DIE JOURNALISTEN MÜSSEN WEITERMACHEN: INTERVIEW MIT ERIC SAMSON VON RFI, MITGRÜNDER EINES KORRESPONDENTENKOLLEKTIVS FRANKOPHONER MEDIEN – Assassinat des deux journalistes RFI: «Continuer, c’est le meilleur hommage qu’on puisse leur rendre»

Ermordung der RFI-Sonderkorrespondenten : „Weitermachen, das ist die beste Ehrung, die wir ihnen zukommen lassen können“
RFI – 6. November 2013
Sie sind etwa hundert, Sie hören und lesen sie jeden Tag. Die RFI-Korrespondenten wollen sich an der Hommage für unsere Freunde und Kollegen Ghislaine Dupont und Claude Verlon, in Mali ermordet, beteiligen.

DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEM ORIGINAL

Assassinat des envoyés spéciaux de RFI: «Continuer, c’est le meilleur hommage qu’on puisse leur rendre»
RFI – 6 novembre 2013.
Ils sont une centaine, vous les écoutez et les lisez tous les jours. Les correspondants de RFI souhaitent s’associer à l’hommage à nos amis et collègues Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés au Mali.
RFI 05.11.13_montage_Claude Verlon et Ghislaine Dupont602x450malijet
Foto (c) RFI montage: Claude Verlon et Ghislaine Dupont

De très nombreux correspondants font partie du collectif Spartacus. Eric Samson, correspondant de RFI en Equateur et au Pérou, est l’un des fondateurs de ce groupe.
RFI : Eric, comment avez-vous réagi en apprenant l’assassinat de Claude Verlon et Ghislaine Dupont, samedi à Kidal, dans le nord du Mali ?
Eric Samson :
Avec le même mélange de tristesse, de colère, de révolte, de condamnation que l’on écoute, que l’on lit, dans les milliers de messages reçus par RFI. Notre réseau était déjà très mobilisé autour du cas de Nicolas Hénin, enlevé cet été en Syrie et qui est l’un des nôtres. L’annonce de l’enlèvement suivi de l’assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon nous a donc tous bouleversés. On l’a senti très vite lorsque des dizaines, voire des centaines de messages ont commencé à s’accumuler dans nos boîtes. Spartacus est un collectif de correspondants de médias francophones. Tous ne travaillent pas pour RFI, mais aujourd’hui nous nous sentons membres non seulement de la famille RFI mais de la grande famille des travailleurs de l’information.
 => LIRE PLUS : Ghislaine Dupont, Claude Verlon : deux professionnels passionnés du terrain
Et vous avez tenu à faire un geste…
A la mesure de nos moyens, qui ne sont pas gigantesques. Certains de nos membres vont se déplacer à Paris pour assister à l’hommage rendu à Ghislaine et Claude [ce mercredi 6 novembre, à 14h30 au musée du Quai Branly, à Paris, ndlr]. Nous avons également décidé de nous cotiser pour acheter trois arbres de vie. Deux pour les familles et le dernier, que nous souhaitons remettre à Cécile Mégie [directrice de RFI]. Ces bonsaïs nous semblent être un beau symbole. Un arbre, ça vit, ça grandit, c’est debout, ça a des racines. Ça donne des fruits, comme Ghislaine et Claude…

En tant que correspondants, vous êtes nombreux à travailler dans des pays et dans des zones dangereuses. Ce drame vous a-t-il renvoyé aux risques que vous courrez en faisant votre métier ?
Ce drame nous rappelle effectivement que nous sommes vulnérables et que nous sommes parfois des cibles. Les situations des correspondants varient évidemment de pays en pays, mais nous sommes nombreux à couvrir des zones où faire notre travail n’est parfois pas simple. Couvrir l’activité des cartels de la drogue au Mexique ou en Colombie, les conflits en Afghanistan, au Pakistan, les révoltes dans le monde arabe, sans oublier les conflits en Afrique, pour ne citer que quelques exemples… Les correspondants que nous sommes ont l’avantage et l’inconvénient de vivre sur place depuis parfois 20 ans, 30 ans. On connaît le terrain, les interlocuteurs, mais on est aussi visibles, parfois connus. On a un domicile, de la famille sur place. Il n’est pas difficile de nous trouver, et c’est toujours un risque.
Ce qui est arrivé à Ghislaine Dupont et Claude Verlon va-t-il inciter les correspondants à moins s’exposer ?
Réfléchir sur nos conditions de travail, oui. Renoncer à faire notre travail, jamais. Comme tous les journalistes, nous ne sommes pas armés lorsque l’on va travailler dans des zones « chaudes ». On ne se déplace pas dans un tank, ni avec une escouade de gardes du corps. Donc, si on nous cherche pour nous tuer, on nous trouvera. Il y a des moments où la seule précaution valable, c’est de ne pas y aller. Mais cela, c’est aussi la négation de ce que nous sommes, de ce que représente notre mission. C’est pour cela qu’au-delà de la tristesse et des condoléances que nous envoyons aux familles et à nos amis de RFI, il y a également dans Spartacus un grand sentiment de respect, d’admiration et de remerciement pour Ghislaine et Claude, qui sont tombés parce qu’ ils n’ont pas eu peur de faire leur boulot. Et évidemment, notre engagement est de continuer, nous aussi, à faire de même. Je crois que c’est le meilleur hommage que l’on puisse leur rendre.
© 2013 RFI

Ermordung der RFI-Sonderkorrespondenten : „Weitermachen, das ist die beste Ehrung, die wir ihnen zukommen lassen können“
RFI – 6. November 2013
Sie sind etwa hundert, Sie hören und lesen sie jeden Tag. Die RFI-Korrespondenten wollen sich an der Hommage für unsere Freunde und Kollegen Ghislaine Dupont und Claude Verlon , in Mali ermordet, beteiligen. Zahlreiche Korrespondenten gehören zum Kollektiv Spartacus. Eric Samson , RFI -Korrespondent in Ecuador und Peru, ist einer der Gründer dieser Gruppe.
RFI : Eric , wie haben Sie reagiert auf die Nachricht von der Ermordung von Claude Verlon und Ghislaine Dupont am Samstag in Kidal im Norden Malis ?
Eric Samson :
Mit der gleichen Mischung aus Trauer, Wut , Rebellion , Verurteilung , die wir hören , wenn wir die Tausende von Nachrichten lesen, die in den letzten Tagen bei RFI eingingen. Unser Netzwerk wurde bereits durch den Fall von Nicolas Henin mobilisiert, der in diesem Sommer in Syrien entführt wurde und der einer von uns ist. Die Meldung der Entführung und Ermordung von Ghislaine Dupont und Claude Verlon hat uns alle erschüttert. Es war sehr schnell zu spüren , als Dutzende oder Hunderte von Nachrichten sich in unseren Accounts sammelten. Spartacus ist ein Kollektiv von Korrespondenten französischer Medien. Nicht alle arbeiten für RFI , aber jetzt fühlen wir uns nicht nur als Mitglieder der RFI-Familie, sondern der Familie der Informationsarbeiter.
Und Sie waren unbedingt für eine Geste …
Im Rahmen unserer Möglichkeiten, die nicht riesig sind. Einige unserer Mitglieder werden nach Paris fahren, um an der Ehrung für Ghislaine und Claude teilzunehhmen [ am 6. November um 14.30 Uhr im Musée du Quai Branly in Paris, ed.] . Wir haben auch beschlossen zu sammeln, um drei Bäume des Lebens zu kaufen. Zwei für die Familien und den dritten für Cecilia Megie [Direktorin von RFI ] . Diese Bonsai scheinen ein schönes Symbol sein . Ein Baum lebt, er wächst, er steht, er hat Wurzeln . Er trägt Früchte, wie Ghislaine und Claude …
Als Korrespondenten arbeiten viele von Ihnen in gefährdeten Ländern und Bereichen. Hat dieses Drama Ihnen die Risiken wieder bewusst gemacht, die Sie eingehen, indem Sie Ihren Job ausüben?
Dieses Drama tatsächlich erinnert uns daran , dass wir verwundbar sind , und dass wir manchmal Ziele sind. Die Situationen variieren offensichtlich von Land zu Land, aber viele von uns berichten aus Gegenden, in denen unsere Arbeit nicht immer einfach ist. Berichten über die Aktivitäten der Drogenkartelle in Mexiko und Kolumbien, über die Konflikte in Afghanistan, Pakistan, über die Revolten in der arabischen Welt, nicht ohne die Konflikte in Afrika zu erwähnen, um nur ein paar zu nennen … Wir haben als Korrespondenten die Vor-und Nachteile, seit manchmal 20 oder 30 Jahren vor Ort zu leben. Wir kennen das Terrain, die Gesprächspartner, aber wir sind auch sichtbar , manchmal bekannt. Wir haben ein Haus, Familie dort. Es ist nicht schwer, uns zu finden, und es ist immer ein Risiko.
Was mit Ghislaine Dupont und Claude Verlon geschehen ist, wird es die Korrespondenten dazu bringen, ihr Engagement zu reduzieren?
Über unsere Arbeitsbedingungen werden wir nachdenken, ja. Unsere Arbeit aufgeben, niemals. Wie alle Journalisten sind wir nicht bewaffnet, wenn wir in „heißen“ Gegenden arbeiten. Wir bewegen uns nicht in einem Panzer, oder mit einem Trupp von Leibwächtern. Also, wenn sie uns suchen, um uns zu töten, finden sie uns. Es gibt Zeiten, in denen die einzige gültige Vorsichtsmaßnahme ist, nicht dahin zu gehen . Aber dies ist auch die Negation dessen, was wir sind, was unsere Mission ist. Aus diesem Grund, jenseits der Trauer über die Beileidsworte, die wir an die Familien und unsere Freunde von RFI senden, gibt es auch in Spartacus einen großen Sinn für Respekt, Bewunderung und Dankbarkeit für Ghislaine und Claude, die fielen, weil sie keine Angst hatten, ihre Arbeit zu tun. Und natürlich ist unser Engagement weiterzumachen, dass auch wir dasselbe tun. Ich glaube das ist die beste Ehrung, die wir ihnen zukommen lassen können.
© 2013 RFI

courrier…

Un hommage profond, sincère et respectueux pour ces deux journalistes courageux:
Leur mort est injuste, car leur œuvre est juste.
Leur assassinat est intolérable.
Et inutile, car d’autres courageux journalistes
reprendront leur flambeau.

Un
Journaliste
Ose
Utilise
Rencontre
Nomme
Apprécie
Lie
Invite
Souffre
Tente
Enchante

Véronique Janvier – Une auditrice de longue date

En République de Guinée, où j’ai travaillé quelques années, quand on se sent infiniment reconnaissant envers une personne, il est coutume de ne pas la remercier, elle, mais ses parents. Car c’est eux qui l’ont mise au monde, éduquée, et ont fait qu’elle existe et qu’elle est ce qu’elle est. Alors j’adresse, en sus de mes plus sincères condoléances, un immense merci aux familles et aux proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.
Et je remercie aussi RFI, de les avoir recrutés.
Toujours dans ce pays, je n’avais chez moi pas de téléphone, pas de courant, donc pas de télé, mais une radio marchant sur batterie, qui captait RFI. Tous mes petits déjeuners étaient rythmés par les infos et les reportages. Et je n’étais pas la seule. Sur toutes les pistes, on voyait toujours des gens l’oreille collée à une petite radio écoutant votre antenne. Dans un pays à l’époque sous dictature, les habitants ne savaient peut-être pas écrire, mais possédaient une maturité politique incroyable grâce à vos programmes. Les médias guinéens n’étaient pas libres, mais l’oxygène de la connaissance existait grâce à votre radio, et à ses journalistes. Tout comme mon ami le peuple guinéen, je connais donc bien la voix de Ghislaine Dupont.
A mon retour en métropole, damned, je n’habitais pas Paris et n’avais donc plus accès à ma fréquence préférée (ni sur internet, à l’époque, pas encore si généralisé). Pour de vrai, cela m’avait beaucoup manqué. Je me sentais coupée du monde.
(…) Que tous ceux qui ont eu le bonheur (même si des fois la souffrance) de connaître l’Afrique, ressentent logiquement de l’affection pour les journalistes d’RFI. Cela en fait du monde. Merci à eux tous, aux vivants et aux morts, de vous consacrer tant à nous aider à comprendre les autres, à comprendre le monde. Nulle mort ne doit être inutile, surtout quand il s’agit de martyrs pour la cause de l’Information, neutre, objective. Puissent ces assassinats renforcer la légitimité et l’essentialité, de la cause formidable de votre radio, même si on s’en serait bien passé…
Elisabeth Tisserand – Une auditrice

J’ai connu Ghislaine Dupont à Kinshasa en 2006, lors de son séjour tumultueux pour tenter de couvrir les premières élections présidentielles et législatives en RD Congo depuis 40 ans. J’étais alors attaché audiovisuel à l’ambassade de France, et je tentais modestement d’aider Ghislaine dans ses démêlés avec les autorités congolaises. Je me souviens nos discussions animées, nos désaccords parfois quand je tentais de faire valoir la voie de la diplomatie et que Ghislaine ne voulait entendre que celle de son engagement sans compromis pour la liberté d’informer, envers et contre tout.
Ghislaine était une grand journaliste, indépendante, professionnelle, passionnante et passionnée. Sa voix reconnaissable entre toutes, connue et aimée de millions d’Africains, à Kinshasa, Bamako, Abidjan et ailleurs, était l’une des plus attendue dans les journaux du matin de RFI Afrique. Elle révélait souvent ce que d’autres n’osaient dire.

Ses talents d’investigatrice, ses nombreux contacts sur le continent et sa grande rigueur journalistique lui permettant de « sortir » régulièrement des révélations qui mettaient en cause les intérêts des hommes de pouvoir, les plus connus comme ceux de l’ombre. Au Congo parmi eux, Ghislaine s’était fait beaucoup d’ennemis. Mais en même temps qu’elle se faisait menacer ou agonir d’injures par les hommes du pouvoir, elle devenait de plus en plus aimée du petit peuple, les congolaises et congolais de la rue épuisés de misère et oubliés de tous.
Je travaille aujourd’hui pour la Fondation Hirondelle, une ONG Suisse de journalistes qui crée ou soutient des médias d’information indépendants dans les zones de crise. Ghislaine avait travaillé pour la Fondation Hirondelle quelques mois en 2002 lorsqu’elle avait dirigé et formé les journalistes de la rédaction de Radio Okapi, la radio des Nations Unies créée et gérée en partenariat avec la Fondation Hirondelle. Nous mettons en œuvre aujourd’hui, depuis cet été, un nouveau studio de radio à Bamako pour permettre à des journalistes maliens de produire et diffuser des informations professionnelles, indépendantes et impartiales à l’attention de toutes les populations du pays.
Ghislaine, comme son collègue et les autres journalistes de la rédaction de RFI qui sont morts au nom de ce beau métier, sont pour nous et nos équipes sur le terrain des confrères, des amis, et des modèles. Leur combat est aussi le nôtre, et il mérite plus que jamais d’être poursuivi, surtout là où il est d’une nécessité vitale, comme à Kidal, à Bamako, à Kinshasa ou à Bangui…
Nicolas Boissez – Permanent à l’ONG Fondation Hirondelle en Suisse

dans:
Assassinat des deux envoyés spéciaux de RFI : l’hommage des auditeurs et de la profession

© 2013 RFI

Advertisements

Ein Gedanke zu “DIE JOURNALISTEN MÜSSEN WEITERMACHEN: INTERVIEW MIT ERIC SAMSON VON RFI, MITGRÜNDER EINES KORRESPONDENTENKOLLEKTIVS FRANKOPHONER MEDIEN – Assassinat des deux journalistes RFI: «Continuer, c’est le meilleur hommage qu’on puisse leur rendre»

  1. En supplément
    => Comment Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont croisé la mort à Kidal
    Bamako (Journal du Mali) – 08/11/2013
    Par MDD
    Le voile se lève petit à petit sur la mort des deux reporters de RFI. C’est leur amour du métier qui a conduit Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal, pour en faire des victimes du désert…
    LIRE PLUS

    Gefällt mir

Kommentar verfassen

Trage deine Daten unten ein oder klicke ein Icon um dich einzuloggen:

WordPress.com-Logo

Du kommentierst mit Deinem WordPress.com-Konto. Abmelden / Ändern )

Twitter-Bild

Du kommentierst mit Deinem Twitter-Konto. Abmelden / Ändern )

Facebook-Foto

Du kommentierst mit Deinem Facebook-Konto. Abmelden / Ändern )

Google+ Foto

Du kommentierst mit Deinem Google+-Konto. Abmelden / Ändern )

Verbinde mit %s