OUSMANE DIARRA, SEIN BUCH ÜBER DIE POLITISIERUNG DES ISLAMS IN MALI UND DIE BEDROHUNGEN – Ousmane Diarra sur son livre qui évoque la politilisation de l’islam au Mali et les ménaces de mort

1. Der malische Schriftsteller Ousmane Diarra sagt, er werde wegen seiner Texte über die Politisierung des Islam bedroht
AFP – 15/03/2016 um 21:00 Uhr
Der malische Schriftsteller Ousmane Diarra bestätigte, Todesdrohungen hätten ihn angepeilt in seinem Land wegen seiner Äußerungen über die Politisierung des Islam.

2. Ousmane Diarra : „Le Mali est une civilisation solide“
Le Point Afrique – 08/09/2014
INTERVIEW. L’écrivain décrypte „La Route des clameurs“, le premier roman local sur la crise malienne. Une véritable ode à la résistance. (Nur französisch)
3. Ich studiere meine Feinde
Süddeutsche Zeitung – 16.07.2015
Der malische Schriftsteller Ousmane Diarra über arabischen Religionsimperialismus in Afrika

DEUTSCHE ARTIKEL (#1 VON MIR VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEN FRANZÖSISCHEN

1. L’écrivain malien Ousmane Diarra se dit menacé pour ses propos sur la politisation de l’islam
AFP – 15.03.2016 à 21:00
L’écrivain malien Ousmane Diarra a confirmé avoir été visé par des menaces de mort dans son pays en raison de ses propos sur la politisation de l’islam, dans une déclaration mardi à l’AFP à Bamako.

(c) Autre presse par DR_Ousmane Diarra

Foto © C. Hélie/Gallimard: Ousmane Diarra

 


„Il y a environ dix jours, j’ai été menacé lors d’une conférence dans le centre du Mali par un jeune radicalisé qui n’appréciait pas ma sortie sur l’islam. Il y a quelques mois, c’était la même chose. Etre menacé, c’est mon lot quotidien“, a indiqué l’écrivain.
L’auteur de „La route des clameurs“, un ouvrage sorti en 2014 qui évoquait la guerre et la montée de l’islamisme au Mali, a précisé avoir reçu „sur son téléphone portable des menaces de mort“.
„La classe politique, par calcul politicien, refuse de condamner les extrémistes (musulmans). Pour moi, les politiques maliens ont démissionné. Ils ont laissé l’islam se politiser“, a affirmé Ousmane Diarra, dénonçant „la lâcheté de l’Etat malien qui refuse de prendre ses responsabilités“.
Jean-Noël Schifano, le directeur de la collection Continents Noirs chez l’éditeur français Gallimard, qui publie Ousmane Diarra, avait fait état lundi à l’AFP de menaces de mort visant l’écrivain, y compris de la part d’un „militaire de la sécurité d’Etat en civil“, et s’était dit inquiet pour sa sécurité.
Selon Ousmane Diarra, 55 ans, cité par son éditeur, ce militaire lui aurait reproché de vouloir „réécrire l’histoire“ du Mali. „Cela ne peut plaire à aucun pouvoir, qu’il soit politique ou religieux“, aurait ajouté ce militaire en civil.
„Je ne céderai sous aucune pression ni aucune menace“ a réagi l’écrivain…
„Je me sens menacé mais je n’ai pas peur. Je n’ai pas le droit d’avoir peur de dire ce que je pense sur mon pays, ni sur l’islam qui actuellement régente mon pays même pas le vrai islam, l’islam politisé, instrumentalisé. Je suis menacé mais je continuerai à me battre“, a-t-il insisté.
M. Diarra, 55 ans, est auteur de „Pagne de femme“ et „Vieux lézard“ en plus de „La route des clameurs“.
Dans „La route des clameurs“, ode à la résistance face à la montée de l’islamisme dans son pays, Ousmane Diarra expliquait qu'“un peuple qui ne se souvient pas aura à revivre les affres qu’il a déjà vécues“.
„Le Mali a vécu, rien qu’au XIXe siècle, des guerres plus atroces, voire des génocides, commis au nom de l’islam“, expliquait-il après la parution de son livre à l’hebdomadaire Le Point. „Si tout cela avait été écrit et enseigné à l’école, peut-être qu’on aurait évité ce qui nous est arrivé aujourd’hui“, ajoutait le romancier en soulignant que „le mal jihadiste dépasse le cas du Mali“.
© 2016 AFP

2. Ousmane Diarra : „Le Mali est une civilisation solide“
Le Point Afrique – 08/09/2014
 La route des clameursINTERVIEW. L’écrivain décrypte „La Route des clameurs“, le premier roman local sur la crise malienne. Une véritable ode à la résistance.
Par Valérie Marin La Meslée
Le Point Afrique : D’où vient ce beau titre ?
Ousmane Diarra :
Le titre du roman, La Route des clameurs, évoque ce tintamarre, ce bruit tout autour qui clame des valeurs dont notre pays ne me semble plus porteur, et qui l’a transformé. Dans le livre, l’enfant narrateur vit une scène de cauchemar, où il se retrouve avec son papa et une immense foule au „Jour J“, face à des juges. Devant eux, deux routes : l’une, „la route des clameurs“ conduit „au jardin des supplices éternels“, c’est-à-dire l’enfer, tandis que l’autre, „la route du Jardin des délices éternelles“ conduit au paradis. Le premier titre était „Vieux cochon“. Mes enfants, auxquels je fais lire mes textes, m’ont dit qu’ils n’aimaient pas ce titre!
À quel moment avez-vous pu vous mettre à écrire sur cette réalité si proche et encore vibrante de la guerre au Mali ?
Je travaillais alors sur un autre roman, assez bien avancé, une histoire d’amour où je traitais du thème du fanatisme religieux qui est présent depuis mon premier livre, car au fil des années, j’ai vu le discours politique laisser la place au discours religieux pour gérer le pays. En juillet 2013, pendant ma résidence d’écriture en Suisse, je n’ai pas pu continuer. J’ai décidé d’écrire ce nouveau roman. C’était comme une urgence qui s’imposait à moi.
Quel sentiment principal vous animait pendant l’écriture de ce livre ?
La révolte, la douleur, la colère. J’avais le sentiment qu’on me volait ce qui restait de mon âme, de ma conscience, de mon pays, de l’Afrique… Ce n’est pas une question de religion, mais une nouvelle entreprise coloniale contre mon pays et contre l’Afrique. L’islam n’est qu’un piètre alibi. Est-ce qu’on force quelqu’un à emprunter le chemin du paradis ? Pour qui nous prennent-ils donc ? On veut nous voler nos terres. C’est tout.
Avez-vous tout de suite pensé à un narrateur enfant ? Un clin d’oeil à la littérature africaine ?
Non, je ne n’avais pas tout de suite pensé à un narrateur enfant. C’est après moult réflexions que je me suis dit que cette histoire ne pouvait être racontée que par un enfant victime, par un innocent.
Pourquoi lui avoir choisi un papa artiste ?
Ce sont les artistes et les intellectuels (ceux qui osent encore s’assumer ) qui sont les cibles de ces djihadistes. Moins par le danger physique que par le risque de la marginalisation, de l’indifférence qu’ils encourent en prenant position, c’est autrefois ce qui est arrivé au Mali à l’écrivain Moussa Konaté par exemple.
Points d’exclamation, surnoms pittoresques et jurons ponctuent la narration : est-ce une manière de dire que l’écriture doit donner l’énergie et l’humour, malgré tout ?
C’est grâce à l’écriture que je résiste, c’est en elle, et dans les contes que je puise mon énergie. Tout cela va avec de l’humour, un humour sain, et non pas malveillant. Mon but n’est pas de faire mal, mais de faire mouche ! Et l’humour, c’est aussi mon outil contre la douleur, contre l’effacement, la réification, contre la disparation. Les Bambara vont souvent jusqu’à faire de Dieu leur cousin à plaisanterie : „Eh Allah, mon ami !“ chantaient-ils souvent dans des situations de détresse absolue, dues à la guerre, surtout au djihad… Et ce n’était pas considéré comme un blasphème. Parce qu’ils savaient que ce qu’ils subissaient au nom d’Allah ne pouvait être ordonné par Allah !
Connaissez-vous des familles qui, comme celle de votre roman, ont été divisées de l’intérieur par la situation au Mali ?
Elles sont nombreuses, et depuis longtemps, depuis le djihad d’El Hadj Oumar Tall dans les années 1860. Et peut-être même avant. Si vous lisez Ségou, de Maryse Condé, vous comprendrez. Même dans l’épopée de Soundjata Keita, c’est un marabout étranger qui a commandé au frère de Dokamissa de faire le sacrifice d’un taureau dont la viande devait être partagée entre les hommes, et seulement les mâles. C’est d’ailleurs ce qui a fait éclater la colère de la princesse, laquelle se transformait en buffle pour assiéger le Do… Je parle là des origines de l’empire du Mali (médiéval)… Mais depuis, la terreur est devenue telle que chacun préfère souffrir en silence.
Vous semblez dire que le Mali n’a pas de mémoire, „on avait perdu nos consciences et notre mémoire“ dans quel sens ?
Un peuple qui ne se souvient pas aura à revivre les affres qu’il a déjà vécues. Le Mali a vécu, rien qu’au XIXe siècle, des guerres plus atroces, voire des génocides commis au nom de l’islam : L’Almamy Samory Touré, El Hadj Oumar Tall…. Mais personne ne s’en souvient plus. On ne parle pas du mal qu’ils ont fait à leur propre peuple. Au contraire, on fait leur éloge. Or, si tout cela avait été écrit et enseigné à l’école, peut-être qu’on aurait évité ce qui nous est arrivé aujourd’hui. Refuser d’assumer son histoire, toute son histoire est un fléau pour Afrique. Et seule l’écriture peut fixer l’histoire.
Êtes-vous plusieurs écrivains à avoir écrit sur la situation ?
Beaucoup d’autres ont eu à écrire sur la situation, appelée „crise malienne“. Si l’on s’en tient à la fiction, il y a eu une pièce de théâtre comme Il pleut sur le Nord, de Sirafily Diango, mais j’en connais peu qui aient osé saisir le taureau par la corne, comme l’a fait le dramaturge Adama Traoré dans une pièce, Kaklara ou jamais à genoux, c’est-à-dire parler du mal en profondeur, en s’attaquant au problème de la religion. Les risques, il n’en manque pas. Mais qu’importe ? On est arrivé à un moment où chacun doit s’assumer devant l’histoire. Quand des milliers d’innocents, des hommes, des femmes et des enfants sont tués, violentés, humiliés, violés, ma petite vie ne compte plus. Si je n’ai que mes mots pour en parler, j’en parlerai. Ma vie ne vaut pas mieux que celle de toutes ces victimes innocentes, mieux que celle de mon pays.
Comment votre livre, édité à Paris, va-t-il circuler dans votre pays et sur le continent ?
J’ai signé un accord avec Gallimard pour que le livre soit vendu moins cher au Mali, il revient donc aux libraires africains de s’assumer. Moi, je ne sais qu’écrire. Quant à la diffusion du livre en Afrique, c’est une autre paire de manches…
Ce que vous écrivez des djihadistes vaut-il pour d’autres lieux du monde où frappe l’islamisme ?
Vous savez que le mal djihadiste dépasse le cas du Mali. D’ailleurs, quand ils ont pris Diabali (dans la région de Ségou), entre autres, ils avaient commencé à diffuser dans les radios locales que la conquête du Mali était presque finie, et que bientôt, ils seraient en route pour la Côte d’Ivoire, le Sénégal… J’ai écrit mon livre avant la situation actuelle en Irak et ailleurs. Ils commencent toujours par le maillon faible, les pays en conflit. Puis ils étendent leurs conquêtes. Aucun pays ne sera à l’abri si l’on ne traite pas ce problème à la racine. À terme, c’est la démocratie et la liberté qui s’en trouvent menacées partout dans le monde.
Quelle est votre vie aujourd’hui à Bamako, quelles sont vos inquiétudes, vos espoirs ?
Ma vie à Bamako, je la mène tranquillement. Je sais que le Mali est une civilisation solide malgré tout, et que mon peuple saura résister à l’intolérance, à l’obscurantisme.J’espère que les médias y contribueront en travaillant à la paix plutôt qu’à „exciter“ la population sur ce qui ne va pas. Quant à moi, je me battrai jusqu’au bout pour préserver ma liberté de pensée.
© 2016 lepoint.fr

1. Der malische Schriftsteller Ousmane Diarra sagt, er werde wegen seiner Texte über die Politisierung des Islam bedroht
AFP – 15/03/2016 um 21:00 Uhr
Der malische Schriftsteller Ousmane Diarra bestätigte, Todesdrohungen hätten ihn angepeilt in seinem Land wegen seiner Äußerungen über die Politisierung des Islam, in einer Erklärung gegenüber AFP in Bamako.
„Vor etwa zehn Tagen wurde ich auf einer Konferenz in Zentralmali von einem radikalen jungen Mann bedroht, der nicht schätzte, was ich über den Islam geschrieben habe. Vor ein paar Monaten war es die gleiche Sache. Bedroht zu werden ist bei mir alltäglich geworden“, sagte der Schriftsteller.
Der Autor von „La route des clameurs“ *, einem 2014 erschienenen Werk, das den Krieg und den Aufstieg des Islamismus in Mali zur Sprache bringt, sagte, er habe „auf seinem Handy Morddrohungen“ erhalten.
„Die politische Klasse, mit politischem Kalkül, weigert sich die Extremisten zu verurteilen. Für mich sind die malischen Politiker abgetreten. Sie haben die Politisierung des Islam zugelassen“, bekräftigte Ousmane Diarra und prangerte „die Feigheit des malischen Staates an, der sich weigert, Verantwortung zu übernehmen.“
Jean-Noël Schifano, der Direktor der Sammlung Continents Noirs beim französischen Herausgeber Gallimard von Ousmane Diarra, hatte AFP von Todesdrohungen gegen den Schriftsteller berichtet. – auch seitens einem „Staatssicherheitsmilitär in Zivil“, und zeigte sicher um dessen Sicherheit besorgt.
Nach Ousmane Diarra, 55, von seinem Herausgeber zitiert, habe dieser Militär ihm vorgeworfen, „die Geschichte Malis neu schreiben“ zu wollen. „Das kann sich keine Macht bieten lassen, egal ob politisch oder religiös“, soll dieser Militär hinzugefügt haben.
„Ich gebe keinerlei Druck oder Drohungen nach“, reagierte der Schriftsteller …
„Ich fühle mich bedroht, aber ich habe keine Angst. Ich habe nicht das Recht, Angst zu haben, zu sagen, was ich über mein Land denke, noch über den Islam denke, der zur Zeit mein Land gängelt, und das ist nicht der wahre Islam, sondern der politisierte, manipulierte Islam. Ich werde bedroht, aber ich werde weiterkämpfen“, betonte er.
Herr Diarra ist Autor von „Pagne de femme“ („Wickelrock“) und „Vieux Lézard“ („Alte Eidechse“) neben „La route des clameurs“.
In „La route des clameurs“, Ode an den Widerstand gegen den Aufstieg des Islamismus in seinem Land, erklärte Ousmane Diarra, dass „ein Volk, das sich nicht erinnert, die Schrecken, die es schon erlebt hat, noch einmal erleben wird.“
„Mali hat, allein im neunzehnten Jahrhundert, die grausamsten Kriege, sogar Völkermord erlebt, begangen im Namen des Islam“, erklärte er nach dem Erscheinen seines Buches in der Wochenzeitung Le Point (Voir #2, ndlr). „Wenn dies schon geschrieben und in der Schule gelehrt worden wäre, vielleicht hätte sich vermeiden lassen, was uns heute passiert ist“, fügte der Romancier hinzu und betonte, dass „das dschihadistische Übel den Fall von Mali übersteigt“.
© 2016 AFP
* „La route des clameurs“ , etwa die Straße zur Hölle: vgl. #2frz. – das Buch existiert nicht in deutscher Übersetzung. Ousmane Diarra:
Der Titel des Romans, Die Straße des Geschreis, beschwört die Aufregung herauf, dieses Geräusch ringsherum, dass Werte beteuert, die mir in unserem Land nicht mehr gegeben zu sein scheinen. In dem Buch sieht der kindliche Erzähler eine beklemmende Szene, wo er sich mit seinem Vater und einer riesigen Menschenmenge am Tage des „Jüngsten Gerichts“ vor den Richtern findet. Vor ihnen zwei Straßen: eine, „die Straße des Geschreis“, führt „in den Garten der ewigen Qualen“, das heißt, in die Hölle, und die andere, „die Straße des Gartens der ewigen Wohltaten“, führt zum Paradies.

3. Ich studiere meine Feinde
Süddeutsche Zeitung – 16.07.2015
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2 Gedanken zu “OUSMANE DIARRA, SEIN BUCH ÜBER DIE POLITISIERUNG DES ISLAMS IN MALI UND DIE BEDROHUNGEN – Ousmane Diarra sur son livre qui évoque la politilisation de l’islam au Mali et les ménaces de mort

  1. Vor der Krise:
    Mali: Der Gipfel des Glücks
    Heinrich Böll Stiftung – 20. Aug. 2010
    von Ousmane Diarra
    Ousmane Diarra ist Romanautor, Erzähler und Poet. In seiner Heimat hat er eine ganze Reihe von Büchern für Kinder und Jugendliche veröffentlicht.
    Dass es so etwas wie Unabhängigkeit gibt, habe ich zum ersten Mal bemerkt, als ich noch nicht zur Schule ging. Ich war Viehhirte und ging hinter den Tieren her, als plötzlich von irgendwo die Nationalhymne auf Französisch erklang. Die Musik kam aus einem Radio, von jemandem, der auf dem Fahrrad vorbeifuhr. Das Lied erschien mir zunächst sehr eigenartig, aber dann habe ich mich ein wenig inspirieren lassen und fing zu brummen an: „Tklo, tkla, matékalolao, tklo, tkla, matékalolalo.“ All das hatte natürlich keinerlei Bedeutung; es war nur Lautmalerei, die Nachahmung eines Kindes.
    Den Kampf um die Unabhängigkeit habe ich nicht selbst erlebt. Überhaupt bin ich mir des Landes, in dem ich lebte, erst dann bewusst geworden, als ich mir auch meiner eigenen Existenz bewusster wurde – in etwa nach dem Staatsstreich von 1986. Richtig aufgewacht bin ich dann erst, als ich nach Bamako kam.
    Die Tatsache, dass ich schreibe, hat viel mit Unabhängigkeit zu tun. Ich schreibe, weil ich im Kopf frei bin. Das ist das Wichtigste, diese Freiheit ist in meinem Kopf gespeichert. Und wenn ich schreibe, schreibe ich wirklich frei. Die Tatsache, dass ich in einem unabhängigen Land lebe, in einer Nation mit einem Namen, mit einer Fahne, in einem Land, das in der Welt vertreten ist, das ist – wie soll ich es ausdrücken? – der Gipfel des Glücks.
    Ich weiß nicht, wer ich geworden wäre, wenn ich während der Kolonialzeit gelebt hätte. Ich wäre sicher ein ganz anderer Mensch, ich wäre sicher auch ein anderer Autor geworden. Es gibt nichts Wichtigeres für mich als zu wissen, dass ich zu einem Land gehöre, das seinen Platz in der Welt hat und eine Geschichte, die bis in uralte Zeiten zurückreicht – auch wenn man ihm all das lange abgesprochen hat.
    Ich habe eine Persönlichkeit, bin eine eigenständige, freie Person durch die Freiheit meines Landes.

    Ousmane Diarra wurde 1960 in Bassala, Mali, geboren. Er arbeitet als Bibliothekar im Kulturzentrum von Bamako, aber er sieht sich auch als Romanautor, Erzähler und Poet… Nach der Veröffentlichung einer Reihe von Erzählbänden hat er 2006 seinen ersten Roman Vieux lézard („Alte Eidechse“, Gallimard, Paris) vorgelegt, der viel Beachtung fand. Sein zweiter Roman Pagne de femme („Wickelrock“, Gallimard, Paris 2007) war auf der Auswahlliste für den bedeutenden Literaturpreis Prix Renaudot.

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  2. In der SZ spricht der malische Schriftsteller Ousmane Diarra über seinen Roman <>, der den Einfall des Islamismus in eine ehemals tolerante, animistische malische Kultur beschreibt. (SZ 16.07.2015, s.o. #3).
    Reine Fiktion ist das nicht: „Manche Gräuel übertreffen längst jede schriftstellerische Imagination. Dabei steckt ein hartes politisches Kalkül hinter dem religiösen Wahn. Gewisse arabische Staaten fördern den islamischen Fanatismus mit viel Geld, sie schicken ihre Prediger zu uns und errichten überall in Westafrika ihre Moscheen. Geht es da wirklich um Religion? Ich sehe vor allem einen Kultur-Imperialismus am Werk, der das alte, tolerante Afrika zu zerstören droht.“ Für alle, die Französisch können: Diarra hat ähnlich schon vor einem Jahr in einem Interview mit Jeune Afrique argumentiert.
    © 2015 perlentaucher.de

    Ousmane Diarra a donné une autre interview à l’hebdomaire jeune afrique au sujet de son roman.

    Mali – Ousmane Diarra : « Les jihadistes instrumentalisent la pureté de l’enfant »
    Jeune afrique – 26 septembre 2014
    Dans son troisième roman, La Route des clameurs, le conteur malien revient sur la terreur qui s’est abattue sur son pays. Et dissèque comment la folie s’est emparée des hommes.
    Il en est resté traumatisé. Éreinté par des nuits sans sommeil. Bouleversé d’avoir vu son pays sombrer aux mains des fous de Dieu. Dans son troisième roman, La Route des clameurs, l’écrivain malien Ousmane Diarra revient sur la terreur jihadiste qui a menacé les siens début 2013. Une tragédie venue des sables du Nord-Mali lorsque des colonnes d’hommes surarmés et déterminés transportaient avec eux la haine et l’intolérance vers une capitale terrorisée.
    Sur leur chemin, ces êtres sombres et violents anéantissent un islam de paix et ses mausolées, décapitent traditions séculaires et autres croyances, prêchant brutalement une obéissance au Coran rigoriste et intransigeante, sinon réinterprétée. La terreur engendre une folie collective dirigée dans ce roman bouleversant par un calife inculte et assoiffé de pouvoir. Elle transforme des enfants en tueurs de „mécréants“, détruit un peuple et assèche l’inspiration des artistes. Face à son emprise, un garçon et son père, peintre éclairé, qui a bien connu celui qui s’est proclamé calife et qui doit désormais l’affronter.
    Conteur et bibliothécaire à l’Institut français de Bamako, Ousmane Diarra, 54 ans, a vécu cette sinistre période. Animiste, adorateur des cultures et de sa nation, „le vieux lézard“ est resté obsédé par les souffrances de ce Mali en proie à des barbares qui hantaient villes et villages. Alors, dans sa maison de Bamako, entouré de ses enfants, le griot s’est mis à écrire. Comme pour adoucir sa plume et trouver la paix, il confie la narration au fils du peintre, qui, avec une naïveté teintée de lucidité, nous guide depuis l’atelier aux toiles asséchées et aux tableaux sombres jusqu’aux mystères dont se drapent ces terroristes qu’il est contraint de rejoindre.
    jeune Afrique : Dans quelles conditions avez-vous écrit ce livre ?
    Ousmane Diarra
    : Dans la douleur. J’y ai mis tout mon coeur et usé de ma plume en guise d’arme pour me battre à ma façon, celle d’un écrivain, d’un conteur. J’étais alors bien avancé sur un autre livre qui explorait la tradition bambara à travers l’histoire d’un „petit mari“ de 8 ans qui s’amourache d’une adolescente. Mais j’en ai interrompu la rédaction quand les jihadistes ont envahi les deux tiers du territoire malien, menaçant Bamako, et installé une situation chaotique dans tout le pays depuis le Nord. Nous étions menacés de mort en tant que nation. „Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle…“, disait Victor Hugo. Le Mali brûlait, et j’ai donc écrit La Route des clameurs entre juillet et octobre 2013.
    Quelles ont été vos sources d’inspiration ?
    D’abord le terrorisme et cet impérialisme religieux pratiqué depuis trop longtemps par des puissances arabes qui subventionnent ce fanatisme, construisent des mosquées plutôt que des bibliothèques et des lieux de culture au Mali. Moi, le conteur, l’amoureux de l’imaginaire, voilà que j’ai été obligé de m’inspirer du réel, de la souffrance vécue par le Mali.
    Déjà dans Vieux Lézard, j’évoquais l’arrivée de jihadistes ainsi qu’un coup d’État réalisé par un capitaine [en référence au putsch du capitaine Amadou Haya Sanogo de mars 2012]. Mais, au-delà, j’ai pensé à mon maître Yambo Ouologuem, qui, dans Le Devoir de violence, paru en 1968, avait déjà tout dit et dénoncé cette intolérance, cette hypocrisie et cette violence. Nous avons la même démarche littéraire, et il continue de m’inspirer. Face à cette menace si proche, je ne pouvais pas ne pas m’engager et écrire.
    Pourquoi avoir confié la narration à un enfant ?
    J’aime beaucoup les enfants – j’en ai d’ailleurs huit – et je suis attaché à leur pureté. Ma tête était alors envahie par les rythmes d’un tambour de guerre bambara, et j’ai écrit La Route des clameurs sur cette cadence martiale. C’est un livre très particulier pour moi, et j’ai tenté d’user de la poésie et de cette naïveté doublée d’une douceur propres à l’enfant pour conter cette brutalité avec des mots et des perceptions qu’un adulte n’aurait pu exprimer de la sorte.
    Chez les jihadistes aussi on retrouve des „gamins imams à la barbichette de bouc nain“ au service du calife intronisé par le groupe terroriste des Morbidonne.
    Ces gamins sont des victimes abusées par les jihadistes, qui instrumentalisent la pureté de l’enfant, la transforment en férocité aveugle. Moi, le conteur, j’enseigne aux enfants l’art de vivre. Eux, ils exploitent l’innocence et apprennent l’art de mourir. Je me suis plongé contre mon gré dans les nébuleuses terroristes, car elles ont été mon ennemi et celui du Mali. Elles ont hanté mes nuits et obscurci mes jours. Dans mon livre, je leur ai donné un nom que j’ai inventé : les Morbidonne. Il s’agit d’une contraction de „morbide“, „mort“. Bi veut dire „qui“, en bambara. Donc on peut traduire „Morbidonne“ par „qui donne la mort“.
    Y a-t-il un peu de vous dans ce personnage principal, le peintre dont les tableaux pleins de lumière s’obscurcissent sous l’emprise de ces jihadistes ?
    Franchement oui, je me suis mis à la place du peintre. Les jihadistes ne sont pas arrivés à Bamako en armes. Mais il y en a un peu partout au Mali qui distillent l’intolérance et l’extrémisme. Donc en tant qu’artiste et libre-penseur, tout comme le peintre, j’aurais été humilié, persécuté… J’ai imaginé ce peintre dans une ville envahie par des jihadistes comme si moi j’étais subitement contraint de changer ma pensée et mes écrits sous la férule de barbares ignorants. Autrefois, ses tableaux étaient éclatants de lumière et de beauté. Puis ils se sont assombris sous la coupe des jihadistes, et il ne peignait plus l’espoir mais des nuits sans étoiles, un monde à craindre.
    Et le calife des Morbidonne, Mabu Maba, dit Fieffé Ranson Kattar Ibn Ahmad Almorbidonne ?
    C’est l’ancien camarade de classe du peintre et celui qui enrôlera ses enfants, alloue une maison à sa femme, et ravagera son imagination… Mais il ne réussira pas à lui ôter ni son honneur ni sa résistance, à lui le peintre qui finit esseulé. J’ai moi-même des connaissances qui sont devenues fanatiques. Cela m’atteint et me désole. Vous savez, j’ai grandi dans une contrée ouverte d’esprit et animiste. Dans mon village natal de Bassala, ce sont les valeurs humanistes et respectueuses transmises par la tradition animiste que l’on pratique, en paix.
    Avant de changer mon prénom en Ousmane, je m’appelais Bassakoro, ce qui signifie „vieux lézard“. J’ai énormément souffert des moqueries et des insultes et j’ai changé de prénom. Aujourd’hui, dans ma région, tous les villages, hormis Bassala, se sont convertis à l’islam et, au fur et à mesure qu’on approche de la ville, je ressens une certaine intolérance, un fanatisme plus ou moins prononcé. Dans mon livre, le calife se nomme Mabu Maba, c’est-à-dire „menteur“, „imposteur“. Tout comme le calife de l’État islamique, Abou Bakr al-Baghdadi, c’est un faux calife, sans légitimité ni crédibilité autre que la force et la manipulation de la religion.
    À aucun moment, dans ce livre, vous n’évoquez les Touaregs ?
    C’est pour éviter toute récupération et instrumentalisation à des fins de division. J’admire la culture touarègue et, comme ne cessait de le répéter le grand écrivain Moussa Konaté aujourd’hui décédé, les Touaregs sont des Maliens. Pour moi, le MNLA ne représente pas tous les Touaregs, contrairement à ce qui est souvent dit dans les médias français. Le nord du Mali est également habité par d’autres populations. Mais je ne voulais pas entrer dans ce débat.
    Comment avez-vous vécu ce que vous qualifiez d’“invasion“ ?
    J’étais terrorisé et je ne dormais plus. Lorsque j’étais en résidence d’écrivain en Suisse, je n’arrêtais pas de parler du Mali à mes camarades. J’étais hanté par mon pays, qui est comme mon corps. Je sentais une partie de ce corps disparaître, se recroqueviller, souffrir, comme violé. C’était dur. J’aime mon pays passionnément, toutes ses cultures, et je suis attaché à la liberté. La beauté du tapis vient de la multiplicité de ses couleurs, comme on dit. Et la puissance du Mali vient de toutes ses différences. Or, je voyais des fous détruire ces différences, les patrimoines de ces cultures séculaires, des mausolées à Tombouctou… Ils allaient tout casser dans le pays, déterminés à écraser et à détruire une nation avec toutes ses cultures.
    _________
    Propos recueillis par Joan Tilouine
    La Route des clameurs, d’Ousmane Diarra, éd. Gallimard, 172 pages, 17,50 euros

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