Charte de Kurukanfuga : le parti Frafisna engage le débat

DIE KULTUR MUSS MAN SICH EROBERN: KURUKAN FUGA – La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert

Foto oben (c) maliweb: Charte de Kurukanfuga : le parti Frafisna engage le débat

Die „Menschenrechts-Charta“ von Kurukan Fuga, veranlasst im 13 Jh. vom großen Herrscher Soundiata Keita, wird in Mali im Zuge der geplanten Verfassungsänderung wieder heiß diskutiert.

Deutsche Version folgt, aber s.u. den instruktiven Artikel der FR (2009) über die Charta von Mandén – mit der Erstübersetzung des SERMENT des CHASSEURS – und verschiedene andere Dokumente

Charta von Mandén:
Kein Mensch soll Sklave sein
Frankfurter Rundschau – 26.10.2009
Ein König, der die Sklaverei verbot, und den wir im Westen nicht kennen: Soundiata Keita aus Mali veranlasste die Charta und den Eid von Mandén, die nun zum Unesco-Weltkulturerbe gehören.

DEUTSCHER ARTIKEL UND DOKUMENTE WEITER UNTER DEN LETZTEN FOTOS

1. Il faut le dire… Charte de Kuru Kan Fuga fédératrice ou réductrice ?
Par Wamseru A. Asama
Bamako (Delta News) – 15 Mar 2017
Au Mali, il nous faut nous départir de certaines idées préconçues que nous distillons quelquefois inconsciemment : « Au Mali on ne connaît pas de discrimination raciale ou ethnique, il ne peut y avoir de guerres interethniques, le cousinage à plaisanteries n’existe qu’au Mali, le Mali a toujours été une nation, etc. » Le vécu quotidien des citoyens montre que ces assertions ne tiennent pas la route quand on les examine sérieusement. Aujourd’hui à la lumière de cette crise que nous vivons, depuis 2012, nous devrions le reconnaître afin de repartir sur de bonnes bases.

L’objectif premier pour les maliens, c’est de bâtir une nation. Pour ce faire, le préalable est de bâtir un Etat fort. C’est-à-dire ériger un gouvernement et des lois communs auxquels seront soumises toutes les communautés qui vivent dans l’espace géographique que nous appelons Mali.
Ce préalable acquis, l’Etat sera l’instrument qui favorisera le brassage et surtout le vivre ensemble des diverses composantes de la nation que nous voulons bâtir. Bien que non indispensable à la formation d’une nation, la Constitution ou loi fondamentale, est un élément important à l’érection d’une nation moderne. C’est pourquoi, cette loi devrait être le fruit de larges débats où toutes les populations se sentiraient concernées.
A cet égard, il n’est pas sûr que la référence à la charte du Manden soit opportune et qu’elle soit plutôt réductrice au lieu d’être fédératrice.
Un des principaux atouts de ce pays est qu’il a toujours été un pays de brassage. Cependant, il est à noter que dans ce brassage, toutes les cultures des différents groupes qui constituent la société n’ont pas le même degré de reconnaissance sociale. Dans un pays multiculturel comme le nôtre, le risque est grand pour que des individus qui appartiennent à « la culture dominante » soient tentés de mépriser ceux appartenant à d’autres cultures, ce qui amène à des frustrations et même à des révoltes.
A cet égard l’exemple de Hambodèjo roi du Kunari (Mopti) qui s’exprimait en peul à Ségou et en bambara au Kunari est bien édifiant. C’est pourquoi, l’effort que chacun de nous doit faire, c’est d’apprendre à connaître l’autre. Cette connaissance de l’autre conduit à la tolérance qui conduit inévitablement à faciliter le vivre ensemble. Les crises à répétitions du nord du Mali sont en grande partie dues à cette méconnaissance de l’autre. Combien de maliens du sud savent différencier un arabe d’un kel tamasheq ? Combien d’arabes ou de kel tamasheq peuvent différencier un bambara, d’un senoufo ou d’un bobo ?
L’édification d’une nation est un processus quotidien, permanent :“l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours.” (Ernest Renan). Si nous voulons donc ériger ce Mali multiculturel, en une nation solide, arc-en-ciel, « qui doit sa beauté aux tons variés de ses couleurs » (cf. Amadou Hampaté BA), nous avons chacun le devoir de « conquérir » la culture de l’autre car comme l’a si bien dit l’écrivain et homme politique français André Malraux (1901 – 1976), « la culture ne s’hérite pas, elle se conquiert »
…sans rancune
Wamseru A. Asama
© 2017 Delta News

2. Projet de révision constitutionnelle au Mali : Que dit la charte de Kuru Kan Fuga?
Bamako (Le Républicain) – 17.03.2017
Par Maiga
Au Mali, le vendredi 10 mars dernier, le Conseil des Ministres extraordinaire a adopté un projet de loi portant révision de la Constitution du 25 février 1992. Le dit projet de loi, en plus d’autres innovations majeures, fait référence dans son préambule à la Charte de Kuru Kan Fuga ou Charte du Mandé adopté en 1236 pour valoriser le patrimoine culturel et historique du Mali. La mention de cette charte dans la nouvelle mouture de la loi fondamentale soumise à l’appréciation de l’Assemblée suscite grand débat au Mali. Chacun y va de son commentaire. Mais que dit réellement la charte de Kuru Kan Fuga ? Nous vous proposons de lire l’intégralité de cette charte qui fait polémique aujourd’hui au Mali.

La charte de Kouroukan Fouga a été pour la première fois contée dans ses quarante quatre (44) articles à Kankan (République de Guinée) lors de l’atelier régional de concertation entre communicateurs et traditionalistes maninka tenu du 03 au 12 Mars 1998.

LA CHARTE DE KOUROUKAN FOUGA

Les représentants du mandé primitif et leurs alliés, réunis en 1236 à Kouroukan Fouga (actuel cercle de Kangaba en République du Mali) après l’historique bataille de Kirina ont adopté la charte suivante pour régir la vie du grand ensemble mandingue.

I – DE L’ORGANISATION SOCIALE:

Article 1er: La société du grand mandé est divisée en seize (16) porteurs de carquois, cinq (5) classes de marabouts, quatre classes (4) de nyamakalas (des forgerons). Chacun de ces groupes a une activité et un rôle spécifiques.

Article 2: Les nyamakalas se doivent de dire la vérité aux Chefs, d’être leurs conseillers et de défendre par le verbe les règles établies et l’ordre sur l’ensemble du royaume.

Article 3: Les morikanda Lolu (les cinq classes de marabouts) sont nos maîtres et nos éducateurs en islam. Tout le monde leur doit respect et considération.

Article 4: La société est divisée en classes d’âge. A la tête de chacune d’elles est élu un chef. Sont de la même classe d’âge les personnes (hommes ou femmes) nées au cours d’une période de trois années consécutives. Les Kangbès (classe intermédiaire entre les jeunes et les vieux) doivent être conviés pour participer à la prise des grandes décisions concernant la société.

Article 5: Chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique. En conséquence, toute tentation d’enlever la vie à son prochain est punie de la peine de mort.

Article 6: Pour gagner la bataille de la prospérité, il est institué le Kön¨gbèn Wölö (un mode de surveillance) pour lutter contre la paresse et l’oisiveté.

Article 7: Il est institué entre les mandenkas le sanankunya (cousinage à plaisanterie) et le tanamanyöya (forme de totémisme). En conséquence, aucun différent né entre ces groupes ne doit dégénérer, le respect de l’autre étant la règle. Entre beaux-frères et belles-sœurs, entre grands parents et petits-enfants, tolérance et le chahut doivent être le principe.

Article 8: La famille KEITA est désignée famille régnante sur l’empire.

Article 9: L’éducation des enfants incombe à l’ensemble de la société. La puissance paternelle appartient en conséquence à tous.

Article 10: Adressons-nous mutuellement les condoléances.

Article 11: Quand votre femme ou votre enfant fuit, ne le poursuivez pas chez le voisin.

Article 12 : La succession étant patrilinéaire, ne donnez jamais le pouvoir à un fils tant qu’un seul de ses pères vit. Ne donnez jamais le pouvoir à un mineur parce qu’il possède des liens.

Article 13: N’offensez jamais les nyaras.

Article 14: N’offensez jamais les femmes, nos mères.

Article 15: Ne portez jamais la main sur une femme mariée avant d’avoir fait intervenir sans succès son mari.

Article 16: Les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes doivent être associées à tous nos Gouvernements.

Article 17: Les mensonges qui ont vécu 40 ans doivent être considérés comme des vérités.

Article 18: Respectons le droit d’aînesse.

Article 19: Tout homme a deux beaux-parents: Les parents de la fille que l’on n’a pas eue et la parole qu’on a prononcé sans contrainte aucune. On leur doit respect et considération.

Article 20: Ne maltraite, pas les esclaves, accordez leur un jour de repos par semaine et faites en sorte qu’ils cessent le travail à des heures raisonnables. On est maître de l’esclave et non du sac qu’il porte.

Article 21: Ne poursuivez pas de vos assiduités les épouses: du Chef, du voisin, du marabout du féticheur, de l’ami et de l’associé.

Article 22: La vanité est le signe de la faiblesse et l’humilité le signe de la grandeur.

Article 23: Ne vous trahissez jamais entre vous. Respectez la parole d’honneur.

Article 24: Ne faites jamais du tort aux étrangers.

Article 25: Le chargé de mission ne risque rien au Mandé.

Article 26: Le taureau confié ne doit pas diriger le parc.

Article 27: La jeune fille peut être donnée en mariage dès qu’elle est pubère sans détermination d’âge. Le choix de ses parents doit être suivi quelques soit le nombre des candidats.

Article 28: Le jeune homme peut se marier à partir de 20 ans.

Article 29: La dote est fixée à 3 bovins: un pour la fille, deux pour ses père et mère.

Article 30: Venons en aide à ceux qui en ont besoin.

II – DES BIENS:

Article 31: Il y a cinq façons d’acquérir la propriété: l’achat, la donation, l’échange, le travail et la succession. Toute autre forme sans témoignage probant est équivoque.

Article 32: Tout objet trouvé sans propriétaire connu ne devient propriété commune qu’au bout de quatre ans.

Article 33: La quatrième mise-bas d’une génisse confiée est la propriété du gardien.

Article 34: Un bovin doit être échangé contre quatre moutons ou quatre chèvres.

Article 35: Un œuf sur quatre est la propriété du gardien de la poule pondeuse.

Article 36: Assouvir sa faim n’est pas du vol si on n’emporte rien dans son sac ou sa poche.

III – DE LA PRESERVATION DE LA NATURE:

Article 37: Fakombè est désigné Chef des chasseurs. Il est chargé de préserver la brousse et ses habitants pour le bonheur de tous.

Article 38: Avant de mettre le feu à la brousse, ne regardez pas à terre, levez la tête en direction de la cime des arbres.

Article 39: Les animaux domestiques doivent être attachés au moment des cultures et libérés après les récoltes. Le chien, le chat, le canard et la volaille ne sont pas soumis à cette mesure.

IV– DISPOSITIONS FINALES:

Article 40: Respectez la parenté, le mariage et le voisinage.

Article 41: Tuez votre ennemi, ne l’humiliez pas.

Article 42: Dans les grandes assemblées, contentez vous de vos légitimes représentants et tolérez-vous les uns les autres.

Article 43: Balla Fassèkè KOUYATE est désigné grand Chef des cérémonies et médiateur principal du mandé. Il est autorisé à plaisanter avec toutes les tribus en priorité avec la famille royale.

Article 44: Tous ceux qui enfreindront à ces règles seront punis. Chacun est chargé de veiller à leur application.

© 2017 LE REPUBLICAIN

Foto (c) malijet.com: A 100 kms de Bamako, voici la localité où la charte serait proclamée jadis. – Nahe Malis Hauptstadt Bamako liegt der Ort, an dem die Charta einst verabschiedet worden sein soll.

Foto (c) DNPC: Les deux grosses pierres mythiques sur lesquelles se seraient assis Soundiata et son griot lors de la proclamation de la Charte. – Die mythischen Steine, auf denen Sundiata und sein Griot während der Verkündigung gesessen haben sollen.

Charta von Mandén:

Kein Mensch soll Sklave sein

Frankfurter Rundschau – 26.10.2009
Von Arno Widmann
Ein König, der die Sklaverei verbot, und den wir im Westen nicht kennen: Soundiata Keita aus Mali veranlasste die Charta und den Eid von Mandén, die nun zum Unesco-Weltkulturerbe gehören.
Soundiata Keita hatte zu Beginn des 13. Jahrhunderts in der Schlacht von Kirina den König von Sosso, Soumangourou Kanté besiegt. Wir haben niemals auch nur einen dieser Namen gehört. Nicht eine einzige Minute unseres Schulunterrichts wurde darauf verwendet, sie uns näherzubringen. Keiner unserer Geschichtslehrer kannte sie. Auch die meisten Historiker unter Ihnen, liebe Leser, lesen eben jetzt zum ersten Mal von Soundiata Keita.
Dabei geht es um eines der wichtigeren Daten der Weltgeschichte. Soundiata Keita lud die Granden des Landes Mandén zusammen, um seinen Sieg zu feiern und um dem Land eine Verfassung zu geben. Eine Verfassung? Ja, eine Verfassung, auf die die Vertreter der Stämme einen Eid schwörten. Es ist die Verfassung von Mandén, la Charte de Mandé oder die von Kurukan Fuga. So nämlich hieß der Ort, an dem sie verabschiedet wurde. Er liegt etwa 90 Kilometer entfernt von Bamako, der Hauptstadt der heutigen Republik von Mali.
Die Unesco hat die Verfassung von Mandén vor ein paar Wochen in das Weltkulturerbe aufgenommen. Wo ist sie zu besichtigen? Wo wird sie aufbewahrt?
Sie ist nicht zu besichtigen. Es gibt keine Handschrift. Es gibt keinen Text. Die Magna Charta aus Mali wurde mündlich überliefert. Mali? Ja, nicht nur der Mensch kam aus Afrika, sondern womöglich auch noch die Verfassung. Jedenfalls eine Verfassung, die festlegte, dass Kriegsgefangene nicht versklavt werden durften. Ein Vergleich mit der englischen Magna Charta aus dem Jahre 1215 zeigt deutlich, wie viel weiter und radikaler die Autoren der Charta von Mandén darüber nachgedacht hatten, was menschliche Freiheiten sind. Das hatte mit der Gesellschaftsstruktur zu tun.
Auf der einen Seite setzte sie sich – so sagte der erste Artikel der Verfassung – aus u.a. Schmieden, Jägern, Händlern, Sklaven und Dichterpriestern zusammen. Auf der anderen Seite aber erklärte der vierte Artikel: „Die Gesellschaft teilt sich in Altersklassen“. In diesen spielte es keine Rolle, zu welcher der Gruppen man gehörte. Auch gab es rechtlich keinen Unterschied zwischen Frau und Mann, Freien und Sklaven. Die beiden Klassifizierungssysteme standen einander im Wege. So scheinen in der Weltgeschichte Freiräume zu entstehen.
Die Datierung ist schwierig
Natürlich ist Skepsis angebracht, was das Alter des Wortlauts der Erklärung angeht. Es gibt keine wirklich kritische Geschichte der Charta von Kurukan Fuga. Es wird auch schwierig sein angesichts der ausschließlich mündlichen Überlieferung eine verlässliche Datierung des überlieferten Textes zu erhalten.
Wer das 2008 bei L´Harmattan in Paris erschienene Bändchen „La Charte de Kurukan Fuga – Aux sources d´une pensée politique en Afrique“ liest, wird womöglich noch skeptischer werden. 1998 sollen Erzähler am Abend eines Seminars über mündliche Überlieferungen ein Lob auf Soundiata Keita gesungen haben. Und dann trugen sie die Charta vor.
König Soundiata Keita ist eine der mythischen Gestalten der westafrikanischen Geschichte. Man kann sich gut vorstellen, dass ihm von immer neuen Generationen der wandernden Erzähler – den Homers der Region – immer neue Errungenschaften angedichtet wurden.
Wie auch immer aber die Entstehungsgeschichte der Charta von Mandé aussehen mag, ihr Text macht deutlich, dass die Menschenrechte kein westlicher Import sein müssen, sondern auch in Afrika sich auf einheimische Traditionen berufen und stützen können.
Die Charta von Mandén wurde begleitet – so lautet die Überlieferung – vom Eid von Mandén. Er ist deutlich radikaler. Er schafft auch die Sklaverei selbst und nicht nur die Versklavung von Gefangenen ab. …
© 2009 fr.de

DOKUMENTE
Erste Verschriftlichung 1998 => Manden-Charta
UNESCO-Weltkulturerbe 2009 => Manden Charter, proclaimed in Kurukan Fuga
Authentifizierung der CHARTA KURUKANFUKA in Kangaba, 27./28. Februar 2010 => ABSCHLUSSBERICHT

Première transcription 1998 => Charte du Manden
Inscription par l’UNESCO sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité 2009 => La Charte du Mandén, proclamée à Kouroukan Fouga
Authentification à Kangaba, le 27/28 février 2010 => RAPPORT FINAL

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2 Gedanken zu “DIE KULTUR MUSS MAN SICH EROBERN: KURUKAN FUGA – La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert

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