Tous les soirs à l’accueil des expulsés à l’Aéroport de Bamako-Senou – Jeden Abend die Ausgewiesenen in Empfang nehmen

Abgeschobene Migranten helfen sich selbst

60 Prozent der Menschen in Afrika sind jünger als 25 Jahre. Für viele von ihnen ist die Emigration, das Wagnis, irgendwie nach Europa zu kommen, die letzte Hoffnung auf eine Zukunft. Sie kämpfen um Anerkennung, um Lebenssicherheit, um Glück. Mali ist Herkunftsland, Durchgangsstation und Aufnahmeort für die, die es nicht geschafft haben – meist blieb ihnen nichts als das nackte Leben.
Am Flughafen von Bamako (Mali) arbeitet die Selbsthilfeorganisation Malische Vereinigung der Abgeschobenen (AME). Erste Hilfe, juristische Beratung, ein Dach über dem Kopf, und das schnell und kostenlos für diejenigen, die die Festung Europa tagtäglich nach Mali zurückschickt. Auch an der Wüstengrenze zu Algerien steht die AME den Gestrandeten bei.

Am 19.05.2008 sprach Ousmane Diarra, Präsident der AME, vor dem außenpolitischen Ausschuss des malischen Parlaments zur Frage der Migration aus, durch, in und nach Mali und der Erarbeitung eines Aktionsplans. Selbst ein Abgeschobener, weiß er wovon er redet.
=> Lesen Sie die Rede auf deutsch weiter unten, nach dem Foto
=> und einen weiteren Artikel von ihm über den Fall Mali im Kommentar.

Le Mali est un pays de migration. 60 % des Africains ont moins de 25 ans. Pour beaucoup parmi eux, l’émigration, le risque d’arriver en Europe n’importe comment, est leur ultime espoir d’avoir un avenir décent. Ils se battent pour être reconnus, en sécurité, heureux. Le Mali est le pays d’origine, une station de passage, un lieu d’acceuil pour ceux, qui n’ont eu rien que la chance de sauver leur vie.
A l’aéroport de Bamako, il y a la présence de l’Association Malienne des Expulsés (AME), une organisation d’entraide. Premiers soins, conseil juridique, un toit pour la nuit – notamment sans delai et sans frais pour ceux que la forteresse d’Europe refoule quotidiennement. A la frontière sahélienne vers l’Algérie, l’AME vient au secours des naufragés.

Le 19 mai 2008, Ousmane Diarra, président de l’AME, faisait une intervention devant la Commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale du Peuple du Mali où il abordait le problème de la migration à partir de, à travers, à l’intérieur et vers le Mali, ainsi que l’élaboration d’un plan d’action. Lui-même un expulsé, il connaît bien le sujet.

=> Après le discours en allemand, vous trouverez la vidéo d’une conférence de presse avec Ousmane Diarra.

Messieurs les Députés ; Honorables représentants du Peuple Malien,

Messieurs les membres de la Commission des Affaires Etrangères, des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, je vous salue.

Par ma modeste personne ; l’Association Malienne des Expulsés vous remercie pour nous avoir donné l’occasion de venir vous présenter notre association et nos activités ; l’opportunité de vous formuler nos doléances et nos propositions pour une meilleure prise en compte des maliens immigrés en général et de nos compatriotes expulsés et refoulés en particulier.

C’est dans le cadre direct des expulsions que l’AME a vu le jour.

Les maintes démarches et propositions faites auprès des autorités de notre pays n’ayant pas donné des signes de résolutions de nos problèmes, l’incompréhension entre nous les expulsés et nos interlocuteurs d’alors nous a amené à un regroupement pour bien coordonner les actions et faire entendre notre voix.

Pour nos revendications face aux diverses injustices subies dans les pays d’accueil ; pour la récupération de nos biens laissés ailleurs, pour la considération de notre nouvelle situation au retour forcé dans notre pays d’origine ; il était nécessaire de mettre en place un cadre qui regroupe nos demandes, engager des discussions pour la prise en compte de nos problèmes ici et là-bas, donner l’information exacte en rapport avec nos conditions.

De 1996 à 1997 ; l’AME a mené la lutte pour le soutien et la défense des maliens expulsés.
Avec notre collectif de soutien composé de personnes ressources et d’autres organisations de la société civile nous avons régulièrement interpellé les autorités sur les conditions de notre expulsion et la prise en compte de l’arrivée brusque dans notre pays.

Nous les migrants maliens ; nous partons ailleurs pour chercher une amélioration de nos conditions de vie, nous rencontrons mille difficultés de transit ou de résidence dans les autres pays.

Les migrants sont indexés, pourchassés, parqués comme des bêtes dans les enclos et pour finir nous sommes rapatriés sans mesures d’accompagnement ou droits humains indus.

Les conditions de la rétention et de l’expulsion sont autant de thèmes à débats et aujourd’hui fortement médiatisées.

Les pratiques de maitrises et d’accompagnements mises en œuvre par les agents escorteurs sont au-delà de tous les droits et conventions internationaux en vigueur ; et même si certains pays n’ont pas adhéré à toutes celles qui concernent les migrants, il est universellement reconnu des droits fondamentaux à tout être humain.

A l’arrivée dans notre pays et après l’inscription au registre de la Police de l’Air et des Frontières nous sommes laissés à notre propre compte, abandonné de tous. On ne sait même pas quoi faire.

Après de nombreuses années passées à l’extérieur, la personne en retour forcé se retrouve seule face à ses interrogations et ne sait pas où se diriger.

La majorité d’entre nous ont laissé femmes, enfants et biens matériels à l’extérieur.

La précarité s’est installée dans la vie de nos membres qui ont leur femme et leurs enfants restés là-bas, ne bénéficiant même pas d’allocations ou de prestations sociales.
Nous vivons au Mali et nous pensons à notre vie brisée ailleurs.

Comment vivre quand on a laissé involontairement une partie de sa vie ailleurs, et que en plus l’on doit se refaire une nouvelle vie au pays sans préparation ni accompagnement.

Nombre d’entre nous ont été expulsé pendant qu’ils étaient en traitement médicaux, le plus souvent sous une prise en charge ou aide médicale d’état. Parce que même étant « sans papiers » ils cotisent à la Sécurité sociale et payent des impôts.

Il arrive aussi des expulsés blessés ou affectés physiquement par les coups, les insultes raciales, les ligotements avec du ruban adhésif d’emballage aux bras, au torse et aux chevilles dans une mise en œuvre musclée qui a occasionné des fractures et des entorses des bras et des pieds, des commotions à la tête.

L’expulsé après avoir enduré tous les affres du retour forcé se trouve confronté à ses problèmes quotidiens et sans y être préparé – cela est très difficile.

Où aller, vers où se diriger pour se réunir avec sa famille, récupérer ses biens et ses droits sociaux professionnelles, se réinstaller dans son pays, après tant d’années d’absence.
Vers quelles structures faut-il aller pour soigner les blessés, faire des consultations ou poursuivre des traitements interrompus.

Au regard de tous ces questionnements et face à l’attente des solutions ; l’association malienne des expulsés crée le 16 Octobre 1996 avec des maigres moyens et beaucoup d’ambitions a mis en place une cellule de sensibilisation à l’endroit du public, des conférences pour la réflexion et les débats, et des motions d’interpellation face aux politiques qui durcissent l’obtention de visa, barricadent les frontières et créent de fait les clandestins et autres sans papiers : des personnes qui n’ont d’autre crime que de vouloir jouir du droit universel humain n°13 «Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »C’est-à-dire le droit d’aller ailleurs chercher une vie meilleure y résider un temps ou longtemps ; y rester ou revenir au pays d’origine.

Avec la redynamisation des activités en 2006, l’AME a initié une cellule d’accueil à l’Aéroport de Bamako-Senou afin d’offrir un soutien aux personnes en retour forcé vers le Mali.

Nous sommes chaque soir à l’accueil des expulsés pour faire venir en ville ceux qui n’ont pas de moyens, offrir on hébergement de 02 à 03 jours pour ceux qui n’ont pas de la famille à Bamako, aider ceux qui le veulent à regagner la région d’origine ou le pays pour les non- Maliens expulsés/ refoulés.

Avec l’aide d’organisations partenaires comme La Cimade, Droits devant, Médico International , Resf et des personnes de bonnes volontés nous avons acquis un local, du matériel de bureau et la mise en œuvre de l’accompagnement administratif, médical, juridique des expulsés qui sont accueillis et inscrits dans nos registres.

De juillet 2007 à Avril 2008 l’association a accueilli à son siège 106 expulsés dont 31 hébergés, 12 suivis médicaux, 19 personnes aidées au transport, 07 suivis juridiques, 04 dossiers motivés pour l’obtention d’un visa de retour aboutis.

L’association est appuyé dans ses activités par un collectif de soutien d’où est issu notre plate forme d’appui juridique composée d’avocats, de juristes tels que la LJDH, l’AMDH, des hommes de lois qui nous aident à travers leur cabinet.

Les intervenants de l’AME ont reçu tous une initiation aux lois européennes et françaises de séjour et de résidence, renforcée par formation au suivi juridique dispensée par la Cimade.
Ce renforcement des capacités de nos intervenants à permis à l’association d’être plus efficace mais hélas beaucoup reste à faire, au vu de l’ampleur de la tache et de nos moyens.

L’exode rurale puis l’émigration à mis beaucoup de nos jeunes frères sur les routes du désert pour tenter de franchir la méditerranée par des moyens de fortune.

Ces routes sont prises par ceux qui ne peuvent obtenir de visa dans les ambassades à Bamako.
Ces migrants s’ils ne sont morts noyés dans la mer, reviennent refoulés après avoir subis la rétention de longue durée, les brimades et les coups, la faim.

Ils sont ballotés de frontières en frontières pour finir abandonnés à Tinzawaten au nord du Mali.
Laissés à leur propre compte ils vivent encore dans l’enfer de l’aventure sauvage.

A la suite d’une mission à Gao et Kidal en Juin 2007, l’AME a installé une antenne locale pour accueillir les refoulés qui ont pu atteindre Kidal.

L’association à travers les 02 intervenants sur place enregistrent les personnes refoulés au commissariat de la ville et dans notre registre d’activités, héberge, soigne et accompagne au retour ceux qui veulent rentrer en famille, après avoir pris un laisser passer avec les autorités.
Du 15 juillet 2007 au 15 Mars 2008 l’AME a soutenu et aidé 583 personnes refoulées, dont 326 maliens, les autres sont des ressortissants de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique Centrale.

L’association a aidé 63 personnes refoulées à rentrer en famille dans la région ou le pays d’origine, soigné ou aidé médicalement 27 personnes refoulées, 20 autres personnes aidées par la Croix Rouge, ensuite 01 personne malade mentalement accompagné dans sa famille, 01 personne étrangère décédée dont les parents à l’extérieur du pays ont été avertis. L’enterrement s’est fait après accord des autorités de la ville de Kidal.

Messieurs les députés, l’association malienne des expulsés par ma voix vous demande de donner une écoute attentive à ses doléances.

  • L‘ AME dit non à l’expulsion et aux refoulements, oui à l’intégration des communautés.
  • Nous souhaitons que l’assemblée Nationale s’intéresse et s’implique dans l’élaboration des termes de discussions des accords bilatéraux (les membres de la partie malienne de la commission mixte Franco- Malienne doivent éclairer les représentants du peuple avant et après la signature des accords qui engagent la vie des Maliens dans un pays donné).
  • Nous exigeons l’externalisation des droits sociaux professionnels, sinon le remboursement des cotisations sociales et des impôts payés pour les personnes qui sont expulsées (leurs cotisations et leurs impôts sont acceptés et on refuse leur identité)
  • Nous demandons la publication des accords bilatéraux qui seront signés.
  • nous demandons la prise en charge des personnes blessées, ou maltraitées pendant l’expulsion.
  • Nous demandons un fond de solidarité pour les plus démunis afin qu’ils puissent vivre ou rentrer dignement dans leur région d’origine.
  • Nous demandons une attention particulière aux expulsés qui ont laissé leur femme et enfants dans le pays d’accueil, leurs dossiers de regroupement familial sont toujours rejetés sans motifs.
  • Nous demandons d’être engagés dans les programmes de réinsertion et de développement (ce qui est jusque là réservé aux personnes en retour volontaire)
  • Nous demandons respectueusement le concours et le soutien de l’Assemblée Nationale pour nous renforcer et rendre notre service social et humanitaire plus efficace auprès des personnes en retour forcé vers le Mali.
  • Nous accordons beaucoup d’importance à cette séance, l’association est sensiblement honorée par l’invitation et je vous prie Messieurs les députés de transmettre au Président de notre représentation nationale toute la considération que nous vous portons, notre disponibilité et toutes les attentes qui fondent cette démarche sur un phénomène à caractère national, mais de dimension internationale.

Je vous remercie pour votre honorable et aimable attention.

© 2011 afrique-europe-interact

=> Lire également l’entretien avec Alassane Dicko de l’AME en décembre 2010:
Le droit de rester, le droit de quitter

Foto (c)afrique-europe-interact

Rede von Ousmane Diarra

Meine Herren Abgeordneten, sehr geehrte Vertreter des malischen Volkes, meine Herren Mitglieder der Kommission für Außenangelegenheiten, Malier im Ausland und afrikanische Integration, ich grüße Sie. Durch meine bescheidene Person dankt Ihnen die AME für die Möglichkeit hier sprechen zu dürfen, Ihnen unsere Vereinigung und ihre Arbeit vorzustellen zu dürfen; für die Möglichkeit Ihnen unsere Beschwerden und Vorschläge für eine bessere Berücksichtigung der malischen Immigranten im Allgemeinen sowie unserer ausgewiesenen und abgeschobenen Landesgenossen im Besonderen, vortragen zu können. Die AME wurde im direkten Bezug auf Ausweisungen gegründet.
Die vielen Schritte und Vorschläge, gemacht bei den zuständigen Behörden unseres Landes ohne das geringste Anzeichen auf eine Lösung unserer Probleme, das Nichtverstehen zwischen uns Ausgewiesenen und unseren Gesprächspartnern bei diesen Versuchen, hat uns zu diesem Zusammenschluss geführt um unsere Aktionen besser zu koordinieren und unserer Stimme mehr Gehöhr zu verschaffen.
Für unsere Forderungen, angesichts des vielfältigen Unrechts, erlitten in den Gastländern; für die Wiedererlangung unserer zurückgelassenen Güter; für die Erwägung unserer neuen Situation als gewaltsam in unser Heimatland Zurückgeschickte, war es nötig einen Rahmen zu schaffen, der unsere Forderungen bündelt, Diskussionen anzuregen für eine Berücksichtigung unserer Probleme hier wie dort, und exakte Informationen über unsere Lebensumstände bereitzustellen. Seit 1996 kämpft die AME für die Unterstützung und die Verteidigung der ausgewiesenen Malier. Mit unserem Unterstützerkollektiv, bestehend aus freiwilligen Mitarbeitern und anderen Organisationen der Zivilgesellschaft, haben wir die Behörden regelmäßig über die Umstände unserer Ausweisung unterrichtet und sie aufgefordert, unsere plötzliche Ankunft in unserem Land zu berücksichtigen.
Wir malischen Migranten machen uns auf den Weg auf der Suche nach einer Verbesserung unserer Lebensumstände. Wir begegnen tausend Schwierigkeiten auf dem Weg und während des Aufenthaltes in anderen Ländern. Wir werden registriert, gehetzt, wie Tiere hinter Zäunen geparkt und schließlich, ohne Begleitmaßnahmen oder störende Beachtung unserer Menschenrechte, abgeschoben. Die Bedingungen von Haft und Abschiebung sind Thema allgemeiner Diskussion und heute stark in den Medien präsent. Die Kontrollpraktiken, angewandt von den ausführenden Kräften dieser Aktionen, befinden sich jenseits aller international geltenden Konventionen und Rechtsnormen. Und selbst wenn einige Staaten nicht alle Migranten betreffenden Konventionen unterschrieben haben, so sind doch die Grundrechte eines jeden Menschen allgemein anerkannt.
Mit der Ankunft in unserem Heimatland und nach der Registrierung bei Luft- und Grenzpolizei, werden wir, vollständig auf uns selbst angewiesen, von allen alleingelassen, ohne zu wissen, was wir tun sollen. Nach den vielen Jahren anderorts verbracht, findet sich die zurückgeführte Person allein wieder mit ihren Fragen und weiß nicht wohin sie sich wenden soll. Die Mehrheit von uns hat Frauen, Kinder und ihr materielles Eigentum zurückgelassen. Die Not ist Teil des Lebens unserer Mitglieder geworden; ihre Frauen und Kinder ohne Sozialleistungen zurückgeblieben. So leben wir in Mali und denken an unser Leben das anderswo zertrümmert wurde.
Wie leben, wenn man einen Teil seiner selbst anderswo zurückgelassen hat, und nun, ohne Hilfe und Begleitung, von vorne beginnen muss? Einige von uns wurden ausgewiesen, während sie in medizinischer Behandlung waren. Diese Leistungen wurden meist vom Staat bezahlt, denn selbst als „sans-papiers“ (Papierlose) haben sie Steuern und Sozialversicherungsbeiträge bezahlt.
Unter den Ausgewiesenen kommen auch Verwundete an, physisch und seelisch beeinträchtigt durch Schläge und rassistische Beleidigungen. Sie sind gefesselt mit Klebeband um Arme, Torso und Knöchel, so heftig angebracht, dass die Abgeschobenen Verstauchungen, Brüche von Armen und Füßen und Gehirnerschütterungen davontragen. Der Abgeschobene findet sich, nachdem er alle Qualen der Zwangsrückkehr erduldet hat, mit seinen Alltagsproblemen konfrontiert. Ohne Vorbereitung ist diese Lage sehr schwierig. Wohin soll er gehen, wohin sich wenden um sich mit seiner Familie wiederzuvereinen, seine Güter, seine soziale Stellung und seine Arbeit wiederzuerlangen, sich wieder einzufügen in sein Land, nach so vielen Jahren Abwesenheit? Zu welchen Strukturen soll er gehen, um seine Verletzungen zu versorgen, Beratung zu ersuchen oder eine unterbrochene Behandlung fortzusetzen?
In Bezug auf diese Fragen und angesichts der Erwartung einer Lösung hat die AME, gegründet am 16. Oktober 1996 mit kärglichen Mitteln und großen Ambitionen, einen Ort der Sensibilisierung im öffentlichen Raum geschaffen; Konferenzen zum Nachdenken und Diskutieren; Zwischenrufe angesichts von Politikern, die das Erlangen von Visa erschweren, die Grenzen verbarrikadieren und so die „illegalen Einwanderer“ und andere „sans-papiers“ erst schaffen: Personen, die sich keines anderen Verbrechens schuldig gemacht haben, als ihr Recht, festgehalten in Artikel 13. der Allgemeinen Erklärung der Menschenrechte, wahrzunehmen.

Jeder hat das Recht, sich innerhalb eines Staates frei zu bewegen und seinen Aufenthaltsort frei zu wählen.

Jeder hat das Recht, jedes Land, einschließlich seines eigenen, zu verlassen und in sein Land zurückzukehren.

Was nichts anderes bedeutet, als anderswo ein besseres Leben zu suchen, dort zu bleiben für kurze oder lange Zeit, dort zu bleiben oder zurückzukehren in sein Heimatland.
Im Zuge der Redynamisierung unserer Aktivitäten seit 2006, hat die AME im Flughafen Bamako-Senou eine Auffangzelle eingerichtet, um nach Mali abgeschobenen Personen eine Unterstützung anzubieten. Jeden Abend empfangen wir Ausgewiesene, um die, die es sich nicht leisten können, in die Stadt zu bringen. Wir bieten denen, die keine Familie in Bamako haben, für zwei bis drei Tage eine Unterkunft an und helfen denen, die in ihre Heimatregion oder (für ausgewiesene Nicht-Malier) in ihr Heimatland zurückkehren wollen. Mit der Hilfe von Partnerorganisationen wie La Cimade, Droits devant, medico international, Réseau Education Sans Frontières und gutwilligen Personen, konnten wir Räumlichkeiten und Büromaterial erwerben und die Bereitstellung administrativer, medizinischer und rechtlicher Begleitung der Abgeschobenen, die von uns aufgenommen und registriert werden, sicherstellen.
Von Juli 2007 bis April 2008 hat die Vereinigung an ihrem Sitz 108 Ausgewiesene aufgenommen, 31 von ihnen beherbergt, 12 medizinisch begleitet, 19 beim Transport geholfen, 7 rechtlich unterstützt und in 4 Fällen mit Motivation zum Erwerb eines Rückkehrvisums beigetragen. Sie wird in ihren Aktivitäten von einem Unterstützerkollektiv getragen. Letzteres ist auch der Ursprung unserer Rechtshilfeplattform, bestehend aus Anwälten und Rechtsexperten, die uns von ihren Kanzleien aus helfen. Alle Vertreter der AME haben eine Einführung in europäisches und französisches Recht betreffend Wohnsitz- und Aufenthaltsrechte erhalten und werden in ihren Kenntnissen durch eine Ausbildung in Rechtsbegleitung verstärkt. Diese Verbesserung der Fähigkeiten unserer Vertreter hat es unserer Organisation erlaubt, effektiver zu arbeiten. Angesichts des Ausmaßes der Aufgabe und der Größe unserer Mittel, bleibt jedoch leider noch viel zu tun. Die Landflucht, gefolgt von Emigration, hat viele unserer jungen Brüder auf die Wüstenstraßen geführt, um dann ihr Glück bei einer Überfahrt über das Mittelmeer zu versuchen. Diese Wege werden von denjenigen beschritten, die keine Visa in den Botschaften in Bamako erhalten können. Wenn sie nicht im Meer ertrunken sind, kommen diese Migranten, nachdem sie lange Haft, Schikanen, Schläge und Hunger erlitten haben, als Abgeschobene zurück. Sie werden von Grenze zu Grenze geschoben, nur um schließlich in Tinzawaten, im Norden Malis, ausgesetzt zu werden. Alleine gelassen, leben sie während des Abenteuers in der Wildnis noch immer in der Hölle. Im Zuge einer Mission in Gao und Kidal im Juni 2007 hat die AME einen Außenposten eingerichtet, um die Abgeschobenen, die Kidal erreichen konnten, aufzunehmen.
Mit ihren zwei Vertretern vor Ort registriert die Vereinigung die abgeschobenen Personen beim städtischen Kommissariat und in unserem Arbeitsverzeichnis. Sie beherbergt und versorgt sie und, nachdem sie einen Passierschein von den Behörden erhalten haben, begleitet bei der Rückkehr diejenigen, die zu ihren Familien zurückkehren wollen. Vom 15 Juli 2007 bis zum 15 März 2008 hat die AME 583 abgeschobene Personen unterstützt. 326 von ihnen waren Malier, die anderen kamen aus West- und Zentralafrika. Sie hat 63 Personen geholfen, zu ihren Familien in ihrer Heimatregion oder ihrem Heimatland zurückzukehren, 27 Personen medizinisch versorgt und 20 Personen in die Obhut des Roten Kreuzes übergeben. Schließlich hat sie eine geistig kranke Person zu ihrer Familie zurück begleitet und die Familie einer auf dem Weg gestorbenen Person im Ausland benachrichtigt. Die Beerdigung erfolgte nach Zustimmung der Behörden der Stadt Kidal.
Meine Herren Abgeordneten, durch meine Stimme bittet Sie die malische Ausgewiesenenvereinigung, ihren Beschwerden aufmerksam Gehör zu schenken.
Die AME sagt Nein zu Ausweisungen und Abschiebungen, Ja zur Integration der Gemeinschaften Wir wünschen, dass die Nationalversammlung ein Interesse zeigt an, und sich Einbringt in die Ausarbeitung der Diskussionsgrundlage der bilateralen Abkommen (die Mitglieder der malischen Seite der gemischten französisch-malischen Kommission müssen die Volksvertreter aufklären – vor und nach der Unterzeichnung der Abkommen, die das Leben der Malier in beiden Ländern betreffen).Wir fordern die Externalisierung von Sozial- und Arbeitsrechten oder, andernfalls, die Rückerstattung von gezahlten Sozialabgaben und Steuern an abgeschobene Personen (ihre Steuern und Abgaben werden akzeptiert, den Menschen jedoch, lehnt man ab). Wir fordern die Veröffentlichung der bilateralen Verträge, die unterzeichnet werden. Wir fordern die Kostenübernahme für während der Ausweisung verletzte oder misshandelte Personen. Wir fordern einen Solidaritätsfonds für die Ärmsten, um ihnen ein Leben oder eine Rückkehr in ihre Heimatregion in Würde zu ermöglichen. Wir fordern eine Besondere Aufmerksamkeit für die Ausgewiesenen, die ihre Frau und Kinder in den Gastländern zurückgelassen haben. Ihre Gesuche hinsichtlich einer Familienzusammenführung werden immer grundlos abgelehnt. Wir fordern in die Programme zur Wiedereingliederung und Entwicklung eingebunden zu werden, die bis jetzt auf freiwillig zurückgekehrte Personen beschränkt sind. Wir erbitten respektvoll die Mitwirkung und die Unterstützung der Nationalversammlung, auf das wir uns verbessern und unseren sozialen und humanitären Anstrengungen für nach Mali abgeschobene Personen effektiver machen. Wir messen dieser Sitzung eine Große Bedeutung bei. Die Vereinigung ist sehr geehrt durch diese Einladung und ich bitte Sie, meine Herren Abgeordneten, von unserer Nationalen Vertretung aus dem Präsidenten alle Hochachtung zu Übermitteln, die wir Ihnen hier erweisen – unsere Dienstbereitschaft und alle Erwartungen, die diese Initiative zu einem nationalen Phänomen aber internationaler Dimension, begründen.
Ich bedanke mich für ihre ehrbare und freundliche Aufmerksamkeit.
© 2011 medico international

=> Lesen Sie auch das Interview mit Alassane Dicko von der AME im Dezember 2010:
Recht zu bleiben, Recht zu gehen.

(Réseau éducation sans frontières) à l’Assemblée Nationale: Ousmane Diarra… von laissezlesgrandirici

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Ein Gedanke zu “Tous les soirs à l’accueil des expulsés à l’Aéroport de Bamako-Senou – Jeden Abend die Ausgewiesenen in Empfang nehmen

  1. Erzwungene Rückkehr – der Fall von Mali

    Von Ousmane Diarra/Malische Vereinigung der Abgeschobenen (AME)

    Mali stellt geographisch wie auch historisch betrachtet eine wichtige Kreuzung für Zivilisationen und Migrationen dar.
    Mali ist gleichzeitig ein Land der Emigration, der Immigration, des Transit und der Rückkehr.

    Lesen Sie HIER weiter.

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