SERGE DANIEL’s ANALYSE DER LAGE UND HINTERGRÜNDE IM NORDEN – Le nord du Mali dans tous ses états (décryptage)

Serge Daniel ist ein bekannter Korrespondent von RFI und AFP, in Westafrika, Kenner insbesondere des Sahelgürtels und Autor mehrerer Bücher über die Region (Les routes clandestines : L’Afrique des immigrés et des passeurs (2008); AQMI L’industrie de l’enlèvement (2012); Les mafias du Mali : Trafics et terrorisme au Sahel (2014))

Serge Daniel est un journaliste réputé, correspondant de Radio France internationale et de l’Agence France-Presse au Mali. Fin connaisseur notamment de la bande sahélienne sur laquelle il a publié plusieurs livres (voir en haut). Il est le plus ancien en poste de tous les correspondants de RFI sur le continent africain.

Der Norden Malis ganz aus der Bahn geworfen
RFI – 01.09.2015
Von Serge Daniel
Nach der Unterzeichnung des Abkommens für Frieden und Versöhnung von Algier am 20. Juni 2015 durch die Rebellion der Koordination der Bewegungen des Azawad (CMA) ist die Welt in zwei Lager geteilt: jene, die glaubten, dass der Friedensprozess endlich auf dem richtigen Weg war und diejenigen, die sagen, „es geht alles wieder von vorn los.“

DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEM ORIGINAL

Le nord du Mali dans tous ses états

RFI – 01-09-2015 à 06:05
Par Serge Daniel
Après la signature, le 15 juin 2015, de l’accord de paix et de réconciliation d’Alger par la rébellion de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), le monde s’est divisé en deux camps : ceux qui ont estimé que le processus de paix était enfin solidement sur les rails et ceux qui disent « ça va recommencer ». Quasiment deux mois, jour pour jour, après la signature de l’accord de paix, on assiste à une forte poussée de fièvre sur le terrain. Des groupes armés pro-gouvernementaux ont repris des mains des rebelles, une localité stratégique du nord du Mali. Pour comprendre la complexité de la crise, nous vous proposons ce décryptage.

Des casques bleus de la Minusma à Kidal, dans le nord du Mali, le 22 juillet 2015.
Foto © REUTERS/Adama Diarra: Des casques bleus de la Minusma à Kidal, dans le nord du Mali, le 22 juillet 2015.
Blauhelme der Minusma in Kidal im Norden Malis, am 22. Juli 2015

Anéfis. La localité est située à une centaine de kilomètres au sud de Kidal. A la mi-août, des combattants touaregs et arabes alliés du gouvernement malien reprennent militairement le contrôle de la ville, en chassant des lieux les rebelles. Après ce gros coup de canif dans le processus de paix, très rapidement, la mission de l’ONU au Mali a tapé du poing sur la table. Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta est à son tour monté au créneau. Il a demandé dans un premier temps, selon son entourage, un rapport détaillé de la situation sur le terrain aux services de renseignement maliens. La copie tombée, il a convoqué les têtes pensantes des groupes armés loyalistes, pour demander « sans condition » leur départ d’Anéfis. Dimanche 30 août 2015, un début de départ timide des hommes armés d’Anéfis était acté.
– Rivalités tribales –
Pour comprendre la situation évolutive actuelle dans le Nord, il est utile d’évoquer les rivalités tribales. Au Mali, les Touaregs vivent dans les trois régions administratives du nord du Mali : Gao, Kidal et Tombouctou. Ils possèdent leur langue (le tamasheq), et leur propre alphabet (le tifinagh).
Les principales tribus du Nord sont : les Iforas, les Imghads, les Idnanes, les Imouchars, les Kel Essouks et les Daoussak. Mais il existe une multitude de fractions gravitant autour de ces dernières avec des accointances et des alliances plus ou moins marquées.
Festival de chameaux dans la ville de Tessalit, située sur une piste transsaharienne, dans le nord-est du Mali. De magnifiques montures, cou tendu, inondent une place. Les propriétaires des bêtes sont là. Ils sont tous Touaregs, parlent la même langue. Mais pour nous expliquer la complexité du monde touareg, un ami touareg nous décrit les différentes tribus présentes par leurs turbans. On ne rencontre jamais un Touareg dans son milieu naturel sans son turban, et à la manière dont il le noue, il est possible de savoir d’où il vient.
Ainsi, à notre gauche, voilà un dignitaire de Ménaka. Son taguelmoust est un double turban bicolore constitué d’une base noire surmontée d’un blanc lumineux. Un peu plus loin, un Touareg plutôt chétif porte le plus gros turban du nord du Mali. Il vient de Kidal. Mais dans le nord du Mali, on peut être de la même ville, sans être de la même tribu. Le plus gros turban du Nord enveloppe la tête des Touaregs de la tribu des Iforas. Ils sont connus pour être de redoubles stratèges. Grâce aux jeux d’alliances, ils ont toujours la tête hors de l’eau. Difficile de les noyer, de les vaincre. A Kidal, ils ont au moins deux tribus parentes et alliées : les Idnanes et les Taghatmallat.
Mais à Kidal et dans sa région, on retrouve aussi et surtout les Touaregs de la tribu des Imghads. Les relations ne sont pas bonnes avec les Iforas. Entre eux, ce n’est pas une cohabitation, mais une « cohabi-tension ». A une autre époque, certains criaient sur tous les toits que les Imghads étaient les vassaux des Iforas. Aujourd’hui, ça se murmure plutôt. Les temps ont bien changé. Les Imghads constituent la tribu majoritaire. Le principe de « one man, one vote » (« un homme, un vote ») fait d’eux des incontournables dans le système démocratique.
Pour maints observateurs, l’accord de paix d’Alger (qui comporte sept titres, vingt chapitres, et soixante-douze articles) est loin de résoudre les problèmes de rivalités tribales. Mme Assory Aïcha Belco Maïga, députée à l’Assemblée nationale et élue de la localité de Tessalit (nord-est) n’hésite pas à parler aujourd’hui de « risque de guerre civile ». Elle a parfaitement raison, d’autant plus que la communauté arabe (autre composante des populations du nord du Mali) est également divisée. Des tribus arabes combattent aux côtés des rebelles, d’autres aux côtés des groupes armés progouvernementaux. Ambiance…
– Relations entre les groupes armés du Nord et l’Etat malien –
En 2012, lorsque les groupes armés composés d’indépendantistes et de jihadistes ont pris le contrôle du nord du Mali, un officier de l’armée malienne, Aladji Gamou, Touareg de la tribu des Imghads, a dû précipitamment quitter la ville de Kidal dont il tenait avec sa milice pour se retirer au Niger voisin. Son porte-parole à l’époque, qui appelait timidement la presse pour vanter ses « mérites », s’appelle Fahad Ag Almahmoud. Aujourd’hui, cet homme au visage poupin est le secrétaire général du Gatia (Groupe d’autodéfense touareg imghad et alliés). Donc, dire que Aladji Gamou est pro-Gatia n’est pas un mensonge. Dire également que le Gatia est un groupe allié au gouvernement malien est pure vérité. Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a même un jour qualifié de « patriotes » les combattants du Gatia.
Cependant, considérer le Gatia comme une simple milice au service exclusif du gouvernement malien est réducteur. Le calcul du Gatia est également tribal. Ce groupe s’est constitué pour défendre également une tribu, pour contrôler des espaces, un territoire, pour compter dans les négociations dans la manne qui sera ouverte pour le développement du Nord.
En prenant avec une relative facilité le contrôle de la localité stratégique d’Anéfis, le Gatia a également déclenché « la bataille du cantonnement ». Explications : dès que le mécanisme du DDR (démobilisation, désarmement et réinsertion) aura commencé dans le cadre de l’application de l’accord d’Alger, les différents groupes armés seront cantonnés sur les positions qu’ils occupent actuellement. Or, le Gatia n’occupe pas, aujourd’hui, un mètre carré de territoire au sud de Kidal, endroit stratégique. Il fallait alors grignoter un peu de terrain.
Parmi les groupes armés progouvernementaux, il faut également compter la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR). Composé de sédentaires, ce groupe ne représente pas une redoutable force militaire sur le terrain.
En face, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, rébellion) est essentiellement composée, de son côté également, de combattants touaregs et arabes qui représentent la seconde branche du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA). L’épine dorsale de la CMA est composée des Touaregs de la région de Kidal, regroupés au sein du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA). Le fameux Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui en a bluffé certains au début de la crise en 2012 (et à qui certains en France et en Suisse avaient promis l’indépendance), est plus présent dans les médias que sur le terrain militaire.
Le HCUA (dont plusieurs responsables étaient membres d’un mouvement armé ouvertement islamiste) est opposé militairement au gouvernement de Bamako, mais est paradoxalement proche politiquement du président malien IBK : les quatre députés de la région de Kidal ont à l’Assemblée nationale l’étiquette du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti du président Ibrahim Boubacar Keïta.
Dans le nord du Mali, sur le terrain, Touaregs et Arabes rebelles font donc face à des Touaregs et Arabes loyalistes qui soutiennent ouvertement l’Etat malien, mais qui se battent aussi pour leur tribu.
– Les trafics illicites également au centre de la crise –
Bogota, un avion décolle. Charge utile de l’appareil ? Au moins dix tonnes. Quelques semaines plus tard, après deux ou trois escales prolongées, l’appareil pose son ventre dans le désert malien, sur une piste de fortune. Lorsque quelques jours après l’atterrissage de l’avion, nous nous sommes rendus sur les lieux, en novembre 2009, seul un morceau de la carcasse du Boeing 727 était visible. Une fois la cocaïne débarquée, l’avion a été brûlé. Valeur estimée de la drogue : 300 millions d’euros. La mafia, qui utilise la bande sahélo-sahélienne dans sa partie la plus désertique comme lieu essentiel de passage de la drogue, a encore sévi.
(Serge Daniel a publié un livre intitulé « Les Mafias du Mali, trafic et terrorisme au Sahel » , paru en janvier 2014, ndlr)
La crise du septentrion malien perdure également parce que le trafic de drogue prospère dans cette région. Plusieurs sources sécuritaires de la région affirment que plus récemment encore (en juin 2015), de petits avions ont « jeté », dans le désert malien, d’importantes quantités de drogue, qui sont récupérées par des complices, parmi lesquels on retrouve des combattants armés.
Pour que le trafic prospère, il faut pouvoir contrôler des territoires. Des services de renseignement de la région avancent que la dernière poussée de fièvre dans la localité d’Anéfis s’explique également par la volonté des groupes armés de maîtriser « la route sûre de la drogue » du moment, Anéfis. La paix est l’ennemie intime des trafics. Et actuellement sur le terrain, au cœur de certains groupes armés, on retrouve des trafiquants de drogue avérés.
Mafia spécialisée dans les stupéfiants, mafia de trafiquants d’armes, mafia drapée aussi pour le pire dans le drap religieux, certains parleront de vernis religieux.
2015. Malgré l’intervention militaire française deux ans plus tôt dans le nord du Mali, les groupes islamistes sont toujours sur le terrain, posent des mines, utilisent la guérilla comme mode d’action. Ils compliquent la donne et ne favorisent pas le retour durable de la paix.
Trafics de drogue, d’armes, mais aussi de cigarettes. Aujourd’hui, les contrebandiers gagnent énormément d’argent en réactivant leurs réseaux.
Pour financer et encourager l’instabilité dans le nord du Mali, il y a également la méthode dite « du Qatar » : de « généreux » fournisseurs achètent des conteneurs de cigarettes contrefaits à Dubaï, où il y a au moins dix usines de trafiquants, selon plusieurs sources sécuritaires régionales. La marchandise est livrée à des trafiquants dans le Sahara, qui se chargent de la revente. C’est une manière de financer, sans laisser de trace, une guerre et de plomber les activités de la Société nationale des tabacs (Sonatam).

– L’irrédentisme touareg au cœur de la crise –
Cependant, le mauvais règlement de la question de l’irrédentisme touareg depuis les indépendances est aussi important pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui.
A Gao, principale ville du Nord, nous montons dans le véhicule conduit par « un homme bleu », c’est-à-dire un Touareg ( leur voile traditionnel de couleur indigo, qui déteignait sur leur peau, leur a valu ce surnom).
Douze heures de trajet avec le chauffeur. Il en profite pour raconter l’histoire de sa région depuis les indépendances. Son français est impeccable. Trois ans après les indépendances, premières ruptures. Une rébellion éclate dans la région de Kidal, foyer incandescent de toutes les rébellions touaregues. La région est soumise à une brutale et lourde administration militaire. Une expression voit le jour : « envoyez-le à Kidal » pour dire « envoyez-le en enfer ». 1973, les Touaregs fuient en masse la sécheresse. La Libye devient le point de chute de nombreux Touaregs. Formation militaire pour certains. La Légion étrangère de Kadhafi est née. Combats au Tchad, en Palestine, au Liban notamment. Parmi les combattants, certains reviennent participer aux rébellions contre le Niger et le Mali, leurs pays d’origine. Nouvelle rébellion, accords de paix. Nouvelle rébellion, accords de paix, rebelote. C’est le mythe de Sisyphe.
« Nous voulons seulement avoir le droit de vivre chez nous. C’est tout ce que nous demandons », termine notre interlocuteur. L’argent est le nerf de la guerre, mais aussi le nerf de la paix. Les milliards de francs CFA, mobilisés par la communauté internationale après chaque rébellion, n’ont souvent pas été utilisés à bon escient. Une partie de ces sommes colossales a pris d’autres directions. On ne règle donc par les problèmes de fond, mais on les déplace, et ils resurgissent. Enfin, il faut repenser le développement dans ces zones désertiques où le mode de vie est différent au Sud.
© 2015 RFI

Der Norden Malis ganz aus der Bahn geworfen
RFI – 01.09.2015
Von Serge Daniel
Nach der Unterzeichnung des Abkommens für Frieden und Versöhnung von Algier am 20. Juni 2015 durch die Rebellion der Koordination der Bewegungen des Azawad (CMA) ist die Welt in zwei Lager geteilt: jene, die glaubten, dass der Friedensprozess endlich auf dem richtigen Weg war und diejenigen, die sagen, „es geht alles wieder von vorn los.“ Fast auf den Tag genau zwei Monate nach der Unterzeichnung des Friedensabkommens wird man Zeuge eines starken Fieberanfalls dort. Bewaffnete Pro-Regierungsgruppen eroberten von den Rebellen eine strategische Stadt im Norden Malis zurück. Zum Verständnis der Komplexität der Krise stellen wir Ihnen diese Analyse vor.
Anefis. Die Ortschaft liegt ca. hundert Kilometer südlich von Kidal. Mitte August übernehmen Tuareg-und arabische Kämpfer, Verbündete der malischen Regierung, militärisch wieder die Kontrolle über die Stadt und vertreiben die Rebellen aus dem Ort. Nach dieser großen Verletzung des Friedensprozesses schlug die UN-Mission in Mali sehr schnell mit der Faust auf den Tisch. Der malische Präsident Ibrahim Boubacar Keïta ist seinerseits auf die Barrikaden gegangen. Er forderte zunächst, laut seiner Umgebung, einen detaillierten Bericht von den malischen Nachrichtendiensten über die Situation vor Ort an. Sobald dieser vorlag, berief er die Führer der loyalistischen bewaffneten Gruppen ein, um deren „bedingungslosen“ Abzug aus Anefis zu fordern. Am Sonntag, dem 30. August 2015, wurde der Beginn eines zaghaften Abzugs der bewaffneten Männer aus Anefis dokumentiert.
– Stammesrivalitäten –
Um die aktuelle Entwicklung der Lage im Norden zu verstehen, ist es sinnvoll, Stammesrivalitäten zu erwähnen. In Mali leben die Tuareg in den drei Verwaltungsregionen des nördlichen Mali: Gao, Kidal und Timbuktu. Sie haben ihre eigene Sprache (Tamasheq) und ihr eigenes Alphabet (Tifinagh).
Die wichtigsten nördlichen Stämme sind: die Iforas, die Imghads, die Idnanes, die Imouchars, die Kel Essouks und die Daoussak. Aber es gibt eine Vielzahl von Fraktionen, die diese Gemeinschaften umkreisen, mit mehr oder weniger ausgeprägten Allianzen.
Das Festival der Kamele in der Stadt Tessalit, auf einer der Trans-Sahara-Strecken im Nordosten Malis. Wunderschöne Tiere, mit gestrecktem Hals, füllen den Platz. Die Besitzer der Tiere sind da. Sie sind alle Touareg, sprechen die gleiche Sprache. Aber, um uns die Komplexität der Welt der Tuareg zu erklären, beschreibt uns ein Freund, Tuareg, die verschiedenen durch ihre Turbane präsentierten Stämme. Nie trifft man einen Touareg in seinem natürlichen Milieu ohne seinen Turban, und nach der Art, wie er gebunden ist, kann man erkennen, wo er herkommt.
So sehen wir zu unserer Linken einen Würdenträger aus Ménaka. Sein Taguelmoust ist ein doppelter zweifarbiger Turban aus schwarzem Grund von einem hellen Weiß überragt. Ein wenig weiter trägt ein eher ärmlich aussehender Tuareg den größten Turban im Norden. Er kommt aus Kidal. Aber im Norden Malis kann man aus der gleichen Stadt kommen, ohne zum gleichen Stamm zu gehören. Der größte Turban des Nordens bedeckt die Köpfe der Tuareg vom Stamm der Iforas. Sie sind dafür bekannt, die größten Strategen zu sein. Durch das Spiel der Allianzen haben sie immer den Kopf über Wasser. Schwer sie zu überwinden. In Kidal haben sie mindestens zwei verwandte und verbündete Stämme: die Idnanes und die Taghatmallat.
Aber in Kidal und der Region findet man vor allem die Tuareg vom Stamm der Imghads. Die Beziehungen mit den Iforas sind nicht gut. Zwischen ihnen ist es kein Zusammenleben, sondern eine „Miteinander-Spannung“. In einer anderen Epoche schrieen es einige von den Dächern, dass die Imghads Vasallen der Iforas waren. Heute wird das eher gemunkelt. Die Zeiten haben sich geändert. Die Imghads bilden den mehrheitlichen Stamm. An ihnen führt wegen des Prinzips des „one man, one vote“ im demokratischen System kein Weg vorbei.
Für viele Beobachter ist das Friedensabkommen von Algier (das sieben Titel, zwanzig Kapitel und zweiundsiebzig Artikel enthält) weit davon entfernt, die Lösung der Probleme der Stammesrivalitäten zu sein. Frau Assory Aïcha Belco Maïga, Mitglied der Nationalversammlung und Lokalpolitikerin der Stadt Tessalit (Nordosten) zögert nicht, heute von einem „Bürgerkriegsrisiko“ zu sprechen. Sie hat völlig Recht, zumal die arabische Gemeinschaft (eine andere Komponente der Bevölkerung von Nord-Mali) ebenfalls gespalten ist. Arabische Stämme kämpfen an der Seite der Rebellen, andere mit den loyalen bewaffneten Gruppen. Atmosphäre …
 – Beziehungen zwischen den bewaffneten Gruppen des Nordens und dem malischen Staat –
Im Jahr 2012, als die bewaffneten Gruppen aus Separatisten und Dschihadisten die Kontrolle über den Norden Malis übernahmen, musste ein Offizier der malischen Armee, Alhaji Gamou, Tuareg vom Stamm der Imghad, in aller Eile die Stadt Kidal verlassen, um sich mit seiner Miliz in den benachbarten Niger zurückzuziehen. Sein Sprecher zu dem Zeitpunkt, der schüchtern die Presse anrief, um seine „Verdienste“ zu loben, heißt Fahad Ag Almahmoud. Heute ist dieser Mann mit dem rundlichen Gesicht Generalsekretär der Gatia (Bürgerwehr der Tuareg der Imghad und Verbündeten). Somit ist es keine Lüge zu sagen, Aladji Gamou sei Pro-Gatia. Ebenso ist die reine Wahrheit, dass die Gatia eine verbündete Gruppe der malischen Regierung ist. Der malische Präsident Ibrahim Boubacar Keïta hat ihre Kämpfer einmal als „Patrioten“ qualifiziert.
Allerdings, die Gatia als eine simple Miliz im exklusiven Dienst der malischen Regierung zu betrachten, ist vereinfachend. Das Kalkül der Gatia ist auch Stammeskalkül. Diese Gruppe wurde gegründet, um einen Stamm zu verteidigen, um Räume, ein Gebiet zu kontrollieren, um bei den Verhandlungen mitzureden über das Manna, das für die Entwicklung des Nordens fließen wird.
Indem sie relativ leicht die Kontrolle über die strategische Stadt Anefis errang, hat die Gatia auch „die Schlacht der Einquartierung“ ausgelöst. Erläuterung: sobald der Mechanismus der DDR (Demobilisierung, Entwaffnung und Wiedereingliederung im Rahmen der Umsetzung des Abkommens von Algier begonnen hat, werden die verschiedenen bewaffneten Gruppen an den Positionen, die sie derzeit besetzen, festgesetzt werden. Aber die Gatia besetzt heute keinen Quadratmeter des Gebietes südlich von Kidal, einem strategischen Ort. Es war somit notwendig, ein wenig Boden zu gewinnen.
Zu den bewaffneten Pro-Regierungs-Gruppen muss man auch die Koordination der Bewegungen und patriotischen Widerstandskräfte (CMFPR) zählen. Bestehend aus Sesshaften, stellt diese Gruppe keine zu fürchtende Streitmacht dar.
Diesen gegenüber ist die Koordination der Bewegungen des Azawad (CMA, Rebellion) ihrerseits auch im wesentlichen zusammengesetzt aus Tuareg- und arabischen Kämpfern, die den anderen Zweig der Arabischen Bewegung des Azawad (MAA) vertreten. Das Rückgrat der CMA besteht aus den Tuareg der Region Kidal, innerhalb des Hohen Rates für die Einheit des Azawad (HCUA) zusammengefasst. Die berühmte Nationalbewegung zur Befreiung des Azawad (MNLA), die manche zu Anfang der Krise im Frühjahr 2012 irregeführt hat (und denen gewisse Leute in Frankreich und der Schweiz die Unabhängigkeit zugesagt hatten), ist in den Medien präsenter als auf militärischem Boden.
Der HCUA (mehrere ihrer Verantwortlichen waren Mitglieder einer offen islamistischen bewaffneten Bewegung) steht der Regierung in Bamako militärisch gegenüber, aber paradoxerweise politisch dem malischen Präsidenten IBK nahe: die vier Abgeordneten der Region Kidal in der Nationalversammlung gehören der Partei von IBK an, der RPM (Zusammenschluss für Mali).
Im Norden Malis, vor Ort des Geschehens, stehen also Tuareg- und arabische Rebellen Tuareg- und arabischen Loyalisten gegenüber, die die malische Regierung offen unterstützen, aber auch für ihren Stamm kämpfen.
– Illegaler Handel auch im Zentrum der Krise –
Bogota, ein Flugzeug hebt ab. Die Nutzlast der Maschine? Mindestens zehn Tonnen. Ein paar Wochen später, nach zwei oder drei verlängerten Zwischenlandungen, setzt die Maschine ihren Bauch in der malischen Wüste, auf einer improvisierten Rollbahn auf. Als wir ein paar Tage danach an den Ort reisten, im November 2009, war nur noch ein Stück des Gerippes der Boeing 727 zu sehen. Sobald das Kokain ausgeladen war, wurde das Flugzeug verbrannt. Geschätzter Wert der Droge 300 Millionen Euro. Die Mafia, die den Sahel-Streifen in seinem der Sahara nächsten Teil als wesentliche Drogendurchgangsstraße verwendet, hatte einmal mehr zugeschlagen.
Serge Daniel veröffentlichte im Januar 2014 das Buch „Les mafias du Mali : Trafics et terrorisme au Sahel“, Ed)
Die Krise im Norden von Mali dauert auch wegen des blühenden Drogenhandels in dieser Region an. Mehrere Sicherheitsquellen in der Region bestätigen, dass in jüngster Zeit (im Juni 2015) kleine Flugzeuge in der malischen Wüste große Mengen von Drogen „abgeworfen“ haben, die von Komplizen aufgesammelt werden, darunter sind bewaffnete Kämpfer.
Damit das Geschäft blüht, muss man Territorien kontrollieren können. Nachrichtendienste in der Region sagen, dass der neueste Schub der Kämpfe in der Ortschaft Anefis auch den Wunsch der bewaffneten Gruppen spiegelt, die „sichere Drogenroute“, die momentan über Anefis läuft, zu kontrollieren. Frieden ist der Intimfeind von Schmugglern. Und derzeit findet man vor Ort im Herzen von einigen bewaffneten Gruppen allseits bekannte Drogenhändler.
Mafia, spezialisiert auf Drogen, Waffenschmuggel-Mafia, Mafia auch schlimmer drapiert in religiösem Tuch, einige sprechen von religiöser Lackierung.
2015. Trotz der französischen Militärintervention vor zwei Jahren im Norden Malis sind islamistische Gruppen noch immer dort, legen Minen, verwenden die Guerilla als Handlungsmuster. Sie erschweren die Lage und fördern keinesfalls die nachhaltige Rückkehr des Friedens.
Drogenhandel, Waffen, aber auch Zigaretten. Heute verdienen die Schmuggler massenhaft durch die Reaktivierung ihrer Netze.
Zur Finanzierung und Förderung Instabilität im Norden Malis gibt es auch die so genannte „Qatarmethode“: „großzügige“ Lieferanten kaufen Container mit gefälschten Zigaretten in Dubai, wo es mindestens zehn solcher Fabriken gibt, nach mehreren regionalen Sicherheitskreisen. Die Ware wird an Händler in der Sahara ausgeliefert, die für den Weiterverkauf verantwortlich sind. Es ist ein Weg, ohne eine Spur zu hinterlassen, Krieg zu finanzieren und die Aktivitäten der Nationalen Tabakgesellschaft (Sonatam) zu behindern.
– Der Tuareg-Irredentismus im Herzen der Krise –
Allerdings ist die ausstehende Lösung für die Frage des Irredentismus der Tuareg seit der Unabhängigkeit auch wichtig um zu verstehen, was heute geschieht.
In Gao, der wichtigsten Stadt des Nordens, steigen wir in das Fahrzeug, das von einem der „Blauen Männer“ gesteuert wird, d.h. also ein Touareg (ihre traditionellen Tücher in Indigo-Farbe, die sich auf ihre Haut abfärbte, haben ihnen den Spitznamen eingebracht) .
Zwölf Stunden Fahrt mit dem Fahrer. Er nutzte die Gelegenheit, um die Geschichte seiner Region seit der Unabhängigkeit zu erzählen. Sein Französisch ist tadellos. Drei Jahre nach der Unabhängigkeit, die ersten Brüche. Ein Aufstand bricht in der Region Kidal aus, glühender Unruheherd aller Tuaregaufstände. Die Region wird einer brutalen Militärverwaltung unterworfen. Ein Ausdruck wird geboren: „Schickt ihn nach Kidal“ um zu sagen, „schickt ihn in die Hölle.“ 1973 fliehen die Tuareg in Massen vor der Dürre. Libyen wird Quartier vieler Tuareg. Militärische Ausbildung für einige. Gaddafis Fremdenlegion wird geboren. Kämpfe in Tschad, Palästina, Libanon vor allem. Unter den Kämpfern kehren einige zurück, um sich an den Aufständen gegen Niger und Mali, ihre Herkunftsländer, zu beteiligen. Neue Rebellion, Friedensabkommen. Neue Rebellion, Friedensabkommen, und das Gleiche immer wieder. Das ist der Sisyphusmythos.
„Wir wollen nur das Recht haben, bei uns zu leben. Das ist alles, was wir fordern“, schließt unser Gesprächspartner. Das Geld ist der Nerv des Krieges, aber auch der Nerf des Friedens. Die Milliarden Francs CFA, von der internationalen Gemeinschaft nach jedem Aufstand mobilisiert, wurden oft nicht sinnvoll genutzt. Ein Teil dieser kolossalen Summen nahm andere Richtungen. Man regelte also nie die grundlegenden Probleme, sondern verschiebt sie, und sie tauchen wieder auf. Schließlich müssen wir die Entwicklung in diesen Wüstengebieten, wo der Lebensstil anders ist als im Süden, neu überdenken.
© 2015 RFI

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