BAMAKO BY NIGHT – Bamako noctambule

Vous retrouvez ici un beau reportage de Caroline Trouillet, auteure chez africultures. Elle remporte le prix du reportage Franceinfo–XXI en novembre 2017.
Faut voir aussi son blog et surtout la catégorie REPORTAGES.

1. Aus dem Archiv: Bamako by night
africultures – 08.07.2015
Samstagabend in Bamako. Seit dem frühen Morgen umgibt eine starke Hitze die Stadt, und selbst in der Nacht lässt sich diese Flaute nicht mit einer leichten Brise überwinden.
3. Tod des ivorischen Künstlers DJ Arafat
BBC Afrique – 13. August 2019
Der coupé-décalé-Künstler, der Opfer eines Verkehrsunfalls wurde, ist gestorben.
2. Das doppelte Gesicht der malischen Jugend.
benbere – 27. März 2019
In Mali, das als ein ehrbares und sehr konservatives Land gilt, werden junge Malier erzogen, um anderen, Familie und Freunden zu gefallen. Infolgedessen tragen die meisten ein doppeltes Gesicht, um nicht zu sagen, sie heucheln, nur um den Schein zu wahren, schreibt die Bloggerin Niamoyé Sangaré.

DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE DEEPL-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEN FRZ. ORIGINALEN

1. De l’archive: Bamako noctambule
africultures – 08.07.2015
Par Caroline Trouillet
Pendant ces mois de juillet et août, la rédaction prend le pouls musical des capitales africaines.
Un samedi soir à Bamako. Une lourde chaleur enveloppe la ville depuis le petit matin, et même la nuit ne parvient pas à fendre cette torpeur d’une brise légère.

Fotos (c) Caroline Trouillet: Au Songhoi


Depuis une périphérie de la ville, Sebenikoro, quartier dont le point de repère, pour tous, est la maison du président IBK, nous nous glissons dans un taxi jaune, à côté de Djasson. L’homme serpente entre les Djakarta hautaines, double les centaines d’autres cousines Renault, jaunes, pressées : la fièvre monte dans la capitale. „Je ne comprends pas. On passe notre temps à dire qu’il n’y a plus d’argent depuis la crise, mais tous les samedis c’est comme ça. Tout le monde sort“. Les uns s’engouffrent vers Hippodrome, quartier de la soif, du beau monde, avec ses clubs courus, Ibiza ou encore le Bla Bla. La Terrasse qui a subi un attentat en mars 2015 était de ceux-là. Les autres se dispersent dans un des nombreux maquis de la capitale où il faut désormais montrer patte blanche. Carte d’identité dans la poche et sacs légers pour la fouille.

Foto (c) Caroline Trouillet

Nous filons vers le quartier Bako Djicoroni, passons la maison de Tiken Jah Fakoly, cachée derrière un long muret en pierre, plusieurs sentinelles assises là, à l’ombre des arbres. Nous troquons le taxi de Djasson contre une Djakarta, fine moto venue d’Inde, direction le Songhoy. Le maquis est baptisé du nom de ce peuple de la vallée du fleuve Niger, autour de Gao, proche des Kel Tamasheq. Associé au mot „blues“, le terme sonne peut-être plus familier. Il rappelle le groupe du même nom et leur conte, celui de musiciens en exil d’une terre nordiste, un temps devenue islamiste, bercée par les sons de désert. Histoire d’un succès rock qui a disséminé le nom d’un peuple aux quatre coins du monde, célébrés en ce maquis ce soir.
Comme tous les samedis au Songhoy, Issa Touré est le maitre de cérémonie. Mais ce soir, ses musiciens se font désirer, ils auraient donc d’autres gigs ailleurs. Il est déjà 23h30, la foule attend les premiers riffs. Baba Salah, guitariste considéré comme le meilleur de sa génération le rejoint sur scène et sauve la mise. Le musicien était pourtant invité à jouer, ce même samedi, à Gao, pour l’émission Top Etoiles diffusée sur l’ORTM, dédiée à la paix et la réconciliation. Mais, une semaine après la signature des accords de paix du 15 mai, l’événement a été annulé. Instabilité, risque, prudence. L’artiste songhoy nous avait dit quelques jours plus tôt : “ Les autorités à Gao interdisent toute manifestation culturelle. Mais pour nous autres, artistes, il faut bien faire ce qui est interdit pour se sentir libre“.
La petite trentaine, Moussa est un habitué du Songhoy, mais il préfère s’y engouffrer les vendredis soirs, lorsqu’Oumar Konaté met la fièvre aux jeunes. Hier, l’ambiance aurait chauffé jusqu‘ 5h selon les amis. Si le jeu d’Issa est plus mature, précis, il est aussi moins fougueux, regrette Moussa. Les spectateurs aussi. Les uns autour du bar, bière à la main, les autres rassemblés autour de petites tables, bouteille de spiritueux posée au centre, histoire d’éloigner les jeunes sans le sous. Les premières notes de takamba jouées par les deux guitaristes en emmènent déjà plusieurs danser sur la petite piste, à ciel ouvert. Femmes et hommes se font face, chacun ondulant les mains et les bras langoureusement, avec des lents mouvements du torse, les pieds esquissant une danse très discrète. Musique traditionnelle de la région de Gao, jouée par les Songhoy et les Touaregs, le takamba s’est largement diffusé dans le pays à travers les interprétations d’artistes de renom tels que Ali Farka Touré, Haira Arby, Oumou Sangaré et notre Baba Salah. A Bamako aujourd’hui, le takamba est aussi bien joué au ngoni par des griots, dans un mariage songhoy un dimanche, que par des artistes, à la guitare électrique, dans un maquis de la capitale. Et il peut être aussi programmé dans la playlist d’un DJ de maquis branchés. Retour sur le piste, un groupe de toubabs se joint à la danse : une journaliste, quelques expat et parmi eux, un Touareg élancé, dont la moustache et le chèche blanc semblent familiers. C’est Ahmed Aq Kaedi, leader du groupe de rock touareg Amanar. A Bamako, tout le petit monde des journalistes et des expat le connaissent, le hèlent en ami. Guitariste virtuose, il a été hissé au rang de figure exemplaire d’apaisement dans le conflit nordiste. Il est bientôt 2h et Issa Touré laisse place à la chanteuse Leïla Kobi. Danses takamba, toujours. Quelques riffs plus incisifs, qui libèrent les pieds impatients. Les heures défilent. Dernière note, remerciements : il est 4h. La discussion porte à présent sur notre prochaine escale. Quelque part où ça vit plus, frétille Moussa, resté sur sa faim.

Nous enfourchons alors les Djakarta pour traverser d’autres rues de Bako Djicoroni et s’arrêter devant Arobas Club, anciennement le Point d’Interrogation. Autre ambiance, alcôves sombres, lumières rouges aveuglantes. Ici c’est Vodka-redbull. Les hommes paressent dans leurs carrés VIP, les filles ici, rares, sont surtout parmi les serveuses. Elles serpentent autour d’un dance floor où „performe“ un prodige de la danse. Ondes nigérianes, ivoiriennes, coupé-décalé (VOIR #3). C’est au son de Memo All Star, Gaspi et Iba One que l’homme se déhanche seul face à un grand miroir. Un écran diffuse des clips rap et hip-hop dans un coin. Mais on ne fait que passer à l’Arobase, pendant que pointe ce petit matin. C’est à 5h, assis au maquis de Seydou, à même le bitume, que nous terminons la nuit. Façon brousse urbaine, famille et thé, ambiance de bord de route. Palabres, palabres et v’la le jour qui se lève. Dans les cours voisines, le balai des jeunes ménagères nettoyant les sols berce les âmes fatiguées.
© 2015 africultures.com

=> Voir aussi et écoutez: Peaceful night in Mali
Publié par Thomas Glantenay le 06|07|2015

3. Décès de l’artiste ivoirien DJ Arafat
BBC Afrique – 13 août 2019
Victime d’un accident de la circulation, l’artiste coupé-décalé est décédé.
De son vrai nom Houon Ange Didier, l’artiste DJ ARAFAT est décédé ce lundi 12 août à 8 heures,
(…)
Le coupé décalé est un mouvement musical né autour des années 2002 alors que la Côte d’Ivoire est en proie à un conflit politico-militaire.
Il est impulsé par Douk Saga (1974-2006) et la Jet Set ivoirienne.
Le mouvement se veut complet et est basé sur un rythme musical, un style vestimentaire, le buzz et le „travaillement“ qui consiste à jeter des coupures de billets de banque sur une personne ou un artiste pour l’encourager.
Depuis ses débuts, le coupé-décalé que certains qualifiaient de mouvement éphémère, résiste à l’érosion du temps.
Dj Arafat après Douk Saga a donné au coupé-décalé un nouveau souffle à travers de nouveaux rythmes et pas de danse.
© 2019 bbc.com

2. Le double visage de la jeunesse malienne
benbere – 27 mars 2019
Par Niamoye SANGARE
Au Mali, considéré comme étant un pays vertueux et très conservateur, la jeunesse malienne éduqué pour plaire aux autres, à la famille, à l’entourage. De ce fait, la plupart porte une double casquette (visage), pour ne pas dire jouent à l’hypocrite juste pour sauver les apparences, écrit la blogueuse Niamoyé Sangaré.

Combien de jeunes Maliens boivent de l’alcool dans des endroits discrets et font semblant de ne pas en boire lorsqu’ils se retrouvent dans leur environnement habituel ? Nombreux ! Combien de filles sont tout le temps voilées à la maison, mais portent des habits indécents en dehors de la cour familiale ? Beaucoup. Ils sont nombreux à condamner des actes jugés frivoles, ou pas convenables pour une personne de bonne famille en omettant qu’ils sont parmi ceux qui les pratiquent sous d’autres cieux ou loin des yeux qui les reconnaissent.
Ce besoin naturel de mieux se faire voir par les autres est, une fois de plus, devenu un poids sociétal. Cela fait partie de notre éducation. Je pense de ce comportement qu’il est stupide et malhonnête, car beaucoup de parents ignorent complètement ce que font leurs enfants en dehors de la maison, et sont prêts à mettre leur main au feu que ceux-ci se comportent bien, toujours et partout. Ma surprise a été grande de voir mon jeune ami, Ali, avec qui je partais en boîte de nuit et que je connaissais depuis de nombreuses années, boire une très grande quantité d’alcool. Je ne le juge pas, loin de moi cette prétention. C’est sa vie après tout.
Des parents aveugles
Mais le fait que rien dans son comportement ne laissait croire qu’il s’adonnait à l’alcool m’avait abasourdie. Il clamait d’ailleurs qu’il ne fumait pas et ne buvait pas. Quand je l’ai surpris, il m’a dit :
«Tu sembles être étonnée. Je sais que je renvoie une image autre de moi en famille, mais tu dois comprendre qu’on n’a pas trop le choix dans une société comme la nôtre. Nous sommes souvent obligés de nous cacher pour faire ce que l’on veut, juste par peur d’être jugés ou d’être mal aimés par nos proches qui ne cautionnent pas ça. »
Si Ali, lui, se cache pour boire de l’alcool, Coumba, quant à elle, critique toutes les filles du quartier avec sa maman sur leur manière de s’habiller. « La fille doit toujours couvrir intégralement son corps, et c’est aux parents de leur inculquer ces valeurs », se vante la mère de Coumba, toute fière, ignorant que sa fille sort toujours avec une deuxième tenue « moins correcte » dans son sac à main. Pour se justifier, Coumba avance des arguments : « Je suis jeune et il est naturel que j’aie envie de porter des petites tenues de temps à autre. Mais je ne le fais jamais devant mes parents par respect pour eux, et aussi pour ne pas avoir une mauvaise réputation dans le quartier. » Visiblement, elle se croit différente des autres qui en portent devant leurs parents.
Des surprises désagréables
Que ce soit dans les centres de santé ou dans les commissariats de police, nombreux sont les parents qui sont stupéfaits et meurtris une fois en face de la réalité. Des mineures enceintées, des jeunes garçons arrêtés pour toute sorte de délits. « Ici, 90% des personnes arrêtées sont des jeunes sous l’emprise de l’alcool et d’autres stupéfiants. La plupart du temps, les parents n’en reviennent pas car ils disent tous ne pas avoir éduqué leurs enfants ainsi », explique le capitaine de Police Isaac, du deuxième arrondissement de Bamako.
Au centre de santé communautaire de Lafiabougou, en commune VI du district de Bamako, une maman est littéralement tombée dans les pommes après avoir su que sa fille cadette était enceinte de quatre mois alors qu’elle ne sortait « jamais » de la maison. Ces cas sont nombreux. Il faut arrêter cette hypocrisie et assumer ce que nous sommes.
En premier lieu, les parents doivent être attentifs aux enfants, apprendre à mieux les connaître et arrêter de se voiler la face, car l’enfer n’est pas forcément les autres. Surtout, la société doit juger moins et accepter la différence des autres.
© 2019 benbere.org

1. Aus dem Archiv: Bamako by night
africultures – 08.07.2015
Von Caroline Trouillet
In den Monaten Juli und August fühlt die Redaktion den afrikanischen Hauptstädten den musikalischen Puls.
Samstagabend in Bamako. Seit dem frühen Morgen umgibt eine starke Hitze die Stadt, und selbst in der Nacht lässt sich diese Flaute nicht mit einer leichten Brise überwinden.
Ausgehend von einem Vorort der Stadt, Sebenikoro, einem Stadtteil, dessen Wahrzeichen das Haus von Präsident IBK ist, steigen wir in ein gelbes Taxi, zu Djasson. Der Mann schlängelt sich zwischen den übermütigen Jakartas durch, überholt in Eile Hunderte von anderen gelben Renault-Vettern: Das Fieber steigt in der Hauptstadt. „Ich versteh das nicht. Wir sagen immer wieder, dass es seit der Krise kein Geld mehr gibt, aber jeden Samstag ist es so. Alle gehen aus.“ Einige von ihnen stürmen nach Hippodrome, einem durstigen und überfüllten Viertel mit seinen beliebten Clubs, dem Ibiza oder dem Bla Bla. La Terrasse, das im März 2015 angegriffene Lokal, war einer davon. Die anderen verstreuen sich in einer der vielen Maquis der Hauptstadt, wo es nun notwendig ist, sich auszuweisen. Perso in der Tasche und leichte Taschen zum Durchsuchen.
Wir fahren in Richtung des Stadtteils Bako Djicoroni, passieren das Haus von Tiken Jah Fakoly, versteckt hinter einer langen Steinmauer, mehrere Wachen sitzen dort im Schatten der Bäume. Wir tauschen Djassons Taxi gegen eine Jakarta, ein feines Motorrad aus Indien, Richtung Le Songhoy. Der Maquis ist nach diesen Menschen des Nigertals benannt, um Gao herum, in der Nähe der Kel Tamasheq. In Verbindung mit dem Wort „Blues“ klingt der Begriff vielleicht vertrauter. Es erinnert uns an die gleichnamige Gruppe und ihre Geschichte, die von Musikern im Exil aus einem nördlichen Land, das einst islamistisch wurde, von den Klängen der Wüste gewiegt. Eine Geschichte über einen Rock-Erfolg, der den Namen eines Volkes auf der ganzen Welt verbreitet hat, das heute Abend in diesem Maquis gefeiert wird.
Wie jeden Samstag im Songhoy ist Issa Touré der Zeremonienmeister. Aber heute Abend machen sich seine Musiker rar, sie sollen andere Auftritte anderswo haben. Es ist schon 23:30 Uhr, die Menge wartet auf die ersten Einlagen. Baba Salah, Gitarrist, der als der beste seiner Generation gilt, begleitet ihn auf der Bühne und rettet den Abend. Der Musiker war eigentlich am heutigen Samstag in Gao eingeladen, um die Top Etoiles-Sendung auf ORTM zu spielen, die dem Frieden und der Versöhnung gewidmet ist. Aber eine Woche nach der Unterzeichnung der Friedensabkommen am 15. Mai wurde die Veranstaltung abgesagt. Instabilität, Risiko, Vorsicht. Der Songhoy-Künstler hatte uns ein paar Tage zuvor gesagt: „Die Behörden in Gao verbieten alle kulturellen Veranstaltungen. Aber für uns Künstler gilt: Wir müssen das tun, was verboten ist, um uns frei zu fühlen.“
Moussa ist Anfang dreißig und Stammgast im Songhoy, aber er zieht es vor, sich an Freitagabenden darauf zu stürzen, wenn Oumar Konaté die jungen Leute ins Schwitzen bringt. Gestern sei die Stimmung nach Angaben von Freunden bis 5 Uhr morgens aufgeheizt gewesen. Wenn Issas Spiel ausgereifter und präziser ist, ist es auch weniger feurig, bedauert Moussa. Genau wie die Zuschauer. Einige um die Bar, Bier in der Hand, andere versammelt um kleine Tische, eine Flasche Spirituosen in der Mitte, um die jungen Leute ohne Geld fernzuhalten. Die ersten Takamba-Klänge der beiden Gitarristen lassen bereits mehrere von ihnen auf der kleinen Open-Air-Tanzfläche tanzen. Frauen und Männer stehen sich gegenüber und winken träge mit Händen und Armen, mit langsamen Torsobewegungen, wobei ihre Füße einen sehr dezenten Tanz zeichnen. Traditionelle Musik aus der Region Gao, gespielt von den Songhoy und Tuaregs, hat sich der Takamba durch die Auftritte von renommierten Künstlern wie Ali Farka Touré, Haira Arby, Oumou Sangaré und unserem Baba Salah weit über das ganze Land verbreitet. In Bamako wird der Takamba heute ebenso auf der Ngoni von Griots, bei einer Songhoy-Hochzeit an einem Sonntag gespielt, wie auch von Künstlern auf der E-Gitarre, in einem Maquis der Hauptstadt. Und er kann auch seinen Weg in die Playlist eines trendigen Underground-DJs finden. Zurück auf der Tanzfläche gesellt sich eine Gruppe von Toubabs zu den Tanzenden: ein Journalist, ein paar Expats und unter ihnen ein schlanker Touareg, dessen Schnurrbart und weißer Chèche bekannt vorkommen. Es ist Ahmed Aq Kaedi, Leader der Touareg Rockband Amanar. In Bamako kennt ihn die ganze kleine Welt der Journalisten und Expats, begrüßt ihn als Freund. Als virtuoser Gitarrist wurde er in den Rang einer exemplarischen Figur der Befriedung im nördlichen Konflikt erhoben. Es ist fast 2 Uhr morgens und Issa Touré überlässt der Sängerin Leïla Kobi den Platz. Takamba, immer noch. Ein paar weitere prägnante Riffs, die die ungeduldigen Füße befreien. Die Stunden vergehen. Letzte Note, danke: Es ist 4 Uhr morgens. Die Diskussion wendet sich nun unserem nächsten Zwischenstopp zu. An einen Ort, an dem es lebendiger ist, zappelt Moussa; er hat noch nicht genug.
Wir fahren also weiter mit den Jakartas, durchqueren andere Straßen von Bako Djicoroni und halten vor dem Arobas Club, ehemals hieß er Point d’Interrogation, Fragezeichen. Eine andere Stimmung, dunkle Alkoven, blendende rote Lichter. Hier ist Wodka Redbull angesagt. Männer faulenzen auf ihren VIP-Plätzen, die Mädchen hier, selten, sind meist Kellnerinnen. Sie schlängeln sich um eine Tanzfläche, auf der ein Tanzwunder „auftritt“. Nigerianisch, ivorisch, coupé-décalé (siehe #3). Zu dem Klang von Memo All Star, Gaspi und Iba One bewegt sich der Mensch allein vor einem großen Spiegel. Auf einem Bildschirm werden Rap- und Hip-Hop-Clips in einer Ecke gezeigt. Aber wir sind nur am Arobase vorbei gefahren, während der frühe Morgen sich zeigt. Um 5 Uhr morgens, im Maquis bei Seydou, auf dem Asphalt sitzend, beenden wir die Nacht. Urbaner Buschstil, Familie und Tee, Straßenrandatmosphäre. Reden, reden und schon das Morgengrauen. In den benachbarten Innenhöfen schaukelt der Besen der jungen Hausfrauen, die den Boden fegen, die erschöpften Seelen.
© 2015 africultures.com

3. Tod des ivorischen Künstlers DJ Arafat
BBC Afrique – 13. August 2019
Der coupé-décalé-Künstler, der Opfer eines Verkehrsunfalls wurde, ist gestorben.
Der Künstler DJ ARAFAT, der eigentlich Houon Ange Didier heißt, ist am Montag, den 12. August um 8 Uhr gestorben,
(…)
Der Coupé décalé ist eine musikalische Bewegung, die um 2002 entstand, als die Elfenbeinküste von einem politisch-militärischen Konflikt erfasst wurde. Er wird von Douk Saga (1974-2006) und dem ivorischen Jet-Set inspiriert.
Die Bewegung soll vollständig sein und basiert auf einem musikalischen Rhythmus, einem Kleidungsstil, dem Rausch und der „Arbeit“, die darin besteht, Banknoten auf eine Person oder einen Künstler zu werfen, um sie zu animieren.
Seit seinen Anfängen hat der Coupé-décalé, den einige als kurzlebige Bewegung bezeichneten, der Erosion der Zeit widerstanden. Dj Arafat, nach Douk Saga, gab dem Coupé-décalé durch neue Rhythmen und Tanzschritte eine neue Lebenskraft.
© 2019 bbc.com

2. Das doppelte Gesicht der malischen Jugend.
benbere – 27. März 2019
Von Niamoye SANGARE
In Mali, das als ein ehrbares und sehr konservatives Land gilt, werden junge Malier erzogen, um anderen, Familie und Freunden zu gefallen. Infolgedessen tragen die meisten ein doppeltes Gesicht, um nicht zu sagen, sie heucheln, nur um den Schein zu wahren, schreibt die Bloggerin Niamoyé Sangaré.
Wie viele junge Malier trinken Alkohol an diskreten Orten und geben vor, keinen Alkohol zu trinken, wenn sie sich in ihrer gewohnten Umgebung befinden? Viele! Wie viele Mädchen sind zu Hause immer verschleiert, tragen aber unanständige Kleidung außerhalb des familiären Umfelds? Das passiert sehr oft. Viele verurteilen Handlungen, die als frivol angesehen werden oder für einen Menschen aus guter Familie nicht angemessen sind, und lassen dabei außer Acht, dass sie zu denen gehören, die sie ganz woanders oder weit weg von jenen, die sie kennen, praktizieren.
Dieses natürliche Bedürfnis, von anderen besser wahrgenommen zu werden, ist wieder einmal zu einer gesellschaftlichen Belastung geworden. Es ist Teil unserer Erziehung. Ich denke, dieses Verhalten ist dumm und unehrlich, denn viele Eltern haben keine Ahnung, was ihre Kinder außerhalb des Hauses tun, und sind bereit, ihre Hände dafür ins Feuer zu legen, dass sie sich immer und überall anständig verhalten. Meine Überraschung war groß, als ich meinen jungen Freund Ali, mit dem ich in Nachtclubs ging und den ich seit vielen Jahren kannte, eine sehr große Menge Alkohol trinken zu sehen. Ich verurteile ihn nicht, das liegt mir fern. Es ist doch sein Leben.
Eltern, die nichts sehen
Aber die Tatsache, dass nichts in seinem Verhalten darauf hindeutete, dass er trank, hatte mich schockiert. Er behauptete übrigens, dass er nicht rauchte und nicht trank. Als ich ihn erwischte, sagte er zu mir:
„Du scheinst überrascht zu sein. Ich weiß, dass ich in der Familie ein anderes Bild von mir wiedergebe, aber man muss verstehen, dass wir in einer Gesellschaft wie der unseren keine große Wahl haben. Wir sind oft gezwungen, uns zu verstecken, um das zu tun, was wir wollen, nur aus Angst, von unseren Lieben, die es nicht unterstützen, verurteilt oder abgelehnt zu werden.“
Während Ali sich versteckt, um Alkohol zu trinken, kritisiert Coumba alle Mädchen in der Nachbarschaft mit ihrer Mutter wegen ihrer Kleidung. „Ein Mädchen muss ihren Körper immer vollständig bedecken, und es liegt an den Eltern, ihnen diese Werte beizubringen“, brüstet sich Coumbas stolze Mutter und weiß nicht, dass ihre Tochter immer mit einem zweiten „weniger korrekten“ Outfit in der Handtasche unterwegs ist. Um sich zu rechtfertigen, argumentiert Coumba: „Ich bin jung und es ist ganz natürlich, dass ich von Zeit zu Zeit kurze enge Outfits tragen möchte. Aber ich tue es nie vor meinen Eltern, aus Respekt vor ihnen und auch, um einen schlechten Ruf in der Nachbarschaft zu vermeiden.“ Offensichtlich denkt sie, dass sie besser ist als die anderen, die sie vor ihren Eltern tragen.
Unangenehme Überraschungen
Ob in Gesundheitszentren oder Polizeistationen, viele Eltern sind fassungslos und erschüttert, wenn sie sich der Realität stellen müssen. Schwangere Minderjährige, kleine Jungen, die wegen aller Arten von Verbrechen verhaftet wurden. „Hier sind 90% der Verhafteten junge Menschen unter dem Einfluss von Alkohol und anderen Drogen. Meistens sind die Eltern sehr verwundert, weil sie alle sagen, dass sie ihre Kinder nicht so erzogen haben„, erklärt Polizeimeister Isaac, aus dem zweiten Arrondissement von Bamako.
Im Gesundheitszentrum der Gemeinde Lafiabougou, in der Gemeinde VI des Bezirks Bamako, wurde eine Mutter buchstäblich ohnmächtig, nachdem sie erfuhr, dass ihre jüngste Tochter im vierten Monat schwanger war, obwohl sie doch „niemals“ aus dem Haus ging. Diese Fälle sind zahlreich. Wir müssen diese Heuchelei beenden und annehmen, was wir sind.
Erstens müssen die Eltern auf die Kinder achten, sie besser kennenlernen und aufhören, den Kopf in den Sand zu stecken, denn die Hölle, das sind nicht unbedingt die anderen. Vor allem aber muss die Gesellschaft weniger urteilen und das Anderssein der anderen akzeptieren.
© 2019 benbere.org

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