DER NIGER – Les pêcheurs de Mopti

1. Im Nigerdelta, ein Fischervolk im Spannungsfeld der Missstände in der Sahelzone
AFP – 22.04.2021 um 10:00
Ousmane Djebare Djenepo hat das Gewand der großen Tage herausgeholt, grün wie das kurze Gras an den Ufern des Niger. Auf seiner Pirogue präsentiert der 76-jährige Fischer stolz „seinen“ Fluss.
2. Die Bozos, nomadische Fischer auf dem Weg zur Sesshaftigkeit
AFP – 22/04/2021 um 12:50
Die Bozos, Hüter einer nomadischen Fischereitradition am Niger, tragen die Hauptlast des Klimawandels und der Konflikte in der Sahelzone.
Sie sind eine von Hunderten ethnischer Gruppen in der Sahelzone, hatten aber schon immer ihr eigenes gutes Recht: den Fischfang in dieser halbtrockenen Region an einem der drei größten Flüsse Afrikas, zusammen mit dem Nil und dem Kongo.
Die Bozos waren lange Zeit, zusammen mit den Somonos, die einzigen, die den Niger in seinem Abschnitt in der Sahelzone befahren haben.

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2. Die Bozos, nomadische Fischer auf dem Weg zur Sesshaftigkeit
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1. Dans le delta du fleuve Niger, un peuple de pêcheurs à la confluence des maux sahéliens
AFP – 22.04.2021 à 10:00
Par Amaury HAUCHARD
Ousmane Djebare Djenepo a sorti la tenue des grands jours, verte comme les herbes courtes des rives du Niger. Droit sur sa pirogue, le pêcheur de 76 ans n’est pas peu fier de faire découvrir «son» fleuve.
Mais sous ses larges lunettes de soleil et son sourire facile, le président de la fédération des pêcheurs du delta du Niger cache son désarroi devant le sort de ses pairs qui vivent, de moins en moins nombreux, du poisson de plus en plus rare dans cet immense territoire au coeur du Mali et du Sahel.

Foto (c) AFP/MICHELE CATTANI: Un pêcheur en pirogue sur le fleuve Niger, le 17 mars 2021 à Mopti, au Mali – Ein Fischer in einer Pirogue auf dem Niger, am 17. März 2021 in Mopti

«Avant, le fleuve était profond et les saisons de pêche longues. Maintenant, il y a beaucoup moins de poissons et le fleuve a trop de problèmes», dit-il.
Son monde, le delta intérieur du Niger, est un milieu écologique et humain exceptionnel et changeant. Mais les rythmes naturels qui ont réglé pendant des générations la coexistence de centaines de milliers de pêcheurs, d’agriculteurs et d’éleveurs sont remis en cause par d’autres changements: avancée du désert, épuisement de la ressource, intrusion des jihadistes dans les modes de vie ancestraux.
Les dizaines de milliers de pêcheurs artisanaux qui exploitent la plus importante réserve de poissons en Afrique de l’Ouest vont «de baisse en baisse», dit le directeur régional du secteur, Boukary Guindo.
Ici, dans le centre du Mali entre Djenné et Tombouctou, le Niger, géant africain parti des hauteurs de la Sierra Leone et de la Guinée, abandonne son cours normal pour se diviser en une multitude de bras. Le delta intérieur est un réseau d’affluents, de lacs et de plaines inondables, la plus grande zone humide d’Afrique de l’Ouest, aux dimensions de la Suisse. Plus loin, le fleuve reprend son cours pour se jeter dans l’Atlantique après avoir traversé six pays.

Foto (c) AFP/MICHELE CATTANI: Vue aérienne de pêcheurs en pirogue sur le fleuve Niger, le 17 mars 2021 à Mopti – Luftbild von Fischern in Pirogen auf dem NIger

Le paysage se transforme suivant les saisons. Lors des crues, la zone est totalement inondée et rien ne circule hormis les pinasses, ces pirogues traditionnelles du fleuve Niger ; en décrue, des mares de pêche se créent et d’immenses champs de bourgou, la plante fourragère caractéristique, attirent le bétail de tout le Sahel.
Mais depuis des années, le Sahara «descend» du nord et «engloutit» peu à peu le fleuve, s’alarme le directeur de l’Office de développement de la pêche dans le delta (Odpa-din), Hamidou Touré.
Des bancs de sable coupent du fleuve des zones autrefois très productives qui ne se remplissent plus de poisson, dit-il.
– Sans discrimination –
Les pluies sont moins fréquentes, le débit du fleuve ralentit. Plusieurs barrages construits en amont depuis les années 1970 altèrent l’écoulement.

Foto (c) AFP/MICHELE CATTANI: Des pêcheurs dans le port de Mopti, 19 mars 2021 – Fischer im Hafen von Mopti, am 19. März 2021

Les saisons sont moins marquées et l’articulation autrefois harmonieuse entre populations est devenue plus conflictuelle.
Traditionnellement, pêcheurs, éleveurs et agriculteurs pratiquent une «gestion alternée», explique Ibrahima Sankaré de l’ONG Delta Survie. «Quand l’herbe est là, c’est pour les éleveurs pasteurs; quand l’eau est là, pour les Bozos; quand la terre est là, pour les agriculteurs.»
Les Bozos sont l’un des nombreux groupes humains du Mali. La pêche est leur domaine.
Mais, soupire Ibrahima Sankaré, «chacun a abusé» de ce calendrier instauré sous l’empire peul du Macina, au XIXe siècle.
Dans le fleuve, les gros poissons sont de plus en plus rares, certaines espèces ont même disparu. Pour survivre, le pêcheur attrape désormais «tout ce qui passe», rapporte Ousmane Djebare Djenepo, le pêcheur de 76 ans. Bien que conscient des risques de la surpêche, lui-même pêche les petits poissons et, au fond de la pirogue qui avance à la force des bras d’un jeune pinassier, un seul dépasse les 10 cm.
Pour l’administration, les pêcheurs portent une part de responsabilité dans cette surpêche.«Les Bozos pensent que le poisson tombe du ciel», sourit le directeur régional de la pêche. «Si vous prenez les géniteurs, l’année prochaine il n’y aura pas de rejetons!»

Foto (c) AFP/MICHELE CATTANI: Des pêcheurs vendent leurs poissons au marché de Mopti, le 16 mars 2021

Il incombe au responsable de veiller à l’emploi de filets épargnant le petit poisson. Mais la tornade de violences qui s’abat sur le centre du Mali depuis 2015 et l’absence de l’Etat hors des grandes villes l’empêchent de faire son travail.
Les Bozos, eux, quand ils empruntent les canaux du delta, peuvent être cibles de tirs ou tomber sur des hommes en armes qui leur interdisent l’accès aux mares de pêche ou exigent le paiement de l’impôt islamique, selon les témoignages recueillis.
– «Il ne nourrit plus» –
Dans une petite case des faubourgs de Mopti, Rokia (dont l’AFP a modifié le prénom pour sa sécurité) se remémore nuit et jour «l’attaque» d’il y a trois ans, quand des hommes armés postés sur la rive ont intimé d’accoster aux hommes occupant les cinq pinasses familiales.

Dans le delta du fleuve Niger, un peuple de pêcheurs à la confluence des maux sahéliens

Foto (c) AFP/MICHELE CATTANI: Une femme de l’ethnie Bozo s’occupe d’un filet de pêche, le 15 mars 2021 à Mopti, au Mali – Eine Bozo-Frau arbeitet an einem Fischernetz, am 15. März 2021 in Mopti

«Il y avait mon mari Ba, mes frères Amadou et Sinbarma, mes fils Mahamat et Tassana», raconte-elle. Vingt-trois hommes au total.
Restée à bord, elle dit avoir tenté d’infléchir les hommes armés, leur avoir dit «qu’ils n’avaient pas besoin de faire ça, qu’on avait tous besoin du poisson».
Rien n’y a fait. Mari, frères, fils, «on ne les a plus jamais revus», sanglote-t-elle.
Hormis un frère absent le jour du rapt et le petit Amadou né quelques semaines après, il n’y a plus d’homme dans la famille. Eux ne pêchent plus.
A cause des mille maux du fleuve, beaucoup ont mis pied à terre. Modibo Traoré est de ceux-là, après près de trente ans sur le fleuve. «Il ne nourrit plus», explique-t-il.
Le pêcheur a créé sa mare artificielle. «On peut y ramasser seulement les gros poissons si on veut, c’est plus facile que la pêche», dit-il.
Encouragée par Bamako, capitale lointaine, la pisciculture représente désormais 10% de la production du delta.
Idéalement, c’est tous les pêcheurs qu’il faudrait provisoirement «faire sortir de l’eau pour les amener sur la terre» et «donner au fleuve un repos biologique», pense le directeur régional M. Guindo.
© 2021 AFP

Foto (c) AFP/MICHELE CATTANI: Les Bozos, dépositaires d’une tradition de pêche nomade sur le fleuve Niger. Dans le delta intérieur du Niger, le 15 mars 2021 – Die Bozos, Hüter einer nomadischen Fischerei-Tradition am Niger. Im Innendelta des Niger, am 15. März 2021

2. Les Bozos, des pêcheurs nomades en voie de sédentarisation
AFP – 22/04/2021 à 12:50
Les Bozos, dépositaires d’une tradition de pêche nomade sur le fleuve Niger, subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique et du conflit sahélien.
Ils sont une ethnie parmi des centaines au Sahel mais ont toujours eu leur prérogative: pêcher dans cette région semi-aride sur l’un des trois plus grands fleuves d’Afrique avec le Nil et le Congo.
Les Bozos ont longtemps été, avec les Somonos, les seuls à naviguer le Niger dans sa partie sahélienne.
Réputés endogames, les Bozos croient aux génies du fleuve, explique Ousmane Djebare Djenepo, président de la fédération des pêcheurs du delta du Niger.
„Avant, avant, avant la colonisation, nous étions +les maîtres des eaux+, (mais) quand le Mali a pris son indépendance (en 1960), le président Modibo Keïta a dit que les eaux et les forêts étaient pour le Mali“, raconte-t-il.
Les Bozos parcourent au rythme des saisons le Niger et son immense réseau hydrographique.
„Cette expérience migratoire“ s’acquiert „sur des distances courtes ou moyennes“ entre le village nomade et des „pêcheries (zones de pêche) de proximité“, écrivait en 2009 le chercheur malien Salif Togola. Ces campagnes sur de longues pinasses, pirogues traditionnelles en bois caractéristique, durent en moyenne de quatre à six mois, disait-il.
Nombreux sont ceux qui, une fois aguerris, partent pêcher quasiment dans toute l’Afrique de l’Ouest desservie par le fleuve, indiquait-il. Cette migration peut durer plusieurs années.
Les Bozos représenteraient environ 2% des 20 millions de Maliens selon diverses statistiques difficilement vérifiables. Leur activité et la vente du poisson, destiné aussi bien au marché intérieur qu’à quasiment toute l’Afrique de l’Ouest, ont longtemps été un moteur de l’économie du centre du Mali.
Mais l’exportation du poisson, fumé dans les ports du delta par les femmes bozos, a chuté sous l’effet de l’insécurité qui afflige tout le Sahel.
„C’est une question de chance: si ta cargaison tombe sur les gens qui veulent la pagaille, tu perds tout“, explique un exportateur à Mopti, qui veut rester anonyme car il continue à effectuer le trajet. Il peste aussi contre la concurrence du poisson massivement importé d’Asie.
Faute de pouvoir pêcher comme autrefois, beaucoup de Bozos se sont sédentarisés sur les rives du Niger, à Mopti, Djenné et dans d’autres villes qu’ils sont réputés avoir fondées. A Bamako, des centaines de pêcheurs se sont installés dans des campements le long du fleuve de plus en plus pollué sous l’effet d’une l’urbanisation galopante.
© 2021 AFP

Foto (c) AFP/MICHELE CATTANI: Vue aérienne du port de Mopti, sur le fleuve Niger

1. Along the mighty Niger River, fewer fish and more jihadists
AFP – 22 April 2021
Ousmane Djebare Djenepo, wearing sunglasses and an easy smile, stands upright to show off the mighty Niger River which is flowing around his traditional wooden canoe, or pirogue.
The 76-year-old Malian is one of tens of thousands of fishermen who make a living from the river and the verdant wetlands which surround it.
But Djenepo’s smile hides unease.
„Before, the river was deep and the fishing seasons long,“ says Djenepo, head of the federation of fishermen of the Niger River’s inner delta.
„Now there are far fewer fish, and the river has too many problems“.
Ecological issues are threatening livelihoods in the area in central Mali, even as inhabitants have to contend with jihadists and armed groups.
Islamist militants launched a brutal insurgency in Mali in 2012 which has killed thousands and displaced hundreds of thousands more.
But in the inner Niger delta, overfishing has depleted stocks, and the Sahara desert is also encroaching on the green floodplains.
Boukary Guindo, the government’s fisheries director for the region, said the situation for fishermen has gone „from bad to worse“.
A vast area roughly the size of Switzerland, the inner Niger delta is a complex ecosystem comprising lakes and floodplains, which support hundreds and thousands of fishermen, farmers and herders.
During flooding in the rainy season, only pirogues can travel across the delta.
But when the waters recede, fish-filled pools are left behind, alongside huge fields of hippo grass that attract cattle from across the semi-arid Sahel.
Hamidou Toure, director of the delta’s fisheries development office, said that the Sahara has been „engulfing“ the Niger River for years.
New sandbanks cut off formerly productive areas of the delta, he said, with fish no longer left behind.
– Fish from the sky –
Several dams built since the 1970s have also changed the course of the third-longest river on the African continent. And rains are less frequent, which has slowed its flow.
The result has been a blurring of boundaries between seasons, weakening the traditional shared management of the delta’s resources, according to Ibrahima Sankare, from the aid group Delta Survie.
„When the grass is there, it’s for the pastoralists; when the water is there, for the Bozos; when the land is there, for the farmers,“ he said, explaining the customary system.
Bozos are an ethnic group in Mali that traditionally practises fishing.
Sankara added that everyone has „abused“ the system, which was first established in the 19th century under the ethnic Fulani-led Macina empire.
For fishermen, however, catching whatever comes along is a matter of survival.
Boukary Guindo, the fisheries director, said fishermen often catch spawners, which can decimate stocks.
„Our cousins the Bozos think that fish fall from the sky,“ he added, with a rueful smile.
Guindo’s job involves encouraging fishermen to use nets that spare smaller fish, allowing stocks to respawn. However central Mali’s rampant insecurity prevents fieldwork.
Since Al-Qaeda-affiliated jihadists infiltrated the region in 2015, it has become one of the Sahel conflict’s bloodiest battlegrounds, where the government exerts little control.
– ‚No longer nourishes us‘ –
Some Bozo fishermen told AFP that they can be shot at while travelling the waterways of the delta, and jihadists sometimes block access to fishing grounds or demand taxes.
Serious attacks can also occur and have prompted many locals to leave the region.
In a hut on the outskirts of the regional capital Mopti, Rokia recounted how militants in 2018 kidnapped the men in her family.
Gunmen had demanded that her family’s five pirogues — with 23 people aboard including her husband, two sons and two brothers — pull up by the riverbank, she said.
Rokia — whose first name AFP has withheld for her safety — pleaded with the militants, to no avail.
„We never saw them again“, she said, through sobs.
Now based in Mopti, the remaining members of her family no longer fish.
– ‚Biological rest‘ –
In response to falling stocks, authorities are promoting fish farms, which now account for about 10 percent of the delta’s production.
Modibo Traore, who spent 30 years fishing the river, has taken this route. „You can catch only big fish if you want, it’s easier,“ he says.
For others, the environmental problems are extreme enough that they want to block fishing altogether.
Guindo, the fisheries director, said he wants all fishing to stop temporarily, „to give the river a biological rest“.
© 2021 dailymail.co.uk

2. Struggle for Mali’s ‚masters of the waters‘
AFP – 22 April 2021
Members of Mali’s nomadic Bozo ethnic group, who dominate the fish trade on the Niger River, are increasingly settling in towns in the face of insecurity in the Sahel.
There are hundreds of ethnic groups in the semi-arid African region, but the Bozo people have traditionally occupied a specific niche.
Along with the Somonos, they were long the only people to navigate the Niger where it flows through the Sahel.
„We were the masters of the waters,“ said Ousmane Djebare Djenepo, a Bozo who heads the fishermen’s federation in the inner delta of the Niger River, in central Mali.
He added that members of the group believe that spirits inhabit the waterway.
Thought to be endogamous and to number in the low hundreds of thousands, Bozo fisherman embark on seasonal fishing trips aboard traditional wooden canoes known as pirogues.
These fishing campaigns can last for up to six months, according to Malian researcher Salif Togola.
The fishermen travel the inlets of the delta’s vast floodplains, but can also follow the river — the third-largest in Africa — to any of the six countries through which it flows.
But Mali’s brutal jihadist conflict has complicated the Bozo tribe’s traditional way of life.
The government has been struggling to quell an Islamist insurgency that first emerged in the north in 2012, before spreading to the centre and to neighbouring Burkina Faso and Niger.
One of the conflict’s bloodiest battlegrounds is the ethnic mosaic of central Mali, where much of the countryside lies outside of government control.
The export of fish, which is smoked in river ports by Bozo women, has long been the lifeblood of the region’s economy.
A fish trader in central Mali’s capital Mopti, who requested anonymity to protect his safety, said that the lawlessness now meant that commercial success was a question of luck.
„If your cargo runs into people who want to make mischief, you lose everything,“ he said.
The trader added that fishermen are also struggling to compete with fish imports from Asia.
Many have quit their traditional occupation and settled on the banks of the Niger, or in regional towns such as Mopti or Djenne, he said.
In the capital Bamako too, hundreds of fishermen have settled in camps along the banks of the river, which is becoming more polluted as more people move into the city.
© 2021 dailymail.co.uk

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