«TODESKANDIDATEN» KÄMPFEN GEGEN FGM: PROJEKT IN GUINEA « MÄDCHEN VOR BESCHNEIDUNG SCHÜTZEN » – Des «candidats à la mort» qui luttent contre les MGF : projet « Sauvons les filles de l’excision » en Guinée

All dies ist auf das benachbarte Mali übertragbar, wenn auch die Zahlen ein wenig differieren.
Ein ähnliches Projekt der NGO PLAN wurde auch in Mali 2010-2017 durchgeführt, konnte aber wegen der Sicherheitslage nicht fortgesetzt werden. Hier finden Sie den Abschlussbericht.
Foto (c) Plan International: En Guinée, lors d’une tournée de sensibilisation de l’ONG Plan International, qui lutte contre l’excision, dans le cadre de sa campagne «Sauvons les filles de l’excision». – Guinea: Aufklärungskampagne der NGO Plan International gegen Mädchenbeschneidung, im Rahmen des Projekts « Mädchen vor Beschneidung schützen »

1. Guinea: Diese „Todeskandidaten“, die gegen die Beschneidung kämpfen
Libération – 6. Februar 2018
Anlässlich des Internationalen Kampftages gegen Beschneidung traf „Libération“ mit zwei guineischen Aktivisten zusammen, die diese Praxis angreifen. Sie zeigen den Fortschritt dieses Kampfes und die vielen Zwänge, denen sie ausgesetzt sind.
2. Guinea : alternative Riten, um die Mädchenbeschneidung zu verhindern
plan-international – 08.02.2019
Guinea gehört zu den Ländern mit der höchsten Rate weiblicher Beschneidungsopfer weltweit: Laut offizieller nationaler Erhebungen sind 97 Prozent der Mädchen und Frauen zwischen 15 und 49 Jahren beschnitten.

DEUTSCHE ARTIKEL (VON MIR VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG VON #1) WEITER UNTER DEN FRZ. ORIGINALEN

1. Guinée: ces «candidats à la mort» qui luttent contre l’excision
Libération — 6 février 2018
Par Emile Boutelier
A l’occasion de la Journée internationale de lutte contre l’excision, «Libération» a rencontré deux activistes guinéens qui s’attaquent à cette pratique. Ils témoignent des avancées de ce combat, et des nombreuses contraintes qu’ils affrontent.
Finda a 13 ans lorsqu’elle est convoquée dans la case de l’exciseuse, en Guinée. Comme 200 millions de femmes à travers le continent, elle est alors contente d’apprendre la nouvelle, signe de son passage initiatique vers le monde adulte. «Je n’avais aucune idée de ce qui allait m’arriver. On m’a dit que j’allais recevoir un cadeau, que ça allait être une grande fête.» Dans la pénombre de la case, une dizaine de femmes d’âge mûr l’attendent. Elle en connaît certaines, des mères de famille du village. «J’ai compris ce qu’on allait me faire quand j’ai vu le couteau dans les mains de l’exciseuse.»

Finda essaie alors de fuir, mais les femmes, rodées, se jettent sur ses bras, ses jambes, coincent sa tête entre deux cuisses, plaquent son cou sur le sol. «C’est un souvenir atroce, dit-elle, le visage soudain sombre. Chacune d’entre nous a cru mourir le jour de son excision.» Une excisée lui racontera bien plus tard qu’elle a failli s’asphyxier dans cette cohue, une femme corpulente s’étant assise sur sa cage thoracique pour l’immobiliser.

Omerta

Après l’acte, on lui interdit de parler de ce qu’elle a subi. Sous peine de mort. «Chaque mère de famille est hantée par le souvenir de ces atroces souffrances. Mais aucune ne veut parler, d’abord de peur de mourir soi-même, ensuite de peur d’effrayer les jeunes filles destinées au rituel.» Des années durant, elle en a donc enduré les séquelles sans même comprendre ce qui lui était arrivé. C’est à l’accouchement de son premier enfant, lorsqu’on lui dit que la césarienne est nécessaire car son orifice vaginal est endommagé par les sutures de l’excision, qu’elle comprend qu’elle est une victime. Une victime parmi 6 millions d’autres, dans un pays où 97% des femmes sont excisées selon l’Unicef.
On y excise dès 3 ans, mais la plupart des filles ont entre 8 et 18 ans. La pratique la plus fréquente – qui concerne 84% des excisées selon l’ONG Plan International, est l’ablation des lèvres et du clitoris. Mais certaines pratiques vont plus loin: il arrive souvent que l’exciseuse recouse l’orifice vaginal, pour le réduire à son minimum vital et préserver ainsi la virginité de la future mariée. C’est l’infibulation. Finda évoque aussi de nombreux cas de «pratiques non homologuées»: usage de produits chimiques pour brûler les tissus, étirement des lèvres à l’aide de pinces… «Tout se déroule dans le cadre très secret de l’intimité du village, et le mode opératoire est donc laissé à la libre conscience de l’exciseuse.»

Les conséquences sanitaires sont désastreuses. Absence de plaisir, douleurs quotidiennes ou au cours des rapports sexuels, saignements et infections tourmentent quotidiennement des milliers de femmes. Jusqu’à leur mort. Finda insiste sur les cas de fistule, développement pathologique de canaux alternatifs causés par l’écoulement des fluides quand le vagin est bouché. Très fréquents, ils font que certaines femmes souffrent toute leur vie d’incontinence urinaire ou fécale. «Je connais beaucoup de femmes dans ce cas. Comment pouvez-vous avoir une vie normale lorsque vous allez aux toilettes tous les quarts d’heure?»

«Candidats à la mort»

Après son accouchement Finda décide de briser la chaîne. Elle s’engage dans un collectif de militants, avant de rejoindre le projet «Sauvons les filles de l’excision» de l’ONG Plan International. Son engagement est le début d’un autre calvaire. «Quand des gens jettent des déchets dans la rue, et qu’on leur dit que c’est pas bien, ils ont plus tendance à te les jeter dessus qu’à t’obéir», explique Fara Djiba Kamano, activiste contre l’excision et directeur de l’ONG Accompagnement des forces d’actions sociocommunautaires (Afasco). [VOIR AUSSI la vidéo: Fara Djiba Kamano : Le combat d’un homme contre les mutilations génitales féminines, diffusée sur TV5MONDE le 06.02.2018]
Sa mère, Madeleine Tolno, sage-femme de profession, est une des premières activistes guinéennes à lutter contre cette pratique. Elle a douloureusement pâti de ces résistances. «A cause de son combat, nous avons subi le pire qui puisse arriver à un Guinéen: l’ostracisation. Dans un village où chacun compte sur chacun, c’est pire que la guillotine! Nous n’avions plus accès au crédit, les gens nous insultaient ouvertement, les parents de mes camarades de classe leur interdisaient de jouer avec moi, ils critiquaient ma mère dans son dos, nous insultaient ouvertement.» Certains activistes ont dû quitter leur village et ont été lapidés lorsqu’ils ont tenté de revenir. «Nous autres, militants anti-excision, on dit que nous sommes des candidats à la mort», tranche-t-il avec un sourire résigné.
Car pour beaucoup, la lutte contre l’excision est «une affaire de Blancs», explique Finda sans ambages. Autrement dit, une tentative néocolonialiste de mettre à mort les valeurs traditionnelles de l’Afrique au profit de l’Occident. Or, il est admis qu’une femme doit passer par l’excision pour être adulte: cela fait partie de son éducation.

Sans parler de la question économique. Il faut compter entre 3 et 5 euros pour l’excision d’une jeune fille. Une activité qui peut être lucrative compte tenu du rendement. «L’exciseuse d’un village est une personne que tout le monde connaît, elle gagne bien sa vie.» Mais l’argent n’est pas la motivation première. Finda avance une autre piste, plus crue encore. «Pour les traditionalistes, une femme sera frivole si elle n’est pas excisée. Son mari ne lui suffira pas, elle en voudra d’autres. On nous excise pour tuer notre désir pour les hommes.»

Une pratique de plus en plus dénoncée

Malgré tous ces obstacles, la cause progresse. «Il y a quelques années, il était impossible d’en parler, même entre copines, s’enthousiasme Finda. Aujourd’hui, on en parle dans le journal.» Les activistes et sympathisants se sont multipliés ces dernières années, permettant à de nombreuses associations locales de se structurer.
Leurs tournées de prévention à travers le pays sont l’occasion de débats virulents, mais les résultats sont là: l’Etat guinéen, engagé depuis longtemps dans la lutte contre l’excision à travers des chartes internationales et régionales, s’est finalement décidé à agir à la fin des années 2000.
D’abord en investissant sur un plan de santé publique. Aujourd’hui 30% des excisions en Guinée ont lieu dans des instituts de santé médicalisée où couteaux de cuisine, ciseaux et autres outils de jardinage sont proscrits. Sur le plan juridique, un amendement du Code de l’Enfance interdit et condamne l’excision depuis 2008. Il a fallu attendre 2016 pour voir les premières condamnations, mais celles-ci s’accélèrent rapidement.
En décembre 2017, six personnes ont été condamnées. L’une d’elle, une exciseuse ayant involontairement causé la mort d’une petite fille, a écopé d’une peine de deux ans de prison ferme, la plus lourde jamais attribuée pour un tel acte. Une sanction qui peut sembler encore bien légère mais qui contraste avec l’impunité dont avaient toujours bénéficié les exciseuses. Et Fara et Finda, optimistes, préfèrent voir le verre à moitié plein: «Ce que font des gens depuis des millénaires, on ne peut pas le changer d’un coup.»
© 2018 liberation.fr

Et ça continue de manière durable:

2. Guinée : des rites alternatifs pour ne plus exciser les jeunes filles
plan-international – 08.02.2019
En Guinée, 97 % des filles de 15 à 49 ans sont excisées. Une pratique ancrée depuis de nombreuses générations dans les rituels d’initiation dédiés aux jeunes filles pour passer à l’âge adulte. Pour lutter contre ces mutilations génitales féminines, Plan International a lancé, en Guinée, le projet : « Sauvons les filles de l’excision ».

Pourquoi les filles sont excisées ?

cérémonie de passage à l'âge adulte pour mettre fin à l'excision en guinée

En Guinée, les pratiques les plus courantes sont l’ablation partielle du clitoris et l’ablation totale du clitoris. L’excision fait partie de rites d’initiation, non seulement pour le passage de l’enfance à l’adolescence et à l’âge adulte des filles, mais également pour préparer la jeune fille à la vie active au sein de certaines communautés.
Les filles non excisées sont en effet souvent la cible de moqueries, voire de discriminations.
Les filles et les femmes sont généralement excisées en groupe de filles issues de familles différentes, soit à domicile dans la majorité des cas, soit dans des camps prévus à cet effet, avec ou sans cérémonies et festivités, selon les coutumes locales et la décision des parents. Il y a de plus en plus une réduction des célébrations collectives autour de l’excision et une augmentation des excisions individuelles, par souci de discrétion, compte tenu des sanctions encourues. L’excision de nourrissons ou de fillettes est plus aisée à dissimuler aux autorités que l’excision de groupes de filles accompagnées de festivités.

Pour la première fois, un rituel de passage sans excision
Dans le district de Niandou, le rite de passage en forêt qui s’achève pour ces 24 jeunes filles est d’un tout nouveau genre : pour la première fois, il se passe sans excision. Ces jeunes filles peuvent enfin ressortir du bois, indemnes.
Une stratégie que Plan International Guinée est la seule à mettre en œuvre dans le pays. Et avec un succès certain. Début 2018, plus de 1 000 filles ont déjà participé à ces rites alternatifs dans la zone du projet. 19 districts ont officiellement abandonné l’excision, par la signature des accords de rejet de l’excision, la mise en place de structures de surveillance et de rites alternatifs comme celui-ci.
rites alternatifs guinee
Les formatrices – qu’on appelle plus communément les « Sema » – continuent de former les jeunes filles lors des rituels alternatifs, mais ne pratiquent plus l’excision.  Madame Jeanne est une des ces anciennes exciseuses repenties. Elle est désormais active aux côtés de Plan International dans la lutte contre l’excision en Guinée Forestière.
« Au début, ça m’a fait bizarre de ne plus couper les filles lors des initiations », déclare Philomène Ouendeno, une autre Sema, qui était autrefois l’exciseuse du village.
Pour elle, l’arrêt de l’excision ne fut pas si simple au début. Mais elle reconnaît aujourd’hui les bénéfices des rituels alternatifs sans violence : « ce n’était pas facile car jusqu’alors, je recevais du riz et de l’huile pour mon travail. Mais je sais que la bonne décision a été prise. L’excision, les coups, la violence… tout cela n’apportait rien de positif. Les initiations en forêt étaient des moments violents. Certaines filles ne recevaient pas de nourriture, certaines étaient battues. Tout cela a changé, mais nous gardons l’essentiel des apprentissages culturels, et cela me tient à cœur », explique-t-elle.
Respecter et valoriser les cultures locales
« Initier les filles en forêt est une coutume ancestrale ici », explique Raphael Kourouma, assistant chef du projet « Sauvons les filles de l’excision » de Plan International Guinée.
« Depuis des siècles, les filles sont amenées en forêt pour être formées et excisées. C’est un fondement essentiel de la culture. Nous avons donc décidé de conserver cette tradition initiatique, mais d’en enlever l’excision », poursuit-il.
Les rituels alternatifs mis en place par Plan International ont à cœur de respecter et de maintenir les coutumes locales. C’est d’ailleurs grâce à cette approche que les rituels alternatifs sont aussi approuvés par les communautés locales.
Comme nous l’explique Raphael Kourouma, « ces rites nous permettent de valoriser la culture des communautés tout en les faisant évoluer vers une meilleure protection des filles. Cette approche est très appréciée des communautés car les valeurs culturelles locales restent enseignées. Les familles n’ont pas l’impression d’être attaquées dans ce qu’elles ont de plus cher. »
Lors de ces rituels initiatiques, les jeunes filles passent environ une semaine dans la forêt, accompagnées d’une dizaine de Sema, et apprennent les us et coutumes de leur communauté, les chants, les danses, les rites, les plats, le tissage, les conseils d’hygiène personnelle et d’attitudes à avoir dans le village.
A la sortie du bois, lors de la cérémonie de fin du rituel, les filles et les femmes chantent : « nous étions dans l’obscurité, nous sommes désormais dans la lumière. » Un symbole de la sortie du rituel et de la forêt, mais pas seulement.
« Elles chantent surtout leur reconnaissance d’avoir pu préserver leurs filles de l’excision », nous explique Madame Jeanne. « Maintenant, toutes vont traverser le village en chantant et rejoindre les hommes pour célébrer cette belle initiation. Elles sont fières ! »
Guinée rites alternatifs pour ne plus exciser les jeunes filles
« Ce que j’ai préféré, ce sont les chansons, les danses et les leçons de cuisine », nous raconte en souriant Sagbé âgée de 8 ans, la fille d’une des Sema.  « J’ai aussi adoré apprendre à faire des tresses », poursuit-elle.
Et le fait de ne pas avoir été excisée ? « C’est grâce au camp que j’ai appris que cela existait avant. On n’en avait jamais parlé. Quand j’ai appris ça ici, ça m’a fait de la peine pour ma maman. Mais je suis contente qu’on ne me l’ait pas fait. »

Le chef du district, Fara Papa Kourouma, nous explique le combat difficile qu’a mené le village contre l’excision : « nous engager contre l’excision ne fut pas chose facile », se rappelle-t-il. » Au début, certains villages voisins nous causaient des ennuis, nous traitaient de bilakoro, d’impurs, de Guinéens vendus à l’étranger. Mais petit à petit, eux aussi ont rejoint cette cause. Ils voient bien que nous voulons le bien de nos filles et que nous ne renonçons pas à notre culture. »
Les études réalisées en Guinée ont montré que les hommes sont de plus en plus favorables à l’abandon de l’excision. Ce qui signifie que le rôle des hommes dans la mise en œuvre de ce projet est prépondérant.

Des convictions plus fortes que la tradition

Finda Iffono, cheffe de projet sur les mutilations génitales féminines Plan International Guinée
Foto (c) plan: Finda Iffono, cheffe de projet sur les MGF Plan International Guinée – Finda Iffono, Leiterin des Projekts gegen FGM, Plan International Guinée

Finda est cheffe de projet sur les mutilations génitales féminines chez Plan International Guinée.
Pour elle, lutter contre l’excision ne fut pas simple non plus. Tout commence lors de son accouchement. Elle réalise ce jour-là qu’elle est « une victime de l’excision. »
Elle décide alors que sa nièce de 8 ans ne doit pas, elle aussi, subir cette mutilation. Le problème est que sa grand-mère est une exciseuse notoire du village. Et lorsque sa mère apprend par hasard qu’elle lutte désormais contre les excisions, la menace tombe : « ton village est conservateur de la pratique et ta grand-mère occupe un rang de taille dans le rituel de l’excision. Lorsqu’elle apprendra la nouvelle, ils nous tueront tous ! ».
Finda ne se démonte pas et tente de la convaincre : « L’excision est une violence, j’en suis victime. Lorsque l’on meurt en voulant sauver une vie, ça en vaut la peine. »
Quotidiennement, auprès de sa communauté et au sein de Plan International, Finda fait la promotion de l’abandon de l’excision. C’est le combat de sa vie, rythmé par une certitude : sa petite fille de 2 ans ne subira jamais l’excision !
© 2019 plan-international.fr

VOIR AUSSI le reportage de TV5, fin 2017, présentant les filles courageuses, fondatrices du Club des jeunes filles leaders en Guinée :
Guinée : le combat de Rabiatou et Hadja pour les droits des filles
TV5MONDE Terriennes – 07.11.2017

Par Lynda Zerouk

Education, prise de parole, accès aux postes de pouvoir… Chacune à leur façon, elles luttent depuis leur adolescence pour les droits des enfants et en particulier des filles en Guinée (Afrique de l’Ouest). Rencontre avec ces deux activistes, Hadja 18 ans et Rabiatou 25 ans, toutes deux nommées ambassadrices de l’ONG Plan International à l’occasion de la Journée internationale des filles (11 octobre 2017).
…En lire plus

Video: Aufklärung gegen die Beschneidung von Frauen in Guinea
Deutsche Welle – 06.02.2019
Laut UNICEF weist das westafrikanische Land weltweit eine der höchsten Raten weiblicher Genitalverstümmelung auf. Eine junge Frau, Hadja Idrissa Bah, selbst Opfer der grausamen Praxis, möchte das ändern. => HIER KLICKEN

 

1. Guinea: Diese „Todeskandidaten“, die gegen die Beschneidung kämpfen
Libération – 6. Februar 2018
Von Emile Boutelier
Anlässlich des Internationalen Kampftages gegen Beschneidung traf „Libération“ mit zwei guineischen Aktivisten zusammen, die diese Praxis angreifen. Sie zeigen den Fortschritt dieses Kampfes und die vielen Zwänge, denen sie ausgesetzt sind.
Finda ist 13 Jahre alt, als sie in die Hütte der Beschneiderin, in Guinea, gerufen wird. Wie 200 Millionen Frauen auf dem ganzen Kontinent freut sie sich, die Neuigkeiten zu erfahren, ein Zeichen ihrer Initialisierung in die Welt der Erwachsenen. „Ich hatte keine Ahnung, was mit mir passieren würde. Mir wurde gesagt, dass ich ein Geschenk erhalten würde, dass es eine große Party werden würde. „ Im Halbdunkel der Hütte warten ein Dutzend ältere Frauen auf sie. Sie kennt einige, Mütter von Familien im Dorf. „Ich habe verstanden, was auf mich zukam, als ich das Messer in den Händen der Beschneiderinnen sah.“
Finda versucht zu fliehen, aber die Frauen werfen sich auf ihre Arme, ihre Beine, klemmen den Kopf zwischen die Oberschenkel und drücken ihr den Hals auf den Boden. „Es ist eine grausame Erinnerung“, sagt sie und guckt plötzlich düster. Wir alle dachten, wir würden den Tag unserer Exzision nicht überleben.“ Eins der beschnittenen Mädchen wird ihr erst sehr viel später erzählen, dass sie in diesem Gedränge beinahe erstickt wäre, da eine dicke Frau sich auf ihren Brustkorb setzte, um sie zu immobilisieren.
Omerta
Nach der Tat ist es ihr verboten, über ihre Leiden zu sprechen. Unter Todesandrohung. „Jede Mutter wird von der Erinnerung an diese grausamen Leiden verfolgt. Aber niemand möchte sprechen, zuerst aus Angst, selbst zu sterben, dann aus Angst, die Mädchen in Schrecken zu versetzen, die das Ritual noch vor sich haben.“ Sie hat jahrelang an den Nachwirkungen gelitten, ohne überhaupt zu verstehen. was ihr passiert war. Bei der Entbindung ihres ersten Kindes, als ihr gesagt wird, dass ein Kaiserschnitt notwendig ist, weil ihre Scheidenöffnung durch die Nähte der Exzision beschädigt ist, erkennt sie, dass sie ein Opfer ist. Ein Opfer unter 6 Millionen anderen in einem Land, in dem 97% der Frauen laut Unicef ​​verstümmelt werden.
Es wird ab dem Alter von 3 Jahren beschnitten, aber die meisten Mädchen sind zwischen 8 und 18 Jahre alt. Die üblichste Praxis, die laut der NGO Plan International auf 84% der beschnittenen Frauen zutrifft, ist das Entfernen der Schamlippen und der Klitoris. Einige Praktiken gehen jedoch noch weiter: Es kommt oft vor, dass die Beschneiderin die Vaginalöffnung wieder zunäht, um sie auf ein Minimum zu reduzieren und so die Jungfräulichkeit der zukünftigen Braut zu bewahren. Das ist die Infibulation. Finda erwähnt auch viele Fälle von „nicht genehmigten Praktiken“ : Verwendung von Chemikalien zum Verbrennen von Gewebe, Dehnen der Lippen mit einer Pinzette … „Alles findet in dem sehr geheimen Rahmen der Intimität des Dorfes statt und die Funktionsweise ist dem Gewissen der Beschneiderin überlassen. „
Die gesundheitlichen Folgen sind katastrophal. Fehlende Lust, tägliche Schmerzen oder beim Sex, Blutungen und Infektionen quälen täglich Tausende von Frauen. Bis zu ihrem Tod. Finda besteht auf Fällen von Fisteln, einer pathologischen Entwicklung alternativer Kanäle, die durch den Fluss von Flüssigkeiten verursacht werden, wenn die Vagina verstopft ist. Sehr häufig verursachen sie, dass manche Frauen ihr ganzes Leben lang an Harn- oder Stuhlinkontinenz leiden. „Ich kenne viele Frauen mit diesem Problem. Wie können Sie ein normales Leben führen, wenn Sie alle 15 Minuten zur Toilette rennen müssen?“
„Todeskandidaten“
Nach ihrer Niederkunft beschließt Finda, auszubrechen. Sie arbeitet in einer Aktivistengruppe, bevor sie sich dem Projekt „Mädchen vor Beschneidung schützen“ der NGO Plan International anschliesst. Ihr Engagement ist der Beginn einer weiteren Prüfung. „Wenn die Leute Müll auf die Straße werfen und ihnen gesagt wird, dass es nicht gut ist, werden sie den eher auf Sie werfen, als Ihnen zu gehorchen“, sagt Fara Djiba Kamano, Aktivist gegen Beschneidung und Leiter der NGO Afasco (Begleitung der Akionskräfte in der Sozio-Community ).
Seine Mutter, Madeleine Tolno, Hebamme von Beruf, ist eine der ersten guineischen Aktivistinnen, die gegen diese Praxis kämpfen. Sie litt schmerzlich unter diesen Widerständen. „Wegen dieses Kampfes haben wir das Schlimmste erlitten, das einem Guineer passieren kann: Ausgrenzung. In einem Dorf, in dem jeder auf jeden angewiesen ist, ist es schlimmer als die Guillotine! Wir hatten keinen Zugang mehr zu Krediten, Menschen beleidigten uns offen, die Eltern meiner Klassenkameraden verboten ihnen, mit mir zu spielen, sie kritisierten meine Mutter hinter ihrem Rücken und beschimpften uns offen.“ Einige Aktivistinnen mussten ihre Dörfer verlassen und wurden gesteinigt, als sie versuchten, zurückzukehren. „Wir, Aktivisten gegen die Beschneidung, wir sollen Todeskandidaten sein“, sagt er mit einem resignierten Lächeln.
Denn für viele ist der Kampf gegen die Exzision „eine Sache der Weißen“, sagt Finda unverblümt. Mit anderen Worten, ein neokolonialistischer Versuch, die traditionellen Werte Afrikas zum Wohl des Westens zu zerstören. So wird zugelassen, dass eine Frau die Exzision durchlaufen muss, um erwachsen zu werden: dies ist gehört zu ihrer Erziehung.
Ganz zu schweigen von der wirtschaftlichen Frage. Zwischen 3 und 5 Euro kostet die Beschneidung eines Mädchens. Eine Aktivität, die von der Ausbeute her lukrativ sein kann. „Die Beschneiderin eines Dorfes kennt jeder, sie lebt gut davon.“ Aber Geld ist nicht die Hauptmotivation. Finda spricht einen anderen Hinweis an, noch expliziter. „Für die Traditionalisten ist eine Frau flatterhaft, wenn sie nicht beschnitten ist. Ihr Mann wird ihr nicht genügen, sie wird andere Männer wollen. Wir werden beschnitten, um unser Verlangen nach Männern zu unterdrücken.“
Eine Praxis, die immer mehr angeprangert wird
Trotz all dieser Hindernisse geht es mit der Sache voran. „Vor einigen Jahren war es selbst unter Freundinnen unmöglich, darüber zu sprechen, schwärmt Finda. Heute liest man darüber in der Zeitung.“ Aktivisten und Sympathisanten haben sich in den letzten Jahren vervielfacht, sodass sich viele lokale Verbände organisieren können.
Ihre Reisen zur Prävention im ganzen Land sind Anlass für heftige Debatten, aber die Ergebnisse sind da: Der guineische Staat, der sich seit langem für die Bekämpfung der Exzision durch internationale und regionale Chartas einsetzt, hat sich Ende der 2000er Jahre endgültig entschieden zu handeln.
Zunächst durch die Investition in einen öffentlichen Gesundheitsplan. Heute werden in Guinea 30% der Beschneidungen in Gesundheitszentren durchgeführt, in denen Küchenmesser, Scheren und andere Gartengeräte verboten sind. Rechtlich gesehen wurde FGM seit 2008 durch eine Änderung des Kindergesetzbuches verboten und verurteilt. Erst 2016 wurden die ersten Verurteilungen verzeichnet, aber es werden rasch mehr.
Im Dezember 2017 wurden sechs Personen verurteilt. Eine von ihnen, eine Beschneiderin, die fahrlässig den Tod eines kleinen Mädchens verursachte, wurde zu zwei Jahren Gefängnis verurteilt, die höchste Strafe, die je für eine solche Tat vergeben wurde. Eine Sanktion, die immer noch sehr leicht erscheinen mag, die jedoch der Straflosigkeit entgegensteht, von der die Beschneiderinnen immer profitiert hatten. Und Fara und Finda, optimistisch, ziehen es vor, das Glas halb voll zu sehen: „Was die Menschen seit Jahrtausenden tun, können wir nicht alles auf einmal ändern.“
© 2018 liberation.fr

2. Guinea : alternative Riten, um die Mädchenbeschneidung zu verhindern plan-international – 08.02.2019

Guinea gehört zu den Ländern mit der höchsten Rate weiblicher Beschneidungsopfer weltweit: Laut offizieller nationaler Erhebungen sind 97 Prozent der Mädchen und Frauen zwischen 15 und 49 Jahren beschnitten. Die nationale Gesetzgebung verbietet zwar Genitalverstümmelung, wird aber bisher nicht umgesetzt. In unserem Folgeprojekt tragen Aufklärungsarbeit, Dialogveranstaltungen und alternative Initiationsriten dazu bei, dass mehr Mädchen vor der Verstümmelung geschützt werden und dass sich mehr Gemeinden bereit erklären, mit diesem gewalttätigen Ritus zu brechen.

  • Was uns in Guinea erwartet
  • Unsere Projektziele
  • Was wir dafür tun :
    Alternative Riten fördern
    Aufklärung in den Gemeinden
    Abschaffung der weiblichen Genitalverstümmelung
    Ehemaligen Beschneiderinnen ein Einkommen ermöglichen
    Aufbau von Beratungsstellen

Näheres in der pdf (klicken aufs Bild oben)
© 2019 plan.de

 

 

Ein Gedanke zu „«TODESKANDIDATEN» KÄMPFEN GEGEN FGM: PROJEKT IN GUINEA « MÄDCHEN VOR BESCHNEIDUNG SCHÜTZEN » – Des «candidats à la mort» qui luttent contre les MGF : projet « Sauvons les filles de l’excision » en Guinée

  1. VOIR AUSSI
    Entretien détaillé avec le président de l’ONG guinéenne AFASCO qui intervient dans l’article #1 du post
    Fara Djiba Kamano : « les hommes doivent promouvoir l’abandon de l’excision »
    TV5MONDE Terriennes – 08.02.2018 à 18:06
    par Lynda Zerouk
    A 32 ans, Fara Djiba Kamano est l’un des rares hommes d’Afrique à militer publiquement pour l’abandon de l’excision. Originaire de Guinée, deuxième pays au monde où l’on pratique le plus l’excision, il a été accueilli à Paris, le 6 février dernier, par l’ONG Plan International à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines. Il nous explique pourquoi les hommes doivent prendre part à la mobilisation.
    Des figures masculines investies dans la lutte contre l’excision, on en connaît peu. Hormis le gynécologue congolais et militant des droits humains, Denis Mukwedge, qu’on surnomme désormais « l’homme qui répare les femmes », difficile d’égrener d’autres noms. Il n’est pourtant pas le seul courageux. Fara Djiba Kamano, est de ceux-là. Il a 32 ans, est papa de deux petites filles et vit en Guinée. L’un des pays d’Afrique où l’on pratique le plus au monde l’excision. En effet, 97 % de femmes, âgées de 15 à 49 ans, ont subi une excision par ablation partielle ou totale du clitoris. La Guinée se place donc en deuxième position, juste après la Somalie où le taux de prévalence de cette pratique atteint 98 %, comme le révèle une infographie réalisée par RFI en 2017.
    …En lire plus et voir la vidéo de l’interview
    – Echec ou avancées dans la lutte contre l’excision ? –
    La Guinée mène d’importantes actions de sensibilisation sur les risques liées aux mutilations génitales. En 2000, le gouvernement a même promulgué une loi interdisant les excisions.
    Pourtant, selon l’anthropologue guinéen Alpha Amado Bano Barry, « la lutte contre l’excision échoue depuis 40 ans en Guinée ». Dans un récent entretien, accordé au site Euractiv, le chercheur, auteur d’une étude sur les mutilations génitales dans son pays regrette, en effet, le taux de progression de ces pratiques alors que « 8 ou 9 stratégies de lutte contre l’excision ont été développées », comme la reconversion des exciseuses, les campagnes d’information, la formation des professionnels de santé etc.
    Cet échec s’explique, selon lui, en raison des faibles condamnations pénales de ces pratiques mais aussi en raison des campagnes de sensibilisation axées sur les mères, alors qu’il faudrait aussi cibler les pères, qui eux, contrairement aux femmes, détiennent le pouvoir de s’opposer à une excision.
    Fari Djiba Kamano ne partage pas ces conclusions et se félicite des avancées opérées en Guinée. Il rappelle qu’au niveau national, il y a des forums de discussion, des ONG qui travaillent en réseau, et que des programmes sont mis en œuvre comme celui avec Plan International, qui a permis l’identification et la protection de 1080 filles. ( => #2 du post ci-dessus) Des communautés déclarent aujourd’hui publiquement l’abandon de l’excision.
    « Il faut donc nuancer, on ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de résultat, assure le militant. Aujourd’hui de nombreuses personnes sont capables de vous citer les conséquences sanitaires de l’excision, avance-il, avant de reconnaître néanmoins que cela ne les empêchent pas de pratiquer les mutilations. Ce qui signifie qu’il y a une contradiction due à une pression sociale très forte, conduisant des personnes opposées à l’excision à faire exactement l’inverse en décidant d’exciser leurs filles. » …
    © 2019 TV5MONDE

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