EIN INTERVIEW MIT MASTER SOUMY, DEM POPULÄRSTEN RAPPER MALIS – Master Soumy se prononce

Master Soumy: „Es ist Zeit, dass die Künstler in Mali sich ernst nehmen“
L’Essor – 26. Juni 2020
In diesem Interview spricht der Rapper über verschiedene Themen: sein musikalisches Debüt, sein Verhältnis zur Politik, die Covid-19-Pandemie. Der für seine ausgeprägten Positionen und sein Engagement bekannte Künstler und Erfinder von GALEDOU SYSTEME spricht über dies und jenes.
L’Essor: Wer ist Master Soumy wirklich?

DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE DEEPL-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEM ORIGINAL

Interview vor 1 Jahr: MASTER SOUMY IM INTERVIEW ÜBER SEINEN KAMPF FÜR EINE BESSERE GESELLSCHAFT UND GEGEN EIN KORRUPTES SYSTEM – Master Soumy se bat pour une meilleure société et contre la corruption, MALI-INFORMATIONEN 05.03.2019

Master Soumy : « Il est temps que les artistes se prennent au sérieux au Mali »
L’Essor – 26 juin 2020
Entretien réalisé par Aboubacar TRAORÉ
Dans cet entretien qu’il nous a accordé le rappeur évoque plusieurs sujets: ses débuts dans la musique, son rapport avec la politique, la pandémie de la covid-19. Réputé pour ses prises de positions tranchées et son engagement, l’artiste concepteur de GALEDOU SYSTÈME se livre à battons rompus.

L’Essor: Qui est Master Soumy en réalité ?
Master Soumy: À l’état civil, je m’appelle Ismaïla Doucouré. Je suis né en 1983 à Bamako, précisément à Sokorodji, un quartier périphérique de la Commune VI. J’ai grandi à Bamako où j’ai fait également mes études. Je suis attaché à ce quartier qui m’a vu grandir et c’est là où j’ai passé pratiquement toute ma vie. J’ai été élevé par mon grand père maternel qui est décédé il y’a trois ans (Paix à son âme).
Cela fait 3 ans que j’ai emménagé à Magnambougou où je vis présentement avec ma famille. Juriste de formation, je suis aujourd’hui un jeune artiste malien, musicien-rappeur. Je suis également auteur, compositeur, producteur et entrepreneur culturel. Co-initiateur du plus grand festival du Hip-hop au Mali (FEST Hip-hop Rapou DôgôKûn), je suis aussi co-promoteur de la structure (Mali-Space), que j’ai créée avec mon Manager, Dony Brasco pour mettre en place plusieurs initiatives et faire des prestations de services.

L’Essor: Pourquoi le choix du Rap comme style musical ?
M.S: Mon choix pour le Rap tire son essence de l’origine même de cette musique qui est née aux États-Unis dans les années 1970 dans les Ghettos black. Ces Ghetto Men (les habitants des quartiers pauvres essentiellement des noirs aux États-Unis), ont à un moment donné réfléchi et pensé à trouver d’autres moyens pour régler les problèmes.
Ce, en abandonnant les violences physiques caractérisées par des règlements de comptes, le banditisme, la criminalité et les agressions meurtrières quasi-quotidiennes. Donc depuis à la base, la mission fondamentale du Rap était de changer les choses. C’est à dire quitter le mauvais pour le bon. D’où mon choix pour cette musique afin de remplir la même mission pour les miens.
Aujourd’hui, on peut dire que les américains ont plus ou moins atteint leurs objectifs. En tant qu’artiste j’ai eu la chance de visiter ce pays. À travers mes tournées j’ai fait quelques États américains. Il y a une très grande différence entre Time Square et Dabanani de Bamako en termes de développement, ce sont pas les mêmes réalités. Chez moi au Mali, imaginez qu’en 2020, je suis confronté à des problèmes d’eau, d’électricité des soucis de santé … J’ai donc opté pour le Rap afin de pouvoir dénoncer ces tares de ma société, éveiller des consciences et provoquer des réflexions positives.

L’Essor: Ismaïla Doucouré vit-il de son art aujourd’hui ?
M.S: Oui je vis de la musique, même si c’est très difficile. Je n’ai pas d’autre boulot, je ne suis pas non plus fonctionnaire de l’État, encore moins propriétaire d’une boutique au grand marché. Rire…Tout ce que je gagne c’est dans mon domaine celui de la musique. Que ce soit mon journal râpé, le festival de Rap, mes albums. Aussi avec les entreprises qui utilisent mes chansons. L’une des plus grandes du pays, Orange Mali, utilise ma musique depuis plus de 10 ans. Donc j’ai des contrats ici comme à l’extérieur.
Je ne suis pas riche, mais je gère avec intelligence le peu que je gagne pour m’en sortir. Sinon c’est très difficile de vivre de la musique au Mali, où les artistes ne sont pas pris au sérieux. Pendant les élections, on utilise les artistes pour faire les campagnes et après ils sont oubliés. Il est temps que artistes maliens se réveillent.
Personnellement je n’ai jamais fait campagne pour un parti politique au Mali. Le ministère de la Culture avec un budget très minime qui n’est d’ailleurs utilisé que pour le fonctionnement des services rattachés au département. Le bureau malien des droits d’auteurs qui est censé être outillé pour réclamer nos droits au niveau des bars restaurants et boîtes de nuit, les radios et télévisions ou sur Internet, n’a aucun moyen de pression pour pouvoir récupérer le droit des artistes. C’est tout simplement la triste réalité.

L’Essor : Certains fans pensent que vous êtes assez silencieux par rapport à l’enlèvement du chef de file de l’opposition, Soumaila Cissé. Ont-ils tort ?
M.S: Je ne saurai être silencieux sur une telle situation. Quand nous avons appris l’information, moi comme beaucoup d’ailleurs nous publions des photos de lui et je fais régulièrement des publications là-dessus sur ma page Facebook. Mieux, chaque fois que j’ai été invité sur les radios j’ai réclamé sa libération. Mais il faut que les gens comprennent aussi qu’une prise d’otage ne doit pas être traitée avec émotion. Il faut souvent prendre le temps de regarder l’évolution des choses. Ne serait ce que pour savoir ce que l’on va dire là-dessus. Sinon s’il s’’agit de dire « libérez Soumaila Cissé », ça je le fais plusieurs fois par jour.
Le plus grave c’est que jusqu’à présent le commun des Maliens ignore qui le détient. Je profite de votre créneau pour demander à toute personne qui le détient, de le libérer sans délai pour le bonheur de sa famille, ses proches, les militants de son parti et celui de tout le peuple malien. Je saisie également votre micro réclamer la libération de tous les autres otages au Mali et partout à travers le monde.
D’ailleurs, dans mon prochain journal râpé j’ai prévu d’en parler et le titre est déjà prêt. Je rappelle qu’on m’a toujours taxé d’être proche de l’opposition. Mais je l’assume. Je devrais d’’ailleurs aller prendre ma part dans l’argent qui est versé au chef de file de l’opposition (Rire…)

L’Essor: Comment Master Soumy est venu dans la musique ?
MS: Au tout début, j’étais très bien dans les interprétations des chansons des rappeurs américains, français, certains sénégalais, ainsi que d’autres grand-frères maliens qui m’ont inspiré. C’était dans les années 1996-1997 quand je faisais la 7è année fondamentale, avec deux camarades de classe, tous motivés, nous avons créé à trois un groupe de Rap que nous appelé MEGA BEST. Parce qu’’à cette époque chacun essayait de prendre le nom d’un groupe américain. D’autres essayaient de chanter en anglais sans comprendre ce qu’ils disaient. Rire… Cela fait partie de l’histoire même du Rap malien.
C’est ainsi qu’à force d’interpréter, je me suis dit pourquoi ne pas écrire mes propres textes dans lesquels je parlerais de mes propres réalités et celles de mon quartier, de ma communauté et du Mali. Voilà un peu comment je suis venu dans la musique. Mais aussi, j’ai été beaucoup inspiré par la genèse même du Rap. Quand tu prends le Rap à la base, R.A.P qui veut dire par définition en anglais Rhythm And Poetry, autrement dit (le Rythme et la poésie en français). Et, le Rap est élément du Hip-Hop, qui a son tour forme un ensemble composé du ( le Rap, la Danse, le Djing et le Graffiti…). Il convient de souligner que le Rap a été la forme la plus répandue du Hip-Hop pour dénoncer les tares de la société, pour revendiquer et lutter contre certains phénomènes tels que le racisme, l’injustice, l’inégalité sociale, etc.

L’Essor: Comment se porte la carrière de Master Soumy aujourd’hui?
MS : « Alhamdoulillaye » je peux dire Dieu merci par rapport à ce que j’ai fait du début de ma carrière jusqu’à maintenant. Aujourd’hui je suis à mon 6è album qui est en gestation mais le 5è pour le grand public malien après Tounkaranké en 2007, Sonsoribougou en 2009, Tamani d’Or, Saraka en 2011 et Gwelekan en 2016). J’ai produit un album qui n’est sorti officiellement au Mali pour des raisons de méthode de distribution. J’ai aussi fait énormément de collaborations avec plein d’artistes étrangers.

L’Essor: Comment Master Soumy vit la pandémie de Covid-19 en tant qu’artiste?
MS: De nos jours, nous sommes dans une situation exceptionnelle. Nous traversons une crise sanitaire, un moment très difficile que personne n’aurait souhaité. Cette crise sanitaire touche pratiquement tous les secteurs d’activités. Mais, je pense que celui de la culture dans sa globalité (tourisme, musique, les arts…), est le plus secoué. Malgré cela, nous ne bénéficions pas d’accompagnement à la hauteur du problème. Contrairement à certains pays voisins comme le Sénégal et la Côte d’Ivoire, où les artistes ont été véritablement impliqués dans la lutte contre la pandémie.
Mais chez nous, les artistes sont considérés comme des misérables ou des mendiants. Il est temps que les artistes eux même se prennent au sérieux au Mali. Pour montrer à nos responsables que le métier qu’ils pratiquent est noble. C’est un boulot très dur qu’est de s’assoir avec un bic, une feuille ou un cahier, réfléchir pour écrire une chanson, aller payer le studio pour ceux qui n’ont pas leurs propres studios, enregistré, parfois payer des musiciens sur la musique, travailler sur cette chanson, la sortir, ensuite la publier sur les réseaux sociaux, les télés…
En tant qu’entrepreneur culturel, nous avons le festival de Rap qui devait se tenir du 23 au 29 mars dernier. Malheureusement après avoir calé nos dates, invités des artistes étrangers pour venir partager leurs expériences avec les rappeurs maliens. Nous avions largement investi dans la commercialisation à travers les médias. Quand la pandémie de la Covid-19 a éclaté partout, les autorités du pays ont entrepris des mesures interdisant toutes les activités culturelles. En bon républicains, nous avons respecté ces décisions. Puisqu’en tant qu’artistes nous sommes aussi des leaders d’opinions donc nous devons donner l’exemple.
Nous avons donc perdu énormément d’argent à cause de la crise sanitaire. A chaque fois que j’ai essayé de quantifier la perte avec mon Manager, Dony Brasco qui est le directeur du FEST Hip-hop, nous n’’avons jamais pu arrêter un chiffre exact. Finalement nous essayons de faire face à l’avenir. Comme nous, beaucoup d’autres acteurs culturels avaient aussi des dates. En ce qui me concerne, au-delà du FEST hip-Hop, en tant qu’artiste j’avais plus de 10 dates à l’extérieur avec un groupe partenaire qui est basé en Allemagne, entre février et mi-mai passé. Le plus important est que nous sommes en bonne santé et que nous n’’avons pas été testés positifs au virus. Rire… Nous prions Dieu que les choses rentrent rapidement dans l’’ordre pour que nous puissions reprendre normalement nos activités.

L’Essor: Quels sont vos projets à court et moyen termes ?
MS: Je suis présentement concentré sur mon prochain album, mais qui ne sortira pas cette année. Je compte le sortir en 2021 en respect à mon planning de travail. Cela me permettra non seulement de bien travailler là-dessus, mais aussi de rassembler tous les supports de communication nécessaires, faire des clips et de mieux apprécier les offres par rapport à la vente en ligne. C’’est ce travail très minutieux que je suis entrain de faire avec mon Manager. Au-delà, il y’a notre festival du Rap qui été reporté.
Nous attendons le communiqué officiel des autorités en temps opportun pour pouvoir donner la nouvelle date du festival. Nous travaillons avec des partenaires qui ont compris la situation et qui restent disposés à nous accompagner. A côté de tout ceci, nous sommes en train de voir comment étendre le concours à l’intérieur du pays dans les régions. Pour cela, nous organisons aussi des ateliers de formation en écriture musicale pour les jeunes rappeurs. C’est une autre manière pour nous de contribuer à l’évolution du mouvement Hip-Hop malien. Parce que le Rap est la musique la plus écoutée aujourd’hui au Mali.
© 2020 L’Essor

Master Soumy: „Es ist Zeit, dass die Künstler in Mali sich ernst nehmen“
L’Essor – 26. Juni 2020
Interview von Aboubacar TRAORÉ
In diesem Interview spricht der Rapper über verschiedene Themen: sein musikalisches Debüt, sein Verhältnis zur Politik, die Covid-19-Pandemie. Der für seine ausgeprägten Positionen und sein Engagement bekannte Künstler und Erfinder von GALEDOU SYSTEME spricht über dies und jenes.
L’Essor: Wer ist Master Soumy wirklich?
Master Soumy:
I meiner Geburtsurkunde steht Ismaïla Doucouré. Ich wurde 1983 in Bamako geboren, genau in Sokorodji, einem Vorort der Gemeinde VI. Ich bin in Bamako aufgewachsen, wo ich auch studiert habe. Ich hänge an diesem Viertel, in dem ich aufgewachsen bin und in dem ich praktisch mein ganzes Leben verbracht habe. Ich wurde von meinem Großvater mütterlicherseits aufgezogen, der vor drei Jahren starb (Friede sei mit ihm).
Es ist drei Jahre her, dass ich nach Magnambougou (ein Stadtviertel von Bamako, Ed) gezogen bin, wo ich derzeit mit meiner Familie lebe. Als ausgebildeter Jurist bin ich heute ein junger malischer Künstler, Musiker und Rapper. Ich bin auch Autor, Komponist, Produzent und Kulturunternehmer. Ich bin Mitbegründer des größten Hip-Hop-Festivals in Mali (FEST Hip-Hop Rapou DôgôKûn), und ich bin auch Mitveranstalter der Struktur (Mali-Space), die ich zusammen mit meinem Manager Dony Brasco ins Leben gerufen habe, um mehrere Initiativen zu gründen und Dienstleistungen anzubieten.
L’Essor: Warum haben Sie Rap als Ihren Musikstil gewählt?
M.S.:
Meine Wahl für Rap baut auf dem Ursprung dieser Musik auf, die in den 1970er Jahren in den Vereinigten Staaten in den schwarzen Ghettos entstand. Diese Männer in den Ghettos (die Bewohner der Armenviertel in den USA waren meist Schwarze), dachten einmal darüber nach, andere Wege zur Lösung von Problemen zu finden.
Dies geschah durch den Verzicht auf physische Gewalt, die fast täglich durch Abrechnung, Banditentum, Verbrechen und mörderische Übergriffe gekennzeichnet ist. Von Anfang an bestand also die grundlegende Mission von Rap darin, die Dinge zu verändern. Das heißt, das Schlechte für das Gute zu verlassen. Deshalb habe ich diese Musik gewählt, um die gleiche Mission für mein Volk zu erfüllen.
Heute können wir sagen, dass die Amerikaner ihre Ziele mehr oder weniger erreicht haben. Als Künstler hatte ich die Chance, dieses Land zu besuchen. Auf meinen Reisen war ich in einigen amerikanischen Bundesstaaten. Es gibt einen sehr großen Unterschied zwischen Time Square und Dabanani in Bamako in Bezug auf die Entwicklung, es sind nicht die gleichen Realitäten. Stellen Sie sich vor, dass ich zu Hause in Mali im Jahr 2020 mit Wasser- und Stromproblemen und Gesundheitsproblemen zu kämpfen habe… Also habe ich für den Rap optiert, um die Unzulänglichkeiten meiner Gesellschaft anzuprangern, das Bewusstsein zu schärfen und positives Nachdenken zu provozieren.
Lebt Ismaïla Doucouré heute von seiner Kunst?
M.S:
Ja, ich lebe von der Musik, auch wenn es sehr schwierig ist. Ich habe keinen anderen Job, ich bin auch kein Beamter, geschweige denn der Besitzer eines Ladens auf dem großen Markt. (Lacht…) Alles, was ich verdiene, verdiene ich auf meinem Gebiet der Musik. Ob es meine gerappten Nachrichten sind, das Rap-Festival, meine Alben… Auch mit den Unternehmen, die meine Lieder einsetzen. Eins der größten des Landes, Orange Mali, greift seit über zehn Jahren auf meine Musik zurück. Ich habe also Verträge sowohl hier als auch im Ausland.
Ich bin kein reicher Mann, aber ich bin klug genug, das Wenige, das ich verdiene, zu verwalten, um über die Runden zu kommen. Ansonsten ist es sehr schwierig, in Mali, wo Künstler nicht ernst genommen werden, von der Musik zu leben. Während der Wahlen werden Künstler für den Wahlkampf eingesetzt und danach sind sie vergessen. Es ist an der Zeit, dass die malischen Künstler aufwachen.
Ich persönlich habe noch nie für eine politische Partei in Mali geworben. Das Kulturministerium verfügt über ein sehr minimales Budget, das nur für das Funktionieren der dem Ministerium zugeordneten Dienste verwendet wird. Das malische Urheberrechtsamt, das dafür ausgestattet sein soll, unsere Rechte in Bars, Restaurants und Nachtclubs, im Radio und Fernsehen oder im Internet einzufordern, hat keine Möglichkeit, Druck auszuüben, um die Rechte der Künstler durchzusetzen. Das ist einfach die traurige Realität.
L’Essor: Einige Fans meinen, dass Sie in Bezug auf die Entführung des Oppositionsführers Soumaila Cissé ziemlich schweigsam sind. Irren sie sich?
M.S: Zu einer solchen Situation kann ich nicht schweigen. Als wir von den Informationen erfuhren, veröffentliche ich, wie viele andere auch, Bilder von ihm, und ich poste regelmäßig auf meiner Facebook-Seite darüber. Besser noch, jedes Mal, wenn ich von einem der Radiosender eingeladen wurde, habe ich seine Freilassung gefordert. Aber die Menschen müssen auch verstehen, dass eine Geiselnahme nicht emotional behandelt werden darf. Man muss sich oft die Zeit nehmen, um zu sehen, wie die Dinge sich entwickeln. … Ansonsten, wenn es darum geht, „befreit Soumaila Cissé“ zu sagen, dann tue ich das mehrmals am Tag.
Das Schlimmste ist, dass die einfachen Malier bis jetzt nicht wissen, wer ihn festhält. Ich nutze Ihr Forum, um jeden, der ihn festhält, zu bitten, ihn unverzüglich freizulassen, zum Wohle seiner Familie, seiner Verwandten, der Aktivisten seiner Partei und des gesamten malischen Volkes. Ich nutze Ihr Mikrofon auch, um die Freilassung aller anderen Geiseln in Mali und in der ganzen Welt zu fordern.
Tatsächlich habe ich vor, in meinen nächsten gerappten Nachrichten darüber zu berichten, und die Schlagzeile ist bereits fertig. Ich möchte Sie daran erinnern, dass man mir immer nachsagt, der Opposition nahe zu stehen. Aber ich akzeptiere das. Eigentlich sollte ich meinen Anteil des Geldes, das an den Oppositionsführer gezahlt wird, mitnehmen (Lacht…)
L’Essor: Wie ist Master Soumy zur Musik gekommen?
MS:
Ganz am Anfang war ich sehr gut darin, die Lieder amerikanischer, französischer und einiger senegalesischer Rapper sowie anderer großer malischer Brüder zu interpretieren, die mich inspiriert haben. Es war in den Jahren 1996-1997, als ich in der 7. Klasse war, als ich mit zwei motivierten Klassenkameraden eine Rap-Gruppe gründete, die wir MEGA BEST nannten. Denn zu dieser Zeit versuchten alle, den Namen einer amerikanischen Band zu übernehmen. Andere versuchten, auf Englisch zu singen, ohne zu verstehen, was sie sagten. (Lacht…) Das ist sogar einTeil der Geschichte des malischen Rap.
Nach all dem Covern dachte ich mir: Warum schreibe ich nicht meine eigenen Texte, in denen ich über meine eigenen Realitäten und die meines Viertels, meiner Gemeinschaft und die Realitäten Malis spreche? So bin ich ungefähr zur Musik gekommen. Aber ich war auch sehr inspiriert von der eigentlichen Genese des Rap. Wenn man den Rap in seinem Kern nimmt, R.A.P, was im Englischen per Definition Rhythm And Poetry bedeutet, mit anderen Worten Rhythmus und Poesie. Und: Rap ist ein Element des Hip-Hop, das wiederum ein Ganzes bildet aus Rap, Tanz, Djing und Graffiti… Es muss betont werden, dass Rap die am weitesten verbreitete Form des Hip-Hop ist, um die Missstände in der Gesellschaft anzuprangern, um bestimmte Phänomene wie Rassismus, Ungerechtigkeit, soziale Ungleichheit usw. zu beanstanden und zu bekämpfen.
L’Essor: Wie sieht die Karriere von Master Soumy heute aus?
MS:
„Alhamdoulillaye“ Ich kann sagen, Gott sei Dank für das, was ich vom Beginn meiner Karriere bis heute getan habe. Heute wird gerade mein 6. Album eingespielt, das 5. für die breite Öffentlichkeit in Mali nach Tounkaranké 2007, Sonsoribougou 2009, Tamani d’Or, Saraka 2011 und Gwelekan 2016. Ich habe ein Album produziert, das in Mali aus Gründen der Vertriebsmethode nicht offiziell herausgebracht wurde. Ich habe auch schon mit vielen ausländischen Künstlern zusammengearbeitet.
L’Essor: Wie erlebt Master Soumy als Künstler die Covid-19-Pandemie?
MS:
Heutzutage befinden wir uns in einer Ausnahmesituation. Wir durchleben eine Gesundheitskrise, einen sehr schwierigen Moment, den sich niemand gewünscht hätte. Diese Gesundheitskrise betrifft fast alle Tätigkeitsbereiche. Aber ich denke, dass die Kultur als Ganzes (Tourismus, Musik, Kunst…) am meisten erschüttert ist. Trotzdem erhalten wir keine Unterstützung, die dem Problem gerecht wird. Im Gegensatz zu einigen Nachbarländern wie dem Senegal und der Elfenbeinküste, in denen die Künstler wirklich am Kampf gegen die Pandemie beteiligt wurden.
Aber in unserem Land gelten die Künstler als armselig oder als Bettler. Es ist an der Zeit, dass die Künstler in Mali sich ernst nehmen. Unseren Verantwortlichen zu zeigen, dass der Beruf, den sie ausüben, edel ist. Es ist ein sehr harter Job, sich mit einem Stift, einem Blatt Papier oder einem Notizbuch hinzusetzen, darüber nachzudenken, ein Lied zu schreiben, ein Studio zu bezahlen für diejenigen, die kein eigenes Studio haben, Aufnahmen zu machen, manchmal Musiker für die Musik zu bezahlen, an dem Lied zu arbeiten, es herauszubringen, es dann in sozialen Netzwerken, im Fernsehen zu veröffentlichen…
Als Kulturunternehmer haben wir das Rap-Festival, das vom 23. bis 29. März stattfinden sollte. Nachdem wir unsere Termine gebucht hatten, luden wir eine Reihe ausländischer Künstler ein, um ihre Erfahrungen mit malischen Rappern zu teilen. Wir hatten viel Geld in die Vermarktung über die Medien investiert. Als die Covid-19-Pandemie überall ausbrach, ergriffen die Behörden des Landes Maßnahmen, sämtliche kulturellen Aktivitäten zu verbieten. Als gute Republikaner haben wir diese Entscheidungen respektiert. Als Künstler sind wir auch Meinungsführer, also müssen wir ein Beispiel geben.
Wir haben also durch die Gesundheitskrise viel Geld verloren. Jedes Mal, wenn ich mit meinem Manager Dony Brasco, dem Leiter des FEST Hip Hop, versuchte, den Verlust zu beziffern, konnten wir nie eine genaue Zahl nennen. Schließlich versuchen wir, uns der Zukunft zuzuwenden. Wie wir hatten auch viele andere Kulturakteure Termine. Was mich betrifft, so hatte ich als Künstler über das FEST Hip Hop hinaus zwischen Februar und Mitte Mai mehr als 10 Termine mit einer Partnergruppe aus Deutschland. Das Wichtigste ist, dass wir bei guter Gesundheit sind und dass wir nicht positiv auf das Virus getestet wurden. (Lacht…) Wir bitten Gott, dass die Dinge bald wieder zur Normalität zurückkehren, damit wir wieder unsere Aktivitäten aufnehmen können.
L’Essor: Was sind Ihre kurz- und mittelfristigen Projekte?
MS:
Ich konzentriere mich derzeit auf mein nächstes Album, aber es wird dieses Jahr nicht herauskommen. Ich habe vor, es 2021 gemäß meinem Arbeitsplan zu veröffentlichen. …
Wir warten auf das offizielle Kommuniqué der Behörden, um das neue Datum des (verschobenen) Festivals bekannt geben zu können. Wir arbeiten mit Partnern zusammen, die die Situation verstanden haben und die weiterhin bereit sind, uns zu begleiten. Außerdem untersuchen wir, wie wir den Wettbewerb in den Regionen des Landesinneren ausweiten können. Zu diesem Zweck organisieren wir auch Trainingsworkshops im Komponieren für junge Rapper. Es ist eine weitere Möglichkeit für uns, zur Entwicklung der malischen Hip-Hop-Bewegung beizutragen. Weil Rap heute in Mali die am meisten gehörte Musik ist.
© 2020 L’Essor

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