EIN GROSSER GESCHICHTENERZÄHLER, HISTORIKER, ETHNOLOGE – Amadou Hampâté Bâ, celui qui a sauvé une partie des bibliothèques africaines

2. „Amkoullel, l’enfant peul“, lebendiges Fresko eines malischen Jugendlichen im frühen 20. Jahrhundert
Le Monde Afrique / Tabital Pulaaku International – 30.07.2021
Von Kidi Bebey
In diesem 1991 in Frankreich veröffentlichten Meisterwerk verbindet Amadou Hampaté Bâ die Kunst des Geschichtenerzählers mit der Präzision des Historikers und verteidigt leidenschaftlich die afrikanischen Kulturen.
1. Mali gedenkt des 30. Todestages des Schriftstellers Amadou Hampâté Bâ
RFI – 15/05/2021 – 22:10
Mali erinnert sich und würdigt Amadou Hampâté Bâ, der am 15. Mai 1991 starb. Ein Tag des Gedenkens mit einer Konferenz zum Leben und Werk des berühmten malischen Schriftstellers und Ethnologen.

DEUTSCH WEITER (IN VON MIR ETWAS VERBESSERTER DEEPL-ÜBERSETZUNG) UNTER DEN FRZ. ORIGINALEN

Foto (c) AFP: Portrait de l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ (1901-1991) pris à Paris, le 12 avril 1975, lors de la remise du prix littéraire d’Afrique noire, pour son livre „L’Etrange destin de Wangrin“. En 1991, il a reçu ce prix à titre posthume pour Amkullel, l’enfant peul et l’ensemble de son œuvre. Hampaté Bâ est le seul écrivain à avoir reçu deux fois le Grand Prix Littéraire. Der malische Schriftsteller, Historiker und Ethnologe Amadou Hampâté Bâ, aufgenommen in Paris zur Verleihung des Großen Literaturpreises von Schwarzafrika, am 12.April 1975

2. « Amkoullel, l’enfant peul », fresque vivante d’une jeunesse malienne au début du XXe siècle
Le Monde Afrique / Tabital Pulaaku International – 24.07./30.07.2021
Par Kidi Bebey
A la (re)découverte des classiques africains (3) (Série d’été du MONDE Afrique). Dans ce chef-d’œuvre publié en France en 1991, Amadou Hampaté Bâ allie l’art du conteur et la précision de l’historien, défendant avec ardeur les cultures africaines.
« Je suis, je n’ai jamais cessé d’être un enfant ». Amadou Hampâté Bâ, l’homme qui se décrivait ainsi modestement en éternel élève curieux du monde, incarne pourtant à bien des égards l’archétype du « sage africain ». Il est l’auteur de la formule maintes fois reprise : « En Afrique, un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. » Ces paroles prononcées à l’Unesco au début des années 1960 expriment ce que fut la préoccupation centrale de son existence : faire connaître et reconnaître la richesse du patrimoine culturel oral africain, menacé de disparition dans la grande mutation du monde.
Né en 1900 au Mali, Hampâté Bâ, qui fut successivement fonctionnaire, chercheur et diplomate, a consacré sa vie à la collecte et à la transcription de centaines de contes, proverbes et légendes des cultures peules et bambara d’Afrique de l’Ouest. C’est dans cette perspective qu’il rédige ses Mémoires, dont le premier volume, Amkoullel, l’enfant peul, paru en 1991 (éd. Actes Sud) fait date.
Car ce récit est bien plus qu’une suite anecdotique de souvenirs de jeunesse. L’éditeur et critique Bernard Magnier en souligne l’importance littéraire : « Hampâté Bâ y fait véritablement œuvre de mémorialiste et d’autobiographe, mais aussi d’historien. C’est le témoignage de première main d’un homme qui a passé les quatre-vingt-dix premières années du XXe siècle sur le continent. Il n’y en a pas beaucoup de cette teneur, avec un style où se rencontrent à la fois le conteur et la véracité des faits. »
Le livre d’Hampâté Bâ constitue de fait une véritable initiation à son univers. Dès les premières pages, l’écrivain happe le lecteur avec un itinéraire riche en péripéties. On le suit enfant, recevant d’abord une éducation africaine traditionnelle. « Elevé dans la famille d’un oncle chef de province qui avait à sa cour des traditionnalistes, je devais assister à tout ce qui se disait, explique-t-il. Koullel, qui était le plus grand conteur de la boucle du Niger, était rattaché à la personne de mon oncle. J’ai tellement retenu les proverbes, maximes, contes initiatiques, drolatiques, contes sur les métiers, la parole… qu’on m’a surnommé Am [le petit] Koullel. »
– « Ecrivain temporaire » –
On appréhende sa généalogie familiale, ses coutumes, l’organisation de sa communauté avant et après l’arrivée des Blancs. Riche de cette première formation, il devient le disciple d’un maître spirituel (Thierno Bokar, le fondateur d’une école coranique à Bandiagara, ndlr) à l’école coranique. Enfin, il se retrouve sur les bancs de l’école française, découvrant après l’art de la parole et l’élévation de l’esprit, le pouvoir de l’écrit. Il tente de s’enfuir, mais est rattrapé et paradoxalement sommé de repasser pour la deuxième fois son certificat d’études.
A l’âge de 20 ans, il refuse de rejoindre l’Ecole normale William-Ponty au Sénégal, afin de ne pas s’éloigner de sa mère. Là encore, l’administration coloniale le sanctionne en l’envoyant au loin, en Haute-Volta, le futur Burkina Faso, avec le titre alambiqué d’« écrivain temporaire à titre essentiellement précaire et révocable ».
A ces passages teintés d’humour et d’ironie succèdent des moments plus graves, comme ceux où l’écrivain évoque la Grande Guerre (1914-1918) et son impact à venir sur les populations africaines : « Un branlement sourd agitait la population et pas seulement à Bandiagara. Chacun sentait que quelque chose n’allait pas au pays des Blancs. On redoutait le pire. Dans la nuit du 3 au 4 août 1914, les clairons du bataillon se mirent à trompetter, émettant des notes de mauvais augure. » Hampâté Bâ est finalement formé comme fonctionnaire dans la hiérarchie « indigène ».
Là encore, la situation est décrite avec malice : « Avant le départ, ma mère m’offrit une tenue coloniale complète, ainsi qu’il seyait à un jeune employé blanc-noir de l’administration : un complet en gabardine, un complet en toile drill blanche (…) un casque colonial – indispensable à mon prestige ! – et pour finir, les symboles mêmes de mon statut : une canne européenne, une paire de lunettes noires et même un pince-nez ! »
Durant tout son parcours, l’homme garde en tête sa véritable mission de vie et poursuit son travail de mémoire. Lorsque, en 1942, le scientifique Théodore Monod le recrute à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN), il peut enfin jouir du cadre idéal pour mener ses recherches. Il accumule de très nombreux cahiers, textes et manuscrits. « L’écriture est la photographie du savoir, ce n’est pas le savoir », explique celui qui s’estime quant à lui « diplômé de la grande université de la parole enseignée à l’ombre des baobabs ».
Avec sa disparition, en 1991, le monde perd non seulement le témoin privilégié d’une époque, mais aussi un défenseur infatigable des traditions africaines. Il aura su, fort heureusement, s’en faire le passeur grâce à ses milliers de pages de « parole couchée sur le papier ». Car le héraut de l’oralité était aussi un maître de la plume.
© 2021 lemonde.fr/afrique

1. Le Mali commémore les 30 ans de la mort de l’écrivain Amadou Hampâté Bâ
RFI – 15/05/2021 – 22:10
Le Mali se souvient et rend hommage à Amadou Hampâté Bâ décédé le 15 mai 1991. Une journée de commémoration marquée par une conférence sur la vie et l’œuvre du célèbre écrivain et ethnologue malien.
Par Kaourou Magassa, notre correspondant à Bamako
Ils sont près d’une centaine assis sous une paillote des jardins du Palais de la Culture de Bamako. Face à eux, un portrait d’Amadou Hampâté Bâ et une large banderole surplombé d’un chapeau traditionnel peul. Tous sont venus suivre une conférence sur les défis de la diversité culturelle.
Mais très vite le colloque passe au second plan, les témoignages prennent le pas. En premier lieu ceux de la famille de l’auteur d’Amkoullel, l’enfant peul.  « Vu que je porte le nom qui lui est attribué, chaque fois que je dis mon prénom, on fait toujours référence à Hampâté Bâ avec ses citations, son multiculturalisme », explique Hampâté Amadoun, l’un de ses petits fils. Ce qui l’oblige à « beaucoup de rigueur, beaucoup de constance, et puis aussi à être un modèle », reconnaît-il.
Les principes et la pensée d’Amadou Hampâté sont disséqués pendant près de trois heures. Les anecdotes et les éloges fusent. L’assemblée est quasi exclusivement constituée d’intellectuels Lanfia Sinaba milite pour une plus grande vulgarisation de la philosophie de l’auteur sur qui il a écrit un livre.
« Quelque part, il faudrait une réelle volonté politique qui puisse accompagner. La preuve, c’est que l’homme en tant que tel, le nom, il est connu, mais ses œuvres méritent d’être davantage connues, et pour ce faire, il faudrait qu’il y ait une véritable politique de promotion et de vulgarisation de ses œuvres. »
Aujourd’hui et malgré le caractère national, très peu de Bamakois sont au courant des hommages et de la commémoration rendue au célèbre écrivain.
„S’il y a une chose à faire aujourd’hui, c’est de faire en sorte qu’Hampâté Bâ soit une sorte de locomotive sur laquelle on investit, parce que c’est un géant comme on en fabrique peu en un siècle. Et ce géant mérite qu’une conjonction d’initiatives soient montées de façon à ce qu’elles portent l’ensemble du livre et de l’écrit et que l’école soit le bénéficiaire de tout ça.“ (Avis de Ismaïla Samba Traoré, auteur et directeur de la maison d’édition La Sahélienne)
© 2021 rfi.fr

2. „Amkoullel, l’enfant peul“, lebendiges Fresko eines malischen Jugendlichen im frühen 20. Jahrhundert
Le Monde Afrique / Tabital Pulaaku International – 30.07.2021
Von Kidi Bebey
Eine (Wieder-)Entdeckung der afrikanischen Klassiker (3) (Sommerserie von LeMondeAfrique). In diesem 1991 in Frankreich veröffentlichten Meisterwerk verbindet Amadou Hampaté Bâ die Kunst des Geschichtenerzählers mit der Präzision des Historikers und verteidigt leidenschaftlich die afrikanischen Kulturen.
„Ich bin und ich habe nie aufgehört, ein Kind zu sein“. Amadou Hampâté Bâ, der Mann, der sich selbst so bescheiden als ewiger Student und neugierig auf die Welt bezeichnete, verkörpert dennoch in vielfacher Hinsicht den Archetyp des „afrikanischen Weisen“. Von ihm stammt die oft wiederholte Formel: „In Afrika ist ein Greis, der stirbt, eine Bibliothek, die verbrennt.“ Diese Worte, die er Anfang der 1960er Jahre vor der Unesco aussprach, drücken aus, was das Herzstück seiner Existenz war: den Reichtum des afrikanischen oralen kulturellen Erbes bekannt zu machen und anerkennen zu lassen, das bei der großen Veränderung der Welt unterzugehen drohte.
Geboren 1900 in Mali, widmete Hampâté Bâ, der nacheinander als Beamter, Forscher und Diplomat tätig war, sein Leben dem Sammeln und Niederschreiben von Hunderten von Erzählungen, Sprichwörtern und Legenden aus den Kulturen der Peulh und Bambara in Westafrika. Aus dieser Sicht schrieb er seine Memoiren, deren erster Band Amkoullel, l’enfant peul, der 1991 veröffentlicht (Hrsg. Actes Sud), ein Meilenstein ist. (Das Buch erschien auf deutsch 1995 unter dem Titel „Jäger des Wortes. Eine Kindheit in Westafrika.“ im Peter-Hammer-Verlag. Ed.)
Denn dieser Text ist weit mehr als eine anekdotische Aneinanderreihung von Jugenderinnerungen. Der Verleger und Kritiker Bernard Magnier hebt seine literarische Bedeutung hervor: „Hampâté Bâ schreibt wirklich als Memoirenschreiber und Autobiograf, aber auch als Historiker. Es ist das Zeugnis eines Mannes, der die ersten neunzig Jahre des 20. Jahrhunderts auf dem Kontinent verbracht hat, aus erster Hand. Es gibt nicht viele Bücher dieses Genres, wo sich Erzählstil und sachliche Präzision so gelungen verbinden.
Das Buch von Hampâté Bâ ist in der Tat eine echte Einführung in seine Welt. Von den ersten Seiten an fesselt der Autor den Leser mit einer Entdeckungsreise voll von abenteuerlichen Erlebnissen. Als Kind erhält er zunächst eine traditionelle afrikanische Erziehung. „Ich bin in der Familie eines Onkels aufgewachsen, der ein Provinzchef war und Traditionalisten an seinem Hof hatte, und musste alles mitmachen, was gesagt wurde“, erklärt er. „Koullel, der größte Erzähler in der Nigerschleife, war meinem Onkel treu ergeben. Ich merkte mir so viele Sprichwörter, Sprüche, Initiationsgeschichten, lustige Geschichten, Erzählungen über Berufe, Reden …, dass ich den Spitznamen Am [der kleine] Koullel bekam.“
– Schriftsteller auf Zeit“ –
Wir erfahren etwas über die Genealogie seiner Familie, deren Bräuche, die Organisation seiner Gemeinschaft vor und nach der Ankunft der Weißen. Nach dieser wertvollen Vorbereitung wird er Schüler eines spirituellen Meisters (Thierno Bokar, Gründer einer Koranschule in Bandiagara, Ed.). Danach besucht er die französische Schule und entdeckt zuerst die Kunst des Wortes und die geistige Erleuchtung, schließlich die Macht des geschriebenen Wortes. Er versucht auszureißen, wird aber erwischt und muss paradoxerweise zum zweiten Mal seinen Schulabschluss machen.
(Forts. folgt)
© 2021 lemonde.fr/afrique

1. Mali gedenkt des 30. Todestages des Schriftstellers Amadou Hampâté Bâ
RFI – 15/05/2021 – 22:10
Mali erinnert sich und würdigt Amadou Hampâté Bâ, der am 15. Mai 1991 starb. Ein Tag des Gedenkens mit einer Konferenz zum Leben und Werk des berühmten malischen Schriftstellers und Ethnologen.
Von Kaourou Magassa, unserem Korrespondenten in Bamako
Es sind an die hundert Menschen, die unter einem Strohdach im Park des Palais de la Culture in Bamako sitzen. Vor ihnen ein Porträt von Amadou Hampâté Bâ und ein großes Transparent, über dem ein traditioneller Hut der Peulh hängt. Alle kamen, um an einer Konferenz über die Herausforderungen der kulturellen Vielfalt teilzunehmen.
Doch sehr schnell tritt das Kolloquium in den Hintergrund, und die Erfahrungsberichte erhalten den Vorrang. Vor allem die der Familie des Autors von Amkoullel, l’enfant peul. „Da ich seinen Namen trage, wird jedes Mal, wenn ich meinen Vornamen sage, auf Hampâté Bâ mit seinen Zitaten und seiner Multikulturalität verwiesen„, erklärt Hampâté Amadoun, einer seiner Enkel. Das verlange von ihm, „streng logisch, sehr konsistent zu denken und dann auch noch Vorbild zu sein“, vermerkt er.
Fast drei Stunden lang werden die Prinzipien und das Denken von Amadou Hampâté seziert. Die Anekdoten und Lobeshymnen überschlagen sich. Die Versammlung setzt sich fast ausschließlich aus Intellektuellen zusammen. Lanfia Sinaba setzt sich für eine größere Bekanntmachung der Philosophie des Autors ein, über den er ein Buch geschrieben hat.
„Irgendwo sollte ein echter politischer Wille vorhanden sein, der diese Entwicklung begleiten kann. Der Beweis ist, dass der Mann als solcher, der Name, bekannt ist, aber seine Werke verdienen es, besser bekannt zu werden, und um dies zu tun, sollte es eine echte Politik der Förderung und Popularisierung seiner Werke geben. “
Trotz des nationalen Interesses sind sich heute nur wenige Bamakois der Ehrungen und des Gedenkens an den berühmten Schriftsteller bewusst.
„Wenn es heute etwas zu tun gibt, dann ist es, dafür zu sorgen, dass Hampâté Bâ eine Art Lokomotive ist, in die wir investieren, denn es handelt sich um einen so bedeutenden Menschen, wie wir in einem Jahrhundert nur wenige haben. Und diese Größe verdient eine Bündelung von Initiativen, damit sie das ganze Buch und das geschriebene Wort tragen können und die Schule von all dem profitiert.“ (Meinung von Ismaïla Samba Traoré, Autor und Direktor des Verlags La Sahélienne)
© 2021 rfi.fr

VOIR AUSSI:
Le Roi et le Fou
Afrique réveil – 28.06.2021
Extrait du livre: La Poignée de poussière : contes et récits du Mali
Par Amadou Hampaté Bâ
Edité par Nouvelles éditions africaines – paru en 1987

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