ZWEITER TEIL MALICK SIDIBE, „DAS AUGE VON BAMAKO“ – Malick Sidibé, l’œil de Bamako (part II)

Part I: MALICK SIDIBE: EIN GANZ GROSSER DER AFRIKANISCHEN FOTOGRAFIE – Malick Sidibé, „trésor national“, a tiré sa révérence – 22.04.2016

 Der Tod des malischen Fotografen Malick Sidibé – der Mann, der seine Sujets zum Leben brachte
Télérama – Veröffentlicht 17.03.2007. Aktualisiert 15/04/2016
Die Porträts dieses Sohnes eines Peulh-Bauern gingen um die Welt. Schwarz-Weiß-Aufnahmen, die von Mali bis zur Bretagne offenbarten, was die Modelle an Einzigartigem hatten.

DEUTSCH (VON MIR VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEM FRZ. ORIGINAL UND FOTOS
M. Sidibé_Combat des amis avec pierres, 1976Combat des amis avec pierres, 1976
Foto © Malick Sidibé / Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris
1/13 du DIAPORAMA du Courrier International

VOIR AUSSI l’article splendide
Malick Sidibé, un portraitiste plein d’humanité, par Benoit Facchi qui l’a rencontré en 2011 à Bamako
et qui lui a rendu un petit hommage sur sa page facebook

Mort du photographe malien Malick Sidibé, l’homme qui rendait vivants ses sujets
Télérama – Publié le 17/03/2007. Mis à jour le 15/04/2016
Par Luc Desbenoit
Les portraits de ce fils de paysan peul ont fait le tour du monde. Des clichés en noir et blanc qui, du Mali à la Bretagne, révélaient ce que les modèles avaient de plus singulier. Il s’est éteint jeudi 14 avril 2016 à 80 ans.
Il était, avec Seydou Keïta, actuellement exposé au Grand palais à Paris, une des stars de la photographie africaine, célèbre pour ses photos de la jeunesse malienne saisie dans les années 60. Sur le terrain, mais aussi dans son studio à Bamako, où il travaillait avant de le transmettre à son fils, récemment. Nous republions cet article paru en 2007 dans Télérama, à l’occasion d’une exposition qui lui était consacré à Lannion, en Bretagne.

Nous avions déjà rencontré le photographe Malick Sidibé à Bamako, au Mali, il y a quatre ans, dans son petit studio à la peinture écaillée, encombré de boîtes de photos empilées en vrac, des photos qui valent aujourd’hui de l’or. Nous le retrouvons ce premier week-end de mars à Lannion, en Bretagne, toujours aussi disert et gai, à 70 ans passés, toujours en boubou, accompagné de sa fille Hari, l’une de ses treize enfants, qui l’accompagnent à tour de rôle lors de ses nombreux déplacements à l’étranger. Cette fois-ci, pour le vernissage d’une exposition de portraits qu’il a réalisés, l’été 2006, dans trois petites com­munes voisines des Côtes-d’Armor (Plou­ha, Le Faouët et Pommerit-le-Vicomte), à la demande de l’association GwinZegal (1).

AFP 15.04.16Le photographe malien Malick Sidibé le 12 juillet 2006 à Plouha

Foto (c) AFP/André Durand: Le photographe malien Malick Sidibé le 12 juillet 2006 à Plouha

Qu’il soit assis sur la chaise branlante du pas de sa porte, à Bamako, dans la poussière et la chaleur de cette rue populeuse, ou bien sous ce ciel de pluie breton, coiffé d’un feutre noir sans bord, Malick Sidibé parvient aussitôt à faire oublier sa foudroyante notoriété. Couronné du prix Hasselblad (en 2003), la plus prestigieuse distinction mondiale pour un photographe, alors décernée pour la première fois à un Africain, ce fils de paysan peul, qui a gardé les moutons et travaillé la terre à la houe avant de devenir le portraitiste le plus couru de la capitale malienne, rappelle qu’il doit avant tout son succès à l’humilité dont n’importe quel commerçant doit faire preuve. « J’ai toujours cherché à faire plaisir au client. C’était mon gagne-pain. Si t’es pas bon, t’es pas payé, on ne t’achète pas ta photo. »
Bien qu’exposé dans les galeries les plus prestigieuses du Japon, des Etats-Unis et d’Europe, et n’ayant plus à se soucier de ses fins de mois, Malick Sidibé prend toujours ses portraits en cherchant à plaire à son « client ». Il s’agit de le surprendre, de lui montrer une image de lui-même qui doit lui mettre le sourire aux lèvres. Malick Sidibé mise avant tout sur la chaleur de la rencontre. Elle doit se passer d’égal à égal, sans qu’il se la joue grand photographe. « Si le client est intimidé, s’il n’est pas à son aise, c’est foutu. » Plusieurs décennies de pratique au Mali lui ont également appris le langage des corps.
Dès qu’il voit quelqu’un, il saisit ce qui cloche, la crispation ou la raideur qui souligne le défaut que la personne cherche à cacher. Sidibé y est d’autant plus sensible que lui-même souffre d’un strabisme de naissance. « Quand une personne arrive, je la mets de bonne humeur, je lui fais des gri­maces, je blague avec elle comme avec un enfant. Souvent, les gens sont figés comme des statues. Je leur suggère de jouer avec leur corps, d’avancer un pied, de se pencher, d’amener un objet pour se mettre en scène et montrer qu’ils ne sont pas morts mais bien vivants. » Habitué à ne pas gâcher la pellicule, Malick Sidibé travaille vite, prend deux clichés, rarement plus. Et une fois encore, ici en Bretagne, se vérifie son talent incomparable à embellir ses sujets, comme s’il pulvérisait leurs inhibitions.
Prenez le portrait de cette femme sur une chaise roulante. Elle ne se tient plus figée face à la maladie, mais son corps légèrement de biais raconte un univers intime qui ne peut se confondre avec son handicap. On est également frappé par l’élégance aristocratique de cet homme en costume blanc, le responsable local de la Caisse d’Epargne. Monsieur le maire, le curé, les scouts, les estivants, les pompiers, l’ancien combattant avec son drapeau, cet homme assis avec son chien sur les genoux, le boucher, le boulanger… Appelées à venir poser par voie d’affiche, ces quelque trois cents personnes composent une société harmonieuse, étonnamment démocratique, dans laquelle chacun a la même valeur et trouve sa place grâce à l’affirmation de ses singularités.
L’incroyable unité de cette mosaïque humaine tient aussi au cérémonial qu’ordonne Malick Sidibé dans le petit théâtre dépouillé de son studio ambulant. Constitué d’un drap uni en arrière-fond, de tapis de prière sur le sol que ce musulman pratiquant a apportés du Mali, ce dispositif tout simple recrée le décor qu’il utilise avec des variantes, depuis 1957, dans son minuscule studio de Bamako. Toutes ses photos sont tirées en noir et blanc, la couleur étant selon lui « trop éphémère ». Et c’est vrai que ces portraits qui soutiennent l’épreuve du temps font exploser les codes et les frontières, comme en témoigne cette exposition mélangeant portraits de Bamako et de Bretagne. Avec Malick Sidibé, il n’y a plus ni Noir, ni Blanc, ni vieux, ni jeunes, mais des hommes et des femmes et des enfants qui se mirent avec fierté dans le regard plein de gentillesse d’un photographe.
© 2016 telerama.fr

Malick SidibeMalick Sidibe, Soirée de mariage Drissa Balo (1967)

=> MORE FROM MALICK SIDIBE in The Contemporary African Art Collection

 Foto © Malick Sidibé / Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris

Foto © Malick Sidibé 1976 / Courtesy Galerie MAGNIN-A, Paris
C’était le chroniqueur de la jeunesse du tout-Bamako des années 1960-70. => Le Monde du 15.04.2016

Der Tod des malischen Fotografen Malick Sidibé – der Mann, der seine Sujets zum Leben brachte
Télérama – Veröffentlicht 17.03.2007. Aktualisiert 15/04/2016
Von Luc Desbenoit
Die Porträts dieses Sohnes eines Peulh-Bauern gingen um die Welt. Schwarz-Weiß-Aufnahmen, die von Mali bis zur Bretagne offenbarten, was die Modelle an Einzigartigem hatten. Er starb am 14. April 2016 im Alter von 80.
Er war, mit Seydou Keïta, derzeit im Grand Palais in Paris ausgestellt, einer der Stars der afrikanischen Fotografie, berühmt wegen seiner Fotos der malischen Jugend in den 60er Jahren. Vor Ort, aber auch in seinem Studio in Bamako, wo er arbeitete, bevor er es kürzlich an seinen Sohn übergab. Wir veröffentlichen diesen Artikel, erschienen in Télérama im Jahr 2007, anlässlich einer Ausstellung, die ihm in Lannion, Bretagne, gewidmet war, erneut.

Wir hatten den Fotografen Malick Sidibé schon vor 4 Jahren in Bamako getroffen, in seinem kleinen Studio mit abblätternder Farbe, vollgestopft mit lose gestapelten Fotokästen, mit Bildern, die heute Gold wert sind. Wir treffen ihn am ersten Märzwochenende in Lannion, Bretagne, noch immer genau so gesprächig und fröhlich, mit etwa 70, immer im Boubou, begleitet von seiner Tochter Hari, einer seiner dreizehn Kinder, die ihn während seiner vielen Reisen ins Ausland abwechselnd begleiten. Dieses Mal zur Eröffnung einer Ausstellung seiner Portraits im Sommer 2006 in drei kleinen Nachbarorten (Plouha, Le Faouët und Pommerit-le-Vicomte) auf Einladung der Vereinigung GwinZegal (1).
Ob er nun auf dem wackligen Stuhl vor seiner Haustür in Bamako sitzt, im Staub und der Hitze der belebten Straße, oder unter diesem bretonischen regenverhangenen Himmel, mit seinem schwarzen randlosen Filzhut – Malick Sidibé schafft es sofort, seinen überwältigenden Ruhm vergessen zu lassen. Ausgezeichnet mit dem Hasselblad-Preis (im Jahr 2003), der bestrenommierten internationalen Auszeichnung für einen Fotografen, damals zum ersten Mal an einen Afrikaner verliehen, erinnert dieser Sohn eines Peulh-Bauern, der Schafe hütete und das Land mit der Hacke bearbeitete, bevor er der meist-frequentierte Porträtist der malischen Hauptstadt wurde, daran, dass er seinen Erfolg vor allem der Bescheidenheit verdankt, die jeder Händler zeigen muss. „Ich habe immer versucht, dem Kunden Freude zu machen. Das war mein Broterwerb. Wenn du nicht gut bist, bezahlt man dich nicht, kauft man dir das Foto nicht ab.“
Obwohl in den angesehensten Galerien in Japan, USA und Europa ausgestellt, einer der sich nicht mehr um sein Einkommen kümmern muss, macht Malick Sidibé immer noch seine Porträts, indem er versucht, seinem „Kunden“ Freude zu machen. Er will ihn überraschen, ihm ein Bild von sich selbst zeigen, das ihn zum Lächeln bringt. Malick Sidibé setzt in erster Linie auf die warme Stimmung der Begegnung. Es muss auf Augenhöhe geschehen, ohne dass er den großen Fotografen spielt. „Wenn der Kunde eingeschüchtert ist, wenn er sich nicht wohl fühlt, ist es vorbei.“ Mehrere Jahrzehnte Praxis in Mali haben ihn gelehrt, auch die Körpersprache zu verstehen.
Sobald er jemanden sieht, merkt er wo es hapert, die Spannung oder Steifheit, die genau den Fehler hervorhebt, den die Person zu verstecken versucht. Sidibé ist umso feinfühliger als er selbst an angeborenem Schielen leidet. „Wenn jemand zur Aufnahme kommt, versetze ich ihn in eine gute Stimmung, ich mache Grimassen und Scherze wie mit einem Kind. Oft sind die Menschen wie Statuen, gefroren. Ich schlage ihnen vor, sie mit ihrem Körper zu spielen, einen Fuß vorzusetzen, sich zu bücken, sich mit irgendeinem Objekt in Szene zu setzen und zu zeigen, dass sie nicht tot sind, sondern am Leben.“ Gewöhnt daran, kein Filmmaterial zu verschwenden, arbeitet Malick Sidibé schnell, zwei Aufnahmen, selten mehr. Und noch einmal, hier in der Bretagne, zeigt sich sein unvergleichliches Talent, seine Sujets zu verschönern, als ob er ihre Hemmungen zerstäuben würde.
Nehmen Sie das Portrait dieser Frau im Rollstuhl. Sie ist nicht mehr erstarrt gegenüber der Krankheit, sondern ihr Körper, ein bisschen schräg, erzählt ein intimes Universum, das sich nicht mit ihrer Behinderung vermischt. Auch die aristokratische Eleganz dieses Mannes im weißen Anzug, dem lokalen Sparkassenleiter, verblüfft. Der Bürgermeister, der Priester, Pfadfinder, Sommergäste, Feuerwehrleute, der Veteran mit seiner Fahne, dieser Mann, der dort mit seinem Hund auf dem Schoß sitzt, der Metzger, der Bäcker … eingeladen, sich fotografieren zu lassen, durch Anschläge, zeigen diese etwa dreihundert Menschen eine harmonische Gesellschaft auf, erstaunlich demokratisch, in der jeder den gleichen Wert hat und seinen Platz mit der Bestätigung seiner Besonderheiten findet.
Die unglaubliche Einheit dieses menschlichen Mosaiks hält zelebriert Malick Sidibé auch auf der kleinen Bühne seines Wanderstudios. Bestehend aus einem einfarbigen Tuch im Hintergrund, mit Gebetsmatten auf dem Boden, die der praktizierende Moslem aus Mali mitgebracht hat, schafft diese einfache Vorrichtung das Dekor, das er mit Variationen seit 1957 in seinem winzigen Studio in Bamako verwendet. Alle seine Bilder sind in Schwarz-Weiß abgezogen, die Farbe scheint ihm „zu vergänglich“. Und es ist wahr, dass diese Porträts, die die Zeiten überstehen, Codes und Grenzen explodieren lassen, wie es nach der Ausstellung, die Porträts aus Bamako der Bretagne nebeneinander zeigt, belegt. Mit Malick Sidibé gibt es weder Schwarze noch Weiße, weder Alte noch Junge, sondern Männer und Frauen und Kinder, die sich mit Stolz im Blick voller Güte eines Fotografen spiegeln.
© 2016 telerama.fr

Malick Sidibé by J.F. Karlsson

Foto (c) Instagram: Malick Sidibé photographié par Jonas Fedwall Karlsson

…On le surnommait « l’œil de Bamako ». On aurait pu tout aussi bien l’appeler « le sourire malien » tant il rayonnait malicieusement derrière son Rolleifleix, l’appareil avec lequel il réalisait la plupart de ses portraits. …
http://www.rfi.fr/afrique/20160415-mort-malick-sidibe-photographe-malien-oeil-bamako

DE L’ARCHIVE:
http://www.courrierinternational.com/chronique/2007/12/14/studio-bamako
un reportage du 14.12.2007 sur
“Dans la ville et au delà”, 7eme rencontres africaines de la photographie. Bamako

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Ein Gedanke zu “ZWEITER TEIL MALICK SIDIBE, „DAS AUGE VON BAMAKO“ – Malick Sidibé, l’œil de Bamako (part II)

  1. Malick Sidibé: Directing Light

    May 2, 2016 by Zachary Rosen
    in AFRICA IS A COUNTRY
    Legendary Malian photographer Malick Sidibé passed away on April 14. Immediately following his death, we published a short tribute by the writer and photographer, Teju Cole. Since then we have reached out to friends and colleagues to reflect on the myriad ways Sidibé directed light in his lifetime – in and outside his camera.
    ….Amy Sall …. Candace Keller …. Drew Thompson …. Thato Mogotsi …. Cherif Keita: Malick Sidibé, the man who lived several lives, has left to join his elder colleague Seydou Keïta, in the land of immortality. What an abundant legacy he has left to posterity.
    It was in 2010 that I had the unique opportunity of meeting this father of African Photography. One January afternoon I arrived at his studio in the populous neighborhood of Bagadadji, with 21 American students in tow. Smiles, wide-open arms and loud greetings! It was as if Malick had known each of us in the not too distant past. Truly, we had arrived home, at his studio.
    …Read more

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