DIE OPFER DER MENSCHENRECHTSVERLETZUNGEN IM NORDEN MALIS WARTEN NOCH LANGE AUF GERECHTIGKEIT – Ni justice ni paix pour le nord du Mali

1. Gerechtigkeit für die Opfer in Mali
Deutsche Welle – 17/10/2014
Aus der Kultur des Arrangierens ausbrechen und den Kampf gegen die Straflosigkeit verstärken: Gespräch mit dem unabhängigen Sachverständigen der UN, zuständig für Menschenrechte, Suliman Baldo.
2. Keine Gerechtigkeit, kein Frieden für den Norden Malis
BAMAKO (IRIN) – 13 October 2014
Tausende von Nordmaliern, die während der Besetzung ihres Landesteils Menschenrechtsverletzungen erlitten, warten immer noch auf Gerechtigkeit.
3. Der lange Weg zur Gerechtigkeit in Mali
Freedom House – 8. September 2014
„Die Gewaltakteure von heute waren die Opfer von gestern.“ Beim Tee am Ufer des Niger in Bamako brachte ein lokaler Aktivist kürzlich dieses gemeinsame Anliegen zum Ausdruck. Wenn das formale Rechtssystem ausfällt, mögen sich Einzelne entscheiden, ihre eigene „private“ Gerechtigkeit umzusetzen. In Mali, einem Land, in dem viele meinen, dass das Justizsystem nicht richtig funktioniert, wenn überhaupt, stellen die im Nord-Konflikt begangenen Menschenrechtsverletzungen eine enorme Herausforderung dar. …Continued in English

DEUTSCHE ODER ENGLISCHE ARTIKEL WEITER UNTER DEM ZWEITEN FOTO

1. Rendre justice aux victimes au Mali
Deutsche Welle – 17.10.2014
Par Yaya KONATE
Sortir de la culture de l’arrangement et renforcer la lutte contre l’impunité, c’est l’une des principales recommandations faites au Mali par l’expert indépendant de l’ONU chargé des droits de l’homme, Suliman Baldo.

Dans le désert, les vieilles rivalités doivent cesserPhoto (c) Chris Simpson/IRIN: Dans le désert, les vieilles rivalités doivent cesser“
Alte Rivalitäten in der Wüste stoppen

« La justice ne peut pas attendre » (Suliman Baldo)
L’expert indépendant de l’ONU chargé des droits de l’homme, Suliman Baldo a bouclé une mission de dix jours au Mali. Mission au cours de laquelle il a eu de multiples rencontres avec des victimes et acteurs de droits de l’homme, même s’il n’a pas pu se rendre dans le nord du pays pour des raisons de sécurité. La situation sécuritaire se dégrade et a pour conséquence une détérioration de la situation des droits de l’homme dans le nord du pays. Alors dans ce contexte, comment rendre justice aux victimes de la crise ? En cliquant sur le lien, écoutez ci-dessus, la réponse de Suliman Baldo au micro de notre correspondant à Bamako, Yaya Konaté.
http://www.dw.de/popups/mediaplayer/contentId_18002799_mediaId_18002332
© 2014 DW.DE

2. Ni justice ni paix pour le nord du Mali
BAMAKO (IRIN), 14 octobre 2014 – Des milliers de Maliens du Nord victimes de violations des droits de l’homme durant l’occupation de leur région peinent à obtenir réparation. L’inquiétude règne quant au climat d’impunité qui semble persister et au contrôle pour le moins chancelant du gouvernement dans de nombreuses zones de la région.
Les habitants du Nord ont été confrontés aux disparitions forcées, à la torture, aux exécutions sommaires et aux violences sexuelles, notamment depuis mars 2012, lorsque les islamistes ont occupé une grande partie du territoire.
Des enquêtes s’ouvrent avec hésitation
« Des enquêtes sur les crimes commis pendant et après l’occupation viennent de commencer », a dit Guillaume Ngefa, directeur de la Division Droits de l’Homme de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). « Les juges et les procureurs sont bloqués par la situation instable en matière de sécurité et, dans le Nord, de nombreuses victimes ne reçoivent pas une aide juridique adéquate ou n’ont pas accès à la justice », a ajouté M. Ngefa.
L’arrivée des forces d’occupation en mars 2012 a poussé des milliers de personnes à l’exode vers le sud ou dans des pays voisins. Ceux qui sont restés ont été soumis à la charia la plus stricte. Les crimes tels que le vol ou l’adultère étaient punis de détention arbitraire, de coups de fouets, d’amputation et même de mort. Les femmes étaient particulièrement visées et risquaient d’être battues ou arrêtées si elles ne portaient pas le voile. Les groupes armés ont par ailleurs enrôlé des enfants pour combattre dans leurs rangs.
Les séquelles de l’occupation
Lorsque le président Ibrahim Boubacar Keita est entré en fonction en septembre 2013, il a promis de s’attaquer aux crimes commis durant l’occupation et de mettre un terme à la culture de l’impunité.
Mais le nombre d’affaires à traiter s’est accumulé. « Nous avons établi l’existence de plus de 500 cas d’atteintes à la loi dans le Nord depuis le début du conflit, en janvier 2012 », a dit Saloum Traoré, directeur d’Amnesty International (AI) au Mali. AI, l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) et Human Rights Watch (HRW) ont à eux trois enregistré des centaines de cas de violences sexuelles, d’amputations et d’exécutions sommaires.
Au nombre des affaires figure l’exécution de plus de 150 soldats de l’armée malienne à Aguelhoc, qui aurait été perpétrée par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), en collaboration avec son allié de l’époque, Ansar Dine, en janvier 2012. Le MNLA a farouchement nié toute implication dans l’affaire d’Aguelhok, mais le mouvement séparatiste est également accusé d’actes de violence sexuelle et de recrutement d’enfants-soldats.
Drissa Traoré, juriste de l’AMDH à Bamako, a fait état de 50 cas de viols présumément commis par le MNLA. Des islamistes de haut rang, dont le commissaire de la police islamique à Gao, Aliou Mahamar Touré, et son homologue à Tombouctou, Ag Alfousseyni Houka Houka, ont fait l’objet de plaintes.
Au sud des zones occupées, AI et l’AMDH rapportent des cas signalés dans des villages de la région de Mopti, qui a accueilli de nombreuses communautés de déplacés du Nord.
Un appareil juridique déficient
Bien que le gouvernement et plus particulièrement son ministère de la Défense reconnaissent que les crimes commis au cours du conflit doivent être jugés, on ignore encore comment et quand cela va se produire.
Plusieurs familles de victimes ont saisi la justice pour la perte de proches ou des blessures infligées à des membres de leur famille, pour la plupart avec l’aide d’avocats locaux. Selon l’AMDH, plus de 30 familles ont porté plainte et signalé des disparitions auprès de la police ou de la gendarmerie et écrit des lettres à des procureurs détaillants les crimes dont leurs proches auraient fait l’objet.
Mais les rouages de la justice sont compliqués. Des observateurs ont signalé des déficiences dans le système juridique malien. Les juges, les procureurs et les experts légistes ne sont pas assez nombreux et le système est entravé par des contraintes logistiques et financières. Des enquêteurs doivent souvent collecter des témoignages, ce qui n’est pas chose aisée à l’heure actuelle.
« En raison des affrontements qui se poursuivent et de l’insécurité persistante, il est difficile pour les juges et les experts légistes de se rendre dans le Nord pour mener leurs enquêtes », a dit Guillaume Ngefa. Les conditions de sécurité restent difficiles. Le Nord a été stabilisé par la présence d’une force de maintien de la paix des Nations Unies et un millier de soldats français, mais des attaques se produisent encore dans de nombreux secteurs de la région où des violations ont été commises. Le 3 octobre, neuf agents de maintien de la paix des Nations Unies ont été tués et trois blessés dans un attentat à la bombe en bord de route à Kidal. Le nombre d’agents de maintien de la paix des Nations Unies tués au Mali depuis que la MINUSMA a pris le relai de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) en juillet de l’année dernière est ainsi passé à 30.
Des tribunaux hors service
Le ministère de la Justice malien a déployé des cliniques d’information mobiles dans le Nord pour collecter les témoignages des victimes et leur apporter un soutien. En principe, les cas signalés devraient être transmis directement aux tribunaux du Nord en vue de poursuites, mais ces tribunaux ne sont pas encore en état de fonctionner. Lorsque l’AMDH a préparé des affaires contre des membres de la police islamique à Gao et Tombouctou, les témoins ont dû se rendre à Bamako, dans le Sud, où se tient le tribunal chargé de traiter les crimes commis dans le Nord.
Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales qui luttent contre les violations des droits de l’homme apportent leur soutien à ceux qui cherchent à obtenir justice. Mais les fonds manquent pour mener des actions de suivi et porter les affaires devant les tribunaux. Les frais de justice sont bien trop élevés pour la plupart des Maliens. Il revient souvent aux individus de suivre les affaires avec les autorités locales.
Des soldats mis en cause
Les accusations de violations de droits de l’homme ne se limitent pas au Nord et les présumés coupables ne sont pas exclusivement des djihadistes ou des combattants séparatistes. En novembre 2013, l’AMDH a intenté pour la première fois un procès dans lequel l’association représentait 23 victimes de violations présumément commises par des membres des forces armées maliennes après le coup d’État militaire à Bamako en mars 2012 qui a opposé des factions rivales de l’armée.
HRW a recueilli des témoignages attestant de l’implication de soldats maliens dans des infractions graves. Les autorités maliennes ont promis de prendre des mesures le cas échéant. Mais Corinne Dufka, chercheuse principale de HRW pour l’Afrique de l’Ouest, a signalé que seulement quelques cas avaient donné lieu à des enquêtes poussées et qu’aucun des présumés coupables d’exactions n’avait été traduit en justice.
Le président de l’AMDH, Moctar Mariko, a fait état de cas de civils disparus ou emportés par les forces armées maliennes. « Les questions de membres de leur famille pour savoir où ils se trouvaient étaient ignorées ou ne recevaient pas de réponse. Certains avaient même peur de demander », a dit M. Mariko.
Alou Namfe, procureur de la République chargé de traiter les crimes commis durant l’occupation du Nord, a critiqué l’inaction des tribunaux et de la gendarmerie. « Les fonctionnaires judiciaires qui ont demandé à la gendarmerie d’enquêter sur certains crimes liés au conflit ont été ignorés et les plaintes portées devant les tribunaux n’ont pas encore été traitées », a signalé M. Namfe.
Les arrestations ne sont pas synonymes de poursuites
Quelques mesures ont toutefois été prises, mais avec des résultats mitigés. Selon les chiffres des autorités maliennes, depuis janvier 2013, au moins 495 hommes soupçonnés d’appartenir à des groupes armés ont été arrêtés, mais plus de 300 d’entre eux ont depuis été libérés. Dans certains cas, les enquêteurs n’ont pas réussi à confirmer leur identité ou leur affiliation aux factions armées. D’autres ont été libérés dans le cadre d’échanges de prisonniers entre les groupes armés et le gouvernement de Bamako. L’ancien commissaire de police de Tombouctou, M. Houka Houka faisait partie des personnes libérées. Selon des témoignages, de nombreux autres individus impliqués dans l’occupation islamiste ont simplement quitté le pays.
Alou Namfe est frustré par l’absence de justice. « Il y a des cas où les témoins et les victimes ont témoigné et le procureur a ouvert une enquête et le coupable a été libéré », a signalé M. Namfe.
Guillaume Ngefa reste optimiste. « Le problème de l’impunité date de l’indépendance d’avec la France il y a plus de 60 ans », a expliqué M. Ngefa. « Les accords de paix précédents ont eu du mal à aborder la question des droits de l’homme. Dans certains cas, les coupables n’ont même pas été jugés. Cette fois-ci, je crois qu’il y a la volonté politique de juger les crimes commis pendant le conflit armé. »
D’après Moctar Mariko, les coupables ne devraient pas échapper à la justice. « Nous craignons que les gros poissons, les commandants responsables de ces actions, soient libérés tandis que d’autres restent en prison ». M. Mariko a souligné que les tribunaux avaient du pain sur la planche. « Les prisonniers ne devraient pas être libérés avant que les magistrats aient le temps de boucler leurs enquêtes. »
Le Nord reste vulnérable
Des craintes demeurent également quant à de nouvelles violences dans le Nord. Des plaintes de violations des droits de l’homme et de persécution systématique des touaregs et des Arabes avaient alimenté la rébellion qui a éclaté en janvier 2012. Des défenseurs des droits de l’homme ont averti que les actions de petits groupes de djihadistes qui organisaient des attentats et des embuscades dans le Nord risquaient de conduire à de nouvelles vagues de représailles de la part de l’armée malienne visant les touaregs et les Arabes sans discernement. Le 24 septembre, un groupe de touaregs a été fait prisonnier par des membres d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) dans la région de Kidal. Les hommes étaient accusés d’être des informateurs des forces françaises. Deux jours plus tard, des villageois ont trouvé la tête de l’un de ces hommes sur un étal d’un marché local.
« Dans de nombreux cas […] la population et la justice savent où se trouvent les coupables, mais se montrent réticentes à les dénoncer, surtout s’ils appartiennent au même groupe ethnique. [Or] si justice n’est pas rendue, d’autres risquent de chercher à se venger », a dit M. Mariko.
kh/aj/cs-ld/amz
© 2014 IRIN

1. Gerechtigkeit für die Opfer in Mali
Deutsche Welle – 17/10/2014
Von Yaya Konate
Aus der Kultur des Arrangierens ausbrechen und den Kampf gegen die Straflosigkeit verstärken, das ist es eine der wichtigsten Empfehlungen für in Mali vom unabhängigen Sachverständigen der UN, zuständig für Menschenrechte, Suliman Baldo.
„Gerechtigkeit kann nicht warten“ (Suliman Baldo)
Der UN-Experte für Menschenrechte, Suliman Baldo, hat eine zehntägige Mission in Mali abgeschlossen, während der er mehrere Treffen mit Opfern und Akteuren der Menschenrechte hatte, auch wenn er aus Sicherheitsgründen nicht in den Norden des Landes fahren konnte. Die Sicherheitslage verschlechtert sich und führt somit zu einer Verschlechterung der Lage der Menschenrechte im Norden. Wie kann in diesem Zusammenhang den Opfern der Krise Gerechtigkeit widerfahren? Im Tondokument hören sie die Antwort von Suliman Baldo am Mikro unseres Korrespondent in Bamako, Yaya Konate.
© 2014 DW.DE

2. No justice, no peace for northern Mali
BAMAKO (IRIN) – 13 October 2014
Thousands of northerners who experienced human rights abuses during the occupation of Mali’s north are struggling to find redress amidst concerns that a climate of impunity is continuing and the government’s control in many areas of the north is at best shaky.
People in the north were exposed to forced disappearances, torture, summary executions and sexual abuse, with most of the offences committed after March 2012 when Islamist extremists occupied large parts of territory.
Investigations begin, but hesitantly
“Investigations into crimes committed during the occupation and its aftermath have just started,” said Guillaume Ngefa, head of the human rights division within MINUSMA, the UN’s Multidimensional Integrated Stabilisation Mission in Mali. “While judges and prosecutors are stalled by an instable security situation in the north many victims have not been given adequate legal assistance or access to the judiciary,” Ngefa continued.
The arrival of occupying forces in March 2012 triggered the exodus of thousands of people fleeing south or into neighbouring countries. Those who remained were subjected to a harsh form of Sharia, or Islamic law. Punishment for crimes like theft and adultery included arbitrary detentions, whippings, amputations and even death. Women were particularly targeted, facing beatings and arrests for not wearing a veil. The armed groups also enrolled children as fighters.
The legacy of occupation
When President Ibrahim Boubacar Keita came into office in September 2013, he promised to address crimes committed during the occupation and to put an end to a long culture of impunity.
But there is a huge backlog of cases to deal with. “We have documented more than 500 cases of violations in the north since the conflict started in January 2012”, said Saloum Traoré, head of Amnesty International (AI) in Mali. AI, the Malian Association for Human Rights (AMDH) and Human Rights Watch (HRW) have between them registered hundreds of cases of sexual abuse, amputations and summary executions.
The caseload includes the executions of over 150 Malian government soldiers at Aguelhoc, allegedly by the separatist National Movement for the Liberation of Azawad, (MNLA), in collaboration with its then ally, Ansar Dine, in January 2012. The MNLA has fiercely denied any involvement in the Aguelhok. But the MNLA’s forces are also accused of acts of sexual violence and recruiting children into armed groups.
Drissa Traoré, a legal officer in the AMDH’s Bamako officer referred to 50 cases of rape allegedly committed by the MNLA. Senior Islamists, including Islamist police chief in Gao, Aliou Mahamatou Touré, and his counterpart in Timbuktu ,Houka Houka have been the object of complaints.
South of the occupied areas, AI and AMDH point to cases reported from villages in the Mopti area, which hosted large communities of displaced northerners.
Legal machinery still not in place
While the government and specifically its Ministry of Defense acknowledges that crimes committed during the conflict need to be addressed, exactly how and when this will happen is not yet clear.
Several families of victims have sought justice for the loss of or injury to family members, a majority with the help of local lawyers. More than 30 families have filed complaints and missing person reports with the police and gendarmerie, as well as written letters to prosecutors detailing crimes, according to AMDH.
But the legal mechanics are complicated. Observers highlight deficiencies in the Malian legal system, which lacks sufficient numbers of judges, prosecutors and forensic experts, and is hampered by logistical and financial constraints. Cases often need testimony from witnesses delivered to official investigators, but this is not easy to obtain at present.
“Continued clashes and insecurity make it difficult for judges and forensic experts to travel to the north to conduct investigations”, Guillaume Ngefa said. Security conditions remain difficult. The north is stabilized by a UN peacekeeping force and around 1,000 French troops, though attacks still occur in many of the northern areas where the abuses occurred. On October 3, nine UN peacekeepers were killed and three wounded in a roadside bomb in Kidal. This brought the number of UN peacekeepers in Mali killed since MINUSMA took over from the African Union force AFISMA in July last year to 30.
Where are the courts?
Mali’s Justice Ministry has deployed mobile information clinics in the north to gather victim testimony and provide some level of victim support. In principle, cases reported will be referred directly to courts in the north for prosecution, but those courts are not yet up and running. When AMDH prepared cases against members of the Islamic police in Gao and Timbuktu, witnesses had to go south to Bamako, which hosts the court assigned to handle crimes committed in the north.
Support to those seeking justice is available from several international and national NGOs involved in pursuing human rights violations. But there is little funding for follow up action and the bringing of court cases. Legal costs are prohibitively high for most Malians. It often falls to individuals to track cases with the local authorities.
Soldiers face questions too
Concerns on human rights violations are not confined to the north and the alleged perpetrators are not exclusively jihadist and separatist fighters. In November 2013 AMDH filed its first case representing 23 victims of violations allegedly committed by the Malian armed forces following a military coup in the capital Bamako in March 2012 which saw rival army factions pitted against each other.
HRW has collected testimonies implicating Malian soldiers in serious abuses. The Malian authorities have promised to take action where appropriate. But Corinne Dufka, senior West Africa researcher with HRW, warned that only a few cases had led to further investigations, and none of those allegedly responsible for exactions brought to justice.
AMDH President Moctar Mariko warned of instances where civilians had either disappeared or been taken by the Malian armed forces. “Questions by family members as to the whereabouts of their relatives were ignored or left unanswered. Others were afraid to even ask,” Mariko said.
Alou Namfe, a government prosecutor assigned to handle crimes committed during the occupation of the north criticised the inaction shown by both the courts and the gendarmerie in grappling with offences. “Judicial officers requesting the gendarmerie to investigate certain conflict-related crimes have been ignored and complaints filed with the courts so far have not been acted upon,” Namfe warned.
Arrest does not mean prosecution
However, some action has been taken, albeit with mixed results. According to figures from the Malian authorities, since January 2013 at least 495 men believed to be members of the armed groups have been arrested; but up to 300 of the same men have since been released. In some cases, investigators were unable to confirm their identity or affiliation with the fighting factions. Others were release in prisoner exchanges between the armed groups and the Bamako government. Former Timbuktu police boss Houka Houka was amongst those let go. There are reports of many other involved in the Islamist occupation simply leaving the country.
Alou Namfe is frustrated by the lack of justice. “There are cases where witnesses and victims have testified and the prosecutor has opened a case, and still the offender is released,” Namfe pointed out.
Guillaume Ngefa saw hope for change. “The problem of impunity dates back to the independence from France over 60 years ago”, Ngefa explained. “Previous peace agreements have struggled to look into the question of human rights; in some cases the offenders were never tried. This time I believe there is a political will to deal with crimes committed during the armed conflict.”
Moctar Mariko said the guilty should not evade justice. “We are worried that the big fish, the commanders responsible for these actions, will be released while others remain in jail.” Mariko stressed the courts had a job to do. “Prisoners should not be released before the judiciary has had time to finish their investigations.”
The north remains vulnerable
There is concern too about a new chapter of violence in the north. Complaints of human rights violations and the systematic victimisation of Tuareg and Arabs helped fuel the rebellion that broke out in January 2012. Human rights activists warn that the actions of small groups of Jihadists, staging attacks and ambushes in the north, will lead to new waves of reprisals from the Malian military, with Tuaregs and Arabs again targeted indiscriminately. On 24 September a group of Tuareg men were detained by members of AQMI, al-Qaeda in the Islamic Maghreb, in the region of Kidal. The men were accused of being informers to the French forces. A couple of days later villagers found the head of one of the men at a stall in the local market.
“In many cases… the population and the justice know where the offenders are but are reluctant to give them up, especially if they are from the same ethnic group. If there is no justice, others might seek revenge,” said Mariko.
kh/aj/cs
© 2014 IRIN

3. The Long Road to Justice in Mali
freedom house – September 8, 2014
By Russell Raymond
Program Officer, Rights & Justice Initiatives
(Freedom House is an independent watchdog organization dedicated to the expansion of freedom around the world.)
“The violent actors of today were the victims of yesterday.” Drinking tea along the bank of the Niger River in Bamako, a local activist recently expressed this common concern. If the formal justice system fails, individuals may decide to implement their own “private” justice. In Mali, a country where many feel that the justice system works poorly, if at all, the human rights violations committed in the northern conflict present an enormous challenge. During interviews in the capital, human rights experts and officials have frequently underscored the need to end endemic impunity and ensure that victims are considered in the ongoing peace negotiations.
The outbreak of violence that began in 2012 was driven in large part by the spread of Islamist extremist groups into northern Mali. Thousands of residents fled south or to neighboring countries, and those who remained were subjected to a crude and brutal form of Sharia (Islamic law). The militants punished those who did not follow their edicts with arbitrary detentions, whippings, and amputations. Women were particularly affected, facing beatings for improper dress. Rape, as well as the abduction of women and girls, was widely reported. The armed groups also used child soldiers. With a UN peacekeeping force now operating in northern Mali, a tense stability has returned, though attacks still occur.
– The Government’s Uncoordinated Response –
While the government acknowledges that crimes committed during the conflict need to be addressed through both standard justice and transitional justice mechanisms, exactly how and when this will happen is not yet clear. At present, the Ministry of Justice and the Ministry of Reconciliation are pursuing four seemingly uncoordinated initiatives. Victims, and even local human rights organizations that follow the situation closely, remain uncertain on the process and when they will start to see action.
After the Malian government’s loss of control of the north, the official justice system disappeared there, and it has yet to return. Currently, the Supreme Court has empowered the court in Bamako’s Commune III to adjudicate cases from the north. However, cases often need witness testimony, and much of the north is still too unstable to conduct official investigations. Moreover, the location of the court in southern Mali, far from the north, makes this temporary solution flawed at best.
A second element of the government’s response is compensation for victims. A law to authorize such payments was passed in 2012, but the Ministry of Justice has yet to issue an official decree outlining the specifics of the process. Some experts are concerned that compensation may only go to those who suffered physical injuries, leaving those whose property was stolen or destroyed with no assistance.
Third, the Ministry of Justice is working to deploy mobile information clinics in the north, which will document the testimonies of victims and possibly provide some degree of psychological or trauma support. How the resulting records will be used is unclear to local human rights organizations, with one group assuming that the mobile centers will only be listening to victims’ stories for therapeutic purposes. However, a representative of Ministry of Justice gave the impression that the cases would be referred directly to courts in the north for prosecution, but did not specify how this process would work. Whether the details of the plan for the mobile clinics are known internally or not, the Ministry of Justice would do well to fully inform and engage local civil society groups in the effort.
Lastly, following the Ouagadougou agreement signed between the government and some rebel groups in June 2013, the Ministry of Reconciliation has been tasked with organizing a Commission of Dialogue, Justice, Truth, and Reconciliation.(*) This commission will prepare a report on crimes committed from Mali’s independence in 1960 to the present, and will submit recommendations to the president. The panel will conduct its own investigations and documentation, separate from the work of the Ministry of Justice. While many human rights organizations noted that “justice” was recently added to the commission’s mandate, precisely what form this would take is not clear.
All this is happening as Mali’s justice system is undergoing a reform process. Many experts agree that reform is sorely needed. Citizens’ ability to seek justice is largely hindered by a lack of knowledge of how the system works, the great physical distance of many courts from their communities, and lawyers’ fees that are prohibitive for the average Malian. In fact, many experts say that most people “fear” the formal justice system because of a lack of familiarity with its role and procedures.
– The Path Forward –
An international official in Bamako commented last month that impunity in Mali has been a problem for decades, particularly in the north. “Past violations were never addressed,” he said. Peace talks between Mali’s government and northern rebel groups resumed on September 1 in Algiers, but victims of the conflict are unlikely to obtain justice or compensation anytime soon, and some worry that justice may be denied entirely in the final political settlement. This would be a mistake. The government of Mali and its international partners have an opportunity to turn the page on past failures and help rebuild public confidence by demonstrating a renewed commitment to the rights of the country’s citizens.
A political accord among leaders is necessary to bring an end to the current conflict and see a return of state institutions to the north, but it is not sufficient, particularly if the aim is to prevent future cycles of violence. Long-term stability requires restoring the dignity of victims through justice and reconciliation. International actors involved in the negotiations, such as the European Union and African Union, should ensure that the victims are not forgotten in the final agreement.
The government speaks openly about the need for justice, but many observers doubt whether it has the political will and capacity to follow through on this sentiment. In the near term, the government should improve coordination of its judicial response to the crimes committed during the recent crisis. It should ensure that the Ministry of Reconciliation and the Ministry of Justice are working together on both standard and transitional justice processes, and that any separate initiatives are designed to support the work of the government as a whole. The government should also take steps to include local civil society in its efforts and share information with the public. Finally, a number of local organizations have been documenting the cases of victims throughout Mali, particularly in the north; the Ministry of Justice should collaborate with these groups so that the work they have already conducted contributes to the official adjudication of the cases.
Local human rights workers, who have braved much to document abuses, report that many victims call from time to time, inquiring about the status of their cases and the likelihood of any compensation or support. Sadly, the process of addressing these needs has barely begun.
© 2014 freedomhouse.org

(*) Nachtrag: Die Einrichtung dieser Kommission, la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) ließ noch ein Jahr auf sich warten.
=> WAHRHEITSKOMMISSION ZUR BEARBEITUNG DER NORDKONFLIKTE HAT JETZT EINEN VORSITZENDEN – Commission Vérité, Justice et Réconciliation: Le Pr Ousmane Oumarou Sidibé nommé président
– 09/08/2015 in den MALI-INFORMATIONEN

Ein Gedanke zu „DIE OPFER DER MENSCHENRECHTSVERLETZUNGEN IM NORDEN MALIS WARTEN NOCH LANGE AUF GERECHTIGKEIT – Ni justice ni paix pour le nord du Mali

  1. En supplément

    Crimes commis au nord du Mali: plainte déposée contre 15 jihadistes
    RFI – 07 mars 2015
    Par David Baché
    Une plainte a été déposée à Bamako ce vendredi 6 mars par sept organisations de défense des droits de l’homme, au nom de 33 victimes, contre 15 auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Les faits se sont déroulés au cours des 10 mois d’occupation jihadiste au nord du Mali, en 2012.
    Une cinquantaine de témoignages, des documents administratifs, des vidéos : voilà sur quoi s’appuie la plainte déposée au nom de 33 victimes de la région de Tombouctou. Une plainte contre 15 personnes, qui n’ont pas été ciblées au hasard.
    « Ces 15 personnes étaient dans l’organigramme de ces groupes armés. Elles ont eu des responsabilités, affirme Maître Moctar Maricko, président de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH). Voilà pourquoi les victimes les ont identifiées. La plupart sont des Maliens, mais il y a aussi des étrangers. Ils sont sur le sol malien, et en vie. Mais une de ces personnes serait en détention en Mauritanie. » Ils sont donc accessibles pour la justice malienne, qui selon Maître Moctar Maricko, « peut maintenant les appréhender. »
    – Raids armés –
    La plainte concerne des actes qualifiés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. « Ces hommes effectuaient des raids armés, de jour comme de nuit, dans les maisons dans les marchés, surveillant la prétendue application ou non de la Charia, explique Maître Clémence Bectarte, coordinatrice du groupe d’action judiciaire de la FIDH. Sous ce prétexte, tous les crimes étaient perpétrés, des arrestations, des emprisonnements arbitraires, des actes de torture, des jeunes hommes et femmes condamnés à des coups de fouet, etc. Le nombre de mariages forcés a également été très important. »
    Les organisations plaignantes évoquent un mode opératoire récurrent destiné à terroriser et asservir la population civile.
    © 2015 RFI

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