EHER HUMANISTIN ALS FEMINISTIN: AMI YEREWOLO IST DIE SPITZENRAPPERIN MALIS – Oui, le Mali a des rappeuses ! Et la pionnière du rap féminin au Mali qui s’impose contre le patriarcat: AY

1. Eine Rapperin kämpft für die Frauen Malis (seulement en allemand)
Blog Jonathan Fischer/NZZ – 25. August 2021
Rebellin gegen Familie, Tradition, Patriarchat: Ami Yerewolo war lange Zeit die einzige Rapperin, die sich im Männer-dominierten HipHop Malis durchsetzen konnte. Das ändert sie nun…

2. Portrait : Ami Yèrèwolo, die freie Stimme von Bamako (nur französisch)
Vanity Fair – 03.03.2021
…Direction le Mali. Lorsqu’elle monte sur scène, la rappeuse malienne Ami Yèrèwolo défie le patriarcat et le conservatisme.
3. Ami Yerewolo, eine malische Rapperin, die den Laden schmeißt !
TV5Monde – 18.10.2021
Kriegerin mit durchschlagendem Flow: das Video zeigt sie auf der ersten Bühne ihrer Europatournee in Paris.
4. Ami Yerewolo, malische Rapperin: „Ich starte das Jahr 2022 mit einem Song, der der Spiritualität gewidmet ist“
RFI – 02.01.2022 (Audio französisch)

DEUTSCH WEITER (#1) UNTER DEM PLAKAT DER EUROPATOURNEE

2. Portrait : Ami Yèrèwolo, la voix libre de Bamako
Vanity Fair – 03.03.2021
…Direction le Mali. Lorsqu’elle monte sur scène, la rappeuse malienne Ami Yèrèwolo défie le patriarcat et le conservatisme. Elle s’affirme, raconte les défis de son pays et donne le courage à d’autres de suivre son chemin, avec des rythmes hip-hop en toile de fond. Texte : Patricia Huon. Photographie : Andreea Câmpeanu.
Par Elvire Emptaz
Assise sur un coussin posé au sol, Ami Yèrèwolo a passé la matinée à fredonner en impro, téléphone portable à la main. Dans un rituel quotidien, après avoir rangé son tapis de prière, elle cherche l’inspiration en écoutant des mélodies sur YouTube – quand la connexion internet ne la laisse pas tomber. La rappeuse est une bosseuse qui écrit ses textes, empreinte de la ferveur des autodidactes. Elle prend le choix des mots, du ton, comme une responsabilité. Son succès est une aspiration pour toutes celles qui, engoncées dans les carcans de la bienséance, rêvent de l’imiter. Pour les failles, il faut chercher du côté de la famille et dans les éclats qui passent parfois dans son regard, planqué derrière des lunettes fumées.
Née à Mahina, une petite ville rurale de l’ouest du Mali, élevée par son père après la séparation de ses parents, elle vit avec une belle-mère, des oncles, des tantes, des cousins… « Ma grand-mère nous racontait des histoires autour du feu. On chantait, on commentait, on écoutait… se souvient-elle. Il y avait toujours du monde. » Entourée et pourtant solitaire. « J’avais l’impression de ne jamais me fondre totalement dans le groupe, d’être toujours un peu à côté. » Ami est un tomboy, un « garçon manqué ». « J’aimais jouer au foot, aux billes. » Une identité difficile à endosser dans ce pays d’Afrique de l’Ouest francophone où près de 90 % de la population est de confession musulmane et où l’ordre patriarcal règne en maître. Dans les cours de récréation maliennes, les stéréo­types de genre ne sont pas un débat. Ses proches auraient préféré qu’Ami se fasse passer la bague au doigt et assure sa descendance, plutôt que de devenir artiste. « Les jeunes filles voient le mariage comme une assurance au lieu de fonder leur propre avenir, dit-elle. Quand tu as d’autres envies, cela peut déclencher un rejet, mais surtout de l’incompréhension. » Bonne élève, elle ne sait plus trop où elle va. Alors elle slame ses états d’âme, souvent en cachette, avec l’espoir que le flow lui montre la route.
Au Mali, la tradition orale est transmise depuis des siècles par les griots, ces poètes-musiciens, artisans de la narration, si fondamentaux dans la société ouest-africaine qu’ils forment une classe sociale à part entière. Ami n’en est pas issue. Ses choix passent mal. Imprégnée des sonorités traditionnelles de Salif Keita et Oumou Sangaré, elle préfère pourtant le rap pour s’exprimer. « Une musique de la rue, qui n’est pas définie par la caste ou par l’ethnie, dit-elle. C’est l’autre part de moi. Dans la vie, je suis plutôt douce. Mais quand je chante, il y a de la rage. Je peux être vulgaire. Le rap est mon psychologue. Je fais sortir de moi ce que je n’arrive pas à dire quand je parle. »
Des oncles et tantes hurlent au scandale. Son père tolère la situation, à condition qu’elle obtienne un diplôme. Licence de comptabilité en poche, elle décide de se consacrer à la musique. Elle quitte le cocon familial, fait des petits boulots pour payer ses enregistrements dans le studio d’un ami, paillote aménagée dans la cour d’une maison. La rappeuse commence à être prise au sérieux et est invitée à participer à des «* balani shows* », ces concerts improvisés dans les rues populaires de Bamako. Yeli Fuzzo, pionnier du hip-hop malien, la remarque. « Il m’a accueillie dans son collectif. Il n’y avait que des hommes… et moi, dit-elle. Avec eux, je me suis sentie protégée, plus forte. J’ai osé me lancer. »
Militante malgré elle
Dans la cour d’un petit immeuble, en banlieue de Bamako, des enfants jouent, des femmes lavent des vêtements dans une bassine d’eau savonneuse. Les éclats de voix se mêlent aux bruits des motos, de la vaisselle qui tinte dans les cuisines aux fenêtres ouvertes et de l’appel de la mosquée. C’est au premier étage que vit désormais Ami Yèrèwolo – Aminata Dianoko à l’état civil.

J’ôte mes sandales, avant de passer la porte. Qui m’attend derrière ? Ami la rappeuse, sûre d’elle, un peu grande gueule, ou Ami la jeune femme polie et réservée, qui prend garde de n’offenser personne ? « Ami Yèrèwolo peut se permettre de dire des choses qu’Aminata n’oserait pas, dit-elle. La rappeuse exprime la souffrance de la femme malienne qui n’a pas de voix. » Vêtue d’un jean et d’une chemise cintrée, cheveux courts tressés, Ami tutoie d’emblée, met à l’aise, ponctue ses phrases de « Dieu merci »… Dans son salon, le riz à la sauce d’arachide se partage avec les invité·e·s. Elle ne boit pas d’alcool, demande si ça ne dérange pas si elle s’autorise une cigarette après le repas. La rappeuse, dont la notoriété monte, s’enthousiasme encore quand une journaliste pénètre, pour quelques jours, son intimité.
Cette militante malgré elle évolue dans un milieu masculin, où la miso­gynie semble presque obligatoire. Femme ­d’affaires, elle crée sa propre structure de communication afin de diffuser librement sa musique. Elle la nomme « Denfari », « l’enfant qui n’a pas peur » en bambara, la langue la plus parlée au sud du Mali. Elle autoproduit son premier album Naissance en 2014. Mon combat suit quatre ans plus tard. Un troisième album est en préparation, cette fois sur le label Othantiq AA de l’artiste camerounais Blick Bassy. À 29 ans, Ami a fait son chemin.
Dans ses textes, elle dénonce le matérialisme, le manque d’éducation, la médisance. Dans le titre Je gère, l’artiste, qui dit avoir été maintes fois « insultée, salie », lance un cri de colère : « Je ne te donnerai pas l’occasion d’en savoir plus sur moi […]. Le commérage t’apporte quoi ? » Écrire. Une expression thérapeutique. « J’évoque des thèmes qui trouvent leur écho dans ma vie quotidienne et dans la société », dit-elle. Le bling bling, ce n’est pas son truc. « Je ne ferai jamais un clip où je raconte que je suis millionnaire. Je ne vais pas prétendre que je suis riche dans un pays où des enfants n’ont pas à manger. »
Ami se dévoile derrière le micro, badass au talent indéniable. Humble, mais capable d’embrasser l’egotrip cher au rap. Un personnage scénique, qui réclame le droit de s’inventer. Ou, peut-être, juste l’un des visages d’un moi oscillant entre traditions et revendications. Ni intello ni gangsta, elle estime qu’« il y a des chansons qui sont juste là pour faire danser », mais aborde parfois des questions plus dures, comme dans Non à la violence faite aux femmes, ou Lettre ouverte, où elle interpelle le président malien sur la crise dans le pays. Elle ne veut pas parler de politique. Se ravise. S’énerve. « Ceux qui nous dirigent se fichent de nous. On vit dans une société où ce n’est pas la vérité qui compte, c’est l’argent, le pouvoir. Les enfants abandonnés se retournent contre le système », dit-elle, en référence à l’insécurité qui s’étend sur une partie de plus en plus large du territoire national, et aux groupes armés islamistes qui recrutent parmi une jeunesse pauvre et délaissée par l’État. Ses yeux fuient. Ami n’aime pas la polémique.

Consciente qu’elle bouscule les codes, elle refuse pourtant de tout envoyer valser d’un grand coup de pied. L’excision, l’homosexualité, par exemple, restent des sujets tabous. « Mon pays a une culture forte. C’est important de la préserver, de conserver nos racines », dit-elle. Dans ses textes, c’est aux siens qu’elle s’adresse. Elle voudrait aussi éviter les clichés genrés. Et n’a pas l’intention de devenir l’étendard de revendications, d’être cantonnée à un répertoire. « Je parle de mon expérience, c’est tout », dit-elle. Féministe ? Activiste ? « Le vrai terme, c’est humaniste. En tant qu’artiste, je peux provoquer. Mais en tant que personne, j’ai des valeurs solides. Au fond, je suis un peu conservatrice », sourit-elle. Ses actes de résistance sont plus subtils. En 2017, elle lance un festival, « Le Mali a des rappeuses », afin de donner une plateforme à la scène hip-hop féminine. Sa fierté. « Il n’y avait pas d’espace pour ces jeunes filles, dit-elle. Si j’ai pu y arriver, elles le peuvent aussi. » L’initiative – qui a dû, à sa grande déception, être reportée à cause de la pandémie –, se professionnalise et attire un public de plus en plus large. Sur scène, les langues se délient, les styles revendiquent leur individualité, les corps s’expriment. Ami encourage les vocations.
Le rap comme ascenseur social, comme vecteur d’affirmation. « J’ai dû sacrifier une partie de ma famille pour la musique, dit-elle. Mais, lorsqu’on voit que cela m’a menée quelque part, je commence à être respectée, acceptée pour qui je suis. » Une chape de pudeur tombe. Peut-être qu’un jour, la rappeuse la jettera violemment et sans regrets à son public. Pour l’instant, Ami a assez parlé d’elle.
© 2021 vanityfair.fr

4. Ami Yerewolo, rappeuse malienne: «J’amorce l’année 2022 par une chanson dédiée à la spiritualité»
RFI – 02.01.2022
Par Guillaume Thibault
Nous faisons escale au Mali ce dimanche. A 29 ans, la rappeuse Ami Yerewolo, deuxième du prix RFI en 2017, a sorti en 2021 son 3ème album. 🎧 🇲🇱 Engagée auprès des nouvelles générations, elle se présente comme une humaniste et non une féministe. Son pays, l’avenir, la politique, Ami Yerewolo répond à RFI.
ECOUTEZ => l‘Audio/Podcast (6 min)
© 2022 RFI.fr

Foto (c)RFI/Coralie Pierret: Ami Yèrèwolo, rappeuse malienne – Ami Yèrèwolo, malische Rapperin

4. Ami Yerewolo, malische Rapperin: „Ich starte das Jahr 2022 mit einem Song, der der Spiritualität gewidmet ist“
RFI – 02.01.2022
Von Guillaume Thibault
Wir machen diesen Sonntag einen Zwischenstopp in Mali. Die 29-jährige Rapperin Ami Yerewolo, die 2017 Zweite beim RFI-Preis (der Neuentdeckungen, Ed.) war, veröffentlichte 2021 ihr drittes Album. 🎧 🇲🇱 Engagiert für die neuen Generationen, präsentiert sie sich als Humanistin und nicht als Feministin. Ihr Land, die Zukunft, die Politik: Ami Yerewolo antwortet auf die Fragen von RFI.

=> Audio en français
© 2022 RFI.fr

3. Ami Yerewolo, une rappeuse malienne qui gère !
TV5Monde – 18.10.2021
VOIR => la vidéo – ou bien la vidéo sur fb avec transcription
Guerrière au „flow“ percutant, la rappeuse malienne Ami Yerewolo est en tournée européenne avec, dans ses bagages, son troisième album „AY“, produit par le musicien camerounais Blick Bassy. Rencontre au MaMA Festival pour sa première scène parisienne.
3. Ami Yerewolo, eine malische Rapperin, die den Laden schmeißt !
TV5Monde – 18.10.2021
Kriegerin mit durchschlagendem Flow: jetzt (18.09.-11.12.21) ist sie (tatsächlich) auf Europatournee mit ihrem dritten Album „AY“ im Gepäck. Produziert wurde es vom Musiker Blick Bassy aus Kamerun. Das Video zeigt sie auf ihrer ersten Bühne in Paris.


1. Eine Rapperin kämpft für die Frauen Malis
Blog Jonathan Fischer/NZZ – 25. August 2021
Von Jonathan Fischer
Rebellin gegen Familie, Tradition, Patriarchat: Ami Yerewolo war lange Zeit die einzige Rapperin, die sich im Männer-dominierten HipHop Malis durchsetzen konnte. Das ändert sie nun: Mit einem von ihr organisierten HipHop-Festival nur für Frauen.

Ami Yerewolo könnte einer dieser Raubtier-gepimpten Parfum-Werbungen entsprungen sein. Distanzierte Pose, androgynes Styling, die scharf geschnittenen Gesichtszüge so undurchsichtig wie eine afrikanische Maske. Möglicherweise aber ist ihre Coolness nur Notwehr. Eine Art Schutzpanzer. „Ich bin die meist beleidigte und am wenigsten gebuchte Rapperin Malis“, sagt sie ohne eine Miene zu verziehen. Das ist nicht mal arg übertrieben: Einerseits weil Yerowolo lange als einzige Frau überhaupt durchhielt. Andererseits weil in Mali selbst im HipHop-Business traditionelle Rollen- und Kleiderordnungen herrschen.
Selbst hier im Innenhof des polyglotten Institut Francais fällt die zierliche Rapperin mit dem Büschel Dreadlocks auf. Sie trägt weder Rock noch das frauentypische Damast-Kostüm. Stattdessen Slipper, elegante Anzughose, enges T-Shirt. Als sie die überdimensionierte Sonnenbrille abnimmt, blitzt ein Hauch von Spott aus ihren Mandelaugen. „In Mali will dir jeder sagen, was du als Frau zu tun und zu lassen hast. Vor allem solltest du erst mal heiraten und Kinder kriegen“. Yerewolo dagegen hat ganz selbstverständlich ihre Lebenspartnerin zum Interview mitgebracht. Dass die Rapperin einen anderen Weg gewählt habe, sei nicht nur bei ihrer Familie auf Unverständnis gestoßen. „Viele aus der HipHop-Szene glaubten, dass ich spätestens nach ein zwei Jahren wieder in der Versenkung verschwinden würde . So wie vor mir alle anderen malischen Rapperinnen auch“
Nun ist sie schon 10 Jahre dabei. Und kontert alle Spötter mit dem Album „AY“. AY wie Ami Yerewolo, wie ein trotziges: „Ihr kriegt mich nicht unter “. Das Meisterwerk der Malierin wurde vom Kameruner Blick Bassy in Paris produziert und unterlegt Yerewolos Selbstbehauptungs-Raps mit einer Mischung aus Elektronik, afrokaribischen Beats, Bläsern, Flöten und traditionellen Melodien. Nie klang die Malierin lässiger. Nie so sehr auf der Höhe einer Zeit, in der afrikanische Elektro-Spielformen sich ihren Weg auch in westliche Avantgarde-Clubs bahnen. „AY“ stellt sie in eine Reihe von weiblichen afrikanischen Pop-Superstars wie Muthoni Drummer Queen, Yemi Alade oder Tiwa Savage. Ami Yerewolo klingt dabei auf eine sehr malische Weise uralt und urban zugleich. Weibliche Selbstermächtigung buchstabiert sich hier noch mal anders als in Europa oder Nordamerika. .
„Ich danke Gott, jeden Tag dass er mich mit meinem Körper und meiner Seele so wie ich bin geschaffen hat. Mash’allah!“ Ähnliches sagt sie auch gerne von der Bühne herab, erinnert die Männer daran, sie seien alle mal „aus dem Bauch einer Frau gekommen“, und fragt, ob es denn irgendetwas gäbe, was die vermeintlichen Herren der Schöpfung einer Frau voraus hätten? Yerewolo nutzt den Angriff als Verteidigung – und hat einen trockenen, desillusionierten Witz auf ihrer Seite. Dafür redet sie in ihren Songs so gut wie nie von all den amourösen Turbulenzen, die afrikanische Pop-Chanteusen so gerne beschwören. Liebe, Eifersucht, spendable Verehrer? Der Rapperin geht es um Grundsätzlicheres. Um Respekt. „Ich bin gekommen um eine Kette zu sprengen.“
Tatsächlich war die 29-jährige mehrmals kurz davor gestanden, aufzugeben. Wie ihre Kolleginnen das Mikro endgültig fallen zu lassen: „Zuerst riet man mir ganz freundlich: Such dir etwas anderes, du machst deine Familie nur unglücklich. Außerdem kannst du es in einem Land wie Mali sowieso nie schaffen.“ Selbst wenn ich das allergrößte Talent besäße: Ich bliebe eben doch eine Frau. Als das nicht wirkte, hätten Konzertveranstalter, Radio-DJs, die Männer im Musikbusiness sie schlichtweg boykottiert. Nichts, sagt Yerewolo, töte effektiver als Indifferenz. Und das gerade in einem Land, in dem wie überall in Westafrika, männliche Rapper Fußballstadien füllen, von jedem zweiten Kleinbus prangen und oft mehr Vertrauen genießen als die Politiker. Yerewolo aber reagierte trotzig: „Was wäre denn wenn alle Frauen so schnell aufgeben würden? Ich war des Familienfriedens wegen bereits von zu Hause ausgezogen, hatte mir mit Jobs als Nachhilfelehrerin, Sekretärin oder Putzfrau das Geld für die Studiomiete verdient. Jetzt musste ich anderen nachwachsenden Talenten ein Beispiel geben“.
Zum Rap war Yerewolo durch einen Musikwettbewerb in ihrer Schule gekommen. Aufgewachsen in Mahina, einem Dorf in der Nähe von Kayes, hatte sie kaum eine Ahnung von internationalem HipHop. Stattdessen orientierte sie sich an Mandingue-Musikern wie Salif Keita oder Oumou Sangare. Nur dass sie glaubte, in gesprochenen Reimen mehr von sich selbst erzählen zu können. Mit ein paar Cousins und Cousinen bildete sie eine HipHop-Crew. Den Schulpreis gewann sie zwar nicht. Aber Aminata Danioko – so ihr bürgerlicher Name – war angefixt. Sie nannte sich fortan Yerewolo: Auf Bambara bringt dieses Wort die Bewunderung für eine authentische Person zum Ausdruck. Oder auch für ein enfant terrible.
Ihr Vater ließ die Schülerin unter einer Bedingung gewähren: Dass sie ihr Abitur und eine Ausbildung absolvierte. Yerewolo machte – nach abgebrochenem Medizinstudium – eine Lehre als Bankkauffrau, merkte aber nach ihrem ersten Berufsjahr in einer Bank in Kayes, dass sie ihre Medizin brauchte. Medizin in Form von Raps. „Jedesmal wenn es mir schlecht ging, andere mir reinredeten, schrieb ich einen Song, in dem ich mir selber Mut zusprach“. Ami kündigte, hielt sich mit Jobs und Auftritten bei Balani Shows – traditionellen dörflichen Feiern und Familienfesten – über Wasser. Lauryn Hill und Queen Latifah schienen weit weg. Der Glamour ihrer HipHop-Ahnfrauen noch nicht in den „Brousse“, also den malischen Busch, durchgesickert.
2014 veröffentlicht Yerewolo ihr Debut-Album „Naissance“, vier Jahre später folgt „Mon Combat“. Zwischen Kora,Synthesizer und spärlichen Beats glimmt und glüht da der Widerstandsgeist einer fast Abgeschriebenen.
Dann kam 2020 ihr Auftritt beim Schweizer Festival „Show Me“. Ein Showcase für unabhängige Talente, wo einer der Mitbegründer, der kamerunische Bassist und Produzent Blick Bassy sofort Yerewolos Qualitäten erkannte: Ihre auf Bambara und Französisch gehaltenen Raps hatten diesen furios-femininen Flow. Diese Frau verwandelte ihre Wut in einen strahlenden Meteoriten-Schweif. Bassy nahm Yerowolo unter Vertrag. Und produzierte sie als erste Künstlerin auf seinem eigens gegründeten Label Othantiq AA. Bassy ermutigte die Rapperin, auf die Konventionen von Afrobeats und HipHop zu pfeifen. Und stattdessen nur sich selbst auszudrücken. „Es war das erste mal“, sagt sie, „dass mich jemand ohne Wenn oder Aber akzeptierte“.
Dazu passt Yerowolos neuestes Video: „Je Gère“ – auf Deutsch in etwa „Ich schmeiß den Laden“. (s.u.) Man sieht die Rapperin, angemalt wie eine Kriegerin, auf einem weißen Pferd durch die Wüste reiten. Sie hält die Zügel in der Hand. In einer konservativen Gesellschaft wie Mali, wo viele Frauen ihre Männer noch um Ausgang bitten müssen, hat das durchaus Brisanz. „Zehn Jahre lang hat mir niemand unter die Arme gegriffen“, sagt Yerewolo, „ also hat auch niemand das Recht, sich einzumischen“. Von ihrem Hürdenlauf über Konventionen handelt auch „Ibamba“. Übersetzt heißt das in etwa „Durchhaltewillen“. Eine Abrechnung mit Musikmanagern und männlichen HipHop-Kollegen, die sie links liegen ließen. „Man nennt mich gerne abwertend eine Feministin.“ Yerewolo kräuselt den Mund, das F-Wort mag sie nicht. Zu viel westliche Schublade. „Ich bin Humanistin, ich arbeite für gleiche Chancen für alle.“
So betreibt Ami Yerewolo nicht nur ihre eigene Künstleragentur „Denfari Event“. Sie hat auch ein jährliches Gipfeltreffen malischer Rapperinnen ins Leben gerufen: „Le Mali a des Rappeuses“. ‚Ein HipHop-Festival nur für Frauen, das nachwachsenden Rapperinnen Türen öffnen, ihnen die Beratung und Unterstützung geben soll, die Yerewolo selbst gefehlt hatte. „So viele junge Frauen in Mali interessieren sich heute für Rap. Aber sie haben Angst: Vor ihrer Familie, vor der Häme der Männer, davor, in der HipHop-Szene nur ausgenutzt zu werden“. Ihre Stimme schneidet wie ein Messer, das erst im ständigen Abrieb gegen Patriarchat, Macho-Gehabe und konservativen Islam seine Schärfe bekommt.
Dann lächelt die HipHop-Queen aus Bamako – zum ersten mal. „Dank unserem Festival haben wir auch einige der Veteraninnen zurück ans Mikro gelockt“. Diejenigen, die einst vor der Macht der Männer resigniert hatten. Für die jungen Mädchen seien sie die „grand soeurs“. Große Schwestern, die Workshops anleiten, und in ihnen Erfahrungen austauschen. Was sie den Jüngeren am Dringendsten mitgeben wolle? „Ich hätte ich es mir leichter machen können, indem ich mich als sexy Weibchen präsentiere. Aber das kam für mich nie in Frage“, Yerowolo rückt ihre Sonnenbrille zurecht. Nachdem die ersten vier Ausgaben von „Le Mali a des Rapeuses“ – in diversen Jugendzentren und hier im Institut Francais – hoffnungslos überlaufen waren, möchte sie für den nächsten Februar expandieren: „Wir rappen dort, wo sonst nur Männer spielen. Ich denke daran, ein Fußballstadion anzumieten“.
© 2021 jonathanfischer.wordpress.com


Ami Yerewolo Officiel – 15.12.2020
(zum Video Je gère)
Manabou, personnage principal et gardienne des traditions sillonne la contrée. Elle veille à ce que les messages et les informations d’où qu’elles viennent soient diffusés dans leurs exactitudes, sans déformation aucune dans un environnement où règnent médisance, propos déformés et fake news.
Manabou, die Hauptfigur und Hüterin der Traditionen, durchstreift das Land. Sie sorgt dafür, dass Nachrichten und Informationen, egal woher sie kommen, in ihrer Genauigkeit und ohne jegliche Verzerrung verbreitet werden, in einer Umgebung, in der üble Nachrede, verzerrte Aussagen und Fake News herrschen.

AMI YÉRÉWOLO – SI JE SAVAIS (NIKOUBADON) (VidéoClip 2019)

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