KORRUPTION AN DER UNI BAMAKO: SCHATTENSTUDENTEN UND GEKAUFTE DIPLOME – Etudiants fictifs et faux diplômes à l’université de Bamako

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Ausbildung: „sexuell übertragbare Noten“ und Korruption an der Uni
Bamako (Rue89) – 26. August 2013
Niedrige Gehälter, Korruption, Schattenstudenten : in den Hintergrund getreten während der politischen Krise ist die Bildung eine der großen Herausforderungen von morgen für Ibrahim Boubacar Keïta.

DEUTSCH (VON MIR ETWAS VERBESSERTE GOOGLE-ÜBERSETZUNG) WEITER UNTER DEM ORIGINAL

Education: « notes sexuellement transmissibles » et corruption à la fac
Bamako (Rue89) – 26 Aout 2013
Par Sabine Cessou
Bas salaires, corruption, étudiants fictifs : passée au second plan durant la crise politique, l’éducation est l’un des gros dossiers qui attend Ibrahim Boubacar Keïta.
La faculté de droit à Bamako
Foto (c) malijet: L’entrée de la faculté de droit à Bamako
Eingang der Juristischen Fakultät der Universität von Bamako

Des jeunes sont assis sur des motos, entre des chaises empilées et des petits tas d’ordures, aux portes de l’Institut universitaire de gestion du Mali (IUG). Cet immeuble blanc est trop petit pour accueillir ses 2 000 étudiants, qui doivent circuler entre plusieurs facultés leur proposant des salles, ailleurs sur le site des universités de Bamako.
Ce vaste campus, situé sur une colline qui surplombe la ville, compte près de 100 000 étudiants inscrits, surtout en lettres, droit et sciences économiques, pour 760 enseignants. Le niveau se serait beaucoup dégradé ces dernières années, selon le patron d’une agence de communication de Bamako :
« Aujourd’hui, les étudiants que nous prenons en stage ont un niveau d’écriture de dernière année d’école primaire. »

« Ici, on n’accède à rien sans du piston »
Alors que le chômage frappe 16% des 15-39 ans au Mali et que 60% de la population a moins de 25 ans, l’éducation est l’un des gros dossiers qui attend le nouveau président, Ibrahim Boubacar Keïta.
Ce dernier dit vouloir préparer la relève, mais pour l’instant, l’idée la plus répandue est qu’il « faut émigrer pour réussir », raconte Awa, 19 ans. Elle-même rêve d’un métier dans la banque, chez elle au Mali, sans se faire trop d’illusions :
« Ici, on n’accède à rien sans du piston. »
Même pour recevoir les bourses, il faut jouer des coudes. Sur le papier, les meilleurs élèves ont droit à 533 euros par an, s’ils répondent à tous les critères d’excellence.
Les bourses sont gérées au niveau du secrétariat général de la présidence et font l’objet d’une véritable mafia : des étudiants fictifs empochent la somme, pendant que des étudiants réels ont du mal à joindre les deux bouts.
C’est le cas d’Abdel Kader ben Abdoulaye, 29 ans, qui essaie tant bien que mal, sans la bourse, de terminer sa troisième année de gestion. Son frère aîné, un steward d’Air Mali licencié à cause de la crise, ne peut plus l’aider.
Issu d’une famille arabe de Tombouctou, il rêve d’être un grand gestionnaire dans l’aviation civile, mais en attendant, il cherche de l’argent pour mettre du carburant dans sa moto et se rendre à l’université.

La « foire aux diplômes »
Le niveau paraît très bas à Yvette, étudiante camerounaise de l’IUG :
« Au Cameroun, il faut étudier tous les jours pour décrocher le diplôme. Ici, on peut juste s’y mettre un mois avant les examens, et on passe. »
Les années sont régulièrement perturbées par les grèves des enseignants qui revendiquent de meilleurs salaires. Ils ne gagnent que 370 euros en moyenne, contre 1 300 euros au Sénégal voisin, où les salaires ont été revalorisés.
« L’école est le reflet de la société. L’argent est devenu roi et un système de corruption permet aux fils à papa d’acheter les notes. »
C’est le constat que fait Tiébilé Dramé, chef du Parti pour la renaissance nationale (Parena) et patron de presse. Un homme politique qui préconise comme bien d’autres responsables maliens une réforme de l’éducation, pour empêcher les enseignants de boucler les fins de mois en vendant de faux diplômes.
Parties de jambes en l’air contre diplôme
Gakou Bandiougou, 68 ans, ancien ambassadeur, spécialiste de l’islam et ex-administrateur de la faculté de droit entre 2009 et 2010, explique :
« Après les examens, il y a les réclamations, Là, c’est la foire aux diplômes. Une maîtrise de droit s’achète pour 400 000 francs CFA (609 euros). Les enseignants reçoivent les étudiants un par un et c’est l’occasion d’améliorer les notes par tous les moyens. »
Il ne dément pas l’existence de ce que tout le monde appelle ici les « notes sexuellement transmissibles » (NST). Appellation aigre-douce,pour les parties de jambes en l’air qui servent de monnaie d’échange entre certains professeurs et leurs étudiantes.
Gakou Bandiougou n’est resté qu’un an en poste, et avoue avoir été soumis à bien des pressions. Il a peut-être trop bien fait le ménage.

Etudiants fictifs et faux diplômes
Dès sa prise de fonction, il découvre l’existence de 250 faux diplômes, qu’il fait annuler. Pendant sa mission, il apprend aussi qu’un groupe d’étudiants a négocié un arrangement avec un professeur :
« Chacun des étudiants lui a donné 152 euros et le groupe a désigné un représentant, qui a mis les notes qu’il voulait sur les copies dans la salle des corrections, à la place du prof. J’ai convoqué l’enseignant dans mon bureau et je l’ai chassé de la maison. »
Sur les 16 000 étudiants inscrits en droit, Gakou Bandiougou estime qu’entre 3 000 à 4 000 sont fictifs, inscrits juste pour empocher le petit pactole que représente la bourse :
« Au lieu de rayer plusieurs centaines d’étudiants et faire des remous jusqu’à la présidence, le secrétaire général de l’université préférait reconnaître les faux diplômes. »

Réformer, mais par où commencer ?
Sous la pression des institutions financières internationales, dans les années 1980 et 1990, la réduction des postes d’enseignants à l’école publique et l’apparition de nombreuses écoles privées ont compliqué la donne.
A Bamako, seulement 43% des enfants fréquentent l’école primaire : les parents n’ont pas le certificat de naissance nécessaire à l’inscription, et ne sont pas aidés dans leurs démarches par l’état-civil.
Sur les 223 lycées du pays, seulement 43 sont publics. Les lycées privés, critiqués pour leur faible niveau, contribuent à un taux dérisoire de 12% de réussite au baccalauréat en 2012.
La nécessité d’une réforme paraît évidente, mais par où commencer ? Faute de meilleure idée, le gouvernement d’Amadou Toumani Touré (ATT) a défait en 2011 la réforme du gouvernement d’Alpha Oumar Konaré, faite en 1996. Tous les campus avaient été réunis sous une seule organisation, « les universités de Bamako ».

Les voilà de nouveau séparés en quatre entités :
sciences sociales et gestion,
lettres et sciences humaines,
sciences techniques et technologies,
sciences juridiques et politiques.
Mais le gros du travail reste à faire, et la corruption à l’université n’est qu’une des facettes de ce mal généralisé qui a en partie conduit à la dislocation de l’armée et place le Mali à la sixième place, en partant du bas, dans l’index des Nations unies sur le développement humain.
© 2013 Rue89

Ausbildung: „sexuell übertragbare Noten“ und Korruption an der Uni
Bamako (Rue89) – 26. August 2013
Von Sabine Cessou
Niedrige Gehälter, Korruption, Schattenstudenten : in den Hintergrund getreten während der politischen Krise ist die Bildung eine der großen Herausforderungen von morgen für Ibrahim Boubacar Keïta.
Junge Menschen sitzen auf Motorrädern, zwischen gestapelten Stühlen und einem kleinen Müllhaufen am Rande der Universitätsinstituts für Management von Mali (IUG). Das weiße Gebäude ist zu klein, um seine 2.000 Studenten unterzubringen, die zwischen mehreren Fakultäten an anderer Stelle auf dem Gelände der Universität in Bamako pendeln müssen.
Dieser riesige Campus, auf einem Hügel mit Blick auf die Stadt, zählt fast 100.000 eingeschriebene Studenten, vor allem in den Geistes- , Rechts-und Wirtschaftswissenschaften, auf 760 Lehrende. Das Niveau soll sich ernsthaft in den letzten Jahren verschlechtert haben, so der Leiter einer Werbeagentur in Bamako :
“ Heute nehmen wir Praktikanten an, die ein schriftliches Niveau wie im letzten Jahr der Grundschule haben.“
“ Hier gibt es nichts ohne Schmiergeld“
Während die Arbeitslosigkeit liegt bei 16 % der 15-39-jährigen in Mali und wo 60 % der Bevölkerung unter 25 sind, ist die Bildung eins der großen Themen, die auf den neuen Präsidenten , Ibrahim Boubacar Keïta warten.
Dieser sagt, er will die nächste Generation vorbereiten, aber momentan ist die verbreitetste Idee, dass „man auswandern muss, um erfolgreich zu sein“, sagt Awa, 19. Sie selbst träumt von einem Job in der Bank, in ihrer Heimat Mali, ohne sich allzu viele Illusionen zu machen:
„Hier gibt es nichts ohne Schmiergeld.“
Auch um Stipendien zu bekommen, muss man die Ellbogen gebrauchen. Auf dem Papier haben die besten Studenten ein Recht auf 533 Euro pro Jahr, wenn sie alle Kriterien der Exzellenz erfüllen.
Die Stipendien werden im Sekretariat des Präsidialamtes verwaltet und sind Gegenstand einer echten Mafia fiktive Studenten stecken das Geld ein, während wirkliche Studenten zu kämpfen haben, um über die Runden kommen .
Dies ist der Fall bei Abdel Kader Ben Abdoulaye, 29, der versucht, so gut es ohne das Stipendium geht, sein drittes Jahr des Managementstudiums abzuschließen. Sein älterer Bruder, ein Steward bei von Air Mali und wegen der Krise entlassen, kann ihm nicht mehr helfen.
Aus einer arabischen Familie in Timbuktu, träumt er davon, ein großer Manager in der zivilen Luftfahrt zu werden, aber in der Zwischenzeit sucht er Geld um sein Moto zu betanken und zur Uni zu fahren.
„Der Markt für Diplome“
Das Niveau scheint sehr gering, meint Yvette, Kameruner Studentin am IUG:
“ In Kamerun müssen wir jeden Tag lernen, um den Abschluss zu bekommen. Hier können Sie gerade einen Monat vor den Prüfungen anfangen, und man kommt durch.“
Die Uni-Jahre werden regelmäßig von Lehrerstreiks gestört, die bessere Gehälter fordern. Sie verdienen nur 370 € im Durchschnitt, gegenüber 1300 € im benachbarten Senegal, wo die Gehälter erhöht wurden.
„Die Schule ist ein Spiegelbild der Gesellschaft. Geld ist König geworden und ein System der Korruption ermöglicht den „fils à Papa“ („von Beruf Söhne“), die Noten zu kaufen. “
Das ist die Schlussfolgerung, die Tiébilé Dramé, Chef der Partei für die nationale Renaissance (PARENA) und Zeitungsmagnat, zieht. Ein Politiker, der wie viele andere malische Beamte die Reform der Bildung befürwortet, auch damit verhindert wird, dass die Lehrenden durch Verkauf von gefälschten Diplomen über die Runden kommen wollen.
Gakou Bandiougou, 68, ein ehemaliger Botschafter, Islamwissenschaftler und ehemaliger Direktor der Rechtswissenschaftlichen Fakultät zwischen 2009 und 2010, erklärt:
„Nach der Prüfung gibt es Beschwerden, das ist der Markt für Diplome. Ein Master in Jura kann man für 400.000 CFA-Francs (609 Euro) kaufen. Die Dozenten empfangen die Studenten einen nach dem anderen, und dies ist eine Gelegenheit, die Noten mit allen Mitteln zu verbessern.“
Er leugnet nicht die Existenz von dem, was jeder hier die „sexuell übertragbaren Noten“ (NST) nennt. Bittersüße Bezeichnung für Beine in der Luft, die als Wechselgeld zwischen einigen Lehrern und ihren Studentinnen dienen .
Gakou Bandiougou blieb nur ein Jahr im Amt, und sagt, dass er zu vielen Pressionen ausgesetzt war. Er hat vielleicht zu gut aufgeräumt.
Schattenstudenten und gefälschte Diplome
Nach seinem Amtsantritt entdeckt er die Existenz von 250 gefälschten Diplomen, die er annulliert. Während seiner Mission erfährt er auch, dass eine Gruppe von Studenten hat eine Vereinbarung mit einem Professor ausgehandelt hat:
„Jeder der Schüler gab ihm 152 € und die Gruppe hat einen Vertreter bestimmt, der die gewünschten Noten unter die Examensarbeiten im Korrektursaal setzte, anstelle des Professors. Ich rief den Dozenten in mein Büro, und ich habe ihn rausgeworfen.“
Von den 16.000 Studenten der Rechtswissenschaften, schätzt Gakou Bandiougou, sind zwischen 3 000 bis 4 000 fiktiv eingeschrieben, nur um die kleine Goldgrube des Stipendiums einzusacken.
„Statt Hunderte von Studenten zu streichen und Krach … zu schlagen, zog der Generalsekretär der Universität es vor, gefälschte Diplome anzuerkennen.“
Reformieren , aber wo anfangen?
Unter dem Druck der internationalen Finanzinstitutionen in den Jahren 1980 und 1990 haben die Verringerung der Lehrerstellen an öffentlichen Schulen und die Entstehung von vielen privaten Schulen die Situation kompliziert.
In Bamako, besuchen nur 43 % der Kinder die Grundschule: die Eltern haben nicht die für die Anmeldung erforderliche Geburtsurkunde und werden in ihren Bemühungen nicht von den Ämtern unterstützt.
Von den 223 Gymnasien im Land sind nur 43 staatlich. Die privaten Schulen, wegen ihres niedrigen Niveaus kritisiert, trugen zur kläglichen Erfolgsquote von 12 % bei der Abiturprüfung im Jahr 2012 bei.
Die Notwendigkeit einer Reform scheint offensichtlich, aber wo anfangen? Aus Mangel an einer besseren Idee hat die Regierung von Amadou Toumani Toure (ATT) im Jahr 2011 die Reform der Regierung von Alpha Oumar Konaré 1996 aufgehoben. Alle Standorte waren unter einer einzigen Organisation vereint , „die Universitäten von Bamako.“
Jetzt sind sie wieder in vier Einheiten aufgeteilt :
Sozialwissenschaften und Management,
Geisteswissenschaften,
Technikwissenschaft und Technologie,
Juristische und politische Wissenschaften.
Aber der Großteil der Arbeit bleibt noch zu tun , und die Korruption an der Universität ist nur eine Facette des allgemeinen Übels, das zum Teil zum Zusammenbruch der Armee führte und Mali auf dem sechsten Platz von unten im Human Development Index (HDI; deutsch Index für menschliche Entwicklung, im link ist die google-Übersetzung anklickbar) der Vereinten Nationen setzt.
© 2013 Rue89

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