Caravane Bamako-Dakar: Für Bewegungsfreiheit & gerechte Entwicklung! — Pour la liberté de circulation & un développement équitable!

Für Bewegungsfreiheit & gerechte Entwicklung!

taz-beilage 24.12.2010

– Karawane Bamako-Dakar zum WSF

– Lokalradios contra Weltmarkt (Erfolg im Kampf gegen GVO)

– Gegen das teure Leben

– Interview mit Alassane Dicko, Association Malienne des Expulses

– „Europa schließt unsere Grenzen“

DEUTSCHE FASSUNG HIER ÖFFNEN

Pour la liberté de circulation & un développement équitable!
Quatre pages sur la caravane de Bamako-Dakar sont parues en supplément dans l’édition du 24 décembre du journal libéral de gauche allemand la « TAZ ».

Version française de la page 2 du supplément du journal TAZ sur la Caravane Bamako-Dakar:

Page 2: Contre la vie chere

Les denrées alimentaires, le carburant et le courant électrique – un terrain de conflit politique

Depuis le début de l’année 2008, des protestations, des grèves et des révoltes dans les pays du Sud créaient, de façon répétée, une publicité médiatique mondiale autour du problème de l’augmentation des prix et des crises d’alimentation. Les gouvernements des pays industrialisés ainsi que le FMI (Fonds Monétaire International) et la Banque Mondiale exprimaient leurs inquiétudes concernant la montée les « risques de sécurité » a cause des « révoltes de la faim» – entre autres en Afrique de l’Ouest. Par cela se manifeste la peur des élites puissantes ainsi que leur ignorance des besoins urgents exprimés par ces luttes.

Pendant la période de la fin de l’année 2007 et le début de l’année 2008, beaucoup de pays étaient confrontés à une augmentation énorme des prix pour les denrées alimentaires de base, le carburant et d’autres biens de la vie quotidienne en seulement quelques mois. Au Burkina Faso, ainsi qu’ailleurs en Afrique de l’Ouest, le prix du riz augmentait de 51%, celui des pates alimentaires de 74%, le lait de 118% et l’huile alimentaire de 142%. Là où la majorité de la population vit avec moins d’un Dollar par jour, un tel développement a des conséquences drastiques. Beaucoup des habitant(e)s de l’Afrique de l’Ouest étaient forcé(e)s à réduire le nombre des repas quotidiens et à manger seulement les aliments les plus simples. Une raisons parmi d’autres de ce développement est l’utilisation intensifiée des terrains agricoles pour la production de carburant biologique. A part ça, les denrées alimentaires sont devenues de plus en plus un objet de spéculation à cause des crises des marchés financiers. La dépendance des prix de la nourriture en Afrique de l’Ouest du marché mondial est en rapport avec le fait que beaucoup de denrées alimentaires de base, comme le maïs et le riz, ne sont pas cultivés sur place mais importés. Historiquement, c’est un héritage de l’économie coloniale dans laquelle les différentes colonies étaient conditionnées pour la production exclusive de certains produits spécifiques pour l’exportation. En plus, la politique du commerce et des subventions des états de l’Union Européenne a renforcé l’élimination des producteurs/trices africain-e-s.

Depuis l’explosion des prix en 2008, »la vie chère« est devenue l’incarnation du mécontentement et de la rage contre les conditions d’existence de plus en plus précaires parmi beaucoup de gens en Afrique de l’Ouest. Jusqu’à maintenant, des milliers de gens au Sénégal, en Cote d‘Ivoire, au Mali, au Togo, au Cameroun, au Burkina Faso et ailleurs ont manifesté dans les rues.

Sénégal: Les premiers à réagir contre l’augmentation des coûts de la vie au début de l’année 2008 étaient les associations de consommateurs/trices. Le prix pour le lait avait doublé, le prix pour un sac de riz avait monté de 150%. Après que deux fonctionnaires dirigeants des associations aient été arrêtés, des affrontements intenses avec les forces de sécurité se sont produits. La protestation contre « la vie chère » était le sujet principal des manifestations syndicalistes du 1er Mai. Le gouvernement n’a pas d’autre choix que de continuer à subventionner les denrées alimentaires de base et d’autres biens de la consommation quotidienne et d’adopter des sanctions plus sévères contre les opérations spéculatives. En 2010, des milliers de gens dans beaucoup de villes manifestaient contre les coupures de courant arbitraires par la compagnie d’électricité „Sénélec“. Un manifestant de 29 ans a été tabassé à mort par les forces de sécurité. Les gens sont fâché(e)s a cause d’une situation sociale générale d’augmentation des prix pour les denrées alimentaires, de mauvais soins de base et d’accès difficile a l’eau et au courant.

Burkina Faso: A la fin février 2008, des magasins, des stations d’essence, des voitures et des bâtiments gouvernementaux sont incendiés pendant des protestations militantes contre les augmentations drastiques des prix pour les denrées alimentaires. Du 8 au 9 Avril 2009 il y a une grève générale, encouragée par une coordination de syndicats et de mouvements sociaux. Malgré des centaines d’arrestations, le régime de Blaise Compaoré doit faire des concessions:
Des réductions des prix et des tarifications sont annoncées. Les frais de douane pour les denrées alimentaires sont réduits et on fait circuler une partie des provisions d’urgence stratégiques. La privatisation de la compagnie d’eau, « ONEA », et de la compagnie d’électricité « Sonabel » est stoppée.

Togo: Le 2 juillet 2010 il y avait une grève générale contre l’augmentation des prix des carburants qui était massivement suivie malgré le fait que les directions des syndicats se soient retirées. L’appel était lancé par une coalition de syndicats et de « l’Association Togolaise des Consommateurs » (ATC). D’abord, il y avait déjà des protestations militantes de chauffeurs de taxi et d’autres travailleurs de transport. L’augmentation des coûts du transport mène automatiquement à l’augmentation des prix pour les biens de consommation quotidienne. En plus, il n’y a pas de transports publics au Togo, donc les augmentations du prix des carburants touchent tout le monde directement. Les revendications de la grève: «Non à la vie chère au Togo, Non à la précarité, Non à la pauvreté et Non à l’injustice sociale! ».

Cameroun: En février 2008 une révolte au niveau national contre « la vie chère » et contre le régime autocrate de Paul Biya se développe à partir d’une grève de chauffeurs de taxi et de taxi-moto contre l’augmentation des prix des carburants. Le soulèvement est brutalement réprimé par l’armée – à peu près 200 personnes sont tuées, plus de 1500 sont arrêtées.

Même si les motivations et les acteurs/trices de tous ces mouvements sont très complexes, ils sont unis par la lutte contre des nouvelles aggravations des conditions d’existence qui sont déjà précaires.
Tout cela ne correspond pas au cliché des « révoltes de la faim » comme un soulèvement sans conscience et sans subjectivité par des gens qui ne sont que des victimes du désespoir total. C’est plutôt la manifestation d’une population politiquement consciente qui n’est pas prête à sacrifier ses besoins à l’enrichissement des élites puissantes corrompues et autocrates et qui ne veut pas accepter non plus d’être victimisée par un système de marché mondial de profit et de la crise.

Radio locales contre le marché mondial

Quelques mots sur la situation sociale du Mali

Le Mali est sans conteste une des sociétés des plus diverses voire paradoxale de l‘ Afrique de Ouest. D’un côté ce pays sahélien se caractérise par un climat politique ouvert avec des
organisations de base nombreuses, des structures d’autogestion et des médias indépendants. On peut ainsi nommer comme exemplaire le nombre des radios locales qui s’élèvent à 150, plus nombreuses que dans n’importe quel autre pays africain. D’autre part le Mali occuppe selon l’indicateur du développement humain des Nations Unies le 178 ème rang mondial et ainsi la 5ème dernière place.

33% des enfants qui ont moins de 5 ans sont sous-alimentés, uniquement 50% des habitants ont accès à l’eau potable, la moyenne de vie s’élève à 53 ans, 75% des personnes ayant plus de 15 ans ne savent ni lire ni écrire. En d’autre termes les rapports sont complexes, assurément et en raison de facteurs internes et externes qui composent un mélange fatal etr complexe pour une grande partie de la population.

L’année charnière du Mali a été l’année 1991: après 23 années de dictature le général Président Traoré a été destitué par une révolte populaire classique, en grande partie portée par les élèves et les étudiant-e-s. Dès 1989 déjà on sentait une grogne monter rapidement en raison du manque de participation politique, du pillage clientéliste des deniers publics ainsi que du programme d’ajustement structuel imposé par le Fond Monétaire International et par la Banque Mondiale. Le réglement juridique et politique qui a suivi avec la garde ancienne a été complet. Depuis les droits politiques sont un bien reconnu de toutes et de tous: Les élections se déroulent librement, on ne compte aucun prisonnier politique, la liberté de parole et de rassemblement – à quelques exceptions près – est garantie.

« Bonjour, vous les politiciens corrompus ! Bonjour vous les pilleurs des deniers publics. Bonjour, vous les fainéants ! » C’est ce genre de propos détonants que le présentateur vedette de radio Amidu Diarra utilise dans son émission quotidienne matinale en guise de salutations pour stigmatiser l’élite politique. Mettant ainsi le doigt dans la plaie: la démocratie au Mali est une affaire fragile, la plupart des Malien-enne-s se sentent comme des figurants: Au parlement on parle franÇais, une langue qui n’est parlée que par 40% de la population. Alors que le Bambara est utilisé par la population toute entière du pays. Le fait le plus grave encore est la corruption. Ici le Mali ne se distingue pas des autres pays africains: Un tiers de l’argent du développement tombe dans les poches de particuliers, quant aux entreprises d’état celles-ci ont été bradées au privé. Les entreprises du secteur très lucratif de l’or, elles, bénéficient de généreuses réductions de taxes, pour citer 3 cas concrets à titre d’exemples.

On ne doit pas alors s’étonner que le Parlement n’ait pas été écouté en 2003 alors que le Dakar-Niger-Express sous l’égide de la Banque Mondiale a été vendu au consortium Canac-Getma. Les conséquences de la privatisation des 1.259 Kilomètres du tronÇon ferroviaire entre Dakar et Bamako en ont été néanmoins dramatiques: En contradiction avec les accords négociés le transport des personnes a été massivement réduit au profit du transport de marchandises. 632 cheminots syndicalisés ont perdu leur emploi. En outre 26 des 36 gares ferroviaires ont été fermées et partant ce sont toutes les économies villageoises qui longeaient la ligne de chemin de fer qui ont été dirigées vers la faillite. Bien qu’un regroupement pour la rétrocession et le développement de la ligne de chemin de fer Cocidirai. ait pu voir le jours depuis longtemps à l’initiative des cheminots du Mali et du Sénégal en relation avec les cultivatrices et les cultivateurs, les commerçantes et les commerçants et d’autres personnes concernées. Certes la privatisation a pu en raison de maintes protestations devenir un thème central de politique intérieure du Mali. En définitive aucun résultat tangible n’a pu être enregistré.

Les évolution du secteur du coton ont été non moins problématiques. Au Mali pas moins de 3,4 Mio. de personnes sont dépendants des revenus tirés de l’exportation du coton. Dans le même temps la situations des revenus est devenue précaire. En effet les Etats-Unis d’Amérique soutiennent leurs 25.000 entreprises du coton en leur apportant une aide financière à hauteur de 4,8 Milliards US-Dollar par an. Ce qui a pour conséquence une pression des prix mondiaux à la baisse de 26%. Cela a pour effet que la société d’exportation malienne CMDT ne peut pas produire en faisant des bénéfices et de plus en plus de cultivatrices et cultivateurs se tournent vers la production du maïs ou de millet. Cette situation a des conséquences extrêmement néfastes dans l’industrie de transformation (en particulier dans la production d’huiles végétales qui sont issues de semences de coton).

Voici une arithmétique élémentaire pour démontrer le grotesque des déséquilibres des pouvoirs globaux : Alors que chaque fermier producteur de coton américain est subventionné à hauteur de 100.000 Dollar par an, un cultivateur malien aura besoin de travailler environ 1000 ans pour gagner une pareille somme. Un autre conflit récent lui aussi ancré dans le secteur agricole est celui qui concerne les terrains africains. Ceux-ci ont été vendus à des investisseurs opérant globalement. Qu’il s’agisse de cultures céréalières destinées à l’exportation ou qu’il s’agisse des agrocarburants soi-disant pour lutter contre les changements climatiques et contre-productifs.

Les grands affairistes du Mali sont les entreprises libyennes. Les petites organisations de cultivateurs parlent maintenant déjà de pratiques d’expulsion. Au plus tard et en regard de ce genre de pratiques et de problèmes autres plus complexes on peut comprendre l’énorme signification de la migration au Mali : près du quart de la population c.à.d. 4 Mio. des personnes se trouvent en situation d’exode et/ou de migration, la plupart dans les pays de l’Afrique de l’Ouest voisins, certains aussi en Europe (Voir interview avec Allassane Dicko de l’AME page 3).

Cette auto-autorisation qui survient est pour la caravane Bamako-Dakar de la même importance que beaucoup de combats et de discussions mentionnés ici.

Case jaune:

En Janvier 2006 un jury formé de 45 fermiers et fermières a discuté sur l’introduction de semences génétiquement modifiées au Mali . 20 stations de radio locales ont informé en direct. A la fin le „non“ était unanime – Un signal important dans la lutte contre Monsanto, Syngenta et Co.
Traduction par afrique-europe-interact

L’ensemble des articles existe ici en français.

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Ein Gedanke zu “Caravane Bamako-Dakar: Für Bewegungsfreiheit & gerechte Entwicklung! — Pour la liberté de circulation & un développement équitable!


  1. Hier die live-Berichterstattung in der taz vom 06.02.2011

    Gegen die „Festung Europa“

    2.000 Kilometer zieht eine Karawane von Flüchtlingen, Bauern und Landlosen zum Weltsozialforum, um Europas Abschottungspolitik anzuprangern. Die taz ist mit dabei.
    Von CHRISTIAN JAKOB

    Bamako, 24. Januar

    Das Experiment beginnt auf einer staubigen Brache. Normalerweise gehört die Fläche in dem ärmlichen Außenbezirk von Malis Hauptstadt Bamako trainierenden Fußballern. Doch heute hat hier die Malische Vereinigung der Abgeschobenen (AME) einen Versammlungsort aufgebaut: Planen als Sonnenschutz, Bänke, aus Boxen tönt Reggae-Musik, in einer Hütte wird gekocht.
    Zwischen Kindern, die mit leeren Konservendosen umherlaufen und um Geschenke bitten, steht Alassanne Dicko und telefoniert ausdauernd. Dicko ist der Präsident der AME, und er hat große Pläne: In den nächsten Tagen sollen sich hier Basisinitiativen aus Westafrika und Europa sammeln und aufbrechen zu einer Karawane des Protests. …
    „Es ist ein Experiment“, sagt Olaf Bernau vom „NoLager“-Netzwerk. Das unterstützt in Deutschland Flüchtlinge bei ihren Versuchen, sich zu organisieren. Doch auf die Dauer genüge das nicht: „Letztlich geht es darum, das Dominanzverhältnis zwischen Nord und Süd zu verändern.“ Das sei nur denkbar, „wenn Initiativen von hier und dort versuchen, trotz aller Ungleichheiten auf Augenhöhe zusammenzuarbeiten“, so Bernau. …

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