Le droit de rester, le droit de quitter – Recht zu bleiben, Recht zu gehen

A la base du réseau afrique-europe-interact se trouve la conviction commune qu’on n’arrive à changer les conditions actuelles que quand des mouvements sociaux de base de l’Afrique et de l’Europe coopèrent largement sur un pied d’égalité, d’une manière obligeante et directe. Afrique-Europe-Interact a donc convoqué fin 2010 une Caravane de 10 jours pour la liberté de circulation et le développement équitable qui partait de Bamako en élaborant beaucoup d’activités de contestation, à destination du Forum Social Mondial à Dakar.
LIRE: L’entretien avec Alassane Dicko de l’AME, l’Association Malienne d’Expulsés, en dessous des deux photos….

Dem Netzwerk afrique-europe-interact liegt die gemeinsame Überzeugung zugrunde, dass sich an den aktuellen Verhältnissen nur etwas ändern lässt, wenn soziale Basisbewegungen aus Afrika und Europa in großem Stil gleichberechtigt, verbindlich und direkt zusammenarbeiten. Afrique-Europe-Interact rief deshalb Ende 2010 zusammen mit weiteren Netzwerken zu einer 10-tägigen Protest-Karawane für Bewegungsfreiheit und gerechte Entwicklung auf, die im Januar 2011 von Bamako nach Dakar zum Weltsozialforum unterwegs war.
INTERVIEW mit dem Präsidenten des Verbandes der Ausgewisenen Allasane Dicko => ganz unten


Im blog des taz-Reporters Christian Jakob, der dabei war, erfährt man mehr über die gemeinsamen Erfahrungen von Maliern, Deutschen, Österreichern

Erster Tag in Bamako

Dienstag, 25. Januar 2011

Erster Tag in Bamako. Alle drei Reisegruppen aus Europa sind angekommen. Wir, die dritte Reisegruppe, fahren zur ARACEM ( Association des Refoulés d’Afrique Centrale au Mali). Die ARACEM kümmert sich um Menschen, die nicht aus Mali kommen, sondern vom malischen Staat aufgenommen wurden. Oft MigrantInnen, die auf ihrem Weg nach Europa von z.B. der algerischen Polizei gestoppt, abgeschoben und dann in der Wüste ausgesetzt werden. Einige werden dann vom Roten Kreuz aufgelesen und in ein Aufnahme-Camp in der Wüste gebracht. Dort dürfen sie drei Tage bleiben. Dann bringt das Rote Kreuz sie in wöchentlichen Transporten nach Bamako und zu Organisationen wie der ARACEM. Monatlich kommen so rund 120 Abgeschobene bei der ARACEM an.Auch hier dürfen sie drei Tage bleiben und bekommen eine erste gesundheitliche Versorgung. Seit November ist die Förderung jedoch ausgelaufen, neue Projekte wurden beantragt, sind aber noch nicht bewilligt.
„Wir machen nur noch das Nötigste. Das Geld, das wir noch haben, reicht gerade für die Miete“, sagt Romeo, ein Aktivist von ARACEM.
=> HIER WEITERLESEN!


L’entretien avec Alassane Dicko de l’AME, l’Association Malienne d’Expulsés
Paru en décembre 2010 au supplément du journal TAZ sur la Caravane Bamako-Dakar

Le droit de rester, le droit de quitter

Que signifie la migration pour le Mali aujourd’hui ?
Il est rare de trouver une famille qui n’ait pas un membre en dehors du Mali. La migration est l’alternative principale pour les jeunes et les personnes vivant dans une situation précaire et à la recherche d’une vie meilleure. La privatisation d’entreprises et l’expropriation de terres précipitent des millions de personnes dans un avenir incertain et les pousse à envisager une vie meilleure ailleurs.

L’AME ne se bat pas seulement pour le droit à la mobilité. Elle plaide aussi pour que les gens restent au Mali et luttent sur place pour un changement de la société. Est-ce une option réaliste ?
La jeunesse d’aujourd’hui devrait s’orienter vers des actions pour le changement dans notre pays au lieu de toujours vouloir partir n’importe où. Nos objectifs se basent sur la valorisation du local, des individus et de la production locale. Outre la mobilité nous soulignons aussi que le droit de rester, c`est la possibilité de s’épanouir dans son propre pays. C’est là où il faut se battre contre la globalisation et l’injustice. L’alternative ne doit pas être la survie dans la pauvreté, mais la lutte avec ses propres moyens et capacités pour faire avancer les choses. Mais le principe, c`est que chacun est libre et doit aller où il veut, ça c’est la base.

Mais est-ce réaliste ? Les gens peuvent-ils se passer de l’argent de la migration ?
Bien sûr, beaucoup sont dans un dilemme dû au manque d’options. En même temps, les familles ont compris que les jeunes migrant-e-s n’ont plus les mêmes valeurs que la première génération. On envoie moins d’argent à la maison qu’il y a dix ans. Selon nos observations, les familles n’attendent plus automatiquement de l’argent des migrants, car elles voient que la mentalité a changé et que c’est plus difficile d’obtenir des papiers et un travail, surtout à cause de la crise économique mondiale.

Comment décrivez-vous la migration en général, s’agit-t-il d’une lutte pour la participation aux richesses globales ?
Comme vous savez, la migration pour nous, les Maliens, est fortement ancrée au niveau social. Partir signifie faire des rencontres et des découvertes qui enrichissent l’être humain. Partir signifie pour nous aussi de toujours préparer le retour ? et si on ne ramène pas de l’or, ce sont des expériences qui reviennent. Mais il est vrai que la migration semble en même temps être une réponse au désespoir de la population qui attend un avenir meilleur. C’est pour cette raison que nous exigeons la justice sociale et un développement juste. Nous pouvons dire « non » et forcer nos gouvernements à céder, pour que notre part du gâteau de la richesse reste à la maison au lieu que nos frères et sœurs se précipitent vers l’inconnu pour la trouver ailleurs. Notre lutte s’oriente au contrôle de notre gâteau et à son goût.

L’attitude envers les expulsé-e-s a-t-elle changé suite à votre campagne de sensibilisation, sont ils/elles maintenant moins stigmatisés comme des raté-e-s ?
Dans un contexte social où l’on valorise « les voyages », le retour forcé d’un membre de la famille reste culturellement incompris, d’autant plus si les migrant-e-s investissent dans l’immobilier dans leurs pays d’origine. Ils sont considéré-e-s comme des héros, ce qui fait que d’autres veulent partir à leur tour. Nos campagnes de sensibilisation rapprochent des migrant-e-s expulsé-e-s des familles d’autres migrant-e-s et favorisent les échanges. Cela a contribué à la compréhension des causes et des effets des expulsions.

Que signifie pour vous la revendication d’un développement équitable ?
Le terme développement équitable est une critique du caractère unilatéral des solutions et programmes proposés. Nous refusons que l’aide au développement soit liée à des conditions. Si l’on met à disposition des gros budgets pour agrandir les unités mobiles de combat de l’immigration clandestine et, en même temps, on durcit les lois et les directives pour l’obtention de visas, et que dans son pays il n’y a pratiquement pas de possibilité de s’épanouir, il faut se poser la question sur les relations que nous avons avec l’UE et les pays d’accueil. Notre gouvernement participe à la mise en ?uvre de programmes dont l’objectif caché est la protection des intérêts des donateurs au détriment des besoins de la population locale au Mali. Nous refusons cela.

Qu’attendez-vous de la coopération avec des militant-e-s européen-ne-s ?
La solidarité entre nous montre à nos gouvernements que nous sommes capables de faire pression par une mobilisation internationale et que le Mali n’est pas coupé du monde. Notre manière de faire a aussi comme but d’éveiller la vigilance ici et en Europe. Nous informons et développons des contre-propositions critiques.

Alassane Dicko milite au sein de L’Association Malienne des Expulsés (AME) et participe à la préparation de la caravane Bamako-Dakar. Il a été lui-même expulsé trois fois, une fois de la Côte d’Ivoire en 2005 et deux fois d’Europe.

Traduction par afrique-europe-interact

Recht zu bleiben, Recht zu gehen
Interview mit Alassane Dicko (AME)

Was bedeutet Migration für Mali heute?
Familien ohne mindestens einen Angehörigen außerhalb Malis sind heutzutage selten. Migration ist die Hauptalternative für junge und in prekären Situationen lebende Menschen, die auf der Suche nach Möglichkeiten für ein besseres Leben sind. Privatisierung von Unternehmen und Landenteignungen stürzen Millionen Menschen in Unsicherheit über ihre Zukunft, das treibt sie erst recht an, über ein besseres Leben irgendwo anders nachzudenken.
Die AME kämpft nicht nur für Bewegungsfreiheit, sie plädiert auch dafür, dass die Menschen in Mali bleiben und dort für einen generellen Wandel der Gesellschaft kämpfen sollen. Ist das eine realistische Option?

Die Jugend von heute sollte sich an den Aktionen zur Veränderung in unserem Land orientieren, anstatt immer nur irgendwo anders hingehen zu wollen. Unsere Ziele basieren auf der Wertschätzung des Lokalen, des Individuums und der regionalen Produktion. Neben der Bewegungsfreiheit betonen wir auch das Recht zu bleiben, also die Möglichkeit, sich im eigenen Lande zu verwirklichen. Denn das ist der Punkt, an dem gegen die Globalisierung und Ungerechtigkeit gekämpft werden muss. Die Alternative soll nicht das Überleben in Armut sein, sondern der Kampf mit den jeweils eigenen Mitteln und Kapazitäten, um die Dinge voranzutreiben. Aber prinzipiell gilt: Jeder ist frei und soll gehen, wohin er will, das ist die Grundlage.
Nochmal zurückgefragt: Ist das realistisch, könnten die Menschen auf das Geld aus der Migration tatsächlich verzichten?

Sicherlich, viele befinden sich in einem Dilemma der Optionslosigkeit. Gleichzeitig haben die Familien begriffen, dass junge MigrantInnen nicht mehr die gleichen Werte haben wie die erste Generation. Anders als noch vor 10 Jahren wird weniger Geld nach Hause geschickt. Nach unseren Beobachtungen erwarten die Familien heute nicht mehr automatisch Geld von den MigrantInnen, denn sie sehen, dass sich die Einstellungen geändert haben und dass die Schwierigkeiten mit Papieren und Arbeit ebenfalls größer geworden sind, insbesondere durch die Weltwirtschaftskrise.
Wie beschreibt ihr Migration generell, handelt es sich auch einen Kampf um Beteiligung am globalen Wohlstand?

Wie ihr wisst, ist die Migration für uns Malier sozial recht stark verankert. Aufbrechen bedeutet, Anderem und Neuem zu begegnen, das heißt Entdeckungen zu machen, die den Menschen bereichern. Weggehen bedeutet für uns auch, immer schon die Rückkehr vorzubereiten, und sollte man nicht Gold mitbringen, dann sind es Erkenntnisse, die heimkehren.
Aber es ist wahr, dass die Migration zugleich wie eine Antwort auf die Verzweiflung der Bevölkerung erscheint, die auf eine bessere Zukunft schaut. Gerade deshalb fordern wir soziale Gerechtigkeit und gerechte Entwicklung. Wir können »Nein« sagen und unsere Regierungen zum Einlenken zwingen, so dass unser Stück vom globalen Wohlstandskuchen zu Hause bleibt, anstatt dass unsere Brüder und Schwestern sich ins Ungewisse stürzen, um es woanders zu finden. Unser Kampf orientiert sich an der Kontrolle über unseren Kuchen und dessen Geschmack.
Hat sich die Haltung gegenüber Abgeschobenen durch eure Sensiblisierungskampagnen geändert, werden sie inzwischen seltener als Versager stigmatisiert?
In einem sozialen Umfeld, in dem man »das Reisen« schätzt, bleibt die Vorstellung, dass ein Familienmitglied »unter Zwang« zurückkommt, vor allem kulturell unverstanden. Das gilt um so mehr, wenn MigrantInnen große Investitionen in Immobilien in ihren Herkunftsländern tätigen. Denn dann werden sie wie Helden betrachtet, was bei anderen die Idee nährt, ebenfalls abwandern zu wollen. Unsere Sensibilisierungskampagnen bringen abgeschobene MigrantInnen mit Familien anderer MigrantInnen zusammen und fördern den Austausch ihrer Erfahrungen. So ist viel Verständnis für die Hintergründe und Auswirkungen von Abschiebungen entstanden.
Was bedeutet für dich die Forderung nach gerechter Entwicklung?

Mit dem Begriff der gerechten Entwicklung kritisieren wir die Einseitigkeit der angewandten Lösungen und Programme. Insbesondere lehnen wir es ab, dass Entwicklungshilfe an Voraussetzungen gebunden wird. Wenn man große Budgets für die Aufstockung der mobilen Einheiten zur Bekämpfung der illegalen Einwanderung bewilligt und dann die Richtlinien und Gesetze verschärft, wie man ein Visum bekommt, und wenn es gleichzeitig kaum Möglichkeiten gibt, sich zu Hause verwirklichen zu können, muss man sich schon die Frage stellen, was wir eigentlich für eine Beziehung zur EU und anderen Aufnahmeländern haben? Unsere Regierung beteiligt sich an der Durchsetzung von Programmen, deren verstecktes Ziel es ist, die Interessenswahrung der Geldgeber zu fördern, und zwar zum Nachteil der eigentlichen Anliegen und Bedürfnisse der lokalen Bevölkerung in Mali. Das lehnen wir ab.
Was erwartet ihr von der Kooperation mit europäischen AktivistInnen?
Die Solidarität zwischen uns führt den Regierungen vor Augen, dass wir durch internationale Mobilisierung im Stande sind, Druck aufzubauen und dass wir in Mali nicht von der Welt isoliert sind. Unsere Vorgehensweise hat darüber hinaus zum Ziel, die Wachsamkeit der Bevölkerung hier und in Europa zu wecken, auch indem wir informieren und kritische Gegenvorschläge entwickeln.


Alassane Dicko ist Aktivist bei der »Assoziation der Abgeschobenen Malis« (AME) und beteiligt sich an der Vorbereitung der Bamako-Dakar-Karawane. Er ist selbst dreimal abgeschoben worden, einmal aus der Elfenbeinküste 2005 und zweimal aus Europa.

(c) 2010 taz

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