BERICHT AUS DER REGION GAO, DER DEN MENSCHEN EINE STIMME GIBT – Des habitants de la région de Gao parlent

Wenn die Menschen aus der Region Gao reden …
Gao (Le Reporter) – 17.09.2014
Wenn auch die städtischen Strukturen in Gao funktionieren, so ist der Staat in 3 Nomadengemeinden der Region Gao völlig abwesend. Die Rathäuser, die nach und nach im Jahr 2013 wieder geöffnet worden waren, arbeiten nach den Zusammenstößen von Kidal am 21. Mai nicht mehr. Entweder sind die Beamten geflohen, oder sie weigern sich, ihre Funktion wieder aufzunehmen. Sie fürchten die „neuen Behörden“, die sie verwalten.

DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEM ORIGINAL

LESEN SIE => HIER den jüngsten Bericht von Charlotte Wiedemann in Le Monde Diplomatique vom 12.09.2014:
Mission Mali
Ein Desaster hinter der Fassade des Erfolgs

=> MORE Pourparlers/Gespräche von Algier in MALI-INFORMATIIONEN

Des habitants de la région de Gao parlent …
Gao (Le Reporter) – 17.09.2014
Par Françoise WASSERVOGEL
Si l’état civil fonctionne correctement à Gao, l’Etat est totalement absent des 3 communes nomades de la région de Gao. Les mairies qui avaient été remises en route progressivement en 2013, ne fonctionnent plus depuis les affrontements de Kidal, le 21 mai. Soit les fonctionnaires ont fui, soit ils refusent de reprendre fonction. Ils craignent «les nouvelles autorités» qui les administrent.

La jeunesse de Gao dans la rue
Foto (c) maliweb: La jeunesse de Gao dans la rue – Die Jugend von Gao auf der Straße

Par exemple, à Djebok, c’est le Mnla. À Tilemsi, c’est le Hcua. Dans les 7 communes du cercle de Ménaka, les entrées, les sorties, et l’administration sont contrôlées par le Mnla. De très nombreuses écoles des communes nomades n’ont jamais re-fonctionné. Il y a des enfants qui n’ont pas eu classe depuis bientôt 3 ans. On peut se demander ce que ces groupes armés veulent en empêchant la scolarisation des enfants maliens.
Depuis le 21 mai, le Mnla se répand sournoisement hors de la région de Kidal, jusque dans les communes proches de Gao. Les gens se disent que, sans ces affrontements, on n’en serait pas là. Ils ont perdu confiance en l’armée malienne, en Serval, et en la Minusma, car toutes ces forces étaient présentes sur le terrain. Ils doutent aussi de l’efficacité des différents cessez-le-feu, puisque les signataires peuvent ne pas les respecter. Les populations ont pris conscience qu’il fallait qu’elles se prennent en charge elles-mêmes d’un point de vue sécuritaire.
Toutes les communautés qui ne font pas partie du Mnla se sont retrouvées pour débattre. Elles en ont conclu que la première étape était leur propre cohésion sociale, leur propre entente intercommunautaire, c’est-à-dire entre Arabes, Maures, Peuls, Sonraïs et Touareg etc., mais aussi entre sédentaires et nomades. Elles ont décidé de faire front ensemble pour se défendre elles-mêmes face à la menace. Elles se sont bien armées et attendent ensemble.
Depuis le lancement de Serval, on évoque la nécessité de rendre justice à ceux qui ont été victimes d’exactions depuis janvier 2012. Rien n’a jamais été amorcé sur place. Mais, les gens sont patients. Grâce aux nombreux forums qu’ils ont tenus à Gao comme à Ansongo, ils ont compris les priorités. Certains criminels, qui ont commis des actes ignobles, sont de retour en ville. Les gens les ont rencontrés. Les choses leur ont été dites. Les sanctions pénales et le pardon viendront. Tout viendra en son heure.
Quand on a beaucoup attendu, on peut attendre encore un peu. Personne n’oublie. La paix définitive ne sera construite que sur la justice, mais il faut d’abord arriver au seuil de la paix. Les populations attendent la paix aussi pour exiger qu’on leur explique pourquoi certaines choses ont eu lieu, et pourquoi on a laissé faire. Pourquoi, le 1er juin 2013, des Noirs ont pu être expulsés de Kidal ? Pourquoi et comment les événements ont pu avoir lieu les 17 et 21 mai derniers à Kidal ? Les gens veulent savoir, mais ça peut attendre après la paix.
La Minusma et la force Serval sont très critiquées. Les populations ne voient aucun impact de la Minusma sur le terrain, malgré l’abondance de leur matériel. Ils ne comprennent pas pourquoi telle ou telle chose est faite, ou pas faite. Il faudrait que cette force onusienne explique aux gens. Même si certains reconnaissent que c’est Serval/Barkhane qui peut faire barrage à un retour des groupes armés en ville, tout le monde constate que cette force favorise les indépendantistes au détriment des populations.
Par exemple, le jeudi 11 septembre, des Arabes conduisaient des malades d’un de leurs villages vers l’hôpital de Gao. Des éléments de Barkhane les ont interpellés et emmenés, laissant les malades sur place. C’est l’armée malienne qui a dû conduire les malades à Bourem pour les faire soigner. Les gens se posent des questions et ne comprennent pas l’attitude de ces soldats français, donc celle de la France.
Ils n’hésitent pas aller jusque dans leurs camps pour le leur dire ouvertement. Ici, les populations savent que la réoccupation armée des régions rode en brousse. Elles le constatent. Elles savent qu’il y a quelques jours, des marches ont été organisées par le Mnla dans différentes communes pour soutenir les revendications d’indépendance de leurs représentants à Alger. Elles savent qu’à Ménaka, des vignettes «Etat de l’Azawad» sont vendues aux motocyclistes pour 5000 Fcfa, afin de pouvoir circuler.
Elles savent que samedi dernier, le 13, lors de la marche à Kidal, le Mnla a exigé que les commerçants Sonraïs ferment leurs boutiques et les rejoignent. Une «bousculade» a eu lieu. Un véhicule transportant des femmes et des enfants Sonraïs a été renversé. Il y a eu un mort et des blessés. Le lundi 14, à Ménaka, des «cartes d’identité nationale Azawad» ont dû être mises en circulation, avec l’intention probable de chasser ceux qui ne pourront pas la présenter. Tout ceci les gens le savent, et sont extrêmement préoccupés. C’est pour ça qu’ici, les populations sont suspendues à ce qui se passe à Alger.
On parle beaucoup de la société civile dans la presse, or, cette expression induit les lecteurs en erreur. Ces gens ne représentent pas les communautés, ils ne peuvent pas parler en leur nom, car ce ne sont que des délégués d’associations. La preuve, avant la reprise des négociations, Modibo Keïta, le haut représentant du chef de l’Etat pour le dialogue inclusif inter-malien, a écrit au gouverneur de Gao pour lui dire qu’il fallait envoyer deux représentants des communautés, qui devraient être choisis, après concertation, parmi les femmes, les autorités traditionnelles coutumières, les notables, les marabouts et les jeunes, et qui devaient être impérativement désignés parmi ceux restés sur place pendant l’occupation.
La concertation a eu lieu chez le gouverneur, entre des délégués venus d’Ansongo, Bourem, Ménaka et du cercle de Gao. C’est un jeune, et un cadre des chefs coutumiers, qui ont été choisis. Avant de partir, le jeune a rencontré toutes les organisations de jeunes ici. Il leur a présenté la feuille de route. Il a collecté toutes leurs propositions pour porter la voix des jeunes de Gao à Alger. Les femmes soutiennent ces deux représentants. Il est important de noter que ces 2 là resteront tout le long des débats, contrairement à la «société civile», qui a déjà dû quitter les pourparlers pour repartir à Bamako.
D’autre part, des limites avec la région de Tombouctou jusqu’à la frontière avec le Niger, toutes les communautés se sont cotisées pour également apporter leur soutien aux groupes armés non séparatistes qui partaient négocier à Alger. Elles leur font confiance. Les populations gardent espoir que ces négociations aboutissent à un accord porteur de stabilité, mais elles craignent que ce ne soit qu’un accord de plus, qui, comme les précédents, en 1991, 1992 et 2006, n’amènera pas une paix définitive.
Il est clair qu’en l’état actuel de la situation dans le nord, «ou ça passe ou ça casse. Si les accords signés ne sont pas satisfaisants, le risque de guerre civile est inévitable». Il faut que tous ceux qui sont au chevet du Mali le comprennent. Si jamais un autre Etat était installé ici, les communautés très largement majoritaires dans le septentrion ne l’accepteraient pas. Le Secrétaire général de la plateforme des cadres de Gao a même prévenu en disant qu’il faudra alors «s’attendre à un éboulement dans le Sahel !» Le terrorisme international n’attend que ça.
© 2014 Le Reporter

Wenn die Menschen aus der Region Gao reden …
Gao (Le Reporter) – 17.09.2014
Von Françoise Wasservogel
Wenn auch die städtischen Strukturen in Gao funktionieren, so ist der Staat in 3 Nomadengemeinden der Region Gao völlig abwesend. Die Rathäuser, die nach und nach im Jahr 2013 wieder geöffnet worden waren, arbeiten nach den Zusammenstößen von Kidal am 21. Mai nicht mehr. Entweder sind die Beamten geflohen, oder sie weigern sich, ihre Funktion wieder aufzunehmen. Sie fürchten die „neuen Behörden“, die sie verwalten.
Beispielsweise in Djebok, die MNLA. In Tilemsi, der HCUA. In den 7 Gemeinden des Kreises Ménaka werden Zugang und Verwaltung von der MNLA kontrolliert. Zahlreiche Schulen in den Nomadengemeinden haben noch nie wieder die Arbeit aufgenommen. Es gibt Kinder, die seit fast 3 Jahren keinen Unterricht mehr hatten. Man kann sich fragen, was diese bewaffneten Gruppen wollen, wenn sie die Einschulung der malischen Kinder verhindern.
Seit dem 21. Mai breitet sich die MNLA heimlich aus der Region Kidal aus, bis in die nahe gelegenen Gemeinden der Region Gao. Die Leute sagen, dass sie ohne diese Auseinandersetzungen nicht dahin gelangt wären. Sie haben das Vertrauen in die malische Armee, in Serval verloren, und in die Minusma, weil alle diese Kräfte vor Ort waren. Sie stellen auch die Wirksamkeit der verschiedenen Waffenruhen in Frage, weil die Unterzeichner diese nicht respektieren könnten. Die Menschen haben erkannt, dass sie vom Standpunkt der Sicherheit aus selbst für sich sorgen müssen.
Alle Gemeinschaften, die nicht Teil der MNLA sind, sind zusammengekommen, um zu diskutieren. Sie schlossen daraus, dass der erste Schritt ihr eigener sozialer Zusammenhalt war, ihre eigene innergemeinschaftliche Verständigung, d.h. zwischen Arabern, Mauren, Peulh, Sonraïs und Tuareg usw., aber auch zwischen sesshaften und nomadischen Bewohnern. Sie beschlossen, zusammen zu stehen, um sich gegen die Bedrohung zu verteidigen. Sie haben sich gut bewaffnet und warten zusammen.
Seit dem Start von Serval erwähnt man die Notwendigkeit, denjenigen Gerechtigkeit widerfahren zu lassen, die seit Januar 2012 Opfer von Ausschreitungen wurden. Bisher ist vor Ort noch gar nichts begonnen worden. Aber die Menschen sind geduldig. Mit vielen Foren, die sie in Gao und Ansongo abhielten, haben sie die Prioritäten erkannt. Einige Kriminelle, die abscheuliche Taten begangen haben, sind wieder in der Stadt. Die Menschen sind ihnen begegnet und haben mit ihnen gesprochen. Strafrechtliche Sanktionen und Vergebung werden erfolgen. Alles wird zu seiner Zeit kommen.
Wenn man schon lange gewartet hat, kann man noch ein wenig länger warten. Niemand vergisst. Der endgültige Frieden kann nur auf Gerechtigkeit gebaut werden, aber es muss zunächst die Schwelle des Friedens erreicht werden. Die Menschen erwarten den Frieden auch, um eine Erklärung zu verlangen, warum bestimmte Dinge geschehen sind, und warum man sie zugelassen hat. Warum sind am 1. Juni 2013 die schwarzen Bewohner aus Kidal vertrieben worden? Warum und wie konnten die Ereignisse am 17. und 21. Mai in Kidal passieren? Die Leute wollen es wissen, aber es kann bis nach dem Frieden warten.
Die Minusma und die Servaltruppe werden sehr kritisiert. Menschen sehen keinerlei Wirkung der Minusma vor Ort, trotz der Fülle ihres Materials. Sie verstehen nicht, warum bestimmte Dinge getan oder nicht getan werden. Diese UN-Truppe müsste den Menschen Erklärungen liefern. Wenn auch einige erkennen, dass Serval / Barkhane sich einer Rückkehr der bewaffneten Gruppen in die Stadt in den Weg stellen kann, stellt jeder fest, dass diese Kraft die Separatisten auf Kosten der Bevölkerung favorisiert.
Zum Beispiel am Donnerstag, 11. September fuhren Araber Kranke aus einem ihrer Dörfer zum Krankenhaus in Gao. Soldaten von Barkhane verhafteten sie und ließen die Kranken vor Ort. Die malische Armee musste die Kranken zur Behandlung nach Bourem fahren. Die Menschen verstehen die Haltung dieser französischen Soldaten, also die von Frankreich, nicht.
Sie zögern nicht, in die Camps zu gehen, um dies offen zu sagen. Hier wissen die Menschen, dass die bewaffnete Wiederbesetzung der Gegend im Busch stattfindet. Sie stellen es fest. Sie wissen, dass vor ein paar Tagen durch die MNLA Märsche in verschiedenen Gemeinden organisiert wurden, um die Forderung nach Unabhängigkeit ihrer Vertreter in Algier zu unterstützen. Sie wissen, dass in Ménaka Plaketten „Staat Azawad“ an Motorradfahrer für 5000 CFA verkauft werden, damit man fahren darf.
Sie wissen, dass am Samstag, dem 13., beim Marsch in Kidal die MNLA forderte, dass die Sonraï-Händler ihre Läden schlossen und mitdemonstrierten. Ein „Handgemenge“ ist aufgetreten. Ein Fahrzeug, das Frauen und Kinder der Sonraïs transportierte, wurde umgestürzt. Es gab einen Toten und Verwundete. Am 14. mussten in Ménaka „Personalausweise von Azawad“ in Umlauf gebracht werden, mit der wahrscheinlichen Absicht, diejenigen, die sie nicht zeigen können, zu verjagen. All dies wissen die Menschen, und sind äußerst besorgt. Darum sind die Menschen hier auf das, was in Algier passiert, gespannt.
Es ist viel die Rede von der Zivilgesellschaft in der Presse, aber dieser Ausdruck führt die Leser in die Irre. Diese Leute repräsentieren nicht die Gemeinschaften, können nicht für sie sprechen, weil sie nur Vertreter von Verbänden sind. Der Beweis: vor der Wiederaufnahme der Verhandlungen schrieb Modibo Keïta, der Hohe Vertreter des Staatschefs für den inter-malischen integrativen Dialog, an den Gouverneur von Gao und sagte ihm, er solle zwei Vertreter der Gemeinschaften schicken, die nach Rücksprache unter den Frauen, den traditionellen Autoritäten, den Honoratioren, den Marabus und den Jugendlichen gewählt werden sollten, und die zwingend zu denen gehören sollten, die während der Besetzung in der Stadt geblieben waren.
Die Beratung fand beim Gouverneur zwischen Delegierten aus Ansongo, Bourem, Ménaka und dem Kreis Gao statt. Ein Jugendlicher und einer der traditionellen Häuptlinge wurden ausgewählt. Vor der Abreise traf der junge Mann alle Jugendorganisationen hier. Er präsentierte ihnen die Roadmap. Er sammelte alle ihre Vorschläge, um die Stimme der Jugend von Gao nach Algier zu bringen. Die Frauen unterstützen diese beiden Vertreter. Es ist wichtig zu sagen, dass diese beiden während der gesamten Debatten bleiben werden, anders als die „Zivilgesellschaft“, die bereits die Gespräche verlassen hat, um nach Bamako zurückzufahren.
Andererseits, von den Grenzen mit der Region Timbuktu bis zur Grenze zu Niger, haben alle Gemeinschaften für die Unterstützung der nicht-separatistischen bewaffneten Gruppen gesammelt, die nach Algier zum Verhandeln gingen. Sie vertrauen ihnen. Die Menschen bleiben hoffnungsvoll, dass diese Verhandlungen zu einem Stabilitätsabkommen führen, aber sie fürchten, dass es nur ein Abkommen mehr werden könne, das, wie seine Vorgänger 1991, 1992 und 2006 keinen dauerhaften Frieden bringen wird.
Es ist klar, dass in der aktuellen Situation im Norden, „es um alles oder nichts geht. Wenn die unterzeichneten Abkommen nicht zufriedenstellend sind, ist die Gefahr eines Bürgerkriegs unvermeidlich.“ All diejenigen, die am Krankenbett von Mali sind, müssen das verstehen. Wenn jemals ein anderer Staat hier installiert würde, würden das Gemeinschaften der sehr großen Mehrheit im Norden nicht akzeptieren. Der Generalsekretär der Plattform der leitenden Angestellten von Gao hat gewarnt, man müsse sich dann „auf einen Erdrutsch in der Sahelzone gefasst machen!“ Der internationale Terrorismus wartet genau darauf.
© 2014 Le Reporter

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