MIGRANTISCHE SELBSTHILFE IN MALI: IMMER NOCH AKTUELLER STANDPUNKT – Alassane Dicko de l’AME parlait devant une commission du Bundestag sur le lien entre migration et développement

Alassane Dicko von Afrique-Europe-Interact als Sachverständiger im Bundestag
afrique-europe-interact – Juni 2014
Auf Vorschlag der Partei Die Linke hat Alassane Dicko von der malischen Sektion von Afrique-Europe-Interact am 4. Juni 2014 an der Öffentlichen Anhörung des Bundestagsausschusses für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung als Sachverständiger zum Themenkomplex “Flüchtlinge, Migration und Entwicklungspolitik” teilgenommen.
Im Folgenden findet sich die schriftliche Stellungnahme von Alassane Dicko.

DEUTSCHE FASSUNG WEITER UNTER DER FRANZÖSISCHEN UND DEM ZWEITEN FOTO

Parlement allemand: Prise de position pour l’audition « Réfugiés*ées, migration et politique de développement »
afrique-europe-interact – Juin 2014
Alassane Dicko (Bamako), le responsable des relations publiques de l’Association Malienne des Expulsés (AME) et membre de la section malienne d’Afrique-Europe-Interact, a été invité le 4 juin 2014 par une commission du parlement allemand pour raconter concernant “migration et développement”. Pour cela Alassane Dicko a preparé la prise de position suivante:

Foto (c) medico international: Alassane Dicko, porte-parole de l’Association Malienne des Expulsés – AME-Sprecher Alassane Dicko

1. Avant-propos :
Je souhaite remercier la « Commission pour la coopération économique et le développement » du parlement allemand de m’avoir cordialement invité à m’exprimer dans le cadre de cette audition publique.

Annexe (par Alassane Dicko):
En annexe se trouvent quelques informations supplémentaires sur le travail de l‘ »Association Malienne des Expulsés » (AME), dont je participe à l’audition en leur nom :
L’AME est une organisation fondée en 1996 par des personnes expulsées de France et d’Angola, qui s’occupe en priorité de personnes expulsées d’Europe et du Maghreb, mais aussi d’autres états africains et arabes, qui arrivent à l’aéroport de Bamako ou à la frontière Algérie-Mali ou Mauritanié-Mali et qui ont besoin d’une aide médicale ou psychologique, d’un logement d’urgence, d’une assistance juridique ou d’un accompagnement lors du retour dans leur village d’origine. A Bamako, l’AME travaille ensemble avec des juristes, des médecins et des journalistes. En plus de leur aide d’urgence à l’aéroport et dans les villes frontalières de Nioro et Gao, l’AME s’est spécialisée dans le travail avec les relations publiques et dans le travail coopératif avec des réseaux internationaux de politique migratoire et de critique de la globalisation, particulièrement avec Afrique-Europe-Interact. L’AME organise à Bamako des séminaires sur la situation de migrants*tes et participe, à travers des publications régulières et des rassemblements, aux débats au sein du réseau transnational de d’aide auto-gérée de migrants*tes et d’initiatives de droits de l’Homme. Depuis 2010, l’AME est également plus active dans les causes structurelles de la migration, et depuis plusieurs années une étroite collaboration s’est de ce fait développée avec des groupes de paysans, entre autre avec l’Office du Niger (à 270 km au nord-est de Bamako).
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MORE AME dans MALI-INFORMATIONEN

Afin de mieux comprendre le point de vue et les idées que je défends, permettez-moi, dans un premier temps, de me présenter en quelques mots: bien que mon père soit originaire du nord du Mali, j’ai principalement grandi en Côte d’Ivoire. J’y ai fait mes études puis travaillé en tant qu’informaticien jusqu’en 2005, avant d’être dénoncé comme “faux ivoirien” et de perdre mon emploi lorsque la guerre civile a éclaté. J’ai ensuite voulu reprendre mes études en Belgique mais j’ai été immédiatement expulsé dans le cadre des procédures aux aéroports concernant le droit d’asile. Depuis j’ai occupé diverses fonctions, parfois de façon bénévole, au sein de l’Association Malienne des Expulsés (AME) qui reçoit un soutien financier important de l’ONG Medico International, basé à Francfort. De plus, je participe depuis 2010 au développement du réseau Afrique-Europe-Interact.

Dans le cadre de cette audition, je vais comme vous me l’avez demandé, relater la situation des réfugiés*ées et migrants*tes au cours de leur trajet et après leur arrivée en Europe, en me référant systématiquement au contexte propre au Mali et à l’Afrique de l’Ouest. La question de la typologie de l’immigration et de son évolution au cours des deux dernières décennies sera ici primordiale. En effet, suite à la mise en place des politiques migratoires restrictives par l’Union Européenne (UE), le flux migratoire en provenance du Mali à destination de l’Europe a radicalement changé, passant d’une émigration de travail, légale depuis le début des années 70, à une immigration massivement irrégulière à partir des années 90. Fort de ce constat, je défendrai pour finir la thèse selon laquelle un travail véritablement efficace de co-développement mêlant migration et développement ne peut être mis en place qu’à la condition d’instaurer une liberté de circulation étendu (faible régulation) entre l’Afrique et l’Europe.

2. Préambule: La signification culturelle de la migration au Mali
Loin d’être un phénomène nouveau au Mali, les migrations sont comme dans beaucoup d’autres régions d’Afrique de l’ouest, profondément ancrées dans la culture malienne depuis plusieurs siècles. Le Togo, le Ghana et le Bénin puis plus tard le Sénégal et la Côte d’Ivoire étaient les principales destinations des migrants*tes maliens et maliennes au 20e siècle. L’Europe et en particulier la France et l’Espagne ne sont devenues des destinations qu’au début des années 70, suite aux deux grandes sécheresses (1968 à 1973 et 1983 à 1985) ainsi qu’aux difficultés économiques apparues en raison des nombreux plans d’ajustements structuraux imposés par le FMI et la Banque Mondiale (à partir de Décembre 1982). Auparavant seuls quelques membres de l’armée et étudiants se rendaient en France. Aujourd’hui, près de 4 millions de maliens et maliennes vivent hors du Mali, 3,5 millions en Afrique et 200 000 en Europe (environs 100 000 en France)

Il est important de signaler que les migrations au Mali sont généralement abordées comme un processus circulaire et sont codifiées culturellement parlant. Ce qui signifie que les migrations ne se font pas à sens unique comme le suggère le modèle classique “push-pull” (facteurs d’attraction et de répulsion). Comme le dit un proverbe malien, il s’agit plutôt de préparer son retour dès le 1er jour de migration. Ainsi, depuis les années 70, beaucoup de migrants*tes maliens et maliennes (certains*aines venant d’Europe) sont rentrés*ées volontairement au Mali, souvent à l’occasion du départ d’un autre membre de la famille.
On notera enfin que le Mali est aussi un pays d’immigration et de transit pour de nombreux migrants*tes venant de toute l’Afrique subsaharienne et qu’il doit ce statut non-seulement à sa position géographique mais aussi à sa culture migratoire, son dialogue avec les différentes civilisations africaines et son hospitalité légendaire. Cette position de pays d’accueil a été renforcée au cours de la dernière décennie par l’afflux de milliers de migrants*tes originaires de différents pays d’Afrique (notamment Mauritanie, Maroc, et Algérie), expulsés*ées en direction du Mali, sans que l’État malien ne dispose des moyens nécessaires pour leur offrir une aide appropriée et encore moins pour leur permettre lorsqu’ils le souhaitent de regagner leur pays d’origine, parfois très éloigné.

3. Contexte des migrations en provenance du Mali et d’Afrique de l’Ouest
Les facteurs d’émigration furent nombreux au cours des derniers siècles: notamment le commerce, les activités religieuses (comme les pélerinages), certains événements d’ordre politique ou militaire – en particulier dans le cadre des grands empires qui depuis le Moyen-Age se sont étendus jusqu’aux frontières actuelles du Mali. Par ailleurs, la pauvreté a joué un rôle prépondérant depuis la fin du 19e siècle. Aujourd’hui, 64% de la population malienne est considérée comme pauvre (car située en dessous du seuil de pauvreté, lui-même déjà particulièrement bas), et même 20% comme extrêmement pauvre.
Il est ici important d’évoquer les causes de cette importante pauvreté. Beaucoup de facteurs ayant empêcher le développement du Mali tout au long de son histoire (surtout suite à la colonisation) sont en effet toujours d’actualité. Parmi ceux-ci, on mentionnera ici deux exemples, sur lesquels l’AME en collaboration avec le réseau Afrique-Europe-Interact tentent d’agir. Tout d’abord l’accaparement des terres (landgrabbing) massif dont le Mali, au même titre que d’autres pays d’Afrique, est victime depuis une dizaine d’année. Il s’agit de la vente de terres agricoles fertiles à des gros investisseurs nationaux et internationaux. Ces ventes sont régulièrement entachées d’actes de corruption et ont souvent lieu au mépris des droits des paysans locaux qui les exploitent et y habitent. Les villages de Sanamadougou et de Sao de l’Office du Niger constituent deux exemples frappants de ces pratiques et ont à ce titre déjà fait l’objet d’un rapport du renommé Institut d’Oakland aux États-Unis et d’une lettre ouverte à Ibrahim Boubacar Keïta, président du Mali, par l’association FIAN de défenses des droits de l’Homme (http://www.fian.org/library/publication/detail/fian_expresses_concern_on_food_security_for_communities_in_mali/). La totalité de leurs habitants se trouvent menacée d’expulsion, sans le moindre dédommagement, par un projet de plus de 30 000 hectares porté par Modibo Keita, un puissant investisseur dont le réseaux s’étend jusque dans les plus hautes sphères de l’état malien. La procédure d’autorisation du projet fut particulièrement scandaleuse et l’existence des deux villages pourtant connue de tous a purement et simplement été ignorée par les autorités. De plus les engins utilisé par Modibo Keita proviendraient, selon un secret de polichinelle à Bamako, des moyens fournis par l’Allemagne dans le cadre d’un programme d’aide au développement défendu par la femme de l’ancien président Amadou Toumani Touré (ATT), renversé par un coup d’état en mars 2012.

Autre exemple, la commune de Falea, située à l’extrême sud-ouest du Mali, où doit débuter à partir de 2016, un chantier d’extraction à ciel ouvert de minerai d’uranium. Les forages-tests sont déjà effectués depuis 2009 par l’entreprise canadienne „Rockgate capital“ et sont déjà presque terminés (sans que les populations locales aient fait l’objet de la moindre consultation). Si cette mine d’uranium venait réellement à voir le jour, ce serait pas moins de 21 villages et une population de 17 000 habitants de ces hauts plateaux fertiles à cheval sur le Mali, le Sénégal et la Guinée qui seraient menacés d’expulsion progressive, alors même que ce projet, situé dans une région où plusieurs importants fleuves prennent leur source, constitue une menace pour l’approvisionnement en eau du Mali et du Sénégal (=> cliquer ici pour plus d’informations). Qu’ils habitent Sao, Sanamadougou, Falea ou dans l’un des nombreux autres villages concernés par ce genre de projet, ces habitants sont désignés par la société civile d’Afrique de l’ouest comme „candidat“ à l’émigration (irrégulière). Il m’était donc particulièrement important d’insister sur ces deux exemples très représentatifs des facteurs à l’origine des migrations au Mali.

4. Evolution des migrations vers l’Europe depuis les années 70
Comme évoqué en introduction, l’immigration en provenance du Mali et d’Afrique de l’Ouest étaient autrefois possible sans visa. Il suffisait simplement de s’enregistrer au port de Marseille après son arrivée. Cependant à partir du début des années 80, la France a remis en cause la politique incitative d’avant la décolonisation, qui lui permettait de faire venir de la main d’œuvre bon marché. Celle-ci a été petit à petit remplacée, comme partout dans le reste de l’Europe, par une politique d’immigration de plus en plus restrictive qui, depuis les années 90, a fait l’objet d’une harmonisation progressive dans le cadre de l’UE. Par conséquent, les migrations vers l’Europe, légales jusqu’à cette date, se sont transformées en une migration croissante irrégulière (mot-clé: forteresse européenne), un processus dont les points fondamentaux peuvent être largement divulgués, et dont seuls certains aspects spécifiques sont abordés ci-dessous:

En plus de toutes les mesures prises au sein de l’Europe (venant des accords de Schengen et du contrat d’Amsterdam), un jalon particulièrement problématique dans la politique de migration européenne d’un point de vue africain a été l’intégration des pays d’Afrique du Nord, pas seulement parce que l’UE a couplé l’exécution de mesures de politique de développement avec la volonté de stopper la migration. Plus concrètement : comme les pays concernés n’étaient pas du tout préparés à leur tâche d’état-tampon, ces mesures continuent aujourd’hui avec beaucoup d’infractions aux droits de l’Homme, entre autre sous la forme de violences massives de la police (y compris des tirs sur les réfugiés*ées et migrants*tes de l’enclave espagnole Ceuta et Melilla), et encore plus injustifié, des emprisonnements de plusieurs années (en 2006/2007, en Lybie, jusqu’à 60000 personnes ont été incarcérées dans des conditions catastrophiques) et sous la forme d’expulsions régulières dans le désert, dans un nomansland entre l’Algérie et le Maroc, ou vers le sud de l’Algérie (les infractions aux droits de l’Homme ont été documentées précisément à travers de nombreux examens, des articles et livres. On fait référence à un livre actuel du réfugié et activiste des droits de l’Homme Emmanuel Mbolela, dans lequel de tels incidents sont décrits et analysés d’une façon particulièrement impressionnante : Mein Weg von Kongo nach Europa : Zwischen Widerstand, Flucht und Exil, Mandelbaum 2014).
De plus, l’intégration des pays d’origine dans les mesures de politique migratoire s’est rélévée tout aussi problématique, mesures prises ici encore à l’encontre d’un travail coopératif de développement. A noter en particulier que parmi ces mesures se trouvent les accords de réadmission, qui ont mené à une augmentation massive du nombre d’expulsions: par exemple, de 2002 à 2006, on décompte 628 expulsions d’Espagne vers le Mali, un nombre qui est passé à 1410 expulsions en une seule année à la suite d’un accord entre l’Espagne et le Mali en 2008.
Enfin, plusieurs essais ont été tentés afin d’inciter les gouvernements et les acteurs de la société civile des pays d’origine à une coopération dans le domaine de la migration. Par exemple, l’UE a mis difficilement en place au Mali un centre appelé CIGEM (Centre d’Information et de GEstion des Migrations), dont le but n’aurait pas seulement dû être de divulguéer des informations sur les risques de la migration irrégulière (y compris l’encouragement d’alternatives), mais aurait dû également soutenir les potentiels*elles migrants*tes lors de dépôts de demande de visa pour une entrée légale dans l’UE. Le seul problème: ceci n’a jamais fonctionné, ce qui ne devrait pas surprendre que le CIGEM est inefficace depuis longtemps.

Dans l’ensemble, on peut retenir que la politique de migration de l’UE envers l’Afrique est en première ligne orientée vers les besions du marché du travail européen et ne s’intéresse quasiment pas aux maximes des droits de l’Homme: alors que des masses de réfugiés*ées et de migrants*tes doivent être retenus*ues à l’extérieur des frontières, il y a un besoin urgent de travailleurs*euses, que ce soit des personnes du Maroc pour les récoltes ou des spécialistes qualifiés*ées comme des médecins ou des infirmières*iers venant de différents pays africains près du Sahara. Ceci a des conséquences catastrophiques, principalement à cause de la fuite de personnes qualifiées (mot-clé: “brain drain”). On peut préciser que d’après des estimations de l’IOM, chauqe année 80.000 personnes avec une qualification professionnelle ou universitaires quittent l’Afrique, ce qui correspond dans certains pays à 35% des diplômés*ées universitaires.

5. Conséquences sur les réfugiés*ées et migrants*tes
Les conséquences de ce changement de forme de migration de l’Afrique de l’ouest vers l’Europe étaient entre autre grave, pas seulement pour les migrants*tes et les réfugiés*ées eux-même, mais également pour les pays-cibles, les pays d’orgine, les pays de transit et pour les relations entre les états impliqués. Concernant les migrants*tes et les réfugiés*ées, ils ont été touchés*ées par une augmentation de leur situation irrégulière et ainsi une augmentation des dangers et de mesures restrictives. Voici quelques points importants:
Tout d’abord, à cause des obstacles mis par les politiques de migration, les trajets parcourus sont toujours plus longs, plus compliqués et deviennent plus dangereux. Dans ce contexte, l’agence de protection des frontières Frontex fondé en 2004 a joué un rôle particulièrement peu glorieux. Au lieu de sauver des vies humaines, l’agence a des milliers de fois retenu des barques de réfugiés*ées, les a obligé à faire demi-tour, souvent sous la contrainte immédiate. De cette manière, depuis les années 90, au moins 25.000 personnes ont perdu la vie aux frontières extérieures de l’UE et dans le désert.
Deuxièmement, les mesures de politique de migration, comme déjà mentionné, sont accompagnées de violences étatiques massives dans les pays de transit, notamment en Libye où Mammar Gadakki a utilisé la politique de migration pour se rapprocher de l’UE.
Troisièmement, les rapports travail-vie sont devenus trop précaires en Europe, cependant dans le domaine du travail, il est a constater que des status de séjour irréguliers font souvent l’objet d’abus de la part de l’employeur, pour payer des salaires plus mauvais,… et en fait abroger complètement le droit du travail (en particuliers en agriculture, dans les secteurs de la construction, des transport et du nettoyage, dans les travaux ménagers, dans l’hotellerie et les restaurants.
Quatrièmement, il y a une augmentation des expulsions et des rétentions à des fins d’expulsion, pas seulement d’Europe mais aussi des pays de transit. Les expulsions en particuliers représentent elles-même une expérience profondément cruciale et traumatisante, souvent complètement sous-estimée en Europe : tout d’abord car les personnes concernées sont arrachées à leur quotidien (souvent au mépris des liens familiers existants, en ignorant les possessions et biens, et avec détention de toutes les droits pour les cotisations de sécurité social effectuées), ensuite parce qu’ils*elles sont abandonnés*ées à cause de la forte stigmatisation par leur famille assignée économiquement, comme étant celui*celle qui n’a pas réussi à tenir la promesse familiale.
La politique de migration de l’UE laisse des traces profondes non seulement chez les migrants*tes, les réfugiés*ées et leurs familles, mais également dans les pays d’origine et de transit. Il est tout d’abord à mentionner que les gouvernements des pays d’origine se sont retrouvent souvent dans une position difficile, coincé entre d’un côté la pression de l’UE, par exemple en signant les accord de réadmission, et d’un autre côté l’attente de la population à justement ne pas le faire. C’est ainsi que la participation des pays de transit à la politique de migration restrictive de l’UE a fait grandir de fortes tensions, en partie de très anciennes relations, entre les pays du Maghreb et de l’Afrique du Saharad du sud. Finalement, la liberté de mouvements traditionnelle en Afrique de l’ouest a été progressivement limité sous l’impulsion explicite de l’UE (alors que l’UE propage au sein de son propre territoire une liberté totale de voyager pour les citoyens*ennes de l’UE).

6. Migration et développement
La promesse familiale mentionnée ci-dessus est le point-clé de toutes les réflexions en rapport avec la migration et le développement. Car depuis des décennies au Mali, ce rapport est de fait devenu réalité, les migrants*tes soutiennent financièrement leurs familles. En effet, les transferts d’argent réguliers venant de la personne migrante représente une forme d’assurance-vie qui permet aux membres de la famille d’arrêter leurs tâches basiques et qui permet de plus de réagir à des événement imprévus. En d’autres mots : le fait que des membres de la famille soit partis en migration permet une diversification des sources de revenus pour la famille. Cependant, des enquêtes estiment que les transferts d’argent sont en moyenne de 100 à 300 euros par mois (si les migrants*tes vivent en Europe de l’ouest). Le soutien de la famille n’est qu’un côté de la médaille. De l’autre côté, ils permettent des développements d’infrastructures au sein du village d’origine, où ces développements sont parfaitement documentés dans la région de Kayes dans l’ouest du Mali (à peu près dans la zone de Yélimanie), avec la construction de puits, d’écoles, de routes, de centres de santé ou de mosquées. Finalement, cette aide au développement venant d’en-bas ne fonctionne que si les migrants*tes ne sont pas démunis*es de leurs possibilités de revenu à cause d’irrégularisation dans leur pays de transit ou pays d’arrivée.

De même, ceci est valable, même sous d’autres présages, pour le paiement de personnes rentrant au pays volontairement (comme il est pratiqué par différents pays européens). Jusqu’à présent, ces paiements ne sont pas seulement minimes, ils sont aussi couplés à l’abandon de son titre de séjour. Ces deux points conduisent à l’inefficacité des programmes. En ce qui concerne les moyens mis à disposition, il est facile de constater que diverses enquêtes ont montré qu’il n’est souvent pas possible de construire sa propre existence avec la somme recue, même si cette somme serait dans l’ensemble plus supportable que les transferts d’argent réguliers des membres de la famille vivant à l’étranger, et également parce qu’il est difficile, pour les personnes rentrant au pays après des années vécu en dehors du Mali, de reconstruire du début une existence dans un endroit devenu étranger. Concernant cette plus grande aide, il y a un plus grand besoin, pas que financièrement, mais également dans le domaine de la formation et dans la création d’une struture pour conseiller les personnes créant leur existence.

Cependant, autrement difficile est le fait que beaucoup de migrants*tes ne veulent pas risquer un retour sans avoir la possibilité, si leur tentative de retour échoue, de pouvoir retourner à nouveau en Europe. C’est pourquoi, ce point évoqué ci-dessus, et considérant le modèle ancré de migration circulaire largement réparti au Mali et en Afrique de l’ouest, ces faits jouent en faveur de l’introduction d’une véritable liberté de décision et une liberté de voyager. Plus de migrants*tes prendraient le risque eux-même (surtout si les aides financières seraient consolidées), pour continuer à intensifier le lien existant entre migration et développement.

7. Suggestions
Concernant le lien entre migration et développement, trois suggestions sont décrites ci-dessous : premièrement, remplacer la politique restrictive d’isolement par une politique d’immigration légale. En effet, seul les migrants*tes qui gagnent de l’argent ou qui peuvent effectuer une formation ont la possibilité de devenir de vrais agents de développement. Deuxièmement, les états européens devraient s’abstenir de nombreuses mesures qui permettent d’anéantir des situations de personnes et qui entrainent ainsi des candidats supplémentaires vers la migration. Dans le cas du Mali, ceci concerne particulièrement les secteurs de l’agriculture et de l’exploitation de mines. Cela signifie concrêtement que de nombreuses possibilités doivent être utilisées dans le cadre d’une collaboration (de développement) bilatérale, empêcher des projets scandaleux comme les cas de personnes suppléantes mentionnés ci-dessus (Sao, Sanamadougou und Falea) ou au moins d’agir pour que les gros projets soient effectués de manière à ce qu’ils ne soint pas accompagnés d’expulsions ou d’autres conséquences similaires. Troisièmement, de nombreuses mesures contribuant à une fuite des personnes qualifiées hors d’Afrique, particulièrement dans le domaine de la santé (mot-clé : brain drain) devraient être stoppées. En effet, ce brain drain entraîne non seulement des coûts faramineux pour l’économie nationale, mais à cause d’une couverture médicale déficiente, il est également une des raisons qui mènent en premier lieu à la migration.
© 2014 afrique-europe-interact

Foto (c) aei: La commission parlementaire de la Coopération économique et du développement (BMZ). – Sitzungssaal des Bundestagsausschusses für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung

Juni 2014 | Alassane Dicko von Afrique-Europe-Interact als Sachverständiger im Bundestag
Auf Vorschlag der Partei Die Linke hat Alassane Dicko von der malischen Sektion von Afrique-Europe-Interact am 4. Juni 2014 an der Öffentlichen Anhörung des Bundestagsausschusses für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung als Sachverständiger zum Themenkomplex “Flüchtlinge, Migration und Entwicklungspolitik” teilgenommen.
Im Folgenden findet sich die schriftliche Stellungnahme von Alassane Dicko, alle anderen Stellungnahmen können auf der Webseite des Ausschusses heruntergeladen werden.

1. Vorbemerkung:
Ich bin freundlicherweise eingeladen worden, in der öffentlichen Anhörung des Ausschusses für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung des Deutschen Bundestags mündlich und schriftlich Stellung zu beziehen. Dafür möchte ich mich ganz herzlich bedanken.

Zur Verdeutlichung, aus welcher Perspektive ich spreche, seien mir in einleitend einige Stichworte zu meiner Person gestattet: Mein Vater stammt aus dem Norden Malis, allerdings bin ich überwiegend in der Elfenbeinküste aufgewachsen. Dort habe ich auch studiert und als Informatiker gearbeitet, bis ich 2005 im Zuge des Bürgerkriegs in der Elfenbeinküste als so genannter „falscher Ivorer“ meine Arbeit verloren habe. Im Anschluss wollte ich in Belgien ein weiteres Studium aufnehmen, bin aber im Rahmen des Flughafenverfahrens direkt nach Mali wieder abgeschoben worden. Seitdem habe ich in unterschiedlichen Funktionen (teils auch ehrenamtlich) für die „Assoziation der Abgeschobenen Malis“ (AME) gearbeitet, die maßgeblich von der in Frankfurt ansässigen NGO medico international finanziell unterstützt wird (vgl. Anhang). Darüber hinaus bin ich seit 2010 am Aufbau des transnationalen Netzwerks Afrique-Europe-Interact beteiligt.

Anhang (von Alassane Dicko):
Anbei finden sich noch einige ergänzende Informationen zur Arbeit der „Assoziation der Abgeschobenen Malis“, in deren Namen ich an der Anhörung teilnehme:
Die AME (Association Malienne des Expulsés) ist eine bereits 1996 von Abgeschobenen aus Frankreich und Angola gegründeten Organisation, die sich heute vorrangig um Abgeschobene aus Europa und dem Maghreb, aber auch aus anderen afrikanischen und arabischen Staaten kümmert, die am Flughafen von Bamako oder der algerisch-malischen bzw. mauretanisch-malischen Grenze ankommen und medizinische bzw. psychologische Hilfe, eine Notunterkunft, Rechtsbeistand oder Begleitung bei der Rückkehr in ihr Heimatdorf benötigen. In Bamako arbeitet die AME mit JuristInnen, MedizinerInnen und JournalistInnen zusammen. Neben ihrer Nothilfe am Flughafen und in den Grenzorten Nioro und Gao liegt ein weiterer Schwerpunkt der Arbeit der AME in der Öffentlichkeitsarbeit in Mali, aber auch in der Mitarbeit in internationalen migrationspolitischen und globalisierungskritischen Netzwerken – nicht zuletzt bei Afrique-Europe-Interact. Die AME veranstaltet in Bamako zur Situation der MigrantInnen eigene Workshops und beteiligt sich mit regelmäßigen Berichten und Aufrufen an der Debatte innerhalb der transnationalen Vernetzung von migrantischen Selbsthilfegruppen und Menschenrechtsinitiativen. Seit 2010 ist die AME auch verstärkt zu den strukturellen Ursachen von Migration aktiv, entsprechend ist seit mehreren Jahren eine enge Zusammenarbeit mit bäuerlichen Gruppen unter anderem im Office du Niger (270 Kilometer nord-östlich von Bamako) entstanden.
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MORE AME in den MALI-INFORMATIONEN

Im Rahmen des Ausschusses werde ich – wie erbeten – über die Situation von Flüchtlingen und MigrantInnen in Europa bzw. auf dem Weg nach Europa sprechen, allerdings unter systematischer Berücksichtigung des malischen bzw. westafrikanischen Kontextes. Ausschlaggebend wird dabei die Frage der „Typisierung der Zuwanderung und ihr Wandel in den letzten beiden Jahrzehnten“ sein (vgl. Einladung zur Anhörung). Denn im Zuge der restriktiven EU-Migrationspolitik hat sich die Migration aus Mali Richtung Europa seit Ende der 1980er Jahre grundlegend geändert – von einer regulären Arbeitsmigration seit Anfang der 1970er Jahre hin zur massenhaften irregulären Einwanderung seit Beginn der 1990er Jahre. Vor diesem Hintergrund werde ich schließlich die These vertreten, dass ein wirklich produktives Zusammenspiel zwischen Migration und Entwicklung – Stichwort co-development – nur unter der Voraussetzung einer weitgehenden (ggf. niedrigschwellig regulierten) Reisefreiheit zwischen Afrika und Europa möglich sein wird.

2. Ausgangspunkt: Zur kulturellen Bedeutung der Migration in Mali
Migration ist in Mali keineswegs ein neues Phänomen, sie ist vielmehr seit vielen Jahrhunderten kulturell tief verankert – wie auch in vielen anderen Regionen Westafrikas. Im 20 Jahrhundert waren zunächst die heutigen Staaten Togo, Ghana und Benin wichtige Zielregionen für malische MigrantInnen, später der Senegal und die Elfenbeinküste. Europa, insbesondere Frankreich und Spanien, ist erst seit Anfang der 1970er Jahre durch die beiden großen Dürren (1968 bis 1973 und 1983 bis 1985) sowie die wirtschaftlichen Einbrüche im Zuge zahlreicher Strukturanpassungsprogramme durch IWF und Weltbank (seit Dezember 1982) zum Einwanderungsziel geworden, davor sind lediglich vereinzelt Angehörige des malischen Militärs sowie Studierende nach Frankreich gelangt. In Zahlen: Heute leben ca. 4 Millionen malische Staatsangehörige außerhalb Malis, davon 3.5 Millionen in Afrika und 200.000 in Europa (von letzteren wiederum ca. 100.000 in Frankreich).
Grundsätzlich ist mir der Hinweis wichtig – darauf werde ich im Rahmen der Frage des co- developement zurückkommen – dass Migration in Mali in aller Regel als zirkulärer Prozess gedacht wird bzw. kulturell codiert ist. Das heißt: Migration ist keine Einbahnstraße, wie es das push-pull Modell der klassischen Migrationsforschung nahelegt. Vielmehr besagt ein malisches Sprichwort, dass Migration bedeute, vom ersten Tag an seine Rückkehr vorzubereiten. Entsprechend sind seit den 1970er Jahren viele MigrantInnen freiwillig zurückgekehrt, auch aus Europa, nicht selten im Rahmen eines ‚fliegenden Wechsels‘ unter Familienangehörigen.
Verwiesen sei schließlich darauf, dass Mali nicht nur aufgrund seiner geographischen Lage, sondern auch aufgrund seiner von Migration geprägten Kultur, seines Dialogs zwischen den verschiedenen afrikanischen Zivilisationen und seiner legendären Gastfreundschaft schon lange sowohl Ziel- als auch Transitland für MigrantInnen aus ganz Subsahara-Afrika ist. Ein Umstand, der in den letzten 10 Jahren nicht zuletzt dadurch an Relevanz gewonnen hat, dass tausende irreguläre MigrantInnen aus verschiedensten afrikanischen Ländern direkt nach Mali zurückgeschoben wurden (insbesondere aus Mauretanien, Marokko und Algerien) – ohne dass dem malischen Staat auch nur im geringsten die Mittel zur Verfügung stehen würden, die Betroffenen angemessen zu unterstützen, geschweige denn eine Weiterreise in die Herkunftsländer (sofern erwünscht) zu ermöglichen.

3. Hintergründe von Migration aus Mali bzw. Westafrika
Bestimmend für die Entscheidung zur Migration sind viele Jahrhunderte insbesondere der Fernhandel, religiöse (Pilger-)Aktivitäten sowie politische bzw. militärische Vorgänge gewesen – letzteres im Rahmen der großen Reiche, die sich seit dem Mittelalter unter anderem auf dem Gebiet des heutigen Malis erstreckt haben. Darüber hinaus hat spätestens seit dem späten 19. Jahrhundert auch Armut eine ausschlaggebende Rolle gespielt. Erwähnt sei daher, dass heute 64 Prozent der Bevölkerung in Mali als arm gelten (untere Zugrundelegung ohnehin äußerst niedriger Schwellenwerte), 20 Prozent sogar als extrem arm.
Wenn über Armut gesprochen wird, dann sollten aber auch die Gründe für diese Armut nicht aus dem Blick geraten. Denn viele jener Faktoren, die bereits in der Geschichte eine echte Entwicklung verunmöglicht haben (vor allem im Zuge des Kolonialismus) haben sich bis heute fortgesetzt – meist in einer Mischung aus internen und externen Faktoren. Zwei aktuelle Beispiele seien stellvertretend erwähnt – auch deshalb, weil die Assoziation der Abgeschobenen Malis zusammen mit Afrique-Europe-Interact diesbezüglich bereits seit längerem aktiv ist: Seit knapp 10 Jahren gehört Mali zu jenen Ländern in Afrika, die in großem Stil von Landgrabbing betroffen sind, d.h. vom Ausverkauf fruchtbarer Acker-, Wald- und Weideflächen an nationale wie global operierende Großinvestoren. Dabei erfolgt nicht nur der Verkauf, sondern auch der Umgang mit den dort siedelnden Bauern und Bäuerinnen auf meist korrupte und die Menschenrechte massiv verletzende Weise. Beispielhaft ablesbar ist dies an den beiden im Office du Niger gelegenen Dörfern Sanamadougou und Sao, zu denen bereits das renommierte Oakland-Institut in den USA hier den Bericht als pdf herunterladen sowie die Menschenrechtsorganisation FIAN (http://www.fian.org/library/publication/detail/fian_expresses_concern_on_food_security_for_communities_in_mali/) ausführliche Reports bzw. Stellungnahmen vorgelegt haben. Konkret sind beide Dörfer durch ein 30.000-Hektar-Projekt des bestens mit den politischen Spitzen des malischen Staates vernetzten Investors Modibo Keita von einer entschädigungslosen Komplettvertreibung bedroht. Besonders skandalös: Im Rahmen des Genehmigungsverfahrens wurde die allenthalben bekannte Existenz der beiden Dörfer schlicht unterschlagen, außerdem sollen die von Modibo Keita verwendeten Maschinen, so ein offenes Geheimnis in der Hauptstadt, ursprünglich aus Mitteln der deutschen Entwicklungszusammenarbeit stammen, vermittelt über die Ehefrau des im März 2012 gestürzten ehemaligen Präsident Amadou Toumani Touré (ATT).

Ein weiteres Beispiel: In der Gemeinde Falea im äußersten Südwesten Malis soll ab 2016 Uranabbau im Tagebauverfahren erfolgen, wobei die seit 2009 stattfindenden Probebohrungen durch das kanadische Unternehmen „rockgate capital“ bereits weitgehend abgeschlossen sind (ohne dass bis heute die ansässige Bevölkerung je irgendwelche Mitspracherechte erhalten hätte). Sollte es tatsächlich zur Eröffnung dieser Uranmine kommen, wären rund 21 Dörfer mit 17.000 Menschen in der äußerst fruchtbaren Hochebene im Dreiländereck Mali-Senegal-Guinea von schrittweiser Vertreibung betroffen, eine Region, in der mehrere für die Wasserversorgung Senegals und Malis wichtige Flüsse entspringen (http://www.afrique-europe-interact.net/index.php?article_id=1169&clang=0). Ob Sao, Sanamadougou oder Falea, die Zivilgesellschaft in Westafrika bezeichnet die potentiell Betroffenen solcher und vieler vergleichbarer Maßnahmen als „Kandidaten“ der (irregulären) Migration – was der systemaische Grund ist, weshalb ich an dieser Stelle auf diese beiden Beispiele ausdrücklich aufmerksam machen möchte.

4. Zum Wandel der Migration nach Europa seit den 1970er Jahren
Wie eingangs erwähnt, ist die Migration aus Mali bzw. Westafrika anfangs ohne Visum möglich gewesen – schlicht indem im Hafen von Marseille nach der Ankunft eine Registrierung durchgeführt wurde. Doch spätestens Anfang der 1980er Jahre ist die von Frankreich noch vor der Entkolonialisierung 1960 unter anderem im Gebiet des heutigen Senegals durchgeführte Anwerbepolitik billiger Arbeitskräfte ausgelaufen. Stattdessen ist es – wie überall in Westeuropa – zu einer zunehmend restriktiven Einwanderungspolitik gekommen, die sodann seit den 1990er Jahren im Rahmen der Europäischen Union eine schrittweise Vereinheitlichung erfahren hat. Konsequenz war, dass die sich die bis dato reguläre Migration Richtung Europa zu einer zunehmend irregulären Migration gewandelt hat (Stichwort: Festung Europa) – ein Prozess, dessen grundlegende Eckpunkte allgemein bekannt sein dürften, weshalb lediglich auf einige spezifische Aspekte eingegangen sei:

Neben all den innereuropäischen Maßnahmen (ausgehend von den Schengener Abkommen sowie dem Vertrag von Amsterdam) war insbesondere die Einbindung der nordafrikanischen Länder ein aus afrikanischer Sicht hochgradig problematischer Meilenstein der europäischen Migrationspolitik – und das nicht nur, weil die EU die Durchführung entwicklungspolitischer Maßnahmen an die Bereitschaft zur Migrationsabwehr gekoppelt hat. Konkreter: Da die betroffenen Länder auf ihre Aufgabe als Pufferstaaten in keinster Form vorbereitet waren, geht dies bis heute mit extremen Menschenrechtsverletzungen einher – unter anderem in Gestalt massiver Polizeigewalt (inklusive Schüssen auf Flüchtlinge und MigrantInnen an den spanischen Enklaven Ceuta und Melilla), willkürlicher, teils mehrjähriger Inhaftierungen (allein in Libyen sollen 2006/2007 bis zu 60.000 Menschen unter katastrophalen Bedingungen inhaftiert gewesen sein) sowie regelmäßigen Abschiebungen in die Wüste, etwa ins Niemandsland zwischen Algerien und Marokko oder in den Süden Algeriens (die entsprechenden Menschenrechtsverletzungen sind in den letzten 12 Jahren in zahlreichen Untersuchungen, Artikeln und Büchern detailliert dokumentiert worden – gleichwohl sei in diesem Zusammenhang auf ein aktuell erschienenes Buch des kongolesischen Flüchtlings und Menschenrechtsaktivisten Emmanuel Mbolela verwiesen, in dem sämtliche dieser Vorkommnisse auf äußerst eindrückliche Weise beschrieben bzw. analysiert werden: Mein Weg vom Kongo nach Europa: Zwischen Widerstand, Flucht und Exil, Mandelbaum 2014).
Als nicht minder problematisch hat sich des weiteren die Einbindung der Herkunftsländer in die migrationspolitischen Maßnahmen entpuppt – auch dies in aller Regel gegen entsprechende Auflagen im Rahmen der Entwicklungszusammenarbeit. Besonders erwähnenswert sind dabei die so genannten Rückübernahmeabkommen, die zu einer massiven Erhöhung der Abschiebezahlen geführt haben: Beispielsweise hat es in den Jahren 2002 bis 2006 628 Abschiebungen von Spanien nach Mali gegeben, eine Zahl, die nach Abschluss eines entsprechenden Abkommens zwischen Spanien und Mali allein im Jahr 2008 auf 1410 Abschiebungen angewachsen ist.
Schließlich gab es auch verschiedene Versuche, durch migrationspolitische Versprechungen sowohl die Regierungen als auch zivilgesellschaftliche Akteure der Herkunftsländer zur Kooperation im Feld der Migration zu bewegen. Beispielsweise hat die EU in Mali mit viel Aufwand ein Zentrum namens CIGEM (Centre d’Information et la Gestion des Migration) eingerichtet, dessen Ziel nicht nur die Verbreitung von Informationen zu den Risiken irregulärer Migration hätte sein sollen (inklusive der Förderung von Alternativen), sondern auch die Unterstützung potentieller MigrantInnen bei der Beantragung von Visa zur regulären Einreise in die EU. Einziger Haken: Letzteres hat nie funktioniert, entsprechend dürfte es nicht erstaunlich sein, dass CIGEM bereits seit längerem de facto funktionsuntüchig ist.
Insgesamt ist festzuhalten, dass die EU-Migrationspolitik gegenüber Afrika in erster Linie an den Bedürfnissen des europäischen Arbeitsmarktes orientiert ist – kaum jedoch an menschenrechtlichen Maximen: Während die Masse der Flüchtlinge bzw. MigrantInnen außen vorgehalten werden soll, sind dringend benötige Arbeitskräfte willkommen – ob ErntehelferInnen aus Marokko oder akademisch ausgebildete SpezialistInnen, beispielsweise ÄrztInnen und KrankenpflegerInnen aus zahlreichen Ländern Subsahara-Afrikas. Dabei hat vor allem die Abwerbung von SpezialistInnen katastrophale Konsequenzen – Stichwort „brain drain“. Erwähnt sei nur, dass nach Schätzungen der IOM jedes Jahr 80.000 Menschen mit Berufs- oder Universitätsausbildung Afrika verlassen, in manchen Ländern betrifft das bis zu 35 Prozent der Uni-AbsolventInnen.

5. Auswirkungen auf Flüchtlinge und MigrantInnen
Die Konsequenzen dieses Formwandels der westafrikanischen Migration Richtung Europa waren unterdessen gravierend – nicht nur für die MigrantInnen bzw. Flüchtlinge selbst, sondern auch für die Zielländer, die Herkunftsländer, die Transitländer sowie die Beziehungen der involvierten Staaten untereinander. Was die MigrantInnen und Flüchtlinge betrifft, so waren diese zunehmend von Irregulärität und folglich den damit korrespondierenden Gefahren bzw. restriktiven Maßnahmen betroffen. Einige Schlaglichter:
Erstens sind durch die migrationspolitischen Hindernisse die zurückzulegenden Wege immer länger, komplizierter und gefährlicher geworden. In diesem Zusammenhang hat insbesondere die 2004 gegründete EU-Grenzschutzagentur Frontex eine unrühmliche Rolle gespielt. Denn anstatt Menschenleben zu retten, hat diese Flüchtlingsboote tausendfach aufgehalten und zur Umkehr gezwungen, nicht selten mit unmittelbaren Zwang. Insgesamt sind auf diese Weise seit den 1990er Jahren mindestens 25.000 Menschen an den EU-Außengrenzen bzw. in der Wüste ums Leben gekommen.
Zweitens sind die migrationspolitischen Maßnahmen – wie bereits erwähnt – mit massiver staatlicher Gewalt in den Transitländern einhergegangen, nicht zuletzt in Libyen, wo Mummar Gadaffi die Migrationspolitik zur Wiederannäherung an die EU genutzt hat.
Drittens ist es in Europa zu hochgradig prekären Lebens- und Arbeitsverhältnissen gekommen, wobei im Bereich der Arbeit festzuhalten ist, dass der irreguläre Aufenthaltsstatus seitens der ArbeitgeberInnen oftmals missbraucht wird, um schlechte Löhne etc zu zahlen bzw. die Arbeitsrechte umfassend außer Kraft zu setzen (insbesondere in der Landwirtschaft, im Bau-, Transport- und Reinigungssektor, in der Hausarbeit und im Hotel- und Gaststättengewerbe).
Viertens ist es zunehmend zu Abschiebehaft und Abschiebungen gekommen – nicht nur aus Europa, sondern auch aus Transitländern. Insbesondere die Abschiebung selbst stellt eine zutiefst einschneidende und traumatische, in Europa aber häufig völlig unterschätze Erfahrung dar: Zunächst, weil die Betroffenen mitten aus ihrem Alltag gerissen werden (häufig unter Missachtung bestehender familiärer Verbindungen, unter Verlust des gesamten Hab und Guts sowie unter Vorenthaltung sämtlicher Anwartschaften für erfolgte Sozialversicherungsbeiträge), sodann, weil sie seitens ihrer ökonomisch auf sie angewiesenen Familien starker Stigmatisierung ausgesetzt sind – und zwar als diejenigen, die es nicht geschafft haben, das familiäre Versprechen einzulösen.
Neben den MigrantInnen bzw. Flüchtlingen sowie ihren Familien hinterlässt die Migrationspolitik der EU aber auch in den Herkunfts- und Transitländern tiefe Spuren. Erwähnt sei zunächst, dass sich die Regierungen der Herkunftsländer immer wieder in einer schwierigen Lage wiedergefunden haben – eingeklemmt zwischen einerseits dem Druck der EU, beispielsweise Rückübernahmeabkommen zu unterschreiben und andererseits der Erwartung der Bevölkerung, genau dieses nicht zu tun. Sodann hat sich die Beteiligung der Transitländer an der restriktiven Migrationspolitik der EU zu einer massiven Belastung der zum Teil sehr alten Beziehungen zwischen den Ländern des Maghreb und Subsahara-Afrikas ausgewachsen. Schließlich wurde auch die traditionelle Bewegungsfreiheit innerhalb Westafrikas auf ausdrückliches Betreiben der EU zunehmend eingeschränkt (unbeschadet dessen, dass die EU innerhalb ihres eigenen Territoriums umfassende Reisefreiheit für EU-BürgerInnen propagiert).

6. Migration und Entwicklung
Das soeben erwähnte familiäre Versprechen ist Dreh- und Angelpunkt aller Überlegungen zum Verhältnis von Migration und Entwicklung. Denn de facto ist dieses Verhältnis bereits seit Jahrzehnten in Mali darüber zur Realität geworden, dass die MigrantInnen ihre Familien mitversorgen. Denn die regelmäßigen Rücküberweisungen seitens der MigrantInnen stellen eine Art Lebensversicherung dar, die es den Familienangehörigen erlaubt, ihre grundlegenden Ausgaben zu bestreiten und zudem auf unvorhergesehene Ereignisse zu reagieren. Mit anderen Worten: Mit Hilfe der in die Migration gegangenen Familienmitglieder findet eine Diversifizierung der Einnahmequellen im Rahmen des familiären Haushalts statt, wobei Untersuchungen von durchschnittlich 100 bis 300 Euro Rücküberweisungen pro Monat ausgehen (sofern die MigrantInnen in Westeuropa leben). Die Unterstützung der Familien ist jedoch nur die eine Seite der Medaille. Auf der anderen Seite stehen Infrastrukturentwicklungen innerhalb der Herkunftsdörfer, wie sie insbesondere für die Region Kayes im Westen Malis (etwa im Kreis Yélimanie) bestens dokumentiert sind – etwa in Gestalt des Neubaus von Brunnen, Schulen, Straßen, Gesundheitszentren oder Moscheen. Indes: Diese Entwicklungshilfe von unten funktioniert nur, wenn die MigrantInnen in ihren Transit- oder Zielländern nicht durch massenhafte Irregularisierung ihrer Einkommensmöglichkeiten beraubt werden.
Und ähnliches gilt auch – wenn auch unter anderen Vorzeichen – für Zahlungen für freiwillige RückkehrerInnen (wie sie von diversen europäischen Staaten praktiziert werden). Denn bislang sind diese Zahlungen nicht nur vergleichsweise geringfügig, sie sind auch an die Bereitschaft gekoppelt, den bisherigen Aufenthaltsstatus aufzugeben. Beides führt aber dazu, dass die Programme nicht wirken können. Was die zur Verfügung gestellten Mittel anbelangt, so ist schlicht zu konstatieren, dass diverse Untersuchungen gezeigt haben, dass es mit den einmaligen Beträgen oftmals nicht möglich ist, eine eigene Existenz aufzubauen, die insgesamt ertragreicher wäre als die regelmäßigen Rücküberweisungen der im Ausland lebenden Familienmitglieder – und das im übrigen auch deshalb, weil es für die jahrelang außerhalb Malis gelebt habenden RückkehrerInnen gar nicht so einfach ist, quasi aus dem Kaltstart heraus eine Existenz in einem fremd gewordenen Umfeld aufzubauen. Vielmehr bedarf es diesbezüglicher ungleich größerer Unterstützung, nicht nur finanziell, sondern auch mit Blick auf Ausbildung und eine Art lokal verankerter Existenzgründerberatung.
Ungleich schwieriger ist jedoch der Umstand, dass viele MigrantInnen nicht gewillt sind, eine Rückkehr zu wagen – ohne die Möglichkeit, ggf. wieder nach Europa zurückkehren zu können, sollte ihr Rückkehrversuch scheitern. Vor diesem Hintergrund spricht vieles dafür – auch mit Blick auf das in Mali bzw. Westafrika vielerorts verankerte Modell der zirkulären Migration – eine echte Entscheidungs- und somit Reisefreiheit einzuführen. Denn diese würde dazu führen, dass ungleich mehr MigrantInnen das Risiko auf sich nehmen würden (vor allem wenn die begleitenden finanziellen Unterstützungen ausgebaut würden), um den ohnehin bestehenden Zusammenhang zwischen Migration und Entwicklung weiter zu vertiefen.

7. Empfehlungen
Hinsichtlich der Empfehlungen zum Zusammenhang von Migration und Entwicklung bedeutet dies insbesondere dreierlei: Erstens die restriktive Abschottungspolitik durch eine regulierte Einwanderungspolitik zu ersetzen. Denn nur MigrantInnen, die Geld verdienen und Ausbildungen durchlaufen können, sind in der Lage, zu echten Agenten von Entwicklung zu werden. Zweitens sollten die europäischen Staaten sämtliche Maßnahmen unterlassen, die geeignet sind, Existenzgrundlagen zu zerschlagen und somit zusätzliche KandidatInnen für die Migration hervorzubringen. Im Falle Malis betrifft dies nicht zuletzt den landwirtschaftlichen und den Bergbausektor. Konkret bedeutet das auch, dass sämtliche Möglichkeiten im Rahmen der bilateralen (Entwicklungs-)Zusammenarbeit genutzt werden sollten, um skandalöse Projekte wie die stellvertretend erwähnten Fälle (Sao, Sanamadougou und Falea) zu unterbinden oder zumindest darauf hinzuwirken, dass Großprojekte immer so durchgeführt werden, dass sie nicht mit Vertreibungen oder ähnlichen Konsequenzen einhergehen. Drittens sollten sämtliche Maßnahmen unterlassen werden, die zu einem Weggang hochqualifizierter Arbeitskräfte aus Afrika beitragen, insbesondere im Gesundheitsbereich (Stichwort: brain drain). Denn dieser brain drain verursacht nicht nur massive volkswirtschaftliche Kosten, er ist – in Gestalt mangelhafter Gesundheitsversorgung – auch einer der Gründe, die überhaupt erst zur Abwanderung führen.
© 2014 afrique-europe-interact

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