDATION (A.N.R.)
    Validés en Conseil des Ministres du 20 Octobre 2021.
    1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION …
    2. OBJECTIFS DES ASSISES
    2.1. Objectif général :
    Faire l’état de la Nation et engager un véritable processus de refondation du Mali.

    3. RESULTATS ATTENDUS …
    4. THEMATIQUES
    Les ANR plancheront sur les treize (13) groupes thématiques ci-après :
    Thématique N°1 : Questions politiques et institutionnelles – Gouvernance électorale ;
    Thématique N°2 : Défense et Sécurité – Souveraineté – Lutte contre le terrorisme – Questions géostratégiques et géopolitiques ;
    Thématique N°3 : Justice et Droits de l’Homme – Gouvernance – Transition numérique – Médias ;
    Thématique N°4 : Politique étrangère – Coopération internationale – Maliens établis à l’Extérieur – Intégration africaine ;
    Thématique N°5 : Dialogue social : enjeux, défis et perspectives – Reformes sociales – Fonction publique – Formation – Emploi des jeunes – Entreprenariat ;
    Thématique N°6 : Planification Développement économique et industriel – Développement rural – Questions économiques et financières – Fiscalités dépenses publiques ;
    Thématique N°7 : Santé et Affaires sociales – Questions humanitaires – Réfugiés et déplacés internes ;
    Thématique N°8 : Administration du territoire – Réorganisation territoriale/Détermination des circonscriptions électorales – Décentralisation – Accès aux services sociaux de base
    – Questions foncières ;
    Thématique N°9 : Paix, Réconciliation et Cohésion Sociale – Appropriation Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger – Démobilisation – Désarmement – Réinsertion ;
    Thématique N°10 : Arts – Culture – Tourisme – Sport ;
    Thématique N°11 : Jeunesse – Sport – Education civique – Construction citoyenne ;
    Thématique 12 : Développement durable – Environnement – Assainissement ;
    Thématique 13 : Education – Questions scolaires universitaires et recherches scientifiques.
    5. METHODOLOGIE – ORGANISATION DES ASSISES …
    …En lire plus =>Télécharger le pdf (400 ko)

    4. THEMENBEREICHE
    Themenbereich Nr. 1: Politische und institutionelle Fragen – Regierungsführung bei Wahlen;
    Themenbereich Nr. 2: Verteidigung und Sicherheit – Souveränität – Kampf gegen den Terrorismus – Geostrategische und geopolitische Fragen ;
    Themenbereich Nr. 3: Justiz und Menschenrechte – Regierungsführung – Digitaler Übergang – Medien ;
    Themenbereich Nr. 4: Außenpolitik – Internationale Zusammenarbeit – Im Ausland lebende Malier – Afrikanische Integration ;
    Themenbereich Nr. 5: Sozialer Dialog: Herausforderungen, Chancen und Perspektiven – Soziale Reformen – Öffentlicher Dienst – Ausbildung – Arbeitsbeschaffung für die Jugendlichen – Unternehmensförderung ;
    Themenbereich Nr. 6: Planung Wirtschaftliche und industrielle Entwicklung – Ländliche Entwicklung – Wirtschafts- und Finanzfragen – Steuern und öffentliche Ausgaben ;
    Themenbereich Nr. 7: Gesundheit und Soziales – Humanitäre Fragen – Flüchtlinge und Binnenvertriebene;
    Themenbereich Nr. 8: Territoriale Verwaltung – Territoriale Neuordnung/Festlegung der
    Wahlbezirke – Dezentralisierung – Zugang zu grundlegenden sozialen Diensten – Landfragen ;
    Themenbereich Nr. 9: Frieden, Versöhnung und sozialer Zusammenhalt – Übernahme des Abkommens für Frieden und Versöhnung in Mali aus dem Prozess von Algier (2015) – Demobilisierung , Entwaffnung, Wiedereingliederung (DDR) ;
    Themenbereich Nr. 10: Kunst – Kultur – Tourismus – Sport ;
    Themenbereich Nr. 11: Jugend – Sport – Politische Bildung – Bürgerbeteiligung;
    Themenbereich Nr. 12: Nachhaltige Entwicklung – Umwelt – Abwasserentsorgung ;
    Themenbereich Nr. 13: Bildung – Fragen zu Schul- und Hochschulbildung und wissenschaftliche Forschung.

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