PIONIER UND WEGBEREITER DER MALISCHEN MUSIK – Sory Bamba, trop modeste pour être une star

Sory Bamba: Malian music’s forgotten great
AFP – 15.11.2020
Sory Bamba, a Malian music pioneer, spends his days ensconced in the courtyard of his home in the old quarter of Mopti, a town in the centre of the country on the edge of the Sahara.
One of the original modernisers of Malian music, the 82-year-old infused traditional sounds with funk and jazz. He was also a dedicated talent scout.

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Musique: Sory Bamba, trop modeste pour être une star
AFP – 16.11.2020 à 10:00
Par Amaury HAUCHARD
Modernisateur de la musique du pays dogon, insatiable expérimentateur et découvreur de talents depuis un demi-siècle: avec un peu moins de modestie, le musicien malien Sory Bamba aurait pu devenir une star de la scène africaine comme ses compatriotes Ali Farka Touré ou Salif Keïta.

One of the original modernisers of Malian music 82-year-old Sory Bamba infused traditional sounds w...

Foto (c) AFP/Michele Cattani: Le musicien malien Sory Bamba dans la cour de sa maison à Mopti, dans le centre du Mali, le 26 mai 2020 – Der Musiker Sory Bamba im Hof seines Hauses in Mopti, am 26. Mai 2020

Mais dans le Mali d’aujourd’hui, beaucoup ne le connaissent pas. Ailleurs, c’est quasiment un inconnu.
„Pourtant, c’est l’un des plus grands musiciens du Mali“, affirme la claviériste Cheick Tidiane Seck. Cet autre virtuose malien, qui le connaît bien, est resté longtemps dans l’ombre, avant de connaître la consécration internationale après 30 ans de carrière.
Mais Sory Bamba, „ce n’est pas quelqu’un qui se met en avant“, ajoute le jazzman de 67 ans. „C’est rare de voir des musiciens de cette envergure avec tant d’humilité et une telle volonté de toujours chercher la vraie musique, pas celle qui vend“.
Le vieil homme de 82 ans, qui passe l’essentiel de ses journées entouré de ses petits enfants et de ses poules dans la cour de sa maison de sa ville natale de Mopti, surnommée la „Venise du Mali“, a été un précurseur, pour lui et pour les autres.
„Quand j’ai fait jouer ici de la guitare à Ali Farka (Touré), beaucoup n’étaient pas d’accord avec ce type de rythmes“, se souvient-il.
Ali Farka Touré (1939-2006) n’avait alors qu’une vingtaine d’années et était chauffeur. Il partira ensuite à Bamako travailler à la radio nationale, avant de devenir l’un des musiciens les plus connus d’Afrique.
„Et il était ici, dans cette même maison“, sourit à présent Sory Bamba, avant de sortir sa flute traversière sans crier gare et de se mettre à jouer, toujours passionné. „Sans la musique, c’est fini. Et il reste tellement de choses à faire“, dit-il.
– Porteur de trompette –
Pour Sory Bamba, né en 1938, tout a commencé sous la colonie française, à la fin des années 1940, quand un ami offre une flute à six trous.
Le petit „talibé“ (élève d’une école coranique) d’alors, au destin tout tracé de marabout, change radicalement de voie: ça sera la musique.
Avec ses copains, il tend des peaux de chèvre pour en faire des tam-tams, transforme en maracas des boîtes de conserve, se met à chanter.
D’abord modeste „porteur de trompette“ pour un musicien local, il s’empare de l’instrument, apprend à en jouer, puis abandonne rapidement les petits boulots pour se consacrer à sa passion.
A l’aube de ses 20 ans, en 1957, il créé son premier groupe, vite populaire chez les jeunes de Mopti.
Sa formation devient „Kanaga de Mopti“, du nom d’un masque de cérémonie qui chez le peuple dogon évoque le Dieu créateur Amma.
Après l’indépendance de 1960, le groupe assoit sa notoriété au Mali en participant à Bamako aux grands concours musicaux, ouverts à toutes les régions de cet immense pays, mis en place pour forger une identité nationale.
– De la brousse au funk –
Pendant des années, le chef d’orchestre du Kanaga écume aussi les plaines inondées du fleuve Niger, la célèbre falaise de Bandiagara, au coeur du pays dogon, les campements peuls…
„Son rôle était de trouver des jeunes talents, il partait souvent en brousse les débusquer“, raconte son fils, Bamoussa Bamba.
Fait unique, Sory Bamba obtient l’aval des sages pour jouer la musique des cérémonies dogons.
Le musicien et chef d’orchestre mêle à cette tradition ancestrale des orchestrations latin-jazz, funk, folk. On surnomme parfois son groupe le „Pink Floyd malien“.
„Tout ce qui n’évolue pas est appelé à disparaitre et Sory Bamba a toujours évolué en cherchant à faire de la musique innovante“, souligne Koko Dembélé, 66 ans, maître du reggae malien recruté à 18 ans comme guitariste soliste et chanteur du „Kanaga de Mopti“.
S’il est un „musicien fédérateur“, selon Cheick Tidiane Seck, Sory Bamba tente aussi sa chance en solo en Côte d’Ivoire, puis en France.
Il sort quelques 33 tours, dont son album-référence „Du Mali“ (voir en bas de l’article), à la fin des années 1970, mais les années passent et le succès international n’arrive pas vraiment.
En 2010, le vent semble enfin tourner quand, au détour d’un concert parisien, Universal lui propose à 72 ans un contrat et un album.
Mais „Dogon Blues“ n’aura pas le succès escompté et le vieux musicien, qui vivait en France, rentre chez lui, à Mopti.
Ses enfants, qui le trouvent „fatigué“, veulent qu’il arrête la musique. Mais dès qu’un gamin passe, il commence à chantonner avec lui. „Pour transmettre“, répète-il.
© 2020 AFP

Vue aérienne de Mopti, dans le centre du Mali, le 29 février 2020

Foto (c) AFP/Michele Cattani: Vue aérienne de la ville de Mopti, au centre du Mali, prise en octobre 2018 – Luftbild der Stadt Mopti, im Zentrum Malis, im Oktober 2018

Sory Bamba: Malian music’s forgotten great
AFP – 15.11.2020
By Amaury Hauchard
Sory Bamba, a Malian music pioneer, spends his days ensconced in the courtyard of his home in the old quarter of Mopti, a town in the centre of the country on the edge of the Sahara.
One of the original modernisers of Malian music, the 82-year-old infused traditional sounds with funk and jazz. He was also a dedicated talent scout.
Outside of the country, the musician is almost a complete unknown, though connaisseurs insist he belongs among the ranks of Mali’s musical icons such as Ali Farka Toure or Salif Keita.
„He is one of the greatest Malian musicians,“ says Cheick Tidiane Seck, a Malian musician himself whose blend of jazz and traditional music won him renown in the 1990s.
But Bamba „is not someone who puts himself forward,“ Seck says, adding that he prioritised „real music“ over commercial tunes.
Wearing a corduroy flatcap, and with eyes clouded by cataracts, Bamba sits in his courtyard surrounded by clucking chickens and children at play.
He says he once brought a young Ali Farka Toure to play in his home — long before the singer-songwriter achieved international success — and that few recognised his talents.
„Many people didn’t like (his) type of rhythms,“ Bamba says.
Toure, who died in 2016, went on to become a two-time Grammy winner and one of the African continent’s most important musicians.
Bamba, who never achieved the same level of success, appears to harbour no bitterness.
„He was here, in this very house,“ he says of Toure, with a smile, before taking out his flute and spontaneously beginning to play.
– Mali’s Pink Floyd –
Bamba began his musical career as a child in the late 1940s when Mali was still a French colony and a friend gifted him a flute.
Later, he worked as an assistant to a trumpet player in a Mopti band — before making off with his boss’s instrument and dedicating himself to music full time.
In 1957 he started his first group, Kanaga de Mopti, which quickly became popular with youngsters in the town.
The band found wider success after Mali’s independence in 1960, through nationwide musical competitions designed to foster a sense of national identity in the vast country.
Bamba, as leader of the group, also sought and received rare permission from ethnic Dogon elders to play their traditional music — to which he added his own layers of Latin-jazz, funk and folk.
Some dubbed Kanaga de Mopti „Mali’s Pink Floyd“.
But reggae artist Koko Dembele, 66, a former member of Kanaga de Mopti, said: „Anything that doesn’t evolve is bound to disappear,“ says Malian.
„Sory Bamba has always evolved by trying to make innovative music“.
Bamba recruited Dembele to his band when the latter was 18 years old, and was known to scour the floodplains of the Niger river and the rural camps of nomads for undiscovered musical talent.
– Nothing without music –
Next, Bamba pursued a solo career in Ivory Coast, and then in France, completing 33 tours. He also cut a record titled „Du Mali“ in 1979. (=> SEE & LISTEN at the bottom of this post.)
But international recognition never really came.
Bamba’s prospects brightened in 2010 when Universal Music offered him a record deal, after the then 72-year-old musician gave a concert in Paris.
But the ensuing album, Dogon Blues, enjoyed little commercial success, and Bamba returned home to Mopti.
His children now describe him as „tired“, and some hope he will stop playing music.
But this is out of the question for Bamba, who hums tunes with young children every time they pass him by in his courtyard.
„Without music, it’s all over. And there are so many things left to do,“ he says, resting his flute on his knees.
© 2020 digitaljournal.com

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