EINE DEZIDIERTE MEINUNG ÜBER MALIS ZUSTAND: LAURENT BIGOT IM RFI-INTERVIEW – L’entretien avec le connaisseur de l’Afrique de l’Ouest sur RFI

Laurent Bigot: „Die Leute um den Verhandlungstisch über das Friedensabkommen sind aus vielen Gründen dort, aber sie sorgen sind nicht um das Wohlergehen von Mali oder seiner Menschen“
JournalduMali – 12.10.2016 14h31
Im Norden von Mali hat der Konflikt zwischen der CMA und der Plattform, beide Unterzeichner des Friedensabkommens, zu einer festgefahrenen Situation in dem Prozess geführt… Journal du Mali sprach über diese Themen mit Laurent Bigot, einem ehemaligen französischen Diplomaten in der Westafrika-Abteilung des französischen Außenministeriums, jetzt unabhängiger Berater, spezialisiert auf Strategieberatung für Afrika.

DEUTSCH (VON MIR VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEM FRZ. ORIGINAL

Laurent Bigot : « Les gens autour de la table de négociation sur l’Accord de paix, sont là pour de multiples raisons mais pas pour le bien-être du Mali ou de sa population »
JournalduMali – 12.10.2016 à 14h31
Par Olivier Dubois
Au Nord du Mali, le conflit qui oppose la CMA et la Plateforme, deux signataires de l’Accord de paix a provoqué un enlisement du processus. Les attaques terroristes qui s’intensifient dans la zone et la mort de Cheikh Ag Aoussa, chef d’État-major du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), décédé dans l’explosion de son véhicule samedi dernier, sont autant d’événements très préoccupants. Le Journal du Mali s’est entretenu sur ces sujets avec Laurent Bigot, ancien diplomate français au département Afrique de l’Ouest du Quai d’Orsay, aujourd’hui consultant indépendant spécialisé dans le conseil en stratégie sur l’Afrique.

Foto (c) RFI: Lauren Bigot, consultant indépendant, ancien diplomate français

Quel est votre point de vue sur la situation au Nord du Mali, au vu des événements préoccupants de ces derniers mois ?
Ce qui se passe au Nord du Mali est un bazar sans nom. Il y a des groupes armés qui fleurissent en nombre à chaque fois qu’il y a un nouvel intérêt catégoriel, ou surtout lié au trafic. Il y a même des groupes armés soutenus par Bamako, c’est quand même assez incroyable, et on les accepte autour d’une table de négociation ! À partir du moment où on a accepté que tout et n’importe quoi pouvait être autour de la table de négociation, il ne faut pas s’étonner qu’après, les alliances soient changeantes, mouvantes et que la situation devienne très complexe.
Je crois que la nécessité absolue ce n’est pas d’essayer de comprendre, c’est surtout d’arrêter tout ça, d’arrêter cette mascarade, c’est l’urgence absolue. J’en discutais avec un ami Malien, la réalité c’est que tous les gens qui sont autour de la table des négociations sur l’Accord de paix, n’ont aucun souci pour leur pays, ils s’en fichent complètement. Ils sont là pour de multiples raisons, mais pas pour le bien-être du Mali ou de sa population.
Le numéro 2 du HCUA, Cheikh Ag Aoussa est mort dans des circonstances encore peu claires, pensez-vous que cela peut impacter la donne actuelle ?
Je ne sais pas si c’est un assassinat, mais ça y ressemble, en tout cas c’est surprenant parce que c’est un mode opératoire, sophistiqué, que l’on n’a pas l’habitude de voir dans la zone. Ceci dit, il y a toujours eu des morts suspectes dans la zone, des chefs Touaregs qui meurent dans des circonstances étranges. Avant ils mourraient dans des accidents de la route, Ibrahim Ag Bahanga est mort de cette façon. Mais je ne pense pas que cela change quoi que ce soit, les chefs se remplacent très vite. Il faut savoir qu’il (Cheikh Ag Aoussa Ndlr) avait la culture de la guerre, et la guerre fait des victimes. Les chefs de guerre Touaregs n’ont pas le même rapport à la mort que nous, ces groupes armés vivent tous les jours avec ça, la mort au combat. Mais l’escalade est tellement prévisible au regard de la structure de ces négociations de paix, au regard de l’acceptation de la MINUSMA et de la France par tous ces groupes armés, que je ne vois pas comment ça peut s’arranger.
Le gouvernement et la communauté internationale ne devraient-ils pas inclure, selon vous, les mouvements armés dans le processus de paix ?
Ces mouvements ont montré leur incapacité totale à mettre en œuvre ce processus de paix. Ils ont montré que ce n’était pas des interlocuteurs fiables, ils ont montré qu’ils ne pouvaient tenir aucun engagement. En disant cela, je mets tout le mode dans le même sac, à la fois les groupes armés et Bamako.
Les forces internationales, et la France en particulier, sont jugés responsables de la mort de Cheikh Ag Aoussa par certains mouvements armés, cela vous semble-t-il plausible ?
Barkhane, nos forces, sont enlisées au Nord du Mali et je ne pense pas qu’ils iraient se compliquer les choses en commettant un assassinat. De plus la règle veut que si vous éliminez une tête, une autre la remplace rapidement.
L’Accord de paix tel qu’il a été signé le 20 juin 2015, vous semble-t-il encore viable au vu de la guerre que se livrent la CMA et la Plateforme, et des nombreuses défections enregistrées à la CMA ?
Cet accord n’a jamais été viable, il ne tient pas pour une bonne et simple raison, qui est fondamentale, c’est qu’Alger est à la manœuvre. Alger n’est pas un négociateur, c’est un « spoiler », en mauvais français. Alger n’a aucun intérêt à ce que le nord du Mali ne soit pacifié, et tous les groupes armés disent toujours la même chose : « ne nous laissez pas en tête à tête avec Alger ». Donc je pense qu’Alger doit-être autour de la table de négociation, mais ne peut pas piloter un processus de négociation. Et la France doit prendre ses responsabilités, c’est à dire qu’on a envoyé 6 000 soldats pour faire la guerre avec l’opération Serval, et on n’a pas été capable de rallier les équipes de négociation pour faire la paix. Quand on s’engage comme ça dans une partie du monde, il faut aussi penser à la paix et ce ne sont pas les militaires qui imposent la paix, ce sont des diplomates, des civils, des négociateurs chevronnés, et nous en avons qui connaissent bien la zone, mais le choix politique a été de ne pas s’immiscer dans ce processus. C’est parce que cette question n’est pas réglée que ça a dérapé, donc on n’est pas du tout cohérent, une fois qu’on a gagné une bataille, on ne se donne pas les moyens de réussir, donc un an ou 18 mois après, ça dérape de nouveau.
Comment voyez-vous la suite des événements ?
Objectivement, je pense que la situation au nord du Mali n’a jamais été aussi dégradée qu’aujourd’hui, jamais Bamako n’a autant perdu le contrôle du Nord, malgré la présence militaire étrangère. Certains même me disent que c’est un point de non-retour. Je n’irais pas jusque-là, mais en tout cas ce qui est sûr, c’est qu’historiquement, depuis l’indépendance, jamais Bamako n’a perdu autant le contrôle. Je ne suis donc pas très optimiste sur la suite des opérations, et si on se voile la face et qu’on ne regarde pas la réalité telle qu’elle est, il n’y a aucune chance que des solutions pertinentes et opérationnelles émergent. Ces solutions devront venir du terrain, et pas des Nations unies ou de la France, elles devront venir d’acteurs responsables qui décideront de s’occuper enfin de leur pays.
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Laurent Bigot: „Die Leute um den Verhandlungstisch über das Friedensabkommen sind aus vielen Gründen dort, aber sie sind nicht um das Wohlergehen von Mali oder seiner Menschen besorgt“
JournalduMali – 12.10.2016 14h31
Von Olivier Dubois
Im Norden von Mali hat der Konflikt zwischen der CMA und der Plattform, beide Unterzeichner des Friedensabkommens, zu einer festgefahrenen Situation in dem Prozess geführt. Die Terroranschläge, die sich in der Gegend immer mehr häufen, und der Tod von Cheikh Ag Aoussa, Chef des Generalstabs des Hohen Rates für die Einheit von Azawad (HCUA), der bei der Explosion seines Autos am vergangenen Samstag starb, sind alles sehr beunruhigende Ereignisse. Journal du Mali sprach über diese Themen mit Laurent Bigot, einem ehemaligen französischen Diplomaten in der Westafrika-Abteilung des französischen Außenministeriums, jetzt unabhängiger Berater, spezialisiert auf Strategieberatung für Afrika.
Lauren Bigot, unabhängiger Berater, ehemaliger französischer Diplomat
Was ist Ihre Ansicht über die Situation im Norden Malis, angesichts der beunruhigenden Ereignisse der letzten Monate?
Was sich im Norden Malis abspielt, ist ein unbeschreibliches Durcheinander. Es gibt bewaffnete Gruppen, deren Zahl jedes Mal aufblüht, wenn ein neues kategorisches Interesse auftritt, oder vor allem im Zusammenhang mit dem Schmuggel. Es gibt sogar von Bamako unterstützte bewaffnete Gruppen, das ist immerhin ziemlich erstaunlich, und man akzeptiert sie am Verhandlungstisch! Von dem Moment wo man alles und jeden rund um den Verhandlungstisch zuließ, ist es nicht verwunderlich, dass sich die Allianzen ändern, verschieben und die Situation sehr komplex ist.
Ich denke, die absolute Notwendigkeit ist nicht, zu versuchen zu verstehen, sondern man sollte in erster Linie dies alles stoppen, diese Maskerade stoppen, das ist von absoluter Dringlichkeit. Ich habe darüber mit einem malischen Freund diskutiert, die Realität ist, dass all die Leute, die am Verhandlungstisch über das Friedensabkommen sitzen, überhaupt keine Sorge um ihr Land haben, es ist ihnen komplett egal. Sie sind aus vielen Gründen dort, aber nicht wegen des Wohlergehens von Mali oder seinen Menschen.
Die Nummer 2 des Hohen Rates für die Einheit von Azawad, Cheikh Ag Aoussa, starb unter noch ungeklärten Umständen – glauben Sie, dass sich dies auf die aktuelle Lage auswirken kann?
Ich weiß nicht, ob es ein Mord ist, aber es sieht so aus, auf jeden Fall ist es überraschend, weil es ein ausgeklügeltes Vorgehen ist, das man normalerweise in der Gegend nicht antrifft. Wie gesagt, es hat immer wieder verdächtige Todesfälle von Tuareg-Führern in der Gegend gegeben. Früher starben sie bei Verkehrsunfällen, Ibrahim Ag Bahanga starb auf diese Weise. Aber ich glaube nicht, dass das etwas ändert, die Chefs werden immer sehr schnell ersetzt. Beachten Sie, dass er (Cheikh Ag Aoussa , Ed) die Kultur des Krieges kannte, und der Krieg fordert Opfer. Die Kriegschefs der Tuareg haben nicht die gleiche Beziehung zum Tode wie wir, diese bewaffneten Gruppen leben jeden Tag damit, mit dem Tod im Kampf. Aber die Eskalation ist dermaßen vorhersehbar im Hinblick auf die Struktur dieser Friedensverhandlungen, im Hinblick auf das Akzeptieren der MINUSMA und Frankreichs durch diese bewaffneten Gruppen, dass ich nicht sehe, wie das in Ordnung gebracht werden kann.
Sollten die Regierung und die internationale Gemeinschaft Ihrer Meinung nach nicht die bewaffneten Bewegungen in den Friedensprozess einschließen?
Diese Bewegungen haben ihre völlige Unfähigkeit gezeigt, den Friedensprozess zu implementieren. Sie haben gezeigt, dass sie keine verlässlichen Gesprächspartner sind, sie haben gezeigt, dass sie keinerlei Verpflichtung halten konnten. Hierbei packe ich alle in den gleichen Sack, sowohl die bewaffneten Gruppen wie auch Bamako.
Die internationalen Truppen und insbesondere Frankreich, gelten als verantwortlich für den Tod von Cheikh Ag Aoussa, meinen einige bewaffnete Bewegungen, erscheint Ihnen das plausibel?
Barkhane, unsere Truppen, haben sich im Norden Malis festgefahren, und ich glaube nicht, dass sie die Dinge verkomplizieren wollen würden, indem sie einen Mord begehen. Die Regel ist auch, dass, wenn Sie einen Führer beseitigen, ein anderer ihn schnell ersetzt.
Das Friedensabkommen, wie es am 20. Juni 2015 unterzeichnet wurde, scheint es Ihnen noch durchsetzungsfähig im Hinblick auf den Krieg den sich CMA und Plattform liefern, und die vielen Abspaltungen von der CMA ?
Dieses Abkommen war nie durchsetzungsfähig, es hält nicht aus dem einfachen Grund, der von grundlegender Bedeutung ist, dass nämlich Algier in dem Manöver steckt. Algier ist kein Verhandlungspartner, es ist ein „Spoiler“ in schlechtem Französisch. Algier hat kein Interesse, den Norden Malis befriedet zu sehen, und alle bewaffneten Gruppen sagen immer das Gleiche: „Lasst uns nicht allein mit Algier.“ Deshalb denke ich, dass Algier am Verhandlungstisch zu sein hat, aber keinen Verhandlungsprozess leiten kann. Und Frankreich muss Verantwortung übernehmen, das heißt, wir haben 6000 Soldaten mit der Operation Serval in den Krieg geschickt, und wir sind nicht in der Lage gewesen, die Verhandlungsteams, um Frieden zu machen, an einen Tisch zu bringen. Wenn man in dieser Weise in einem Teil der Welt eingreift, muss man auch an den Frieden denken, und es sind nicht die Militärs, die den Frieden durchsetzen, es sind Diplomaten, Zivilisten, erfahrene Unterhändler, und wir haben welche, die die Gegend gut kennen, aber die politische Entscheidung war, sich nicht in diesen Prozess einzumischen. Weil diese Frage nie geregelt war, ist alles ins Schleudern geraten, so wurde überhaupt nicht kohärent gehandelt, wenn man eine Schlacht gewonnen hatte, stellte man keine Mittel, um erfolgreich zu sein, so dass ein Jahr oder 18 Monate später dasselbe wieder passiert.
Wie sehen Sie die kommenden Ereignisse?
Objektiv gesehen glaube ich, die Situation im Norden Malis ist nie schlimmer gewesen als heute, nie hat Bamako dermaßen die Kontrolle über den Norden verloren, trotz der ausländischen Militärpräsenz. Einige sagen mir sogar, dass dies ein Punkt ohne Wiederkehr ist. Ich würde nicht so weit gehen, aber in jedem Fall, was sicher ist, ist, dass historisch gesehen, seit der Unabhängigkeit Bamako nie so viel an Kontrolle verloren hat. Deshalb bin ich nicht sehr optimistisch, was die nächsten Schritte angeht, und wenn man die Augen verschließt und nicht die Wirklichkeit sieht, wie sie ist, gibt es absolut keine Chance, dass sachdienliche und durchführbare Lösungen hervorgebracht werden. Diese Lösungen sollten aus dem Terrain kommen, und nicht von der UNO oder von Frankreich, sie sollten von den verantwortlichen Akteuren kommen, die sich entscheiden sollten, sich endlich um ihr Land zu kümmern.
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