IST DER MALISCHE STAAT SCHON ZERBROCHEN? – MALI: Pas encore un État fragile – Not a fragile state, yet

MALI: Noch kein fragiler Staat — AUF DEUTSCH SIEHE GANZ UNTEN!

Bamako / Mopti (IRIN) – 9. August 2012
Drissa Keita, 42 Jahre alt, ist mit 18 Familienmitgliedern nach Bamako in den Süden des Landes geflohen, als die islamistischen Extremisten Gao im Nordosten des Landes im April überrannten. Früher war er Beamter, nun lebt er zusammen mit 8 Leuten in einem Raum im Haus seines Bruders ohne Strom. „Die Situation ist sehr schwierig… Ich möchte zurückkehren- alle meine Kinder wurden in Gao geboren- aber unter den derzeitigen Bedingungen, können wir nicht zurückkehren.“

UNTER DER FRANZÖSISCHEN LESEN SIE EINE ENGLISCHE VERSION DES BEITRAGS der Integrierten Regionalen Informationsnetzwerke (IRIN), eines UN-Informationsdienstes, Teil der UN-Organisation Nothilfekoordinator (OCHA), DANACH DIE DEUTSCHE ÜBERSETZUNG

MALI: Pas encore un État fragile

BAMAKO/MOPTI (IRIN) – 9 août 2012
Drissa Keita, 42 ans, s’’est enfui vers le Sud pour rejoindre Bamako, la capitale du Mali, avec 18 membres de sa famille après la prise de Gao, une ville du nord-est du pays, par des extrémistes islamistes au début du mois d’avril. Cet ancien fonctionnaire vit aujourd’hui chez son frère, dans une maison sans électricité, et partage une pièce avec sept autres personnes. « Les conditions de vie sont très difficiles … J’’ai envie de repartir – tous mes enfants sont nés à Gao – mais [tant que] l’’actuel régime sera en place, nous ne pourrons pas rentrer ».


Foto (c) Anna Jefferys/IRIN: IDPs from Gao who fled violence and personal attacks from Ansar Dine Islamists and are now living just outside of Mopti town


Des milliers de familles originaires de Bamako et d’’autres villes sont dans la même situation : comment accueillir et s’occuper d’une dizaine de parents, pour la plupart des enfants, lorsque les prix des produits alimentaires sont élevés et que l’on ne dispose que de faibles revenus ? Les conflits qui secouent le nord du pays ont déplacé quelque 70 000 Maliens, dont la majorité vit désormais à Bamako et à Mopti, un port fluvial situé sur le fleuve Niger au centre du Mali.

Le pays est confronté à des difficultés économiques, politiques et militaires. « Nous avons plusieurs feux à éteindre en même temps », a dit Hamadoun Touré, le ministre de l’Information. Le pays, qui a un taux de chômage à 30 pour cent dans le secteur formel lorsque la conjoncture est bonne, qui subit une réduction des investissements dans le secteur minier et une suspension des aides multilatérales et bilatérales et n’a aucune activité touristique, pourrait connaître « un marasme économique », a dit un spécialiste du développement malien.

Les crimes violents sont de plus en plus fréquents dans la capitale, selon les habitants de plusieurs quartiers, et le taux de pauvreté serait en augmentation, a noté un responsable gouvernemental ; les analyses nutritionnelles – les chiffres sont à confirmer – indiquent que le taux de malnutrition est plus élevé qu’en 2011 dans les zones urbaines.

C’est dans ce climat que le gouvernement, actuellement en pleine déroute, et son armée très affaiblie doivent faire face à la prise de contrôle par des extrémistes islamistes, des groupes rebelles et des criminels des territoires du nord du pays, alors qu’une crise alimentaire affecte quatre millions de personnes.

« Pour l’instant, le Mali n’est pas considéré comme un État fragile, mais la situation pourrait se détériorer. L’économie est au plus mal. Les étrangers … ne comprennent pas vraiment ce qui se passe dans le Nord et dans le Sud. Les investisseurs à long terme vont se retirer – il est urgent d’agir », a dit un diplomate occidental à IRIN.

Un chercheur malien de l’International Crisis Group a dit, « Nous sommes à la recherche de mesures visant à prévenir l’effondrement de l’État ».

Aide

Malgré les coupes budgétaires, la plupart des bailleurs de fonds ont maintenu l’aide, et un vaste effort humanitaire est déployé, mais seulement 45 pour cent des 213 millions de dollars demandés par l’appel des Nations Unies pour le Mali ont été financés à ce jour.

Les efforts réalisés en matière de sécurité alimentaire doivent être renforcés, particulièrement dans le Nord, a dit Mamadou Sidibé, le ministre de l’Action humanitaire, mais la dangerosité de la situation rend la tâche plus difficile.

« Nous avons reçu beaucoup d’aide humanitaire, mais cela ne représente qu’une goutte dans l’océan étant donné les besoins. Nous faisions face à de nombreuses difficultés avant la crise, et nous avions besoin de l’aide de l’État pour nous nourrir, nous et nos animaux », a dit à IRIN Mohamed Ould Mataly, chef de la communauté arabe de Gao.

L’aide augmente, mais reste insuffisante

Foto (c) Anna Jefferys/IRIN: Catholic Relief Services food aid destined for IDPs living in Mopti. As of July 2012 some 30,000 IDPs from the north had fled to Mopti region

Les organisations non gouvernementales (ONG) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) soignent des dizaines de milliers d’enfants malnutris, mais la crise de malnutrition est telle que des milliers d’autres enfants restent sans soins, a dit Johanne Sekkenes, chef de mission pour Médecins Sans Frontières (MSF) au Mali.

Dans le Nord, les pasteurs indiquent qu’ils n’ont pas reçu suffisamment d’aide et que leurs animaux meurent par milliers. Les pasteurs dépendent notamment de l’achat de céréales, dont les prix sont toujours 60 à 80 pour cent plus élevés que ces cinq dernières années en moyenne, selon le Réseau américain des systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET) dirigé par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). L’insécurité, les vols, la fermeture des marchés, la pénurie de produits alimentaires et le manque de fonds ont entraîné une augmentation des prix qui a atteint150 pour cent en un mois à la fin avril.

« Nous pouvons éviter un désastre à condition de ne pas manquer les opportunités qui permettront un renforcement rapide de l’aide », a dit John Ging, directeur des opérations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) dans un communiqué publié à l’occasion d’un récent déplacement au Mali. « Il semble y avoir un malentendu selon lequel sans une solution à la crise sécuritaire et politique dans le Nord … on ne peut pas faire grand-chose … En fait, 80 pour cent des besoins humanitaires du pays concernent le Sud, où il y a une relative stabilité ».

Faire plus avec moins

La plupart des observateurs s’accordent à dire que le pays sera incapable de faire face à la prise de contrôle des territoires du Nord et à l’instabilité économique sans un gouvernement politiquement viable dans le Sud. « Personne ne veut travailler avec un gouvernement de transition », a dit Mamadou Diamoutani, secrétaire général du Haut conseil islamique et président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Mali.

M. Touré, le ministre de l’Information, indique que le gouvernement fait des progrès. « Nous avons réussi à stabiliser la situation dans le Sud, les fonctionnaires sont payés, nous avons adopté des lois essentielles, nous travaillons à la formation d’un gouvernement, nous avons fait tout ce que nous étions censés faire ».

Mais le gouvernement doit faire plus avec moins : la réticence des bailleurs de fonds s’est traduite par une réduction du budget du gouvernement d’au moins 20 pour cent, le faisant passer à 750 milliards de francs CFA (1,4 milliard de dollars), a indiqué Tiena Coulibaly, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget. Les secteurs de l’éducation, de l’agriculture, de la santé et de l’énergie ont été affectés par cette réduction. Les ministères tournent au ralenti, a dit M. Touré, ils payent les salaires et ne réalisent aucun investissement.

Il a toutefois reconnu qu’avec une meilleure gouvernance, l’argent serait mieux dépensé. Ce point a été abordé par plusieurs bailleurs de fonds, y compris la Banque mondiale, a dit Ousmane Diagana, le Directeur des Opérations pour la Banque mondiale au Mali.

Même si l’aide générale a été réduite, l’aide humanitaire a été renforcée ; cependant, « l’aide humanitaire ne permettra que d’apaiser les causes de la crise humanitaire actuelle – [les efforts visant à renforcer] la résilience seront vains dans ce climat », a dit Timothy Bishop, directeur de l’ONG internationale Services des secours catholiques (CSR).

En ce qui concerne la reconstruction du gouvernement, les fonctionnaires, les travailleurs humanitaires et les diplomates disent que les partis politiques d’opposition et les groupes de la société civile doivent être davantage consultés. Afin d’éviter au pays de sombrer dans la fragilité, il est nécessaire de former un gouvernement légitime et consensuel dotés d’institutions fortes, selon l’Institut de développement d’outre-mer (Overseas Development Institute).

Un des principaux partis d’opposition, le parti SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance), n’a été consulté ni par le Président ni par le Premier ministre sur la formation du nouveau gouvernement, selon son responsable, Nouhoum Keita. Le Haut conseil islamique n’a pas non plus été consulté. « Nous n’avons pas du tout été consultés … nous avons besoin d’un gouvernement qui réponde aux citoyens … La population n’est pas satisfaite », a dit à IRIN M. Diamoutani.

On attend beaucoup du président par intérim Diacounda Traoré – récemment revenu de Paris où il a été soigné après avoir été attaqué à Bamako – en raison du manque de popularité et de la faiblesse perçue de l’actuel Premier ministre Cheick Modibo Diarra. « Il y a un vide politique ici », a dit le spécialiste du développement. « Pendant ce temps, les Nations Unies n’interviennent pas, et les dirigeants de la CEDEAO [Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest] ne prennent en compte que leurs intérêts nationaux … Où se trouve le vrai centre du pouvoir ? ».
Une économie au ralenti

Certains se montrent plus optimistes. M. Diagana de la Banque mondiale a indiqué que les institutions sont affaiblies, mais toujours en place. « Dire que le Mali pourrait devenir un État fragile … nous ne pouvons pas tirer une telle conclusion pour l’instant ».

Foto (c) Anna Jefferys/IRIN: Bank of West Africa, Bamako. Mali could be facing an economic slowdown in the light of donor withdrawals after the May 2012 coup d’etat attempt, a drop in investments and tourism due to insecurity in the north

À l’aide de l’armée

L’armée est à son plus bas après des années de sous-financement et de manque de direction. Selon un diplomate, la formation de milices de jeunes dans tout le pays montre que la population a « peur » et ne se sent pas protégée.

Lorsque les islamistes se sont emparés du village de Hombori – le village de Boubakar Traoré, situé non loin de Douentza, une grande ville de la région de Mopti – en février, ils ont tué le chef, ce qui a provoqué la fuite des gendarmes et des militaires. « Nous nous sommes rendus compte que nous ne pouvions compter sur personne. Nous n’étions plus protégés », a-t-il dit à IRIN dans La Maison de Chauffeurs, un camp temporaire accueillant 500 personnes déplacées à l’extérieur de Sévaré, non loin de la ville de Mopti.

Pour remettre l’armée sur pieds, il faudrait une restructuration, un rétablissement d’une chaîne de commandement claire, et une meilleure formation des commandants, a indiqué l’International Crisis Group. Les responsables militaires indiquent également qu’il faut remotiver des troupes démoralisées et s’occuper du réarmement, y compris des hélicoptères de combat, en raison du manque d’investissement et des pertes importantes d’équipements dans le Nord.

Le gouvernement a décidé de faire face à la situation : il met l’accent sur la restructuration et le rééquipement de l’armée avec l’aide de « certains partenaires et amis », a indiqué à IRIN un conseiller du ministre de la Défense dont le nom n’a pas été divulgué.

Une stratégie floue

Il reste toutefois des incertitudes concernant la stratégie à établir dans le Nord. Bon nombre de personnes disent qu’il faut mettre en place un gouvernement politiquement viable et renforcer l’armée avant d’intervenir, tandis que d’autres personnes craignent que les groupes armés ne renforcent leur mainmise s’ils maintiennent leur contrôle.

La négociation et la médiation sont des outils traditionnels au Mali, mais aucun accord n’a été trouvé sur la stratégie à adopter : négocier avec un groupe et partager le pouvoir, ou faire exploser la coalition islamique en séparant Ansar Dine et le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJOA) – deux groupes islamistes qui souhaitent imposer la charia.

En coulisses, des discussions sont organisées. La médiation n’a pas été efficace par le passé – « L’approche douce adoptée par le Mali l’a conduit à cette situation », a noté un diplomate – mais une intervention militaire ne serait efficace que si elle était largement soutenue par les Occidentaux, indiquent plusieurs experts. Les dirigeants militaires maliens se montrent méfiants vis-à-vis d’une intervention de la CEDEAO, et son rôle de négociation est perçu comme « aggravant les lignes de fractures qui existent au sein de la société malienne », a dit l’International Crisis Group. Le cabinet du Président essaye de promouvoir un engagement plus important de ses voisins, comme l’Algérie, la Mauritanie et le Niger, et de l’Union africaine. Le 6 août, le président mauritanien a indiqué que son pays ne s’engagerait pas dans une guerre contre les groupes qui contrôlent le Nord.

Alors que seules quelques solutions claires ont été proposées, bon nombre de Maliens présents dans le Nord commencent à se soulever contre leurs nouveaux dirigeants. Certains ont apprécié qu’Ansar Dine ait ramené l’ordre et fait respecter la loi alors que des groupes rebelles s’adonnaient au pillage, mais ce n’est plus le cas. Le 5 août, des centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Gao, la capitale régionale, parce qu’un voleur allait se faire couper la main gauche, alors qu’un couple aurait été lapidé quelques jours plus tôt pour avoir commis un adultère – ces deux sentences étaient conformes à l’interprétation stricte de la charia.

Les personnes déplacées de Gao ont exprimé leur indignation. Une personne installée chez sa sœur à Bamako a dit à IRIN : « Cela va trop loin, il faut mettre un terme à la violence ».
aj/sd/he-mg/amz
© 2012 IRIN

MALI: Not a fragile state, yet

IRIN – 09.08.2012
Drissa Keita, 42, fled south to Bamako, the capital of Mali, with 18 family members when Islamist extremists overran Gao in the northeast in early April. Once a civil servant, he now lives eight to a room in his brother’s house, without electricity. “Conditions are very difficult… I want to return – all of my children were born in Gao – but we can’t go back [while it is] under the current regime.”

Thousands of families in Bamako and other cities are facing the same challenge: how to accommodate and care for dozens of extra relatives, mostly children, when they are already struggling to cope with high food prices and too little income. Conflict across the north has displaced some 70,000 Malians, who are now mainly living in Bamako and Mopti, an inland port on the Niger River in central Mali.

The country is being squeezed on economic, political and military fronts. “We’re fighting a lot of fires at once here,” said Information Minister Hamadoun Touré. With formal sector unemployment at 30 percent in good times, investment in the mining sector down, the bulk of multilateral and bilateral development aid suspended, and zero tourism activity, the country could be on its way to a “complete economic standstill”, said one seasoned Malian development worker.

Incidents of violent crime in the capital have increased, say the residents of several neighbourhoods; poverty rates are thought to be rising, a government official notes; and nutrition analyses – to be confirmed – indicate that urban malnutrition is higher than in 2011.

This is the climate in which a government in disarray and its dangerously weakened army must confront the takeover of its northern territories by Islamic extremists, rebel groups and criminals, during a food crisis that has thrown four million people into hunger.

“Mali is not a fragile state yet, but things could deteriorate. The economy is down. Outsiders… do not necessarily understand the situations in the north and south. Long-term investors will pull out – urgent action is needed,” a Western diplomat told IRIN.

A Mali researcher at the International Crisis Group said, “We are looking for immediate measures to stop state collapse.”

Aid

Humanitarian aid has been exempt from budget cuts by most donors, and an extensive humanitarian effort is underway, but only some 45 percent of the US$213 million UN appeal for Mali has been met so far.

Food security efforts need to be scaled up, particularly in the north, said Minister of Humanitarian Response Mamadou Sidibé, but the dangerous conditions there make this difficult.

“We have received a lot of humanitarian aid but it’s just a drop in the ocean compared to the needs here. We had a lot of difficulties before the crisis, and needed state aid for food and animal fodder,” Mohamed Ould Mataly, leader of the Arab community in Gao, told IRIN.

NGOs and the UN Children’s Fund (UNICEF) are treating tens of thousands of malnourished children, but the malnutrition crisis is so vast that thousands more are necessarily going untreated, said Johanne Sekkenes, head of Médecins Sans Frontières (MSF) in Mali.

Northern pastoralists say they have received far too little aid and their animals are dying in the thousands. Pastoralists are particularly dependent on purchasing cereals, whose prices are still 60-80 percent higher than the five-year average, according to the Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET), run by the US Agency for International Development (USAID). Insecurity, theft, market closures, food scarcity and cash shortages meant that by late April prices had risen by as much as 150 percent in just one month.

“We can avoid a disaster, but only if the opportunities for a quick scaling up of the response are not missed,” John Ging, Director of Operations at the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs said in a communiqué issued during a recent trip to Mali. “There appears to be a misconception that without a solution to the security and political crisis in the north… little can be done… In fact, 80 percent of the country’s humanitarian needs are in the south, where there is relative stability.“

Doing more with less

Most observers agree that neither the northern takeover nor economic stability can be righted without a politically viable government in the south. “No one wants to work with a transition government,” said Mamadou Diamoutani, the Secretary-General of the High Islamic Council (Haut Conseils Islamique) and President of the Malian Independent National Electoral Commission.

Information Minister Touré says they’re making headway. “We’ve managed to stabilize the south, civil servants are being paid, we’ve passed key bills, we’re forming a government, we’ve done everything we were supposed to.”

But they have to do more with less: donor reluctance has cut the core government budget by at least 20 percent to 750 billion CFA ($1.4 billion), said Minister of the Economy, Finance and Budget Tiena Coulibaly, affecting education, agriculture, health and energy. Ministries are just ticking over said Touré, paying salaries and investing nothing.

However, he admitted that with better governance, money could be used more wisely, an issue being pushed by several donors, including the World Bank, said Ousamane Diagana, its Mali Head of Operations.

While other aid is down, humanitarian aid is up, but “Humanitarian aid will do nothing to alleviate the causes of the current humanitarian crisis – [efforts to improve] resiliency will not work in this climate,” said Timothy Bishop, head of the international NGO, Catholic Relief Services.

In rebuilding the government, civil servants, aid workers and diplomats say more consultation with opposition political parties and civil society groups must take place. To evade fragile statehood, building a legitimate, consensus-driven government with strong institutions is key, according to the Overseas Development Institute.

A key opposition party, SADI (African Solidarity for Democracy and Independence), was not consulted by the president or prime minister in the formation of a new government, according to its administrative head, Nouhoum Keita. Nor was the once influential High Islamic Council. “We haven’t been consulted at all… we need a government that responds to citizens…People are not very happy,” Diamoutani told IRIN.

Much is expected from interim President Dioncounda Traoré – recently arrived from Paris where he underwent treatment after being attacked in Bamako – given the lack of popularity and perceived weakness of Acting Prime Minister Cheick Modibo Diarra. “There is a political vacuum here,” said the development worker. “Meanwhile, the UN won’t take action, and ECOWAS [Economic Community of West African States] leaders are in large part acting in their own national interests… Where is the real power centre?”

Not all views are so bleak. The World Bank’s Diagana said institutions are weakened but still functioning. “To say Mali could become a fragile state… we cannot reach that conclusion yet.”

Helping the army

The army’s capacity is at an all-time low after years of underfunding and lack of direction. A diplomat interpreted the formation of youth militias all over the country as a sign of how “scared” and undefended people feel.

When Islamists arrived in February to take Hombori – Boubakar Traoré’s village near Douentza, a large town in Mopti Region – they killed the chief, at which point the gendarmerie and military fled. “We realized we could rely on no one. We had no protection,” he told IRIN in ’La Maison de Chauffeurs’, a temporary shelter for 500 displaced persons just outside Sévaré near Mopti town.

Reinvigorating the army would include restructuring, reinstating a clear chain of command, and better training of commanders, said the International Crisis Group. Military leaders also prioritize boosting morale in a seriously demoralized force, and rearmament, including combat helicopters, given both under-investment and heavy equipment losses in the north.

The government is no longer burying its head in the sand, and stresses restructuring and re-equipping the army, with the assistance of “certain partners and friends”, an unnamed Ministry of Defence adviser told IRIN.

No clear strategy

Which strategy would work in the north is still not clear. Many say a politically viable government and strengthened army should be in place before any action can be taken, while others fear that the armed groups will become further entrenched in power the longer they maintain control.

Negotiation and mediation are traditional in Mali, but there is no agreement on whether to try negotiating with one bloc in a power-sharing deal, or take an approach that would break up the Islamic coalition by for instance splitting Ansar Dine from the Movement for Unity and Jihad in West Africa (MUJOA) – both of them Islamist groups intent on imposing Sharia law.

Behind the scenes talks are taking place. Mediation has not worked in the past – “Mali’s soft approach landed it in this situation today,” noted one diplomat – but military intervention could only work with heavy Western backing say several analysts. Malian military officials are wary of ECOWAS intervention, and their negotiating role is seen as “aggravating existing fault lines in Malian society”, said the International Crisis Group. The President’s office is pushing for more engagement by neighbouring Algeria, Mauritania and Niger, and the African Union. The Mauritanian president said on 6 August that it would not engage in war with northern groups.

With few clear solutions mapped out, many Malians who remained in the north are starting to rise up against their new rulers. Widespread looting by rebel groups meant some individuals initially appreciated the relative law and order brought by Ansar Dine, but this has changed. Hundreds took to the streets of Gao, the regional capital, on 5 August to protest a planned amputation of a petty thief’s hand, a few days after a couple was reportedly stoned to death for alleged adultery – both punishments are in accordance with strict conservative interpretations of Sharia law.

People displaced from Gao shared their shock. At her sister’s home in Bamako, one told IRIN: “It has gone too far, the violence has to stop.”
aj/sd/he
© 2012 IRIN

Mali ist noch kein gescheiterter Staat
IRIN, 9.8.2012
Übersetzt von Tanja – Aminata Bah
Drissa Keita, 42 Jahre alt, ist mit 18 Familienmitgliedern, nach Bamako in den Süden des Landes geflohen, als die islamistischen Extremisten Gao im Nordosten des Landes im April überrannten. Früher war er Beamter, nun lebt er zusammen mit 8 Leuten in einem Raum im Haus seines Bruders ohne Strom. „Die Situation ist sehr schwierig… Ich möchte zurückkehren- alle meine Kinder wurden in Gao geboren- aber unter den derzeitigen Bedingungen, können wir nicht zurückkehren.“

Tausende von Familien in Bamako oder anderen Städten stehen vor der selben Herausforderung: Wie soll man dutzende Verwandte, die meisten sind Kinder, mehr unterbringen und für sie sorgen, während man schon mit den hohen Nahrungsmittelpreisen und kleinem Einkommen zu kämpfen hat? Der Konflikt im Norden hat schon mehr als 700000 Malier vertrieben, die nun zum Großteil in Bamako und Mopti, einem Binnenhafen des Flusses Niger im Zentrum von Mali, leben.

Das Land ist in wirtschaftlicher, politischer und militärischer Hinsicht unter Druck gesetzt. „Wir müssen hier verschiedene Brandherde zugleich bekämpfen“, sagt der Minister für Information Hamadoun Touré. Mit etwa 30 Prozent Arbeitslosenanteil im Bereich der geregelten Arbeit (mit regulärem und regelmäßigen Einkommen), in guten Zeiten, den Investitionen im Bergbausektor im Keller, während der Großteil der multilateralen und bilateralen Entwicklungshilfe ausgesetzt ist und der Tourismus gegen Null tendiert, sei das Land auf dem Weg zum „kompletten wirtschaftlichen Stillstand“, sagte ein erfahrener malischer Entwicklungshelfer.

Gewalttätige Zwischenfällen in der Hauptstadt haben zugenommen, sagen Einwohner verschiedener Stadtteile; die Armutsrate wird wahrscheinlich steigen, wie eine offizielle Regirungsnote erklärt; und Ernährungsanalysen – die noch bestätigt werden müssen – zeigen das die städtische Mangelernährung seit 2011 zugenommen hat.

Dies ist das Klima, indem sich die Regierung, die zunehmend die Kontrolle verliert und ihre gefährlich geschwächte Armee sich mit der Übernahme des Nordens durch Islamisten, Rebellengruppen und Kriminellen, sowie mit einer Nahrungsmittelkrise, die vier Millionen Menschen hungern lässt, konfrontiert sehen.
„Mali ist noch kein vom Zusammenbruch gefährdeter Staat, aber die Dinge könnten sich verschlechtern. Die Wirtschaft ist am Boden. Außenstehende… verstehen die Situation im Norden und Süden des Landes nicht unbedingt. Langzeit Investoren werden abspringen – es besteht dringender Handlungsbedarf, “ erzählte ein westlicher Diplomat IRIN.
Ein Malischer Forscher bei der Internationalen Krisen Gruppe sagte, „Wir suchen nach sofortigen Maßnahmen um einen Zusammenbruch des Staates zu verhindern.“

Hilfe

Die humanitäre Hilfe wurde nicht von den Budgetkürzungen der meisten Geldgeber nicht angetastet und eine ausgedehnte humanitäre Hilfsaktion wird auf den Weg gebracht, doch nur etwa 45 Prozent der angeforderten UN- Hilfe für Mali, ca. 213 Millionen US-Dollar, sind bisher eingetroffen.
Die Anstrengungen zur Ernährungssicherheit müssen aufgestockt werden, vor allem im Norden, sagte der Minister für humanitäre Hilfe Mamadou Sidibé, doch die gefährlichen Umstände machen das schwierig.
„Wir haben schon viel humanitäre Hilfe bekommen, doch es ist nur ein Tropfen auf den heißen Stein, verglichen zu dem was hier alles gebraucht wird. Wir hatten schon vor der Krise Schwierigkeiten und brauchten stattliche Beihilfe für Nahrungs- und Futtermittel“, erzählte Mohamed Ould Mataly, der Anführer der arabischen Gemeinde in Gao, IRIN.
NGOs und UNICEF behandeln zehntausende unterernährte Kinder, doch die Nahrungsmittelkrise ist so groß, dass viele tausende nicht behandelt werden können, sagte Johanne Sekkenes, Leiter der „Ärzte ohne Grenzen“ („Médecins Sans Frontières“ MSF) in Mali.
Viehzüchter im Norden Malis, sagen sie hätten viel zu wenig Hilfe bekommen und ihre Tiere würden zu Tausenden sterben. Viehzüchter hängen in besonderem Maßen vom Kauf von Getreide ab, dessen Preise immer noch 60 bis 80 Prozent höher sind als im Fünf-Jahres-Durchschnitt, wie das „Hungersnot Frühwarnsystem Netzwerk“ („Famine Early Warning Systems Network -FEWS NET“), welches von der US Behörde für internationale Entwicklung (USAID) betrieben wird, bestätigt. Aufgrund von Unsicherheiten, Diebstählen, Markt Schließungen, Nahrungsmittelknappheit und Liquiditätsengpässen sind die Preise Ende April innerhalb eines Monats um mehr als 150 Prozent gestiegen.
„Wir können eine Katastrophe verhindern- aber nur wenn die Chancen für eine Aufstockung der Hilfen nicht verpasst werden“, sagte John Ging, der Operationskoordinator des UN Büros für die Koordination von humanitären Belangen in einem Kommuniqué während seiner kürzlichen Reise durch Mali. „Es gibt ein Missverständnis, dass geglaubt wird, dass ohne eine Lösung der Sicherheits- und politischen Zustände im Norden…wenig getan werden kann… Doch eigentlich sind 80 Prozent des Bedarf an humanitärer Hilfe im Süden gebraucht, wo die Situation relativ stabil ist.“

Mit weniger, mehr erreichen

Die meisten Beobachter stimmen darin überein, dass weder die Rückeroberung des Nordens noch wirtschaftliche Stabilität, ohne eine politisch überlebensfähige Regierung im Süden möglich ist. „Niemand möchte mit einer Übergangsregierung zusammenarbeiten“, sagte Mamadou Diamoutani, der Generalsekretär der Hohen Islamischen Raten und Präsident der nationalen unabhängigen Wahlkommission.

Der Informationsminister Touré sagt die Regierung macht Fortschritte. „ Wir haben es geschafft den Süden wieder zu stabilisieren, Beamte werden bezahlt, wir haben wichtige Gesetze erlassen , und eine Regierung gebildet, wir haben alles getan, was wir tun sollten.“
Doch sie müssen dabei mehr mit weniger erreichen: Da die Investoren sich zurückhalten, musste der Staatshaushalt um fast 20 Prozent auf 750 Milliarden CFA (etwa 1.4 Milliarden Dollar / etwa 1.2 Milliarden Euro) gekürzt werden, sagte der Minister für Wirtschaft, Finanzen und Haushalt Tiena Coulibaly, wodurch der Bildungssektor, die Landwirtschaft, der Gesundheitssektor und der Energiesektor beeinflusst werden. Die Ministerien sind schon überfordert, wenn Löhne auszahlen müssen und nichts investieren.
Allerdings könne man mit einer besseren Regierungsführung Geld weiser einsetzen, ein Vorschlag der von verschiedenen Unterstützern und Investoren befürwortet wird, auch der Weltbank, sagte Osmane Diagana, der Chef der malischen Sektion.

Während anderweitige Hilfe fehlt, läuft die Humanitäre Hilfe auf Hochtouren, doch „Humanitäre Hilfe wird nichts an den Gründen der derzeitigen Krise ändern – [Anstrengungen zur Verbesserung] der Belastbarkeit der Regierung werden so nicht funktionieren,“ sagte Timothy Bishop, der Leiter der internationalen NGO, „Catholic Relief Services“ (zu Deutsch: „Dienst zur Förderung der Katholikenemanzipation).

Beim Wiederaufbau der Regierung, sagen Beamte, Entwicklungshelfer und Diplomaten, müsse mehr mit den Oppositionsparteien und der Zivilgesellschaft zusammengearbeitet werden. Der Schlüssel um den fragilen Staatsapparat zu stabilisieren, ist es eine legitime, vom Konsens getragene Regierung mit starken Institutionen zu etablieren. Nach Angaben des „Overseas Development Institute“ (zu Deutsch: Überseeisches Entwicklungsinstitut).
Die Schlüsseloppositionspartei SADI (Afrikanische Solidarität für Demokratie und Unabhängigkeit), wäre von dem Präsidenten und dem Premierminister bei der Bildung einer neuen Regierung übergangen, sagt der Parteichef Nouhoum Keita. Auch der Hohe islamische Rat war nicht einbezogen worden. „Wir wurden nicht eingeschaltet… wir brauchen eine Regierung, die mit ihren Bürgern interagiert…Das Volk ist nicht zufrieden, “ erzählt Diamoutani IRIN.

Es wird viel vom Interimspräsidenten Dioncounda Traoré – der grade aus Paris zurückgekehrt ist, wo er nach einer Attacke in Bamako behandelt wurde- verlangt, angesichts der mangelnden Popularität und der Schwäche des amtierenden Ministerpräsident Cheick Modibo Diarra. „Es gibt hier ein politisches Vakuum“, sagte ein Entwicklungshelfer. „Währenddessen, will die UN nicht eingreifen, und die ECOWAS (Wirtschaftliche Gemeinschaft der Westafrikanischen Staaten) Vorsitzenden handeln zum großen Teil an ihren eigenen nationalen Interessen…Wo ist die wirkliche Machtzentrale?“
Nicht alle Standpunkte sind so düster. Ein Mitglied der Weltbank, Diagana, sagte dass die staatlichen Institutionen zwar geschwächt sind, aber noch handlungsfähig sind. „ Wir können noch nicht zu dem Schluss kommen und sagen, Mali könnte ein fragiler Staat werden.“

Unterstützung für die Armee

Die Armeekapazität ist, nach Jahren der Unterfinanzierung und Richtungslosigkeit, auf einem historischen Tiefstand. Ein Diplomat interpretiert die Gründung von Milizen unter den jungen Leuten im ganzen Land, als ein Zeichen wir „ängstlich“ und schutzlos sich das Volk fühlt.
Als die Islamisten im Februar Hombori- Boubakar Traorés Dorf nahe der Stadt Douentza, in der Region Mopti- einnahmen töteten sie den Dorfchef; an diesem Punkt floh die Gendarmerie und das Militär. „Wir erkannten, dass wir uns auf niemanden verlassen können. Wir hatten keinen Schutz, “ erzählte er IRIN im „La Maison de Chauffeurs“, ein Notunterkunft für etwa 500 Flüchtlinge außerhalb von Sévaré, nahe Mopti.

Die Armee wieder herzustellen, würde eine Restrukturierung, die Wiederherstellung der Befehlskette und ein besseres Training für Commander beinhalten, sagte die Internationale Krisengruppe. Militärische Anführer müssen die Priorität auf die Moralisierung in einer gefährlich demoralisierten Mannschaft setzen und sie wiederbewaffnen, auch mit Kampfhubschraubern, da vieles durch Unterfinanzierung und dem Verlust von schweren Waffen im Norden verloren gegangen ist.
Die Regierung stecke den Kopf nicht länger in den Sand, und unternehme Anstrengungen die Restrukturierung und Wiederbewaffnung der Armee mit der Hilfe „verschiedener Partner und Freunde“ wieder herzustellen, erzählte ein anonymer Berater des Verteidigungsministeriums IRIN.

Keine klare Strategie

Welche Strategie im Norden wohl funktionieren wird ist immer noch unklar. Viele sagen eine existenzfähige Regierung und eine wiedererstarkte Armee solle erst wieder da sein bevor etwas unternommen werden kann, während andere befürchten, dass bewaffnete Gruppen sich mehr an der Macht festkrallen werden, je länger sie den Norden kontrollieren.

Verhandlungen und Schlichtungen sind traditionell in Mali, aber es gibt keine Einigkeit darüber ob man mit einem Block eine Machtteilung aushandeln soll oder den Ansatz aufnehmen soll die Islamische Koalition zu teilen, indem man z.B. Ansar Dine von der Bewegung für Einheit und Jihad in Westafrika (MUJOA)- beide Gruppen wollen die Scha’ria durchsetzen- loslöst.
Hinter den Kulissen finden Gespräche statt. Schlichtung hat in der Vergangenheit nicht den gewünschten Effekt gehabt – „Mali ist durch eine leichte Annährung erst in diese Situation gekommen,“ bemerkte ein Diplomat – aber ein militärisches Eingreifen kann nur mit viel westlicher Rückendeckung geschehen, sagen viele Analysten.

Die malischen Militärs sind skeptisch gegenüber einer militärischen Intervention durch die ECOWAS und ihre Verhandlungsposition wird als „erschwerende bestehende Bruchlinie in der malischen Gesellschaft“ verstanden, sagte die Internationale Krisengruppe. Das Präsidentenbüro drängt die Nachbarländer Mauretanien, Algerien und Niger, sowie die Afrikanische Union zu mehr Engagement. Der mauretanische Präsident sagte am 6.August,dass Mauretanien sich nicht an einem Krieg mit den Gruppen im Norden Malis beteiligen würde.

Mit wenigen vorgezeichneten Lösungen, beginnen viele Malier, die im Norden des Landes verblieben sind, sich gegen die neuen Machthaber zu wehren. Plünderungen durch die Rebellengruppen haben dazu geführt das eine Individualisten das Gewohnheitsrecht (hier Scha’ria), welches durch Ansar Dine eingeführt wurde zuerst annahmen, doch dies hat sich geändert. Hunderte gingen am 5.August in Gao, einer Provinzhauptstadt, auf die Straße um gegen eine geplante Amputation der Hand eines Diebes zu protestieren. Einige Tage zuvor wurde ein die Paar für angeblichen Ehebruch zu Tode gesteinigt – beides sind Bestrafungen die in der strikt konservativ Interpretation der Scha’ria vorgesehen sind.

Die Menschen die aus Gao geflüchtet sind, sind geschockt. In dem Haus ihrer Schwester in Bamako sagte eine gegenüber IRIN: „Es ist zu weit gegangen, die Gewalt muss aufhören.“
Aj/sd/he
© 2012 IRIN

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