DAS NEUE JAHR BEGINNT MIT MÖRDERISCHEM ÜBERFALL AUF EIN PEULH-DORF – Tuerie dans un village peul du centre au nouvel an

1a. Angreifer überfallen am frühen Neujahrsmorgen Dorf in Mali und töten 37 Zivilisten
Focus – 02.01.2019, 01:48
Bei einem Überfall bewaffneter Männer … Die Attacke ereignet sich am frühen Neujahrsmorgen im Dorf Koulogon in der Region Mopti im Zentrum des Landes.
1b. Blutiger Überfall auf Dorf in Mali
Deutsche Welle – 01.01.2019
Nach Angaben aus malischen Sicherheitskreisen wurde der Angriff von Jägern der Volksgruppe der Dogon verübt.
2. Dogon-Miliz bestreitet Angriff auf ein Peulh-Dorf in Mali
BBC Afrique – 02.01.2019
…. bewaffnete Männer, die das Dorf Koulhogon angegriffen haben, im wesentlichen von Fulani bewohnt. (Peulh = Fulani = Fulbe, Ed)
Der Verband der Peul, Tabital Pulaku, schrieb den Angriff der Dogon-Miliz Dana Amassagou zu, die sich aus traditionellen Donzojägern zusammensetzt.
0. Junge Dogon und Fulani sind für Entspannung.
BBC Afrique – 18. April 2018
Die Jugendgruppen von Ginna Dogon und Tabital Pulaaku (Peul) beschlossen, sich für Verständigung und Frieden zwischen den beiden Gemeinschaften einzusetzen.

DEUTSCH (VON MIR VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG VON #2,#0) WEITER UNTER DEM GELBEN KASTEN MIT WEITEREN LINKS

1. Mali: tuerie dans un village peul du centre
RFI – 2 Jan 2019
Trente-sept morts dont trois femmes et des enfants, c’est le bilan officiel d’une tuerie qui a eu lieu mardi matin 1er janvier dans le village de Koulogon, dans le cercle de Bankass, dans le centre du Mali (région de Mopti). D’après un communiqué officiel du gouvernement, publié dans la soirée, « des hommes armés, habillés en tenue de chasseurs traditionnels dozos » ont mené cette attaque.

Foto (c) Coralie Pierret/RFI: Un village peul situé dans le centre du Mali (image d’illustration) – Ein Dorf der Peulh in Zentralmali

C’est vers 6h du matin le 1er janvier que les assaillants arrivent à motos. Plusieurs dizaines d’hommes qui se dirigent d’abord vers la mosquée. Les chasseurs dozos ouvrent le feu. Certains habitants tentent de trouver refuge chez le chef de village, Moussa Diallo, qui sera assassiné quelques minutes plus tard.
Koulogon est aujourd’hui un village fantôme. De nombreuses maisons sont calcinées, les rescapés ont pris la fuite emportant le bétail qui n’a pas été volé. Plusieurs sources locales affirment que les assaillants disposaient d’armes lourdes, bien plus destructrices que les simples fusils de chasse traditionnels. « Ils sont venus pour tuer, piller, incendier », se désole Idrissa Sangaré, député de Bankass. « Le gouvernement ne prend pas la mesure de l’ampleur de ce conflit communautaire », conclut-il.
Depuis plusieurs semaines, le chef de village de Koulogon recevait des menaces. Mardi, le premier adjoint au préfet de Bankass, Abou Diarra, s’est rendu sur place. Il assure que les Famas sont sur place afin de permettre le retour de la population. « Personne ne reviendra, se désole Idrissa Sangaré. Les gens sont terrorisés. »
Ce qui se passe est dramatique… Pour ramener le calme au Centre, jusqu’à présent on n’a pas eu la bonne stratégie…
© 2019 rfi.fr

2. La milice dogon nie l’attaque d’un village peul au Mali
BBC Afrique – 02.01.2019
… des hommes armés qui ont attaqué le village de Koulhogon, essentiellement peul.
L’association Peul Tabital Pulaku a imputé l’attaque à la milice Dogon Dana Amassagou, qui est composée de chasseurs traditionnels donzo.
Le porte-parole de Dana Amassagou, Marcelin Djinguéré, a déclaré à la BBC que la milice n’était pas impliquée dans l’attaque.
„Aucune tension communautaire ne pourrait justifier une attaque aussi horrible“, ont déclaré les autorités.
Les affrontements violents entre les Fulanis et les Dogons dans le centre du Mali se sont intensifiés ces derniers mois.
La semaine dernière, le gouvernement a lancé un processus de désarmement, démobilisation et réintégration des groupes armés opérant dans la région.
© 2019 bbc.com/afrique

3. Mali: un village peul attaqué, 37 morts
AFP – 02.01.2019 à 10:00
Par Kassim TRAORE
(…) Le gouvernement „informe …“
Des „hommes armés habillés en tenue de chasseurs traditionnels dozos“ ont mené cette attaque. „Outre les 37 morts enregistrés, tous des civils, le bilan fait état de plusieurs blessés et de nombreuses habitations incendiées“, selon ce communiqué….
D’après le gouvernement, cette attaque survient „alors que les plus hautes autorités du Mali ont entrepris de créer les conditions d’un dialogue intercommunautaire fécond, dans le but d’instaurer durablement la cohésion et la paix“ dans la région.
Elle intervient aussi après la visite les 21 et 22 décembre à Mopti du Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga. M. Maïga avait ensuite annoncé que le gouvernement allait „renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité dans la région“.(…)
Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur peul Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l’agriculture.
Ces violences intercommunautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l’ONU.
Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes, par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement.
Amadou Koufa a été tué fin novembre dans une opération militaire française soutenue par l’armée malienne, selon Paris et Bamako.(…)
© 2019 AFP

0. Les jeunes Dogon et Peul pour la décrispation
BBC Afrique – 18 avril 2018
Les groupements de jeunesse Ginna Dogon et Tabital Pulaaku (Peul) ont décidé d’œuvrer pour l’entente et la paix entre les deux communautés après les violences intercommunautaires qui ont entrainé une dizaine de décès et poussé près de 3.000 personnes à se réfugier au Burkina Faso.
Face à la presse le mardi 17 avril, les jeunes Dogon et Peul ont décidé de se parler sans détours en plaçant leur rencontre sous le thème : « Jeunesse Ginna Dogon et Tabital Pulaaku sur la situation sécuritaire dans la région de Mopti ».
Les deux organisations ont indiqué que Dogon et Peul sont des peuples qui vivaient en harmonie depuis des générations. Cette poussée de violence est donc à mettre au crédit de la situation de crise que vit le Mali.
Une crise qui a débuté dans le nord et qui a gagné progressivement les régions du centre dont les principales villes sont Mopti et Ségou.
Les jeunes constituent l’espoir de la survie des deux communautés et il est important qu’elles apprennent à cohabiter en évitant de promouvoir la stigmatisation indiquent Ginna Dogon et Tabital Pulaaku.
„Tout Dogon n’est pas dozo et tous les Peuls ne sont pas djihadistes“ ont tenu à rappeler en chœur Casmir Somboro et Ibrahim Dicko, les présidents des deux organisations.
Les jeunes doivent donc être des acteurs de la cohabitation pacifique dans le respect de la diversité socio-culturelle de chaque peuple.
Amadou Ba, un membre de la jeunesse Tabital Pulaaku a invité tous les jeunes Dogon et Peul à déposer les armes et à cultiver l’harmonie en évitant de relayer sur les médias sociaux les rumeurs, les messages de haine et de violence. …
© 2019 bbc.com/afrique

VOIR AUSSI / LESEN SIE AUCH in MALI-INFORMATIONEN:
=> DOGONBAUERN UND FULANIHIRTEN, EIN ALTER KONFLIKT – Les Dogons et les Peulhs, un conflit de longue date – 26.05.2012
=> FRIEDENSPFEIFE ZWISCHEN PEULH-HIRTEN UND DOGON-BAUERN – Reconciliation entre Peulhs et Dogons dans le centre du pays – 20.03.2018
=> LÄSST SICH DER DIALOG ZWISCHEN PEULH UND DOGON NOCH WIEDER IN GANG BRINGEN? – Le dialogue est-il encore possible? La spirale inquiétante des tueries intercommunautaires – 21.07.2018
=> FIDH-BERICHT ÜBER VERSCHÄRFTE SICHERHEITSLAGE IM ZENTRUM MALIS – Le conflit entre Peulhs et Dogons attisé par les groupes jihadistes dans le centre du Mali; Rapport d’enquête de la FIDH – 26.11.2018

1a. Angreifer überfallen am frühen Neujahrsmorgen Dorf in Mali und töten 37 Zivilisten
Focus – 02.01.2019, 01:48
Bei einem Überfall bewaffneter Männer auf ein Dorf in Mali sind einem Medienbericht zufolge 37 Zivilisten getötet worden. Die Attacke ereignet sich am frühen Neujahrsmorgen im Dorf Koulogon in der Region Mopti im Zentrum des westafrikanischen Krisenstaats, wie der Sender RFI unter Berufung auf einen Behördensprecher in der Stadt Bankass berichtete.
Unter den Opfern seien auch Kinder und Alte gewesen, schrieb der Kommunikationsminister Arouna Modibo Tourè auf Twitter, und drückte den betroffenen Familien sein Beileid aus. Dem RFI-Bericht zufolge stahlen die Angreifer auch Vieh der Dorfbewohner. Soldaten seien auf dem Weg in die Region, um für Sicherheit zu sorgen. (…)
© 2019 focus.de

1b. Blutiger Überfall auf Dorf in Mali
Deutsche Welle – 01.01.2019
Nach Angaben aus malischen Sicherheitskreisen wurde der Angriff von Jägern der Volksgruppe der Dogon verübt. Diese hätten das Dorf in der Region von Mopti im Morgengrauen angegriffen und Mitglieder der Fulbe-Volksgruppe getötet. Der Parlamentsabgeordnete Karim Keïta, der Sohn von Staatschef Ibrahim Boubacar Keïta, sagte der Nachrichtenagentur AFP, die Regierung in Bamako werde alles tun, um die Angreifer zu fassen.
In den vergangenen Jahren haben sich die ethnischen Konflikte zwischen den Fulbe, die der Viehzucht nachgehen, und den Dogon sowie den Bambara, die Landwirtschaft betreiben, verschärft. Dies wird mit dem Erscheinen der dschihadistischen Gruppe des Predigers Amadou Koufa in der Region in Verbindung gebracht. Amadou Koufa war Ende November bei einem Einsatz der französischen und malischen Armee getötet worden ( was jedoch von seinen Anhängern bestritten wurde, Ed). (…)
© 2019 dw.com

2. Dogon-Miliz bestreitet Angriff auf ein Peulh-Dorf in Mali
BBC Afrique – 02.01.2019
…. bewaffnete Männer, die das Dorf Koulhogon angegriffen haben, im wesentlichen von Fulani bewohnt. (Peulh = Fulani = Fulbe, Ed)
Der Verband der Peul, Tabital Pulaku, schrieb den Angriff der Dogon-Miliz Dana Amassagou zu, die sich aus traditionellen Donzojägern zusammensetzt.
Der Sprecher von Dana Amassagou, Marcelin Djinguéré, sagte der BBC, dass die Miliz nicht in den Angriff verwickelt sei.
„Keine Spannung zwischen den Volksgruppen könnte einen solch grausamen Angriff rechtfertigen“, sagten die Behörden.
Gewalttätige Zusammenstöße zwischen Fulani und Dogon in Zentralmali haben sich in den letzten Monaten verschärft. Letzte Woche leitete die Regierung einen Prozess der Entwaffnung, Demobilisierung und Reintegration (DDR) der in der Region operierenden bewaffneten Gruppen ein.
© 2019 bbc.com/afrique

0. Junge Dogon und Fulani sind für Entspannung.
BBC Afrique – 18. April 2018
Die Jugendgruppen von Ginna Dogon und Tabital Pulaaku (Peul) beschlossen, sich für Verständigung und Frieden zwischen den beiden Gemeinschaften einzusetzen, nachdem die Gewalt zwischen den Gemeinschaften etwa zehn Todesopfer forderte und fast 3.000 Menschen dazu brachte, nach Burkina Faso zu fliehen.
Vor der Presse beschlossen die jungen Dogon und Fulani aufrichtig miteinander zu sprechen und ihr Treffen unter das Thema „Jeunesse Ginna Dogon und Tabital Pulaaku über die Sicherheitslage in der Region Mopti“ zu stellen.
Beide Organisationen gaben an, dass Dogon und Fulani Völker sind, die seit Generationen in Harmonie leben. Dieser Ausbruch von Gewalt ist daher auf die Krisensituation in Mali zurückzuführen.
Eine Krise, die im Norden begann und sich allmählich auf die zentralen Regionen ausbreitete, deren Hauptstädte Mopti und Segou sind.
Die junge Menschen sind die Hoffnung auf das Überleben beider Gemeinschaften, und es ist wichtig, dass sie lernen, zusammenzuleben, ohne Stigmatisierung, sagen Ginna Dogon und Tabital Pulaaku.
„Nicht alle Dogon sind Dozo und nicht alle Fulani sind Dschihadisten“ , daran wollten Casmir Somboro und Ibrahim Dicko, die Vorsitzenden beider Organisationen, gemeinsam erinnern.
Die Jugendlichen müssen daher Akteure des friedlichen Zusammenlebens sein und die soziokulturelle Vielfalt jeder Volksgruppe respektieren. .
Amadou Ba, ein Mitglied von Tabital Pulaaku, lud alle Dogon- und Peulh-Jugendlichen ein, ihre Waffen niederzulegen und die Harmonie zu kultivieren, indem sie vermeiden, Gerüchte und Botschaften von Hass und Gewalt in sozialen Medien zu verbreiten …….
© 2019 bbc.com/afrique

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3 Gedanken zu „DAS NEUE JAHR BEGINNT MIT MÖRDERISCHEM ÜBERFALL AUF EIN PEULH-DORF – Tuerie dans un village peul du centre au nouvel an

  1. Kommentar einer Freundin, die lange in Mali und Burkina Faso gelebt und gearbeitet hat:
    Ja, das hatte ich … kommen sehen. Strategie: Berichterstattung über die Kultur der Dogon, Berichterstattung über die Kultur der Fülle, dann ein Verbrechen aus kriminellen Kreisen als ethnischen Konflikt darstellen und selbigen damit befeuern. Nehme ich seit 2016 zum dritten Mal so wahr. Ethnische Konflikte schüren hat schon im Kongo, in Somalia, in Sierra Leone und anderen Ländern sehr gut zur Destabilisierung geführt und den Weg zu Bodenschätzen und Profiten frei gemacht.
    Mein Mitgefühl den Opfern und ihren Angehörigen.
    Gabriele K., 02.01.2019

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  2. Entre faux djihadistes et faux dozos, les civils piégés dans le centre du Mali

    Les amalgames associant Peuls et terroristes d’un côté, chasseurs traditionnels et miliciens de l’autre, créent une dangereuse polarisation autour des identités locales.
    LE MONDE – 02 janvier 2019 à 13h54
    The conversation – October 22, 2018
    Par Dougoukolo Alpha Oumar Ba-Konaré, Chargé de cours à Institut national des langues et civilisations orientales – Inalco – à Paris
    Dans le centre du centre du Mali, le terme « djihadiste » est devenu synonyme de « Peul armé ». C’est du moins ce qui apparaît nettement dans les accusations émises par les communautés subissant des attaques quotidiennes dans cette région. Bien que les mouvements d’autodéfense peuls ne cessent de proclamer qu’ils se battent pour la protection et la survie des leurs et non pas pour des idéaux religieux, des doutes persistent quant au soutien dont ils bénéficient en termes d’équipements et de formation.
    De même, les groupes armés non peuls, organisés en milices, sont assimilés par la population peule (et par les médias) aux « dozos » (dont le nom est parfois prononcé « donzo », « donso » ou « doso »). Rappelons que les dozos sont des confréries traditionnelles de chasseurs possédant des connaissances approfondies de la pharmacopée et des espèces animales. Ils sont redoutés pour leurs pouvoirs mystiques.
    – Des faux djihadistes en quête de soutiens –
    Dans cette zone géographique, le royaume théocratique du Macina a émergé au début du XIXe siècle sous le commandement de Sékou Amadou Barry. Les Peuls y ont exercé une forme d’hégémonie ethno-religieuse dans les régions actuelles de Ségou, Mopti et Tombouctou au début du XIXe siècle à son milieu. Localement, ces communautés sont souvent présentées comme étant les champions de l’islam : le djihadisme a en effet été un facteur primordial dans l’installation des Peuls à travers l’Afrique de l’Ouest, principalement durant les XVIIe et XIXe siècles. Ainsi, il est généralement admis par leurs voisins que les Peuls sont des héritiers de la tradition djihadiste.
    Les djihadistes ont su exploiter cette idée à leur profit. A partir de janvier 2015, les attaques se multiplient dans cette zone qui retenait peu, jusqu’alors, l’attention des observateurs. Un nouveau mouvement fondamentaliste islamiste armé, le Front de libération du Macina (FLM), annonce alors sa volonté d’instaurer la loi islamique, la charia, dans le centre du Mali, se réclamant de cet ancien royaume théocratique.
    En avril 2015, le FLM attaque les mausolées des héros du djihad du XIXe siècle, mettant en cause ce qu’ils dénoncent comme un culte impie des ancêtres. Le leader du FLM, Amadou Koufa, assure, dans des prêches devenus viraux, que si Sékou Amadou Barry était vivant, il aurait condamné le culte dont il fait l’objet… Cet épisode a convaincu les élites locales – religieuses ou non, descendantes des Barry ou ayant été associées à leur règne – qu’elles ne pouvaient pas se reconnaître dans des groupes armés aux mœurs et aux messages étrangers à leur tradition.
    – Le péril peul, une construction –
    Un fonctionnaire malien confiait, au début de l’année 2018, que le fulfulde, la langue peule, était la langue principale du recrutement des djihadistes et que ces derniers comptaient sur la loyauté des Peuls envers le djihadisme historique pour gagner leur adhésion. Mais jusqu’à présent, aucune étude sérieuse ne prouve que cela soit vrai. Nous avons affaire à un récit globalisant construit à partir de stéréotypes.
    La majorité des sociétés locales (peules et non peules) sont composées de castes socio-professionnelles se distinguant les unes des autres par leur spécialisation. Les Peuls habitant dans les régions placées sous la coupe des djihadistes au Mali vivent du pastoralisme. Ainsi, il existe de très nombreux Peuls qui ne sont pas issus de castes cléricales, bien qu’ils entretiennent souvent des alliances matrimoniales avec elles.
    En se présentant comme proches des Peuls, les mouvements djihadistes cherchent à polariser les communautés et à légitimer leur position en tant que défenseurs des communautés locales, présentées comme leurs prétendus alliés naturels. L’idée d’un péril djihadiste sur le Macina, et au-delà, continue de se propager dans la région. Pourtant, le nombre de djihadistes dans le centre du Mali est difficile à évaluer.
    – L’autodéfense n’est pas le djihadisme –
    Cet amalgame crée les conditions d’une révolte des Peuls soumis à des vagues d’arrestations, de meurtres et d’intimidations par des milices issues de communautés voisines et des fonctionnaires de l’Etat maliens, eux-mêmes mûs par la peur, la soif de vengeance ou la volonté d’affirmer leur légitimité en attaquant des boucs émissaires.
    De nombreuses cellules qualifiées de « djihadistes » sont en réalité des milices peules. Cela ne les rend pas moins violentes ni moins meurtrières, mais cela donne un point de vue différent sur leurs stratégies et leurs objectifs. L’autodéfense peut apparaître comme un outil de terreur sans qu’il soit lié directement au djihadisme.
    Toutefois, certains groupes peuls se revendiquent eux aussi comme « djihadistes », avec l’idée de tirer parti de la puissance du terrorisme pour instiller la peur et se montrer menaçants face aux autres groupes armés. Ce subterfuge ne semble néanmoins pas très efficace pour ce qui est du recrutement : la spirale de la peur et de l’angoisse conduit plutôt les civils à faire profil bas, et à la polarisation et la violence entre acteurs armés. Les populations civiles non peules du centre du Mali, notamment de la zone du delta du fleuve Niger, vivent sous le régime d’un quasi-blocus et dans la peur des milices d’autodéfense autoproclamées, dont les liens avec les djihadistes posent question.
    Ces milices sont en effet soupçonnées d’avoir, au minimum, reçu des armes et des munitions de la part des djihadistes. Des morts et des pillages leur sont attribués. Mais en l’absence de l’Etat malien et des membres de la force onusienne au Mali, la Minusma, dans ces zones, il est difficile d’obtenir un bilan réel de leur action.
    – Des faux dozos en quête de légitimité –
    Pour leur part, les dozos ne constituent pas une caste. Il s’agit d’une catégorie sociale (non héréditaire) à laquelle peuvent se rallier ceux qui s’initient. Pour entrer dans leur confrérie, il faut en effet suivre un certain nombre de rites traditionnels. L’adhésion aux groupes dozos traditionnels n’est donc pas accessible au tout-venant. Elle résulte d’un long processus ésotérique que seuls les hommes peuvent accomplir.
    Dès lors, l’apparence et le nombre des dozos autoproclamés dans le centre du Mali sont trompeurs. Les groupes armés du centre du Mali, parés de grigris et de vêtements traditionnels, renvoient à l’imagerie classique sur les dozos. Pourtant, là où ces derniers utilisent d’antiques fusils, ces prétendus « chasseurs » utilisent des Kalachnikovs et se déplacent dans des automobiles (dont une grande partie possèdent des plaques d’immatriculation ivoiriennes). Il est clair que tous ces « chasseurs » ne sont pas des dozos. De même, tous les miliciens non peuls ne sont pas des dozos. Des milices se sont certes présentées comme tels afin de pouvoir bénéficier du soutien des groupes armés non peuls du centre du Mali. Mais à l’heure qu’il est, il reste difficile de déterminer avec précision qui sont ces dozos présents dans le centre du Mali et les objectifs qu’ils poursuivent.
    La crainte de représailles exercées par divers groupes armés (milices issues de toutes les communautés, djihadistes, dozos) et la peur de ne plus bénéficier d’une forme de protection conduisent souvent les civils non peuls (tels les Bambara et les Dogon) à considérer les chasseurs dozos comme une violence nécessaire.
    Or les violences commises par les groupes « non djihadistes » sur des Peuls sont généralement attribuées à des « dozos ». Au point que cette dénomination est devenue synonyme de milices luttant contre les « djihadistes ». De ce fait, les « dozos » apparaissent de plus en plus comme des ennemis des Peuls. Le projet d’un nettoyage ethnique anti-peul est même apparu dans des messages vocaux viraux produits par ces prétendus « dozos ».
    L’abus du terme « dozo » est sans doute lié sa similitude phonétique avec l’ethnonyme « Dogon » pour les personnes ne comprenant pas les langues ou le contexte culturel local. De nombreux journalistes ont ainsi employé comme synonymes le terme « dozo » pour désigner des « milices dogon ». Comme au sein des groupes peuls et bambara, les milices issues des communautés dogon existent bel et bien.
    – Les civils, premières cibles des « dozos » –
    Bien que dans les pays voisins, comme en Côte d’Ivoire, des milices dozos (parfois peu respectueuses de la tradition) ont pris la défense des civils en période de troubles, rien ne laisse à penser que ces dozos « modernes » agissent à la demande des communautés.
    Eriger les dozos en ennemis naturels du djihadisme et de la violence intercommunautaire est très risqué. Jusqu’ici, les groupes armés de chasseurs ont en effet opéré en attaquant uniquement les civils, jamais les djihadistes. Ils ciblent les communautés peules en priorité. Des tueries cérémonielles leur sont attribuées, sans preuves concluantes.
    Une certitude en revanche : ces groupes ont bien semé la désolation dans le centre du Mali depuis le début de l’année 2017. Des villages entiers ont été incendiés, notamment dans la région de Mopti, des clans entiers ont été expulsés.
    En définitive, les « faux djihadistes » et les « faux dozos » créent une forte tension et une polarisation autour des identités locales. Ils contribuent aux manifestations d’hostilité de plus en plus enracinées dans les récits identitaires des communautés. Certains affirment ainsi que les Peuls sont en réalité des djihadistes depuis des siècles, que les voisins des Peuls les détestent et s’allient à tout groupe étranger pour tenter de les expulser.
    Les « vrais » djihadistes bénéficient de ces tensions et mettent en grande difficulté l’autorité du gouvernement malien. En tant que tels, les djihadistes et tous les criminels bénéficient du chaos, car ils peuvent non seulement affirmer leur présence, mais aussi exploiter davantage les populations vulnérables, notamment en les obligeant régulièrement à payer des rançons et des taxes.
    Au final, les allégeances et les récits officiels des groupes armés sont souvent déconnectés de leur activité au quotidien et de leur popularité réelle auprès des civils. Cette popularité reste d’ailleurs à démontrer. Les « âmes » des civils et la légitimité de parler en leur nom sont devenues une marchandise qui permet aux groupes armés d’élargir leur mandat.
    © 2018 theconversation.com

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  3. « Avant, nous étions des frères »
    Exactions commises par des groupes d’autodéfense dans le centre du Mali
    Human Rights Watch – 07.12.2018
    Alors que les groupes islamistes armés prolifèrent dans la région de Mopti, dans le centre du Mali, les violences communautaires ont, en 2018, tué plus de 200 civils, chassé de chez elles des milliers de personnes, détruit les moyens de subsistance et provoqué la généralisation de la famine. Les victimes sont principalement des Peuls ciblés par les « groupes d’autodéfense » des ethnies dogon et bambara au motif qu’ils soutiendraient des islamistes armés pour la plupart en lien avec Al-Qaïda.
    Les communautés bambara et dogon, de tradition agricole, et la communauté peule, de tradition pastorale, sont depuis longtemps en conflit concernant l’accès aux sources d’eau et aux terres. Jusque-là, les désaccords étaient habituellement résolus sans affrontement sanglant. Depuis 2015 cependant, le nombre d’incidents mortels en lien avec la violence communautaire, mis en évidence dans le cadre des efforts déployés par le gouvernement malien pour lutter contre l’augmentation des actes de violence commis par des groupes islamistes armés, a suivi une progression régulière. En 2018, la violence a atteint un niveau alarmant.
    Les autorités maliennes n’ont pas mené d’enquêtes adéquates concernant les actes de violence, parmi lesquels plusieurs massacres ayant coûté la vie à plus d’une dizaine de personnes. Les trois communautés accusent les forces de sécurité du Mali de ne pas offrir une protection adaptée à leurs membres. …En lire plus

    => English version:
    We used to be brothers

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