AUS MALISCHER SICHT: INTERVIEW EINES POLITOLOGEN ZUM HALBEN ÜBERGANG – « L’opinion malienne a du mal à comprendre » (analyse malienne)

Eine nicht ganz aktuelle, aber noch nicht überholte und sehr kenntnisreiche Analyse der Situation in Mali nach dem 2. Putsch.

Une analyse pas tout à fait actuelle, mais quand même pas surpassée en perspectives, de la situation au Mali après le 2ème putsch.

Lamine Savané: „Die malische öffentliche Meinung hat Mühe zu verstehen“
lepoint.fr/afrique / maliweb – 4. Juni 2021
Entschlüsselung. Wie ist die politische und sicherheitspolitische Lage in Mali, die jeden Tag mehr und mehr komplex erscheint, einzuschätzen? Die Analyse des Politologen Lamine Savané.

Lamine Savané : « L’opinion malienne a du mal à comprendre »
lepoint.fr/afrique / maliweb – 4 Juin 2021
DÉCRYPTAGE. Comment appréhender la situation politique et sécuritaire malienne chaque jour de plus en plus complexe ? L’analyse du politiste Lamine Savané.

Foto (c) PHILIPPE DESMAZES / AFP: La coopération militaire avec la force française Barkhane avec le Mali est essentielle dans la lutte contre les groupes terroristes. Sa suspension temporaire ajoute à l’incertitude malienne. Des soldats français de la force Barkhane à GaoDie militärische Zusammenarbeit mit der französischen Barkhane-Truppe in Mali ist im Kampf gegen terroristische Gruppen von entscheidender Bedeutung. Ihre vorübergehende Aussetzung trägt zur Unsicherheit in Mali bei. Französische Soldaten in Gao.

La nouvelle est tombée jeudi 3 juin, en début de soirée. La France suspend à titre conservatoire les opérations militaires conjointes avec les Forces armées maliennes (FAMa), a-t-on appris auprès du ministère français des Armées, qui a précisé que cette décision était liée à la transition politique en cours au Mali et qu’elle serait réévaluée dans les prochains jours. Cette annonce intervient alors que le Mali a connu, le 24 mai, son deuxième coup d’État en à peine neuf mois, coup d’État toujours mené par le même colonel Assimi Goïta, officiellement reconnu par la Cour constitutionnelle comme le président de la transition. il aura auparavant évincé les deux principaux acteurs civils, le président Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane.
Assimi Goïta doit prêter serment lundi 7 juin, à Bamako, avant de désigner son futur Premier ministre, et ce, alors que les discussions sur le profil de ce dernier sont bien avancées. Si la nouvelle est un coup dur pour le Mali déjà privé du soutien américain, annoncé cette fois au lendemain du putsch, ce n’est pas une surprise. En effet, le président français Emmanuel Macron a directement menacé de retirer ses troupes du Mali s’il n’y avait « plus de légitimité démocratique ni de transition » dans ce pays et si Bamako allait « dans le sens » d’un islamisme radical. Enseignant à l’université de Ségou dans le centre du pays et chercheur post-doctorant en Sciences politiques, Lamine Savané a répondu au Point Afrique.

Le Point Afrique : La France a annoncé suspendre ses opérations militaires conjointes avec les forces maliennes. Comment analysez-vous cette nouvelle ?

Lamine Savané : Le timing est mal choisi. Cette décision aurait été prise le 25 mai, c’est-à-dire au lendemain du deuxième coup d’État ça aurait eu un sens politique. Le fait d’avoir attendu, et particulièrement ce moment où, un accord semble avoir été trouvé entre la junte et le principal mouvement politique, le Rassemblement des forces patriotiques, autour de la nomination d’un Premier ministre civil est un acte qui va contribuer à accroître le sentiment anti-français.
Comment interprète-t-on cette annonce au Mali ?
On peut interpréter cette annonce comme un « coup de pression » sur l’armée malienne pour que la junte ne nomme pas Choguel Kokalla Maïga, le président du Comité stratégique du M5-RFP. Sa nomination bien qu’annoncée depuis plusieurs jours ne fait en réalité pas l’unanimité, du fait de son opposition à l’accord d’Alger. Il a toujours pris des positions clivantes et dit qu’en l’état actuel, il n’est pas applicable. Sa nomination au poste de Premier ministre peut représenter un point de blocage alors que la France tient particulièrement à ce que l’accord d’Alger soit appliqué. De nombreux Maliens se demandent encore pourquoi la France fait de l’accord d’Alger la ligne rouge. Il faut se souvenir que la mise en œuvre totale de cet accord demande une révision constitutionnelle, ce à quoi des Maliens se sont à plusieurs reprises opposés. L’opinion malienne a du mal à comprendre pourquoi ceux qui se sont alliés avec les mouvements djihadistes en 2012, et qui sont à la base de toute cette crise (le Mouvement national pour la libération de l’Azawad devenu Coordination des mouvements de l’Azawad) soient devenus aujourd’hui fréquentables. La marge de manœuvre des militaires est dans ce contexte très limitée.
Que peut-on dire sur le choix décisif du prochain Premier ministre. Il sera très scruté par Paris et les autres partenaires. On parle de l’opposant Choguel Maïga. Qu’en est-il ?
Sur le profil de Choguel Maïga, on peut dire qu’il possède une longue carrière politique. Il a été plusieurs fois ministre sous le président Amadou Toumani Touré, puis sous Ibrahim Boubacar Keïta. Il a été le porte-parole du gouvernement au moment de la signature de l’accord d’Alger. Il connaît son sujet. Aujourd’hui, vu la situation du Mali qui est très complexe, et au regard de la constance, de la cohérence dont il a fait preuve depuis le début des mouvements contestataires, il apparaît clairement comme un candidat crédible pour le poste. De nombreux Maliens pensent qu’il pourra faire bouger les choses. Pour les observateurs, cet attelage entre le M5 et la junte, sorte de cohabitation si sa nomination se confirmait, sera une dynamique politique à observer jusqu’aux élections de 2022.
Il ne faut pas oublier également que Choguel Maïga est russophone. À 19 ans, il est parti étudier avec une bourse de l’ex-URSS, d’abord en Biélorussie, puis à Moscou. Il est sorti ingénieur, diplômé de l’Institut des télécommunications de Moscou. il a par la suite soutenu une brillante thèse sur le thème du désenclavement du nord du Mali grâce aux réseaux hertziens et satellitaires. Il ne fait donc pas de doute que les pressions autour de sa nomination se confirment. L’arrêt de la coopération conjointe militaire n’arrive pas par hasard. Maintenant, tout dépendra de la démonstration de force du M5-RFP ce vendredi, alors que le mouvement fête le premier anniversaire de sa création. Ce rassemblement pèsera dans la balance, autrement ça fait une semaine qu’on attend le choix du Premier ministre.
Durant cette période, de nombreux observateurs n’ont pas tardé à voir une influence russe derrière le deuxième putsch. Qu’en est-il concrètement ?
La crise du Mali représente un enjeu géostratégique. Mais la question de l’influence russe relève plus du fantasme que d’une réalité. C’est vrai que sous le régime de Modibo Keïta (premier président malien après l’indépendance !960-68, ndlr), la coopération avec l’ex-URSS était très développée mais depuis très longtemps force est de constater que les Russes ont perdu de leur influence. Avec plus de cinq mille militaires français sur place, au Mali, la France reste maîtresse sur le terrain et en termes de géopolitique.
En revanche, la rhétorique de l’influence russe qui revient à chaque fois relève d’une manipulation politique. Comme vous le savez, l’anticolonialisme, le sentiment anti-français est très développé au Mali. C’est une manière de dénigrer son adversaire politique, ou celui que l’on veut abattre, de le cataloguer comme pro-français. Pour se dédouaner du deuxième coup d’État qu’ils ont commis, les officines de propagande des militaires ont fait circuler des informations selon lesquelles la France s’appuyait sur les acteurs civils de la transition pour faire passer des messages qui seraient contraires aux intérêts du Mali. Et de l’autre côté, elles ont fait valoir le recours à d’autres puissances pour résoudre la crise sécuritaire dans le pays. Mais on sait que c’est de la manipulation politique, et même de la propagande politique parce que quand il y a eu des manifestants qui sont sortis le 20 janvier, jour de la fête nationale au Mali pour manifester contre la présence française, ce sont bien les militaires qui ont donné l’ordre de disperser la foule parfois avec des scènes de violences. En tout cas, l’influence russe est beaucoup moins visible que la présence française.
Qu’est-ce que ce nouveau coup d’État dit du Mali ? Pourquoi neuf mois après le premier coup d’État le pays semble enlisé ?
Rien n’a changé depuis neuf mois. C’est franchement le statu quo. Les gens commencent à se plaindre en disant « le vieux vaut mieux que ces militaires ». Il n’y a eu aucun progrès sur le plan socio-économique ou culturel. Le refrain qui revient actuellement, c’est que la situation sous IBK valait mieux que la situation sous les militaires, ce qui explique le ras-le-bol de la population envers les militaires.
Que fait la classe politique ? A-t-elle encore du poids ? Sur quelles forces faudra-t-il compter après la transition ?
La classe politique est divisée et les leaders de partis sont tous opposés les uns aux autres. Ce sont des acteurs politiques qui se détestent foncièrement. Concernant la force politique qui peut jouer un rôle pendant et après la transition, il n’y a que le M5-RFP qui peut sortir son épingle du jeu. D’autant plus que le colonel Assimi Goïta sait que seul le M5-RFP possède encore une force de mobilisation malgré les défections, les cooptations dont il a été victime de la part de cette même junte. En précisant, dès le lendemain du deuxième coup d’État, que le poste de Premier ministre irait au M5-RPF, Assimi Goïta fait un coup politique dans le but que ce soit le mouvement qui négocie avec la Cedeao, si négociation il devait y avoir. Il le fait aussi pour étouffer la grogne sociale qui couve à Bamako. La priorité de la classe politique est d’accéder au pouvoir par tous les moyens. Le spectacle offert, ce sont des alliances qui se font et se défont au gré des circonstances et des conjonctures politiques.
La ligne rouge avec Paris, c’est également les discussions engagées avec des groupes djihadistes. Qu’en disent les Maliens ?
La volonté des militaires, c’est de s’approprier tous les leviers du pouvoir. Dans cette stratégie, ils ont plus à gagner en signant des traités de paix avec toutes les forces en présence sur le terrain, qu’il s’agisse des forces indépendantistes, politiques ou djihadistes. Dans cette optique, ils ont plus à gagner en négociant avec les chefs djihadistes comme Amadou Koufa ou Iyad ag Ghali plutôt que d’aller se battre sur des théâtres de guerre. Ils veulent aussi que la situation s’apaise mais le retrait de la force Barkhane est inenvisageable non seulement pour le Mali mais également pour toute l’Afrique de l’Ouest.
Lors du premier coup d’État, les populations étaient fatiguées des politiques. Elles ont alors donné leur chance aux militaires pour remettre de l’ordre, sauf que neuf mois après, on se rend compte qu’ils ont les mêmes mœurs que les acteurs politiques. Ils ont pris goût aux voitures 4×4, aux maisons de luxe. Le népotisme qui avait été dénoncé sous le régime d’IBK n’a pas disparu.
Mais, il y a eu un précédent qui a beaucoup surpris voire choqué les Maliens : les militaires ont signé un premier accord avec des djihadistes dans lequel l’application de la charia est posée comme condition de leur départ, notamment dans le village de Farabougou, à 200 km de Ségou. Aucun président civil n’a signé un tel accord sur une partie du territoire. Les populations ont commencé à se poser des questions.
Quelle est aujourd’hui leur marge de manœuvre ?
Les militaires veulent garder la main sur le pouvoir politique. Ce deuxième coup d’État démontre qu’ils ne veulent pas partager ce pouvoir. C’est à la suite de la non-reconduction de deux officiers de la Garde nationale, Sadio Camara et Modibo Koné, que le deuxième coup d’État dans le coup d’État a été déclenché. Les militaires ont également peur d’être rapidement rattrapés par la justice puisque le coup d’État est un crime imprescriptible au Mali. Il y a aussi chez eux une volonté d’organiser les prochaines élections et ainsi garder la mainmise sur le futur pouvoir.
Plus tôt, avant la décision française, la communauté internationale semblait avoir accepté ce deuxième pustch. Pourquoi aucune instance n’a pris de sanctions économiques ?
L’opinion publique malienne s’attendait à des sanctions très fortes de la Cedeao, d’autant plus que l’un des points de blocage de la charte de la transition avait été le non-remplacement du président de la transition par le vice-président du CNSP, le colonel Assimi Goïta. Finalement, la Cedeao a peut-être estimé que la situation du Mali était trop fragile, et sa situation sécuritaire très complexe. Ils risquaient d’accentuer une situation qui est déjà à son paroxysme. La deuxième explication, c’est peut-être que le lobbying des militaires, à travers certains présidents africains qui ont plaidé leur cause, a peut-être porté ses fruits dans le sens où il n’y a eu que des sanctions politiques.
(…)
Or dans le cas du Mali, le pays a connu un espace démocratique qui a plus ou moins fonctionné et il s’agit également d’une transition à laquelle il a été mis fin. Peut-être que, d’une certaine manière, le précédent tchadien a joué mais je crois surtout que les décisions prises par la Cedeao relèvent plus d’une crainte de voir la situation s’envenimer davantage pour les populations.
© 2021 lpnt.fr / maliweb.net

Lamine Savané: „Die malische öffentliche Meinung hat Mühe zu verstehen“
lepoint.fr/afrique / maliweb – 4. Juni 2021
Entschlüsselung. Wie ist die politische und sicherheitspolitische Lage in Mali, die jeden Tag mehr und mehr komplex erscheint, einzuschätzen? Die Analyse des Politologen Lamine Savané.

Die Nachricht kam am Donnerstag, 3. Juni, am frühen Abend. Frankreich setzt vorübergehend die gemeinsamen Militäroperationen mit den malischen Streitkräften (FAMa) aus. Wie aus dem französischen Armeeministerium zu erfahren war, hängt diese Entscheidung mit dem politischen Übergang in Mali zusammen und soll in den kommenden Tagen neu bewertet werden. Die Ankündigung kommt zu einem Zeitpunkt, an dem Mali am 24. Mai seinen zweiten Putsch innerhalb von kaum neun Monaten erlebte, einen Putsch, der immer noch von demselben Oberst Assimi Goita angeführt wird, der (danach, Ed) vom Verfassungsgericht offiziell als Übergangspräsident anerkannt wurde. Er hatte zuvor die beiden wichtigsten zivilen Akteure, Präsident Bah Ndaw und seinen Premierminister Moctar Ouane, ausgeschaltet.
Assimi Goïta soll am Montag, den 7. Juni, in Bamako vereidigt werden, bevor er seinen zukünftigen Premierminister ernennt, und das, während die Diskussionen über das Profil des letzteren weit fortgeschritten sind. Wenn die Nachricht ein Schlag für das ohnehin der amerikanischen Unterstützung beraubte Mali ist, der diesmal nach dem Putsch verkündet wurde, so ist das keine Überraschung. In der Tat drohte der französische Präsident Emmanuel Macron direkt damit, seine Truppen aus Mali abzuziehen, wenn es „keine demokratische Legitimität oder keinen Übergang“ mehr im Land gäbe und Bamako „in Richtung“ eines radikalen Islamismus ginge. Lamine Savané, Dozent an der Universität von Segou im Zentrum des Landes und Post-Doktorand in Politikwissenschaft, antwortete auf die Fragen von Le Point Afrique.

Le Point Afrique: Frankreich hat die Aussetzung seiner gemeinsamen Militäroperationen mit den malischen Streitkräften angekündigt. Wie analysieren Sie diese Nachricht?

Lamine Savané:Das Timing ist denkbar schlecht. Wäre diese Entscheidung am 25. Mai getroffen worden, also am Tag nach dem zweiten Putsch, hätte es politisch Sinn gemacht. Die Tatsache, dass man gewartet hat, und besonders dieser Moment, in dem eine Einigung zwischen der Junta und der wichtigsten politischen Bewegung, der Sammlung der Patriotischen Kräfte, um die Ernennung eines zivilen Premierministers gefunden zu sein scheint, ist ein Akt, der zur Zunahme der antifranzösischen Stimmung beitragen wird.
Wie wird diese Ankündigung in Mali interpretiert?
Man kann diese Ankündigung als „Druckmittel“ auf die malische Armee interpretieren, damit die Junta nicht Choguel Kokalla Maïga, den Vorsitzenden des strategischen Komitees der M5-RFP, ernennt. Seine Ernennung wurde zwar schon vor einigen Tagen bekannt gegeben, erfolgte aber nicht einstimmig, da er gegen das Abkommen von Algier ist. Er hat immer divergierende Positionen eingenommen und sagt, dass es in der jetzigen Form nicht anwendbar ist. Seine Ernennung zum Premierminister könnte ein Hemmschuh sein, wo Frankreich besonders daran interessiert ist, das Abkommen von Algier umgesetzt zu sehen. Viele Malier fragen sich immer noch, warum Frankreich das Abkommen von Algier zur roten Linie macht. Es sei daran erinnert, dass die vollständige Umsetzung dieses Abkommens eine Verfassungsrevision erfordert, der sich die Malier wiederholt widersetzt haben. Der malischen Öffentlichkeit fällt es schwer zu verstehen, warum diejenigen, die sich 2012 mit den dschihadistischen Bewegungen verbündet haben und die die Wurzel dieser ganzen Krise sind (die Nationale Bewegung zur Befreiung des Azawad MNLA, aus der die Koordination der Azawad-Bewegungen geworden ist), jetzt tolerierbar geworden sind. Der Handlungsspielraum des Militärs ist in diesem Zusammenhang sehr begrenzt.
Was kann man zur entscheidenden Wahl des nächsten Premierministers sagen? Sie wird von Paris und anderen Partnern sehr genau geprüft werden. Es ist die Rede vom Oppositionspolitiker Choguel Maïga. Wie steht es damit?
Zum Profil von Choguel Maïga kann man sagen, dass er eine lange politische Karriere hinter sich hat. Er war mehrere Male Minister unter Präsident Amadou Toumani Touré, dann unter Ibrahim Boubacar Keïta. Er war der Regierungssprecher zum Zeitpunkt der Unterzeichnung des Algier-Abkommens. Er kennt sein Metier. Heute, angesichts der sehr komplexen Situation in Mali und angesichts der Konstanz und Konsequenz, die er seit Beginn der Protestbewegungen gezeigt hat, erscheint er eindeutig als glaubwürdiger Kandidat für den Posten. Viele Malier glauben, dass er in der Lage sein wird, die Dinge zu bewegen. Für die Beobachter wird diese Kopplung zwischen der M5 und der Junta, einer Art Kohabitation, wenn seine Nominierung bestätigt wird, eine politische Dynamik sein, die bis zu den Wahlen 2022 zu beobachten bleibt.
Es sollte auch nicht vergessen werden, dass Choguel Maiga russischsprachig ist. Mit 19 Jahren ging er mit einem Stipendium der ehemaligen UdSSR zum Studium, erst in Weißrussland, dann in Moskau. Er schloss sein Studium als Ingenieur am Moskauer Institut für Telekommunikation ab und schrieb anschließend eine brillante Dissertation zum Thema der Erschließung des Nordens von Mali mit Hilfe von Funk- und Satellitennetzen. Somit besteht kein Zweifel, dass der Druck rund um seine Ernennung bestätigt wird. Das Ende der gemeinsamen militärischen Kooperation (mit Frankreich) kommt nicht von ungefähr. Nun wird alles von der Machtdemonstration der M5-RFP an diesem Freitag abhängen, wenn die Bewegung den ersten Jahrestag ihrer Gründung feiert. Diese Kundgebung wird ausschlaggebend sein, schließlich wartet man seit einer Woche auf die Wahl des Premierministers.
Während dieser Phase waren viele Beobachter schnell dabei, einen russischen Einfluss hinter dem zweiten Putsch zu sehen. Worum handelt es sich konkret?
Die Krise in Mali stellt eine geostrategische Frage dar. Aber die Frage des russischen Einflusses ist eher ein Hirngespinst als eine Realität. Es stimmt, dass unter dem Regime von Modibo Keïta (erster Präsident Malis nach der Unabhängigkeit, 1960-68, Ed.) die Zusammenarbeit mit der ehemaligen UdSSR sehr intensiv war, aber seit langem ist klar, dass die Russen ihren Einfluss verloren haben. Mit mehr als 5.000 französischen Soldaten in Mali bleibt Frankreich beherrschend vor Ort und in Sachen Geopolitik.
Auf der anderen Seite ist die Rhetorik über den russischen Einfluss, die jedes Mal aufkommt, eine Frage der politischen Manipulation. Wie Sie wissen, ist der Antikolonialismus und die antifranzösische Stimmung in Mali sehr stark. Es ist schon eine Methode, den politischen Gegner, oder den, den man zu Fall bringen will, zu verunglimpfen, indem man ihn als pro-französisch bezeichnet. Um sich von dem von ihnen begangenen zweiten Staatsstreich reinzuwaschen, verbreiteten die Propagandabüros des Militärs Informationen, wonach Frankreich sich auf die zivilen Akteure des Übergangs stütze, um Botschaften zu verbreiten, die den Interessen Malis zuwiderlaufen würden. Und auf der anderen Seite argumentierten sie, dass andere Mächte eingesetzt werden sollten, um die Sicherheitskrise im Land zu lösen. Aber wir wissen, dass dies eine politische Manipulation und sogar politische Propaganda ist, denn als es Demonstranten gab, die am 20. Januar, dem Nationalfeiertag in Mali, auf die Straße gingen, um gegen die französische Präsenz zu demonstrieren, war es das Militär, das den Befehl gab, die Menge zu zerstreuen, manchmal mit Gewalt. In jedem Fall ist der russische Einfluss viel weniger sichtbar als die französische Präsenz.
Was sagt dieser neue Coup über Mali aus? Warum scheint das Land neun Monate nach dem ersten Coup festgefahren zu sein?
Nichts hat sich in neun Monaten geändert. Es ist offen gesagt der Status quo. Die Leute fangen an, sich zu beschweren und sagen: „Der alte Mann ist besser als diese Soldaten“. Es gibt keine Fortschritte an der sozioökonomischen oder kulturellen Front. Der gängige Refrain ist wieder, dass die Situation unter IBK besser war als die unter dem Militär, was erklärt, dass die Menschen die Nase voll vom Militär haben.
Was macht die politische Klasse? Hat sie noch Gewicht? Mit welchen Kräften wird man nach dem Übergang rechnen müssen?
Die politische Klasse ist gespalten und die Parteiführer sind alle untereinander im Clinch. Sie sind politische Akteure, die sich im Grunde genommen hassen. Was die politische Kraft betrifft, die während und nach dem Übergang eine Rolle spielen kann, kann nur die M5-RFP sich aus der Affäre ziehen. Dies gilt umso mehr, als Oberst Assimi Goïta weiß, dass nur die M5-RFP noch die Kraft hat, sich zu mobilisieren, trotz der Überläufer und Kooptationen, deren Opfer sie seitens eben dieser Junta geworden ist. Indem er am Tag nach dem zweiten Putsch festlegte, dass der Posten des Premierministers an die M5-RPF gehen würde, machte Assimi Goïta einen politischen Schachzug mit dem Ziel, die Bewegung mit der ECOWAS verhandeln zu lassen, falls es zu Verhandlungen kommen sollte. Er tut dies auch, um die soziale Unzufriedenheit zu dämpfen, die sich in Bamako zusammenbraut. Die Priorität der politischen Klasse ist es, mit allen Mitteln an die Macht zu kommen. Das dargebotene Spektakel sind Allianzen, die je nach Umständen und politischen Konjunktionen geschlossen und wieder gelöst werden.
Die rote Linie bei den Verhandlungen mit Paris sind auch die Gespräche, die mit dschihadistischen Gruppen angesetzt werden. Was sagen die Malier dazu?
Das Militär ist gewillt, sich alle Hebel der Macht anzueignen. Im Rahmen dieser Strategie haben sie mehr zu gewinnen, wenn sie Friedensverträge mit allen Kräften vor Ort unterzeichnen, seien es separatistische, politische oder dschihadistische Kräfte. Aus dieser Perspektive haben sie mehr zu gewinnen, wenn sie mit Dschihadistenführern wie Amadou Koufa oder Iyad ag Ghali verhandeln, als wenn sie auf den Kriegsschauplätzen kämpfen würden. Sie wollen auch, dass sich die Lage beruhigt, aber der Abzug der Barkhane-Truppe ist nicht nur für Mali, sondern für ganz Westafrika undenkbar.
Während des ersten Staatsstreichs waren die Menschen der Politik überdrüssig. Sie gaben dem Militär eine Chance, die Ordnung wiederherzustellen, nur dass man neun Monate später feststellt, dass sie die gleichen Gewohnheiten haben wie die Politiker. Sie haben eine Neigung zu Geländewagen und Luxuswohnungen entwickelt. Die Vetternwirtschaft, die unter dem IBK-Regime angeprangert wurde, ist nicht verschwunden.
Aber es gab einen Präzedenzfall, der die Malier überraschte und sogar schockierte: Das Militär unterzeichnete ein erstes Abkommen mit den Dschihadisten, in dem die Anwendung der Scharia als Bedingung für ihren Abzug festgelegt wurde, insbesondere im Dorf Farabougou, 200 km von Segou entfernt. Kein ziviler Präsident hat je ein solches Abkommen über einen Teil des Territoriums unterzeichnet. Die Menschen haben begonnen, sich Fragen zu stellen.
Wie groß ist ihr Handlungsspielraum heute?
Das Militär will die politische Macht im Griff behalten. Dieser zweite Coup zeigt, dass sie diese Macht nicht teilen wollen. Nachdem zwei Offiziere der Nationalgarde, Sadio Camara und Modibo Koné, nicht wieder ernannt worden waren, kam es zum zweiten Putsch innerhalb des Putsches. Die Militärs haben auch Angst, dass sie schnell von der Justiz belangt werden, denn der Staatsstreich ist in Mali ein schweres Verbrechen. Es gibt auch den Wunsch auf ihrer Seite, die nächsten Wahlen zu organisieren und so die zukünftige Macht im Griff zu behalten.
Vorher, vor der französischen Entscheidung, schien die internationale Gemeinschaft diesen zweiten Putsch akzeptiert zu haben. Warum hat keine Instanz Wirtschaftssanktionen ergriffen?
Die malische öffentliche Meinung erwartete sehr starke Sanktionen seitens der Ecowas, zumal einer der Hemmschuhe der Übergangscharta die Nichtablösung des Übergangspräsidenten durch den Vizepräsidenten des CNSP, Oberst Assimi Goïta, gewesen war. Am Ende war die ECOWAS vielleicht der Meinung, dass die Situation in Mali zu fragil und die Sicherheitslage zu komplex sei. Sie riskierten, eine Situation zu verschärfen, die bereits auf dem Höhepunkt war. Die zweite Erklärung ist vielleicht, dass die Überzeugungsarbeit für das Militär durch bestimmte afrikanische Präsidenten, die sich für ihre Sache einsetzten, in dem Sinne Früchte getragen hat, dass es nur politische Sanktionen gab.
(…)
Aber im Fall von Mali [im Gegensatz zum Tschad] hatte das Land einen demokratischen Raum, der mehr oder weniger funktionierte, und es war auch ein Übergang, der beendet wurde. Vielleicht hat der tschadische Präzedenzfall in gewisser Weise eine Rolle gespielt, aber ich denke, dass die Entscheidungen der ECOWAS eher aus der Angst heraus getroffen wurden, dass sich die Situation für die Menschen weiter verschlechtert.
© 2021 lpnt.fr / maliweb.net

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