MALIS AUSSENMINISTER REAGIERT AUF FRANKREICHS BELEIDIGUNGEN – Pour bâtir le Mali: Abdoulaye Diop se prononce

0. #Mali #Hintergründe
fb Klimakrieger – 01.02.2022
Von Torsten Schreiber
In den nächsten Tagen werden wir in westlichen Medien von der Ausweisung des französischen Botschafters aus Mali lesen. … Weiter werden wir lesen, dass auch die europäischen Partner wie Deutschland sich aus dem Krisenstaat Mali zurückziehen sollen, von Sanktionen und den russischen Wagner-Söldnern wird zu lesen sein. Nichts lesen werden wir hingegen von der postkolonialen Politik Frankreichs, … dass der französische Außenminister seit Tagen statt mit seinem vermeintlichen Bündnispartner Mali zu sprechen, in den Medien über Mali und die Malier herzieht und sie am laufenden Band beleidigt.
2. Eskalation der Spannungen zwischen Bamako und Paris: Der französische Botschafter Joël Meyer wird aufgefordert, Mali in 72 Stunden zu verlassen
Le Républicain – 1 Feb 2022
Die malische Regierung hat den französischen Botschafter in Mali als Reaktion auf „die Äußerungen der französischen Behörden gegenüber den Übergangsbehörden“ aufgefordert, das Land zu verlassen.
1. Abdoulaye Diop, malischer Außenminister: „Wir fordern, dass Paris uns als Land respektiert“
RFI/France24 / bamada.net – 28.02.2022
Der Ton zwischen Paris und Bamako verschärft sich zunehmend. Am Donnerstag, den 27. Januar, kritisierte der französische Außenminister eine „illegitime“ Junta, die „unverantwortliche Maßnahmen“ ergreift. Antwort seines malischen Amtskollegen in einem Exklusivinterview von RFI/ France 24 mit Christophe Boisbouvier und Marc Perelman: Er verurteilt die Worte des französischen Politikers.

DEUTSCH WEITER (#2,#1 IN VON MIR ETWAS VERBESSERTER DEEPL-ÜBERSETZUNG) UNTER DEN FRZ. ORIGINALEN

Foto (c) RFI: Abdoulaye Diop, Ministre Malien des Affaires étrangères lors de l’interview exclusive RFI/ France 24, depuis Bruxelles, le 28 janvier 2022 – Malis Außenminister Abdoulaye Diop während des Exklusivinterviews mit RFI/France24 aus Brüssel am 28.01.2022

0. #Mali #Faits et raisons
fb Klimakrieger – 01.02.2022
Par Torsten Schreiber
Dans les jours à venir, nous allons lire dans les médias occidentaux que l’ambassadeur de France a été expulsé du Mali. … Nous lirons également que les partenaires européens comme l’Allemagne doivent se retirer de l’Etat en crise qu’est le Mali, et nous entendrons parler de sanctions et des mercenaires russes de Wagner. En revanche, nous ne lirons rien sur la politique postcoloniale de la France, … sur le fait que le ministre français des Affaires étrangères, au lieu de parler avec son supposé allié malien, s’en prend depuis des jours au Mali et aux Maliens dans les médias et les insulte en permanence. (A suivre)

2. Escalade des tensions entre Bamako et Paris : L’ambassadeur de France Joël Meyer invité à quitter le Mali dans 72 heures
Le Républicain – 1 Fév 2022
Par M. K. Diakité
Le gouvernement malien a invité l’ambassadeur de France au Mali, en réponse « aux propos tenus par les autorités françaises à l’endroit des autorités de la Transition ». 72 heures ont été ainsi données à Joël Meyer pour quitter le territoire malien. La notification a été faite suite à sa convocation, hier, lundi 31 janvier 2022, au ministère des affaires étrangères à Bamako.
La tension continue de monter entre Bamako et Paris. Joel Meyer, l’ambassadeur de France au Mali, a été déclaré indésirable au Mali et dispose de trois jours pour quitter le pays. L’annonce a été faite par le gouvernement malien, dans un communiqué publié, hier, lundi 31 janvier 2022.
« Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale et internationale que, ce jour, lundi 31 janvier 2022, l’Ambassadeur de France à Bamako SEM Joëlle MEYER a été convoqué par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui il lui a notifié la décision du Gouvernement qui l’invite à quitter le territoire national dans un délai de 72 heures. », lit-on dans le communiqué du gouvernement malien. « Cette mesure, précise le communiqué, fait suite aux propos hostiles et outrageux du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères tenus récemment et à la récurrence de tels propos par les autorités françaises à l’égard des Autorités maliennes, en dépit des protestations maintes fois élevées. »
Cette décision des autorités maliennes fait suite aux dernières sorties médiatiques des autorités françaises concernant la situation au Mali. Le ministre des Affaires étrangères de la France, Jean-Yves Le Drian, avait denoncé, le jeudi 27 janvier dernier, des « mesures irresponsables » d’une junte « illégitime », après que le Mali a demandé le retrait des soldats danois qui venaient d’être déployés dans le pays. Suite à cette sortie, son homologue malien, Abdoulaye Diop, a déploré des propos « méprisants », et indiqué que son pays allait en « tirer des conséquences ».
© 2022 lerepublicainmali

1. Abdoulaye Diop, malischer Außenminister: „Wir fordern, dass Paris uns als Land respektiert“
RFI/France24 / bamada.net – 28.02.2022
Der Ton zwischen Paris und Bamako verschärft sich zunehmend. Am Donnerstag, den 27. Januar, kritisierte der französische Außenminister eine „illegitime“ Junta, die „unverantwortliche Maßnahmen“ ergreift. Antwort seines malischen Amtskollegen in einem Exklusivinterview von RFI/ France 24 mit Christophe Boisbouvier und Marc Perelman: Er verurteilt die Worte des französischen Politikers.
Der malische Außenminister nimmt kein Blatt vor den Mund. Als Reaktion auf seinen französischen Amtskollegen Jean-Yves Le Drian, der die „unverantwortlichen“ Maßnahmen der „illegitimen“ Behörden Malis im Zusammenhang mit dem Antrag auf Abzug der dänischen Streitkräfte anprangerte, erwidert Abdoulaye Diop, dass „diese Beleidigungen und von Verachtung geprägten Worte inakzeptabel sind und nicht von Größe zeugen“. Der malische Minister fügte hinzu, dass sein Land bereit sei, das Verteidigungsabkommen mit Frankreich gegebenenfalls zu kündigen, da „einige Bestimmungen gegen die Verfassung und die Souveränität Malis verstoßen“. Er hat kürzlich in Paris eine Überarbeitung des Abkommens gefordert und „erwartet eine schnelle Antwort aus Paris“.
Wird die malische Junta den Abzug der französischen Truppen fordern, wie sie es mit den dänischen Spezialkräften getan hat? „Diese Frage liegt derzeit nicht auf dem Tisch“, antwortet Abdoulaye Diop, der präzisiert: „Wenn eine Präsenz zu einem bestimmten Zeitpunkt als gegen die Interessen Malis gerichtet beurteilt wird, werden wir nicht zögern, uns dazu zu bekennen, aber so weit sind wir noch nicht.“ Ist der Dialog zwischen Herrn Diop und Herrn Le Drian abgebrochen? „Schade, dass man Jean-Yves Le Drian in den Medien mehr hört als anderswo“, sagt Abdoulaye Diop, „aber Mali bleibt offen für den Dialog. Frankreich applaudiert Staatsstreichen, wenn sie seinen Interessen entsprechen, und verdammt sie, wenn sie seinen Interessen zuwiderlaufen.“ Denkt der malische Minister an den Tschad? „Ich denke an nichts“, antwortet er diplomatisch…
Momentan gibt sich die malische Junta ein fünfjähriges Mandat vor der Rückgabe der Macht an die Zivilbevölkerung, aber Herr Diop schließt eine kürzere Übergangszeit nicht aus. Könnte die Junta einen Übergang von 16 Monaten akzeptieren, wie es der algerische Präsident Abdelmajid Tebboune vorschlägt? „Wir konzentrieren uns zum jetzigen Zeitpunkt nicht auf eine Dauer von sechzehn Monaten, zwei oder drei Jahren, sondern wollen, dass man auf das schaut, was für das malische Volk wichtig ist“, antwortet Abdoulaye Diop. Schließlich fordert der malische Minister die Ecowas zu mehr Flexibilität gegenüber seinem Land auf. Für ihn ist der Staatsstreich vom 24. Januar in Burkina der Beweis dafür, dass die Ecowas-Sanktionen vom 9. Januar gegen Mali „unwirksam“ waren.

1. Abdoulaye Diop, chef de la diplomatie malienne: «Nous demandons que Paris nous respecte en tant que pays»
RFI/France24 / bamada.net – 28.02.2022
Par Christophe Boisbouvier | Marc Perelman
Le ton se durcit un peu plus entre Paris et Bamako. Jeudi 27 janvier, le ministre français des Affaires étrangères a critiqué une junte « illégitime », qui prend des « mesures irresponsables ». Réponse de son homologue malien Abdoulaye Diop, dans une interview exclusive RFI/ France 24 accordée à Christophe Boisbouvier et Marc Perelman : il condamne les propos du responsable français.
En exclusivité sur RFI et France 24, le chef de la diplomatie malienne ne mâche pas ses mots. En réaction à son homologue français Jean-Yves Le Drian, qui a dénoncé les mesures « irresponsables » des autorités « illégitimes » du Mali à propos de la demande de retrait des forces danoises, Abdoulaye Diop réplique que « ces insultes et ces propos empreints de mépris sont inacceptables et ne sont pas une preuve de grandeur ». Le ministre malien ajoute que son pays est prêt, le cas échéant, à dénoncer l’accord de défense conclu avec la France, parce que « certaines dispositions sont contraires à la Constitution et à la souveraineté du Mali ». Il en a demandé récemment la révision à Paris et « attend une réponse rapide de Paris ».
La junte malienne va-t-elle demander le départ des troupes françaises, comme elle l’a fait avec les forces spéciales danoises ? « Cette question n’est pas pour le moment sur la table », répond Abdoulaye Diop, qui précise : « Si une présence à un moment donné est jugée contraire aux intérêts du Mali, nous n’hésiterons pas à nous assumer, mais nous n’en sommes pas là. » Le dialogue est-il rompu entre MM. Diop et Le Drian ? « Dommage qu’on entende davantage Jean-Yves Le Drian sur les médias qu’ailleurs, dit Abdoulaye Diop, mais le Mali reste ouvert au dialogue. La France applaudit les coups d’État quand ils vont dans le sens de ses intérêts et les condamne quand ils vont dans un sens contraire à ses intérêts. » Le ministre malien pense-t-il au Tchad ? « Je ne pense à rien », répond-il, diplomatiquement…
Pour l’instant, la junte malienne se donne un mandat de cinq ans avant de rendre le pouvoir aux civils, mais le chef de la diplomatie malienne n’écarte pas une réduction de la durée de cette transition. La junte pourrait-elle accepter une transition de seize mois, comme le propose le président algérien Abdelmajid Tebboune ? « Nous ne nous focalisons pas sur une durée de seize mois, deux ans ou trois ans à ce stade, mais nous voulons qu’on regarde ce qui est important pour le peuple malien », répond Abdoulaye Diop. Enfin, le ministre malien appelle la Cédéao à plus de souplesse à l’égard de son pays. Pour lui, le coup d’État du 24 janvier au Burkina est la preuve que les sanctions Cédéao du 9 janvier contre le Mali ont été « inefficaces ».

L’intégralité de l’entretien:

RFI/France 24 : Monsieur le ministre, à la suite de l’annonce par le Danemark du retrait de ses troupes spéciales du Mali, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé « des mesures irresponsables » prises par une junte « illégitime ». Quelle est votre réaction ?
Abdoulaye Diop : Ma réaction est d’abord que c’est surprenant de la part d’un diplomate de la trempe de Monsieur Le Drian qui parle au nom d’un grand pays, la France. Ce sont des propos empreints de mépris. Ce sont des propos que je condamne, qui sont inacceptables. Et je crois que les insultes ne sont pas une preuve de grandeur. Nous devons tous nous respecter. Il est bon que Monsieur Le Drian comprenne que ce ne sont pas les insultes qui règlent les problèmes entre nations, que ce que nous attendons de la France, grande nation, est qu’elle puisse avoir une attitude constructive, moins agressive, moins hostile et moins empreinte de mépris vis-à-vis des autorités maliennes qui incarnent aujourd’hui la souveraineté de notre pays.
On va revenir sur Takuba. Mais tout d’abord, sur Paris. Vous parlez de « mépris », vous parlez d’« insultes ». Alors, plusieurs questions simples : est-ce que vous allez exiger des excuses de Paris ? Est-ce que vous songez, par exemple, à prendre des mesures telles que le rappel de votre ambassadeur en France ou convoquer l’ambassadeur de France à Bamako ? 
Le Mali n’exclut rien de la table si la souveraineté et le peuple malien ne sont pas respectés. Nous ne demandons pas des excuses à Paris. Nous demandons que Paris nous respecte en tant que pays. Nous respectons la France, nous respectons le peuple français. Il n’y a pas de problème entre le peuple français et le peuple malien. Mais l’attitude des autorités françaises doit changer pour prendre en compte cet élément qu’il y a des autorités responsables au niveau du Mali et que seul un engagement avec ces autorités permet de gérer leur présence au Mali et cette présence doit répondre aux intérêts supérieurs du Mali. Et nous sommes en train de revoir plusieurs accords et traités de défense pour nous assurer que ces traités ne violent pas nos dispositions constitutionnelles, ne violent pas la souveraineté du Mali, et prennent en compte l’intérêt des Maliens. Si ce n’est pas le cas, le Mali n’hésitera pas soit à dénoncer, soit à demander un réajustement de ces différents traités. Nous sommes conscients que certains de ces arrangements ont été conclus par le gouvernement précédent. Il y a la continuité de l‘État, mais rien ne pourra être au-dessus de l’intérêt supérieur des Maliens, que le président Goïta et le gouvernement sont disposés désormais à assumer et à s’assumer pleinement, et nous souhaitons que le France et d’autres partenaires inscrivent aussi leur action par rapport à cela. Et je salue d’ailleurs la décision sage des autorités danoises de retirer leurs forces sans plus d’acrimonie. Et nous sommes disposés à continuer le dialogue avec l’ensemble de nos partenaires pour la sécurisation du Mali et la stabilité de l’ensemble de la région.
Alors ce vendredi, Monsieur le ministre, c’était chez nos confrères de RTL, le ministre français Jean-Yves Le Drian est revenu à la charge, si j’ose dire, en disant que désormais, c’était la « rupture du cadre politique et du cadre militaire ». « Nous ne pouvons pas rester en l’état. On va voir comment on peut adapter notre dispositif en fonction de la nouvelle situation », a-t-il dit…
Je crois que Monsieur Le Drian doit comprendre que l’engagement avec le Mali ne doit pas se faire à travers les médias et que si ce type de questions est en discussion, nous sommes tous des diplomates et il y a d’autres canaux pour pouvoir discuter de ces questions. Le Mali non plus n’exclut rien par rapport à ces questions si ça ne prend pas en compte nos intérêts. Donc, les menaces, les insultes, les invectives doivent cesser pour donner la place à un engagement réaliste, un engagement constructif entre responsables pour pouvoir voir ensemble comment surmonter ces difficultés, comment surtout faire face aux défis que nous avons, qui sont des défis sécuritaires.
Donc, pour l’instant, vous ne vous parlez pas entre vous, ministres des Affaires étrangères du Mali et de la France ? Les ponts sont coupés pour l’instant ?
Le Mali est et reste toujours ouvert au dialogue. Vieille nation de tolérance et de dialogue, nous maintenons cette posture. La dernière fois que j’ai rencontré Monsieur Le Drian, c’était à New York [en septembre 2021, NDLR]. On a eu un entretien franc et direct et nous restons toujours ouverts. Je m’entretiens régulièrement avec d’autres autorités françaises. Malheureusement, Monsieur Le Drian ou d’autres responsables français, on les entend plus sur les médias parlant du Mali. Il faut avoir vraiment un engagement constructif au lieu de soulever le monde entier aujourd’hui contre le Mali. Je le rappelle. Cette attitude agressive, hostile à l’endroit du Mali n’a rien à voir avec les raisons qui sont mises en avant liées au respect de la démocratie, au respect des droits de l‘homme, à des coups d’État. Non. Le Mali est puni, parce que le choix politique des autorités du Mali ne convient pas à certains. Je crois que nous devons pouvoir sortir de ça, parce que même les coups d’État dont on parle, la France applaudit des coups d’État quand cela va dans le sens de ses intérêts. Elle condamne quand ça va dans le sens contraire de ses intérêts. Non. Cette politique de deux poids deux mesures aussi doit cesser.
Vous pensez au Tchad ?
Je ne pense absolument à rien et il y a eu beaucoup de pays où il y a eu des situations, il y a eu des politiques de deux poids deux mesures de la part de la France et même de nos organisations africaines.
Monsieur le ministre, concrètement, vous avez demandé il y a peu de temps la révision de l’accord de défense avec Paris. Est-ce que vous avez reçu une réponse ? Et si cette réponse n’est pas satisfaisante, est-ce que vous êtes prêt, comme vous semblez l’indiquer, à dénoncer cet accord de défense avec la France ?
Absolument. Nous sommes absolument très clair là-dessus. Nous avons demandé dans un cadre diplomatique, nous avons soumis un protocole amendé avec l’ensemble de nos amendements que vous me permettrez de ne pas détailler ici, parce que [concernant] les dispositions de l’actuel traité en matière de défense, certaines dispositions sont contraires à la Constitution et à la souveraineté du Mali. Nous avons décidé de le revoir. Nous attendons une réponse rapide de Paris. À défaut de réponse, assurez-vous que le Mali s’assumera par rapport à cela.
Est-ce que donc le Mali songe à demander le départ des soldats français de son sol ?
Cette question n’est pas pour le moment sur la table.
Mais elle le sera visiblement, vu la situation et vu votre ton et les rapports avec Paris qui se tendent. C’est quand même une possibilité que vous disiez : « En effet, ça ne marche pas depuis des années, les soldats français ne font le „job“ ; il faut qu’ils partent » ?
Ce qui est sûr, c’est que pour le Mali, si une présence à un moment donné est jugée contraire aux intérêts du Mali, nous n’hésiterons pas à nous assumer. Mais, nous n’en sommes pas là.
Qu’est-ce que vous répondez à Jean-Yves Le Drian qui dit qu’il faut rester digne au regard des 53 soldats français tombés au Mali ?
Je demanderai à Monsieur Le Drian de rester digne aussi, parce que nous reconnaissons les sacrifices des soldats français. L’intervention française, qui a été décidée au Mali, a été faite dans un bon état d’esprit. Dans notre pays, nous apprécions cela. Nous apprécions tous les concours qui ont été faits dans ce cadre-là. Mais aussi, on doit comprendre que, avant que la France ne vole au secours du Mali, le Mali et les Africains aussi sont venus mourir ici en Europe pour la libération et la liberté de ce pays. Donc, nous avons tous des dettes de sang les uns envers les autres. Mais essayons de dépasser cela et de bâtir des cadres qui nous permettent vraiment de répondre aux solutions. Et pas à travers des diktats, des menaces, des invectives. Je crois que ça se fera seulement dans le cadre de nos intérêts mutuels, dans le cadre du respect dû à chacun. Mais qu’on arrête cette mobilisation, toute cette campagne de dénigrement contre les autorités maliennes. Nous ne sommes pas impressionnés par cela.
Monsieur le ministre, vous nous avez parlé de la Russie parmi les partenaires du Mali. Il y a quelques jours, le général américain Stephen Townsend, qui commande Africom, a affirmé : « Le groupe Wagner [c’est-à-dire les paramilitaires et les mercenaires russes, NDLR] est au Mali. Ils sont plusieurs centaines. Le monde entier le voit et cela nous préoccupe ». Est-ce que vous confirmez ?
Encore une fois, je ne suis pas plus impressionné. Vous savez, c’est la même Amérique, notamment à travers le général Colin Powell, qui, au Conseil de sécurité des Nations unies, a montré des photos satellites et des preuves au monde entier, qui nous ont tous convaincus que l’Irak possédait des armes de destruction massive. La suite de l’histoire, vous la connaissez. Elle était totalement fausse.
Donc, ce sont des mensonges ?
Absolument.
Et pourtant, le commandant américain d’Africom ajoute que Wagner bénéficie du soutien d’avions de l’armée russe pour son déploiement…
Ce que je peux vous dire et que nous avons dit de façon constante, le gouvernement du Mali a fait un communiqué absolument très clair sur la question : la coopération avec la Russie est une coopération historique. Notre coopération avec la Russie est une coopération d’État à État. Le Mali ne s’adresse qu’au gouvernement russe qui répond à nos sollicitations avec une grande célérité, avec une grande efficacité. Ces 7 derniers mois, les équipements et les fournitures qui ont été acquis via cette coopération, ce type d’investissements n’a jamais été fait au cours des 15 ou 20 dernières années. Le problème du Mali n’est pas Wagner. Le problème du Mali, c’est d’apporter la sécurité aux Maliennes et aux Maliens. C’est notre responsabilité. Et nous ferons tout ce qui est nécessaire conformément à nos lois pour pouvoir répondre à cela. Nous souhaitons que les autres, qui sont en train maintenant de faire toute cette campagne autour de Wagner, prennent un peu de recul, qu’ils viennent voir avec le Mali quel problème sécuritaire il y a et quel problème notre contribution va pouvoir résoudre. Je pense que c’est ce dialogue que nous attendons de nos partenaires.
Depuis le 9 janvier, monsieur le ministre, votre pays est lourdement sanctionné par vos voisins de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Mais dans un communiqué hier, la Cédéao dit attendre de vous un calendrier raisonnable et réaliste pour la tenue des élections. Elle ajoute que les sanctions seront levées progressivement sur la base de ce chronogramme et de sa mise en œuvre. Est-ce pour vous une petite ouverture ?
De cette politique de sanctions, il faut qu’on sorte de cela. Au Mali, ce dont nous avons besoin, c’est l’accompagnement, c’est l’écoute, c’est le dialogue, c’est la compréhension. Aujourd’hui, si les sanctions contre le Mali, qui sont des actions au-delà de la normale, étaient efficaces, il ne se serait pas passé ce qui est en train de se passer au Burkina Faso.
Monsieur le ministre, on comprend en effet qu’il y a un dialogue sur ce fameux chronogramme. Vous aviez proposé initialement 5 ans, puis 4 ans. Le président algérien, monsieur Abdelmadjid Tebboune, lui, propose une transition qui dure 16 mois au maximum. Est-ce que, pour vous, c’est une option viable, c’est un compromis possible de façon très concrète ?
Pour nous, toutes les options restent sur la table.
Y compris celle-là ?
La durée est une donnée importante, mais il ne faut pas faire de fétichisme. Ce qui nous semble important, c’est de regarder, dans le chronogramme que nous avons soumis, ce qui est prévu comme activité, comme réforme que nous sommes disposés à regarder avec nos amis et partenaires pour pouvoir évaluer : est-ce que le temps que nous avons demandé et le temps dont nous avons besoin, est-ce qu’il y a d’autres alternatives pour nous pour aller à un compromis. Pour nous, le plus important, c’est de regarder. Il y a quelques réformes clé aujourd’hui comme la mise en place d’un organe unique indépendant, chargé de l’organisation d’élections transparentes et crédibles ou comme l’écriture d’une nouvelle Constitution, qui sont des données aujourd’hui indispensables parce que, si elles ne sont pas faites aujourd’hui, elles ne se feront jamais. Dans ce cadre-là, je pense que nous restons ouverts pour pouvoir convenir de la période la plus appropriée qui prenne en compte l’intérêt supérieur du Mali, mais aussi qui prenne en compte les exigences…
Mais 16 mois, c’est possible ?
Je dis que, pour toutes les options, nous sommes ouverts à examiner tout ça. Je ne peux pas à votre micro répondre à cette question. C’est l’objet de consultations qui sont en cours. Ne nous focalisons pas sur une durée de 16 mois, deux ans ou trois ans à ce stade, mais nous voulons qu’on regarde ensemble qu’est-ce qui est prévu, qui est important pour le Mali, qui est important pour le peuple malien qui est sorti, qui a montré qu’aujourd’hui, on ne peut pas juste faire des élections et tourner le dos. Si l’on est d’accord sur cela, nous sommes ouverts. Si le temps que le Mali propose est trop long, si les partenaires dans la discussion arrivent à nous convaincre d’une durée moindre, il faut qu’on regarde quelle part les partenaires doivent faire pour aider le Mali à pouvoir faire les choses dans une durée relativement plus courte que ce qui a été demandé. Donc, nous sommes ouverts, l’ensemble de ces données sont sur la table. Bon, nous n’allons pas par médias interposés répondre. Nous saluons l’effort de l’Algérie au niveau du Conseil de paix et de sécurité [de l’Union africaine, NDLR], c’est un pays voisin. Nous le remercions pour la solidarité exprimée au Mali en refusant de se joindre à des décisions injustes pour fermer les frontières. Mais nous continuons le dialogue et souhaitons que l’Algérie reste fortement impliquée dans le cadre de tout mécanisme qui sera mis en place pour pouvoir trouver un compromis.
Vous dites, monsieur le ministre, que le coup d’État au Burkina Faso prouve « l’inefficacité » des mesures Cédéao contre votre pays. Est-ce à dire que, quand vous avez appris ce coup d’État lundi dernier, vous avez applaudi. Vous vous êtes senti moins seul ?
Nous n’avons pas applaudi. Vous savez, toute rupture de l’ordre constitutionnel n’est pas normale et ce sont des situations qui d’abord créent de l’inquiétude et de l’incertitude, par rapport à l’avenir de ce pays, mais en même temps, il faut comprendre que les coups d’État eux-mêmes viennent souvent des problèmes de gouvernance qui n’ont pas été traités ou qui n’ont pas été bien traités. Dans le cas particulier du Burkina, comme dans celui du Mali qui est aussi emblématique de la situation de l’ensemble du Sahel, le traitement des questions sécuritaires et les réponses qui ont été apportées sont aujourd’hui des questions qui préoccupent nos populations. Nos populations sont exaspérées par cette insécurité qui ne fait que grandir et demandent des résultats aux pouvoirs politiques, demandent des résultats aux militaires. Je ne suis pas fondé de donner une appréciation sur ce qui se passe au Burkina. Je fais confiance au génie du peuple burkinabè pour pouvoir apporter des réponses. Nous sommes voisins. Nous demeurons solidaires du combat du peuple burkinabè. Mais, notre préoccupation, c’est de répondre aux besoins des Maliens. Nous restons ouverts pour cheminer avec l’ensemble des peuples de la région, de l’ensemble des peuples africains qui partagent notre vision.

© 2022 rfi.fr

0. #Mali #Hintergründe
fb Klimakrieger – 01.02.2022
Von Torsten Schreiber
In den nächsten Tagen werden wir in westlichen Medien von der Ausweisung des französischen Botschafters aus Mali lesen. Wir werden lesen, dass eine illegitime Militärregierung französische Flaggen verbrennen lässt und Frankreich seine Truppen abzieht. Weiter werden wir lesen, dass auch die europäischen Partner wie Deutschland sich aus dem Krisenstaat Mali zurückziehen sollen, von Sanktionen und den russischen Wagner-Söldnern wird zu lesen sein. Nichts lesen werden wir hingegen von der postkolonialen Politik Frankreichs, die nach wie vor in ihren ehemaligen Kolonien aggressive Wirtschafts- und Machtpolitik um Rohstoffe und geopolitische Vormachtstellung und die Protegierung von französischen Großkonzernen betreiben.
Wir werden nichts davon lesen, dass der französische Außenminister seit Tagen statt mit seinem vermeintlichen Bündnispartner Mali zu sprechen, in den Medien über Mali und die Malier herzieht und sie am laufenden Band beleidigt. Man kann den Menschen in Mali nicht mehr sehr viel „wegnehmen“, mit Sanktionen zu drohen ist so wie einen nackten Mann aufzufordern seine Hosen abzuliefern, schon heute sind Länder wie Mali, Burkina Faso und auch die Nachbarländer die Schlusslichter humanitärer Entwicklungschancen.
Die Menschen haben nichts mehr außer ihre nackte Identität, ihren Stolz. Die Krise in Mali ist keine Krise der Malier, das ist eine direkte unmittelbare Folge der Destabilisierung des Magreb durch die Franzosen unter Mithilfe der Nato, als man entschieden hatte, den „Partner“ Gaddafi loszuwerden. Mit dem zuvor mit europäischen Waffen hochgerüsteten libyschen Staat hatte man zuvor die Migration aus Schwarzafrika im Griff, als man Gaddafi schließlich mit Kampfjets zu Fall brachte, griffen Kriminelle, Dchihadisten und ehemalige Militärs zu. Diese Waffen destabilisieren heute die gesamte Sahel-Region – eine direkte und unmittelbare Folge fataler geopolitischer Entscheidungen der #NATO. Man erinnere sich Deutschland hat sich seinerzeit mit Außenminister Westerwelle enthalten, als es um die Entscheidung ging den Magreb mit Bomben zwangszu-demokratisieren. (Siehe auch: https://www.bpb.de/…/meinung-die-nato-intervention… )
Es ist also nicht nur historisch beschämend dem mit obigen Waffen überfallenen Land Mali, welches täglich einen unglaublich hohen Blutzolll zahlt, auch noch unloyales Verhalten vorzuhalten.
� Vielmehr müssen sich Frankreich und seine Verbündeten die Frage gefallen lassen, was sie mit 1 Milliarde Euro Budget pro Jahr in den letzten (7) Jahren erreicht haben. Welche Verträge hat Frankreich seinerzeit 2013 dem Land Mali aufgebürdet im Gegenzug für seine militärische Intervention im Norden Malis?
� Welche (militärischen) wie zivilen Fortschritte haben die Einsätze gebracht. Das sich die malische Militärregierung gegen ein hochkorruptes Regime wehrt und diese Sinnfrage stellt, ist durchaus legitim, denn in den letzten Jahren hat die Sicherheit in der Region -trotz des gigantischen Einsatzes- jedes Jahr massiv abgenommen und gipfelt heute in einen weiteren Militärputsch in Burkina Faso, wo die Soldaten und Gendarmen ihre Munition zum Jagen nutzen müssen um sich Essen zu beschaffen, da sie keinen Sold bekommen, während westliche Soldaten mit Drohnen und gepanzerten Fahrzeugen in ihren Militärbasen das hundertfache verdienen und zugucken wie unter ihren Augen ganze Dörfer und Kontingente abgeschlachtet werden.
Die Bilanz ist nicht etwa ein Rückgang terroristischer Anschläge – im Gegenteil, die Terrorgruppen kontrollieren heute Gebiete, größer als Deutschland oder Frankreich, haben zehntausende zivile Opfer gefordert und zu über 2 Millionen Binnenflüchtlingen geführt. In einem Binnenstaat wie Burkina Faso ist jede Familie betroffen von Gewalt und Vertreibung.
Zurecht fragen sich die Menschen in der Zivilgesellschaft wer beschützt da eigentlich wen wofür und womit. Die Komplexität und Mulitdimensionalität ist daher nicht einfach zu erklären, auch ich maße mir das nicht an, schon gar nicht für westliche Medien, die aus ihren Funkhäusern in Berlin oder Adis Abeba über eine Region berichten, die sich täglich stärker destabilisiert und die man nicht durch mehr Gewalt und mehr Bomben und mehr Sanktionen befriedet, sondern durch Verständnis für das Gegenüber, für die Kultur und die Lebenswirklichkeit der Menschen die es betrifft.
Wofür ich werbe ist, immer auch die Perspektive der anderen Seite einzunehmen. Da habe ich viel Verständnis für den Stolz der Menschen in #Mali die für sich entschieden haben, die Ziele und auch Vorbedingungen ihrer vermeintlichen Bündnispartner auch kritisch zu hinterfragen.
Wer französisch spricht dem empfehle ich dazu dieses Interview mit Abdoulaye Diop, dem langjährigen Außenminister von Mali und gutem Bekannten: https://youtu.be/2gT2QRFv55E (Interview, 17 min)
© 2022 Torsten Schreiber

2. Eskalation der Spannungen zwischen Bamako und Paris: Der französische Botschafter Joël Meyer wird aufgefordert, Mali in 72 Stunden zu verlassen
Le Républicain – 1 Feb 2022
Von M. K. Diakité
Die malische Regierung hat den französischen Botschafter in Mali als Reaktion auf „die Äußerungen der französischen Behörden gegenüber den Übergangsbehörden“ aufgefordert, das Land zu verlassen. Damit hat Joël Meyer 72 Stunden Zeit zur Ausreise aus Mali. Die Mitteilung erfolgte, nachdem er gestern, am Montag, den 31. Januar 2022, ins Außenministerium in Bamako einbestellt worden war.
Die Spannung zwischen Bamako und Paris nimmt weiter zu. … Dies gab die malische Regierung in einer Erklärung bekannt, die am gestrigen Montag, dem 31. Januar 2022, veröffentlicht wurde.
„Die Regierung der Republik Mali teilt der nationalen und internationalen Öffentlichkeit mit, dass der französische Botschafter in Bamako, Seine Exzellenz Joëlle MEYER, heute, am 31. Januar 2022, vom Minister für auswärtige Angelegenheiten und internationale Zusammenarbeit einbestellt wurde, der ihm die Entscheidung der Regierung mitteilte, die ihn auffordert, das Land innerhalb von 72 Stunden zu verlassen“, heißt es in der Erklärung der malischen Regierung. „Diese Maßnahme beruht auf den feindseligen und empörenden Worten des französischen Ministers für Europa und Auswärtige Angelegenheiten, die dieser kürzlich geäußert hat, und auf der Wiederholung solcher Worte durch die französischen Behörden gegenüber den malischen Behörden, trotz der immer wieder erhobenen Proteste.“
Diese Entscheidung der malischen Behörden folgt auf die jüngsten Medienberichte der französischen Behörden über die Lage in Mali. Der französische Außenminister Jean-Yves Le Drian hatte am Donnerstag, den 27. Januar, „unverantwortliche Maßnahmen“ einer „illegitimen“ Junta angeprangert, nachdem Mali den Abzug der dänischen Soldaten gefordert hatte, die gerade im Land stationiert worden waren. Nach diesem Vorstoß beklagte sein malischer Amtskollege Abdoulaye Diop „verächtliche“ Äußerungen und erklärte, sein Land werde „Konsequenzen ziehen“.
© 2022 lerepublicainmali

Anstelle der deutschen Übersetzung des Interviews (Zusammenfassung s.o. gelber Kasten) lesen Sie hier einen entsprechenden Beitrag der englischen Nachrichtenwebsite ALJAZEERA mit Sitz in Katar.
1. Mali ‘ruling nothing out’ amid strained France relations
Question of French troops leaving country ‘is not on the table for the moment’, Malian foreign minister says.
AlJazeera – 28.02.2022
Malian Foreign Minister Abdoulaye Diop has said the country’s military-dominated government was “ruling nothing out” regarding its relations with France, amid fraught tensions between the two countries.
Speaking to French broadcaster RFI on Friday, he said that the question of French troops leaving the conflict-torn country “is not on the table for the moment”.
(…)
Diop’s intervention came after French Foreign Minister Jean-Yves Le Drian told media earlier on Friday that “things cannot stay the way they are” between the French government and Mali’s ruling military leaders.
Relations between the two countries have deteriorated sharply since Mali’s army staged a coup in August 2020.
Earlier this month, the West Africa bloc ECOWAS imposed a trade embargo and shut borders with Mali, in a decision backed by France, the United States and the European Union.
The move followed a proposal by Mali’s military to stay in power for up to five years before staging elections – despite international demands that it respect a promise to hold the vote in February.
Diop, referring to Le Drian’s statements, said that engaging with Mali should not be done via the media.
“Mali is ruling nothing out,” Diop told RFI, referring to the country’s relationship with France.
“The threats, the invective, the insults must stop to give way to a realistic engagement,” he added.
“If a presence at a given moment is judged to be contrary to the interests of Mali, we will not hesitate to assume our responsibilities,” Diop said, adding that “we are not at that point”.
– Two-week deadline –
Meanwhile, European allies agreed on Friday to draw up plans within two weeks for how to continue their fight against armed groups in Mali, Denmark’s defence minister said.
Mali has also deployed Russian private military contractors, which some European countries have said is incompatible with their mission.
(…)
“European, French and international forces are seeing measures that are restricting them. Given the situation, given the rupture in the political and military frameworks, we cannot continue like this,” Le Drian told RTL radio, adding that the military was out of control.
He said the Europeans needed to think about how to adapt their operations.
Speaking to France 24 TV, Diop said Le Drian’s comments were “full of contempt” and Paris needed to act less aggressively and respect Mali.
“France’s attitude needs to change … we are reviewing several defence accords and treaties to ensure they don’t violate Mali’s sovereignty. If that’s not the case we will not hesitate to ask for adjustments.”
He said that Paris welcomed military coups “when they served its interests”, referring to a coup in neighbouring Chad that has drawn little resistance from France.
The military leaders’ handling of Denmark is likely to affect future deployments, with Norway, Hungary, Portugal, Romania and Lithuania due to send troops this year.
It raises questions about the broader future of French operations in Mali, where there are some 4,000 troops. Paris had staked a great deal on bringing European states to the region.
© 2022 aljazeera.com

Ein Gedanke zu „MALIS AUSSENMINISTER REAGIERT AUF FRANKREICHS BELEIDIGUNGEN – Pour bâtir le Mali: Abdoulaye Diop se prononce

  1. Wie ist es dazu gekommen? Geschichte, Analysen und Hintergründe vom Journal du Mali
    Paris – Bamako : turbulences diplomatiques
    JournalDuMali – 27.01.2022 à 11h26
    Par Boubacar Diallo
    Entre Bamako et Paris, ce n’est plus le grand amour. Aux locutions latines bien léchées de l’ancien régime ont succédé les mots et expressions au vitriol des autorités de la transition. Les deux pays se livrent à une passe d’armes depuis des mois. Et, parmi les déclarations très peu diplomatiques qui reviennent en boucle, on note celle du Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, accusant la France « d’abandon en plein vol », mais aussi la réaction du Président français, Emmanuel Macron, qualifiant le chef du gouvernement malien « d’enfant de deux coups d’État ».
    Quatre mois après, c’est le statu quo. Ce qui était au départ une brouille semble désormais se muer en des turbulences diplomatiques. Et les jours actuels ne prédisent aucune sortie de crise immédiate.
    Dans un communiqué en date du 24 janvier, le Mali a demandé au Danemark de retirer « immédiatement » la centaine de soldats arrivés récemment dans le pays pour participer à la Task force Takuba, initiée par la France, sans son « consentement » et en violation de la législation en la matière. En toile de fond de ce refus, les tensions avec la France. Le Danemark a adhéré à la convention dite SOFA (Status of forces agreement) établie par la France et qui fournit le cadre juridique d’une présence au Mali. Les autorités de la transition ont demandé mi-décembre à la France la révision des accords de défense qui lient les deux pays. « Si vous demandez le changement d’un contrat, vous devez continuer à l’appliquer jusqu’à ce qu’il soit changé », peste une source diplomatique. Le Premier ministre Choguel Maiga a assuré que plus aucun pays n’interviendrait au Mali par procuration.
    À Paris, la ministre française de la Défense, Florence Parly, a affirmé devant l’Assemblée nationale sa solidarité avec le contingent danois, dont elle juge le déploiment « légal » contrairement aux affirmations des autorités maliennes. Elle a également fait savoir que la France avait engagé une « concertation approfondie » avec ses partenaires européens qui participent à la Task force Takuba, pour répondre à la « rupture des engagements et aux provocations de la junte malienne ». Coup sur coup, le lendemain, le porte-parole du gouvernement a dans une interview accordée à la télévision nationale invité Parly « à plus de retenue et également à respecter le principe élémentaire de non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat ». « Nous l’invitions également, c’est conseil à faire sienne cette phrase d’Alfred de Vigny sur la grandeur du silence ».
    – Comment en est-on arrivé là ?
    Lors du sommet du G5 Sahel de février 2021 à N’Djaména, la France avait félicité les progrès réalisés par les autorités de transition maliennes, alors dirigées par Bah N’daw et son Premier ministre Moctar Ouane, plus conséquents que ceux du régime IBK. « En quelques mois, je dois bien dire que ces autorités de transition ont donné plus de gages que les autorités précédentes en trois ans. Ce réalignement avec les nouvelles autorités de transition maliennes […] ouvre une fenêtre d’opportunité pour effectuer des percées militaires, civiles et politiques », avait déclaré Emmanuel Macron.
    Six mois plus tard, le ton du Président français changera à l’égard des autorités de la transition, dont le colonel Assimi Goïta assure désormais la présidence et Choguel Kokalla Maïga le poste de Premier ministre après le forcing pour la démission de Bah N’daw. Emmanuel Macron a affirmé fin septembre 2021, lors de la clôture de la Saison Africa 2020 à l’Élysée, qu’il n’attendait « rien » du gouvernement malien, avant d’ajouter que celui-ci devait respecter ses engagements en organisant des élections en février 2022.
    Cependant, au-delà des « deux coups d’État » et de la demande d’un retour à l’ordre constitutionnel, les autorités maliennes pointent du doigt leur désir de souveraineté et de liberté de choisir leurs partenaires comme étant le carburant du « terrorisme diplomatique » qu’elles subissent. « Ce qui est réconfortant, c’est que le chef de la politique extérieure, le colonel Assimi Goïta, a une vision claire de là où nous voulons aller. Et les principes sur lesquels notre politique extérieure est fondée aujourd’hui sont très clairs, notamment le respect de la souveraineté du Mali, de la dignité et des choix politiques des Maliens en termes de partenariat », a déclaré récemment Abdoulaye Diop, le chef de la diplomatie malienne.
    Pour certains analystes, le rapprochement Bamako – Moscou est évoqué comme étant en réalité le facteur déclencheur de ces tensions diplomatiques entre la France et le Mali. Plusieurs pays de la communauté internationale accusent aussi Bamako de se payer les services de la société de sécurité privée russe Wagner. Accusations balayées par les autorités maliennes, qui parlent plutôt « d’instructeurs russes » dans un partenariat avec l’État russe. « Dans une grande mesure, le rapprochement entre Bamako et Moscou a effectivement porté la brouille à un niveau diplomatique, où les évènements en Ukraine deviennent un facteur de blocages supplémentaires, qui ont contribué à cette crise. Par cette initiative, Bamako entre dans la géopolitique pour le bon ou pour le pire », explique Richard Moncrieff, Directeur Sahel par intérim à International crisis group.
    Pour le Dr. Amidou Tidiani, enseignant-chercheur à l’Université Paris-13, « le premier et le plus important facteur déclencheur » de cette tension diplomatique, c’est « l’échec de la France à aider le Mali à lutter contre le terrorisme ». « En réalité, si ça n’avait pas été la Russie, ça aurait été la Turquie ou une autre puissance. Le Mali était dans une stratégie de réorientation de sa stratégie militaire parce que la coopération avec la France dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, et même face à la rébellion armée, a montré ses limites. C’est pourquoi le pays a décidé de diversifier ses partenaires militaires. Ce qui donne aujourd’hui la situation que nous connaissons ».
    – Une brouille parmi d’autres –
    L’état diplomatique fiévreux actuel entre Bamako et Paris n’en est pas à sa première. Sous le régime militaire du général Moussa Traoré, il y avait des frictions entre les deux pays, mais « pas très ouvertes comme on le voit de nos jours ». Comme le 20 juin 1990, lors de la 16ème Conférence des chefs d’État d’Afrique et de France, dans la commune française de La Baule, auquel étaient invités 37 pays africains, dont le Mali mené, dirigé par le Président Moussa Traoré. (…)
    – Vers une réduction de l’influence française ? –
    Jamais le pré carré français n’a autant souffert d’instabilités sociopolitiques. En Guinée, au Mali, au Tchad, en Centrafrique et tout récemment au Burkina Faso, avec un coup d’État militaire. Profitant de cette situation, sur fond de sentiment anti-néocolonialiste et antipolitique française, d’autres partenaires sont à l’affût pour prendre la place de Paris.
    Les regards sont notamment tournés vers la Russie et la Chine, qui lorgneraient la zone. Les deux pays affichent clairement leur soutien à Bamako. Ils ont d’ailleurs bloqué un projet de déclaration commune soutenant les sanctions de la CEDEAO contre le Mali à l’initiative de la France.
    Pour Richard Moncrieff, cette posture des deux puissances n’est pas nouvelle et s’inscrit surtout dans leur lecture générale des affaires internationales, avec en ligne de mire des intérêts. « Toute la stratégie des deux dépend d’un affichage en tant qu’amis dans le soleil et sous la pluie, et cela peu importe la nature du régime en place. Cette fois-ci, l’intérêt est vital, car de cela découlera le retour de la Russie sur le continent, avec tous ses avantages commerciaux et diplomatiques, et en même temps cela puise dans une conception des affaires internationales qui est très ancrée à Moscou, Pékin et ailleurs et qui résonne dans les palais présidentiels africains pour des raisons qu’on comprend facilement ».
    L’Algérie également profite des clivages entre Paris et Bamako pour renforcer sa présence dans le dossier malien. Alors que le pays est sous embargo économique et financier, elle l’a assuré de sa disponibilité à l’accompagner et se propose déjà de jouer les médiateurs. Tout récemment, elle a fait don de 400 000 doses de vaccins contre la Covid-19 et de 108 tonnes de denrées alimentaires à Bamako.
    Pour Dr. Amidou Tidiani, ce qui se passe au Mali dépasse le seul cas malien et pourrait se métastaser en d’autres lieux. « Au-delà du Mali, la France est en train de perdre son influence au sein des États d’Afrique de l’Ouest. Et l’enjeu est très important, car l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale sont les seules régions du monde où elle a encore du poids, au sens politique et au sens économique. Si elle venait à perdre cela, elle ne mériterait plus qu’on l’appelle une puissance ».
    – À quoi s’attendre prochainement ? –
    Dans cet imbroglio diplomatique, une sortie de crise immédiate est chimérique. À Bamako, on garde jalousement secret un plan de riposte aux sanctions de la CEDEAO, on tient des discours anti-néocolonialistes et on démarche d’autres partenaires. À Paris, on mobilise les pays de l’Union européenne et toute la communauté internationale pour mettre la pression sur le Mali. Une issue immédiate est incertaine. « On devrait s’attendre à ce que le bras de fer avec la CEDEAO continue, même si l’on sait que cette dernière n’y a pas intérêt. Avec la présidence française de l’UE, l’étau pourrait se resserrer sur Bamako. Mais on constate également que le Mali est en train de tenir face à toutes ces sanctions. On peut aussi imaginer que le pays continue de diversifier ses partenaires, d’envisager la possibilité de se réapprovisionner, même financièrement, par d’autres voies », se projette Dr. Amidou Tidiani.
    « Je crois que des négociations sont à envisager dans les semaines à venir. L’Algérie a fait une offre de médiation qui me semble très pertinente. Cependant, la réparation des rapports avec l’Europe est plus difficile à envisager pour l’instant », pense Richard Moncrieff.
    Il poursuit en affirmant que la présidence française de l’UE pourrait finalement ne pas avoir beaucoup d’impact. « Malgré ses ressources considérables, l’UE se trouve actuellement bloquée par la volonté de la junte militaire à Bamako de jouer un jeu maximaliste et de rejeter les partenariats européens, à la fois bilatéraux et multilatéraux. Dans cette situation, Bruxelles ne peut pas faire grand-chose ».
    Toute en rappelant que le Mali tient à sa souveraineté comme aux prunelles de ses yeux, le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga rassure. « Le Mali et la France constituent un vieux couple. Il y a par moments des scènes de ménage, mais je ne crois pas que ça va aboutir au divorce. Les uns sont énervés, ils disent beaucoup de choses sur le coup de l’énervement. Je pense qu’il y a beaucoup de perte de sang-froid ».
    © 2022 journaldumali.com

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