Analyse: Vers une intervention militaire au Mali – Analysis: Towards intervention in Mali

by aramata

– Englische Version dieser ausführlich zusammenfassenden Analyse unter dem zweiten Foto –
IRIN ist ein UN-Informationsdienst für die Koordination humanitärer Angelegenheiten

Analyse: Vers une intervention militaire au Mali

Bamako (IRIN) – 03.10.2012
Après des semaines de navette diplomatique, de spéculation et de signaux contradictoires, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) semble enfin avoir obtenu l’accord du gouvernement malien pour procéder à un important déploiement militaire dans le nord du Mali.

La CEDEAO cherche cependant toujours à obtenir le soutien du Conseil de sécurité des Nations Unies, dont les membres sont divisés sur la nécessité d’une intervention militaire. Des documents internes de la CEDEAO suggèrent l’existence d’une ébauche de plan établissant de manière provisoire le nombre de militaires déployés, le budget et le calendrier de mise en oeuvre.

À Bamako, les partisans d’un déploiement de la CEDEAO sont convaincus que l’intervention d’une force extérieure puissante est cruciale si le Mali souhaite « reprendre » le nord et chasser les mouvements islamiques. S’ils contrôlent la région depuis six mois seulement, les islamistes sont cependant à la tête d’une véritable économie criminelle depuis déjà plusieurs années.

IRIN 03.10.Tuareg rebels flickrFoto (c) Magharebia/Flickr,Archives: Les rebelles du MNLA ont été rapidement supplantés dans le nord


À l’occasion d’une réunion de haut niveau qui s’est tenue en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies la semaine dernière, le Secrétaire général Ban Ki-moon a souligné la nécessité d’une meilleure coopération régionale dans le Sahel et annoncé la nomination d’un envoyé spécial des Nations Unies pour cette région. Il a formulé des mises en garde contre la menace que représentent « les groupes terroristes, les organisations criminelles transnationales et les insurrections » et ajouté que « la traite d’êtres humains était en hausse, tout comme le trafic de drogue et d’armes. »

Qui contrôle le nord du Mali ?

La rébellion qui a éclaté dans le nord du Mali en janvier avait été organisée par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement nationaliste touareg qui a rapidement déjoué les plans d’une armée démoralisée et mal équipée, s’emparant du même coup de vastes pans du territoire.

Les revendications du MNLA en faveur d’un État indépendant ont rappelé celles des insurrections précédentes, mais ses combattants et ses administrations naissantes ont rapidement été supplantés par les mouvements islamistes radicaux.

Pour Bamako, le principal ennemi ne prône plus la sécession, mais un engagement rigide en faveur d’un islam salafiste qui n’a pas sa place au Mali. Par ailleurs, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), qui est généralement présenté comme l’organisation qui chapeaute et finance les autres mouvements islamistes radicaux dans le nord du pays, dispose de vastes réseaux de trafic et de kidnapping dans la région. Selon certaines informations, ces réseaux auraient été mis en place avec la connivence discrète de certaines sections de l’armée malienne et des forces de sécurité algériennes.

La taille, la puissance militaire, les structures internes et les réseaux de soutien des trois principaux mouvements – Ansar Dine, le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et AQMI – ont fait l’objet de toutes sortes de conjectures, mais les informations fiables se sont souvent révélées difficiles à obtenir.

Selon des observateurs qui se sont rendus dans le nord du pays, les dirigeants d’AQMI sont très présents, mais ils sont extrêmement mobiles. Ce sont généralement des chefs de guerre qui se déplacent fréquemment. Il semble aussi que le MUJAO soit en train d’accroître son influence, mais que cela soit dû, dans une large mesure, à l’intervention d’Africains de l’Ouest qui ne sont pas originaires du Mali.

Qu’en est-il de la médiation ?

Les efforts de médiation régionaux ont donné peu de résultats. Le médiateur désigné par la CEDEAO, le président burkinabé Blaise Compaoré, a été vivement critiqué au Mali. Il a en effet accusé d’être pro-Touareg et de prendre des initiatives unilatérales sans consulter le gouvernement de transition à Bamako.

Les initiatives de paix du Mali ont été exploratoires. Parmi ceux qui se sont rendus dans les régions septentrionales occupées se trouvaient des responsables de l’association Ginna Dogon (GD), qui représente l’ethnie Dogon, principalement basée dans les environs de Mopti et de Djenné, dans le nord. « Nous sommes allés parler avec nos cousins », a dit à IRIN Mamadou Togo, président de l’association et conseiller auprès du ministère des Affaires étrangères. « Les occupants et les habitants des régions occupées » veulent tous la paix et le dialogue, a indiqué M. Togo, ajoutant toutefois qu’AQMI et le MUJAO sont dominés par des non-Maliens qui semblent avoir une compréhension limitée de la réalité malienne.

M. Togo a trouvé qu’Iyad Ag Ghali, le leader touareg qui est à la tête du mouvement islamiste Ansar Dine et qui a souvent servi de négociateur, était plus facile d’approche, mais qu’il avait lui aussi un programme totalement irréaliste. « Iyad veut imposer la charia », a expliqué M. Togo. « Les islamistes affirment que 95 pour cent des Maliens sont musulmans et que la charia doit dès lors être imposée. Comment peut-on négocier avec ces gens ? »

Quelles sont les préoccupations en matière de droits de l’homme ?

Dans un rapport publié le 23 septembre, Human Rights Watch (HRW) a indiqué que, sous le contrôle des islamistes radicaux, « les lapidations, les amputations et les flagellations sont devenues des pratiques courantes qui s’inscrivent dans une tentative manifeste de forcer la population locale à accepter leur vision du monde. »

On constate une forte cohésion entre les trois mouvements pour imposer la charia, notamment avec la création de tribunaux qui interviennent maintenant régulièrement à Tombouctou et à Gao, selon Corinne Dufka, chercheuse senior sur l’Afrique à HRW, qui a également confirmé la tenue d’importantes campagnes de recrutement auprès des enfants et des adultes.

Une intervention pourrait-elle aggraver la situation ?

Les débordements survenus dans le nord du pays ont inévitablement renforcé les appels en faveur d’une intervention militaire rapide et décisive. On s’inquiète en effet que les islamistes soient plus difficiles à déloger si on les laisse contrôler la région trop longtemps.

Les mises en garde concernant les implications humanitaires d’un nouveau conflit sont cependant nombreuses. « Il n’y a pas de réponses faciles », a averti Ban Ki-moon. Selon Mamadou Biteye, le directeur régional d’Oxfam en Afrique de l’Ouest, « on peut raisonnablement s’attendre à ce que la conduite d’opérations militaires dans le nord du Mali vienne aggraver une situation humanitaire déjà fragile. »

Mme Dufka, de HRW, a mis en garde contre le danger d’un conflit où le droit humanitaire ne serait pas reconnu. Elle a insisté sur le fait que, dans ce contexte, les attaques aériennes et de drones pourraient très bien être employées.

Elle a également évoqué le danger de l’émergence d’une dimension « fratricide » du conflit avec l’implication de groupes armés comme la milice Ganda Koy (formée de Songhaï et traditionnellement opposée aux Touaregs), qui opère dans le nord. De nombreux réfugiés touaregs ont dit à IRIN qu’ils ne rentraient pas chez eux parce qu’ils craignaient d’être la cible d’attaques.

Mme Dufka a aussi exprimé ses préoccupations au sujet du professionnalisme de l’armée malienne. Les autorités ont promis d’enquêter sur le meurtre de 16 prédicateurs islamistes maliens et mauritaniens appartenant au mouvement de la Dawa à Diabali, à 400 kilomètres au nord-est de Bamako, le 8 septembre, un incident qui a envenimé les relations déjà tendues entre le Mali et la Mauritanie et provoqué une vive réaction de la part des islamistes du nord.

Dans un rapport publié récemment, l’International Crisis Group (ICG) a indiqué que tous les scénarios étaient possibles au Mali, incluant une vague d’attaques, d’importants mouvements de protestation sociale ou un autre coup d’État. L’ICG a exhorté la communauté internationale à aider le pays à surmonter ses divisions internes et à renforcer son armée, à reprendre l’aide au développement et à donner à la crise l’attention qu’elle mérite.

La CEDEAO a-t-elle les capacités nécessaires pour mener une intervention efficace ?

Selon les diplomates, qui considèrent qu’un conflit est probable, voire inévitable, une intervention hâtive pourrait être catastrophique, notamment parce que des doutes subsistent quant à la capacité de la CEDEAO de mener cette opération.

Des États membres importants comme le Sénégal semblent peu enthousiastes face à la perspective d’une intervention au Mali. Le Nigeria, qui est lui-même confronté à sa propre menace fondamentaliste avec le mouvement radical Boko Haram, pourrait faire face à des pressions internes et refuser de participer à l’intervention.

Les soldats de la CEDEAO qui ont une bonne expérience des combats dans le désert sont rares. La Mauritanie, qui, par le passé, a critiqué le Mali pour son « laxisme » face au « terrorisme islamique » et envoyé ses propres troupes sur le territoire malien pour mener des opérations de contre-insurrection, n’est pas membre de la CEDEAO.

L’Algérie, accusée par de nombreux Maliens d’avoir donné naissance aux mouvements djihadistes et aux réseaux de trafic et de kidnapping qui ont joué un rôle destructeur dans le nord du Mali, ne fait pas non plus partie de l’organisation régionale.

D’après l’ICG, ni l’armée malienne ni la CEDEAO ne parviendront à faire cesser l’afflux d’armes et de soldats en provenance de la Libye vers le nord du Mali par le sud de l’Algérie et le nord du Niger sans un « engagement clair des autorités algériennes ».

La CEDEAO a clairement fait comprendre qu’elle avait besoin d’un soutien solide de l’extérieur et qu’elle s’attendait à l’obtenir, notamment pour le transport aérien des troupes vers les zones de combat. L’organisation a laissé entendre que la France et les États-Unis pourraient jouer un rôle critique. Comme on pouvait s’y attendre, les deux pays minimisent leur importance.

La France s’inquiète sérieusement du sort réservé aux otages français qui sont toujours détenus par des islamistes radicaux. Washington a officiellement suspendu ses relations militaires avec Bamako lorsque le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE), dirigé par le capitaine Amadou Sanogo, formé aux États-Unis, a pris le pouvoir le 22 mars.

Qu’en est-il du nouveau gouvernement à Bamako ?

L’intervention militaire est compliquée par le vide de pouvoir à Bamako, où le gouvernement n’a pas de mandat électoral et où aucun des trois acteurs qui se partagent le pouvoir n’a suffisamment de légitimité, selon les observateurs. Des critiques estiment que la restauration de la démocratie est à peine commencée.

Formé sous la pression de la communauté internationale par le président Dioncounda Traoré en août et dirigé par le premier ministre Cheikh Modibo Diarra, le gouvernement reste faible et fondé sur le compromis. Il est décrit par un observateur diplomatique comme, au mieux, « une construction imparfaite, mais qui peut évoluer ».

Parmi les autres préoccupations, on peut notamment citer le soutien continu dont bénéficie le capitaine Sanogo, la rétention d’importants portefeuilles ministériels comme la Défense, la Sécurité nationale et l’Administration territoriale par les militaires et les graves violations des droits de l’homme qui ont été rapportées. On raconte en effet que les forces de sécurité auraient ciblé des journalistes critiques et que des soldats hostiles à la junte militaire auraient été torturés et enlevés.

« Ce n’est pas une démocratie normale ; c’est le Mali après un coup d’État », a dit un analyste basé à Bamako.

Les relations entre la CEDEAO et le CNRDRE sont tendues, car Sanogo et ses alliés politiques souhaitent que les troupes étrangères restent à l’extérieur de Bamako et que le rôle de la CEDEAO se limite à la logistique et à la formation. L’administration civile actuelle est plus tolérante : M. Traoré a lancé un appel en faveur d’une intervention militaire.

Rien n’indique toutefois que l’armée malienne ait adopté une approche plus robuste. On rapporte au contraire des divisions inquiétantes, en particulier depuis que les « bérets rouges » – la force d’élite malienne – ont été accusés d’avoir mené une tentative de contre-coup d’État à la fin du mois d’avril.

Le député de Tombouctou Sandy Haïdara est convaincu que le Mali ne peut pas s’en sortir seul. « Nous venons du nord du pays et nous savons que l’armée [malienne] ne peut pas faire ça toute seule », a-t-il dit à IRIN. « Elle aura besoin d’aide. »
cs/aj/cb-gd/amz
© 2012 IRIN
IRIN 03.10.Iyad Ag GhaliFoto (c) Brahima Ouedraogo/IRIN: Le leader touareg Iyad Ag Ghali, qui est à la tête du groupe islamiste Ansar Dine, est ouvert aux discussions

Analysis: Towards intervention in Mali

BAMAKO (IRIN) – 2 October 2012
After weeks of shuttle diplomacy, speculation and contradictory signals, the Economic Community of West African States (ECOWAS) now looks to have the backing of the Malian government for a major troop deployment in northern Mali.

ECOWAS is still seeking support from the UN Security Council, whose members are divided on the issue of military intervention. Internal ECOWAS documents point to a draft plan, outlining provisional troop numbers, budget and time-frame.

In Bamako, supporters of an ECOWAS deployment are adamant that a strong outside force is crucial if Mali wants to “recapture” the north, ousting the Islamic movements which took over the area six months ago but have dominated an extensive criminal economy for years.

Speaking at a high-level meeting on the sidelines of the General Assembly last week, Secretary-General Ban Ki-moon highlighted the Sahel’s need for closer regional cooperation and a special UN emissary of its own, warning of „terrorist groups, transnational criminal organizations and insurgencies“, and noting: „Human trafficking is on the rise, along with drug-trafficking and arms smuggling.”

Who is in control in the north?

When the rebellion in northern Mali broke out in January, it was the Tuareg National Movement for the Liberation of Azawad (MNLA) that quickly out-manouevred a demoralized, ill-equipped army, capturing large swathes of territory.

The MNLA’s demands for an independent state carried strong echoes of previous insurgencies but its combatants and fledgling administrations were rapidly supplanted by radical Islamic movements.

For Bamako, the main enemy no longer had a separatist agenda, but a rigid commitment to a Salafist Islam largely alien to Mali. At the same time, Al Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM), widely presented as the controller and financier of the Islamic radicals in the north, has extensive trafficking and kidnapping networks there – reportedly secured with the discreet connivance of sections of the Malian military and Algerian security forces.

While there has been endless speculation about the size, military strength, internal structures and support networks of the three main movements (Ansar Dine, the Movement for Unity and Jihad in West Africa – MUJAO, and AQIM), hard information has often proved elusive.

Visitors to the north suggest AQIM’s leadership is very much present, but extremely mobile, individual warlords frequently shifting location, while MUJAO’s strength is allegedly growing, much of it fuelled by non-Malian West Africans.

What about mediation?

Regional mediation efforts have yielded little. ECOWAS’s designated mediator, Burkina Faso President Blaise Compaoré, was much criticized in Mali, seen as pro-Tuareg and taking unilateral initiatives without consulting the transitional government in Bamako.

Peace initiatives from Mali have been exploratory. Among those to have headed north was the Guinna Dogon (GD) movement, representing the Dogon ethnic community, mainly based around Mopti and Djenné in the north. „We went as cousins“, GD president and Foreign Ministry adviser Mamadou Togo told IRIN. Both „occupiers and those being occupied“ wanted peace and dialogue, but he found AQIM and MUJOA to be dominated by non-Malians, who seemed to have little understanding of the country, he said.

Togo found Ansar Dine veteran Tuareg leader and long-term negotiator Iyad Ag Ghali more approachable, but still with a wholly unrealistic agenda. „Iyad wants Sharia“, Togo explained. „The Islamists argue that 95 percent of Malians are Muslims, so Sharia must be imposed now. How do you negotiate with that?“

What are the human rights concerns?

In a 23 September report Human Rights Watch (HRW) warned that under the control of Islamic radicals „stonings, amputations and floggings have become the order of the day in an apparent attempt to force the local population to accept their world view.“

There is evidence of strong cohesion between the three movements on imposing Sharia, with courts now sitting regularly in Timbuktu and Gao, according to senior HRW Africa researcher Corinne Dufka, who also confirmed major recruitment drives of children and adults.

Could intervention make matters worse?

The reports of excesses in the north have inevitably strengthened the calls for prompt, decisive military action, with warnings that the longer the Islamists are left to their own devices, the more difficult they will be to dislodge.

But there are serious caveats about the humanitarian implications of renewed conflict. „There are no easy answers,“ Ban Ki-moon warned. According to Oxfam West Africa Regional Director Mamadou Biteye, “there is a major risk that military operations in northern Mali would make an already fragile humanitarian situation much worse.”

Dufka of HRW warned of a conflict where humanitarian law would get little recognition, emphasizing that aerial strikes and drone attacks were likely to feature.

She also warned of a „fratricidal“ element to the conflict, with armed groups like the northern militia group Ganda Koy (made up of ethnic Songhai and traditionally violently opposed to the Tuaregs), coming into the picture. Many Tuareg refugees told IRIN they were too afraid to return home because they would be targeted in attacks.

Dufka also expressed concern about the professionalism of the Malian military. An investigation has been promised into the killing of 16 Malian and Mauritanian Islamic preachers from the Dawa movement at Diabaly, 400km northeast of Bamako on 8 September, an incident which has further complicated Mali’s relations with Mauritania and drew a furious response from Islamists in the north.

The International Crisis Group (ICG) has warned in a recent report that „all scenarios are still possible in Mali,“ including a wave of attacks, major social protests, or another coup. The ICG urged the international community to help heal divisions and build strength in Mali’s military, re-establish stalled development aid, and give the crisis a much higher profile.

Is ECOWAS capable of effective intervention?

Diplomats, who see a conflict as likely if not yet inevitable, suggest an intervention begun in haste will be catastrophic, not least because serious questions remain about ECOWAS’s own capacity.

Key member states like Senegal appear lukewarm about intervention in Mali. Nigeria, facing its own Islamic fundamentalist threat in the shape of the radical Boko Haram movement, may face domestic pressure not to commit troops.

Few available ECOWAS troops have combat experience in a desert. Mauritania, which has criticized Mali in the past for being “soft” on “Islamic terrorism”, and has sent its own troops into Mali on counter-insurgency operations, is not an ECOWAS member.

Neither is Algeria, accused by many Malians of spawning the Jihadist movements and their accompanying kidnapping and trafficking networks, which have played such a destructive role in northern Mali.

Neither the Malian army nor ECOWAS will be able to tackle the influx of arms and soldiers from Libya to northern Mali through southern Algeria and northern Niger, warns the ICG without “clear involvement of the Algerian… authorities”.

ECOWAS has made it clear that it needs and expects strong backup from outside, particularly in airlifting troops to the combat zones, promoting speculation that France and the USA could play critical roles. Both, predictably, are downplaying their importance.

France has serious concerns about French hostages still held by Islamic radicals. The US formally suspended military engagement with Bamako after the National Committee for the Recovery of Democracy and the Restoration of the State (CNRDRE), headed by US-trained Captain Amadou Sanogo, took power on 22 March.

What about the new government in Bamako?

Military intervention is further complicated by the power vacuum in Bamako, where the government has no electoral mandate and where none of the three actors sharing power has sufficient legitimacy, say observers. Critics warn that the restoration of democracy has barely begun.

The government formed by President Dioncounda Traoré in August under outside pressure and headed by Prime Minister Cheikh Modibo Diarra, remains a weak, compromise administration, described by one diplomatic observer as, at best, „an imperfect construct, but one that could move forward“.

Other concerns include continued support for Cpt Sanogo, the military’s retention of key ministerial portfolios, including Defence, Home Security and Territorial Administration; and a history of serious human rights violations, with security forces targeting critical journalists and the reported torture and disappearance of soldiers hostile to the military junta.

„This is not a normal democracy; this is Mali post-coup,“ said a Bamako-based analyst.

Relations between ECOWAS and CNDRE have been volatile, with Sanogo and his political allies wanting to keep foreign troops outside Bamako and confining ECOWAS’s role to logistics and training. The current civilian administration is more accepting, with Traoré issuing an invitation for military intervention.

But there is no evidence yet of a more robust approach from the Malian military, with reports instead of dangerous schisms, particularly after the “Red Berets” – Mali’s elite force – were accused of leading a counter-coup attempt in late April.

Timbuktu parliamentary representative Sandy Haïdara is adamant Mali cannot go it alone. „We are from the north and we know our army cannot do this,“ he told IRIN. „They will need help“.
cs/aj/cb
© 2012 IRIN

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